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Septembre 2000
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16 - V - Question d'actualité de Mme Marie-Thérèse JUNOT, élue indépendante, à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police, relative à la "techno-parade"

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à la question posée par Mme Marie-Thérèse JUNOT, élue indépendante, à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police sur la techno-parade.
Vous avez la parole, ma chère collègue.
Mme Marie-Thérèse JUNOT. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, pourquoi une "techno-parade" dans l'Ouest parisien ?
Et voilà ! C'est devenu un phénomène de société ! Il y a deux ans, j'intervenais à la même époque pour dénoncer les nuisances insupportables subies par les riverains sur le parcours de la "techno-parade".
Nous sommes dans le siècle du bruit, nous le savons, car comment appeler autrement ces émissions sonores réglées de façon assourdissante, qui se répètent pendant des heures sur un rythme saccadé, toujours le même ?
Il paraît, a priori, que ce que l'on a pudiquement dénommé fête populaire se soit à peu près bien passé, du moins c'est ce que la presse a conclu un peu hâtivement, à la suite d'une journée de défilés, de "raves", de rythmes et de liesse désordonnée, sans notable incident, malgré tout de même 35 interpellations, soit 15 de plus qu'il y a deux ans, pour consommation ou détention de drogues diverses.
La techno, si chère à M. LANG, s'accompagne trop souvent, en effet, de dégradations, de nuisances et de consommation de produits illicites et dangereux.
C'est sans compter aussi les nombreux "afters" qui ont pullulé dans les boîtes parisiennes et chez nombre de particuliers.
Ces "raves" sont génératrices de désordres et de troubles du voisinage. Nous sommes dans le domaine du n'importe quoi, et les onomatopées décrivant ce que l'on appelle cette musique sont symptomatiques de l'état d'une jeunesse cosmopolite en mal de vivre, difficilement contrôlable, sans repère, sans limite, sans notion du respect des autres.
Les autres, parlons en justement ! L'Ouest parisien a été choisi cette année, et principalement le 16e arrondissement. Pour quelles raisons ? Et pourquoi les élus locaux n'ont-ils pas été consultés ? Ils se sont retrouvés, une fois de plus, mis devant le fait accompli... Ces quartiers tranquilles n'ont pas vocation à accueillir une foule en délire, vociférante et si peu respectueuse de l'environnement. Ne riez pas !
Par ailleurs, force est de constater que le choix de ce parcours n'a rien apporté à l'esprit même de la techno parade : réduction de la longueur du trajet, parcours trop excentré, chars moins nombreux, budget diminué, concert final supprimé, moins de participants...
Quel était donc l'intérêt des organisateurs en choisissant un tel secteur aussi peu compatible ?
Finalement, non, la techno parade n'aura pas fait trembler les beaux quartiers, comme l'affirment certains journalistes, même si cette année encore des vols ont été commis, si des jeunes ont été arrêtés.
Quel exemple ! Tout ceci a un coût pour la Ville. Et ce sont les contribuables parisiens les principales victimes et vous-mêmes, mes chers collègues, qui règlent l'addition.
La techno, ce n'est pas obligatoirement la culture de tous les Parisiens. Cette musique violente et désordonnée, sauvage et stéréotypée semble être davantage le refuge d'adolescents en mal de vivre, sans véritables repères moraux.
Quel tableau me direz-vous, Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues ! Pourtant il est malheureusement proche de la réalité. Alors, quel parcours pour l'année prochaine ? A Paris ou hors Paris ?
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Philippe GOUJON.
M. Philippe GOUJON, adjoint. - Monsieur le Maire, alors que les deux précédentes éditions de la "techno-parade" avaient eu lieu dans l'Est parisien, cette troisième édition s'est effectivement déroulée le 16 septembre dernier dans l'Ouest de la Capitale.
L'itinéraire proposé par les organisateurs a été validé par la Préfecture de police qui, comme chacun le sait, est seule compétente en la matière. Mais je dois dire que, dans un premier temps, le Maire de Paris, qui avait été saisi pour avis par la Préfecture de police sur deux sites de départ : les jardins du Trocadéro et le Champ de Mars, et un site d'arrivée : la pelouse de la Muette, a refusé ces propositions en raison des risques de nuisances et de dégradation de ces espaces verts.
Le parcours définitif, bien entendu, a été arrêté par la Préfecture de police en accord avec les organisateurs et soumis au Maire de Paris qui en a informé, je tiens à vous le préciser, les élus locaux par l'intermédiaire des maires d'arrondissement, comme il est d'usage.
Cela étant, il est vrai, comme vous l'avez rappelé, Madame JUNOT, que de nombreuses nuisances ont été causées aux riverains des 15e, 7e et 16e arrondissements, et cela n'est pas normal pour ce genre de manifestation.
Nous devons nous tourner vers M. le Préfet de police pour que toutes les mesures soient prises et que les dispositifs mis en place par ses services permettent d'éviter à l'avenir, puisque cette techno-parade sera sûrement appelée à se renouveler, de tels désordres.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. Philippe GOUJON et je donne la parole à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, Madame le Conseiller, pour la troisième année consécutive, la "techno-parade" s'est tenue dans la Capitale. L'Est de Paris ayant déjà servi de cadre aux deux précédentes éditions de cette parade, les responsables de cette manifestation ont souhaité, cette année, qu'elle ait lieu dans l'Ouest parisien.
Un premier projet empruntant l'axe Champs-Elysées - Concorde a fait l'objet d'un refus de ma part pour toutes les raisons de sécurité que vous imaginez.
Au-delà des refus qui ont été également exprimés directement par la Mairie de Paris, et que nous avons confirmés, concernant les deux autres propositions qu'a évoquées à l'instant M. GOUJON, c'est donc un nouvel itinéraire, le moins pénalisant possible pour les habitants concernés et les autres usagers de la voie publique, proposé par les organisateurs, qui a été accepté, après une phase de concertation avec la Mairie de Paris.
Je tiens à souligner que, cette année, cette parade n'a été autorisée que de 15 heures à 20 heures et que le concert final s'est tenu au Zénith et non sur la voie publique comme les années précédentes.
Cette stricte limitation de l'horaire ainsi que l'absence de concert à l'issue du défilé sont apparues de nature à prévenir tous les débordements.
Le dispositif de police mis en place a également permis de préserver le caractère festif de cette manifestation et d'en concilier le déroulement avec les impératifs d'ordre et de tranquillité publics.
Il est à noter un nombre peu élevé d'interpellations en raison de la population qui s'associait à cette fête : 90.000 personnes. Il y a eu 37 interpellations au total et nous avons noté une absence de dégradations particulières sur l'itinéraire emprunté par le cortège.
J'ajoute que la campagne d'information qui a été menée par mes services me paraît avoir été efficace auprès des commerçants, auprès de la population, pour les prévenir de cet événement, et que chacun des maires concernés a été informé de l'itinéraire emprunté par la parade. Ils ont été également informés des mesures de restriction prises à cette occasion en matière de stationnement.
Voilà ce que je souhaitais dire en réponse à Mme JUNOT. Mais quoi qu'il en soit, je peux lui donner l'assurance que je serai attentif, ainsi que mes services, l'année prochaine, à l'itinéraire qui nous sera proposé.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. le Préfet de police.