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Septembre 2000
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50 - 2000, ASES 164 - Création du prix de la solidarité de la Ville de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 164 relatif à la création du prix de la solidarité de la Ville de Paris.
Je donne la parole à Mme CAPELLE, inscrite sur ce projet.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Afin de rendre hommage aux associations qui jouent un rôle majeur dans notre société, et en particulier au sein de la Capitale, vous nous proposez de créer un prix de la solidarité de la Ville de Paris pour consacrer le travail des associations. Nous soutiendrons cette initiative.
Seulement, cette décision appelle de notre part quelques remarques, notamment sur les efforts réels de notre collectivité en matière de solidarité et puis en ce qui concerne votre politique en direction du secteur associatif.
Vous nous dites : "La Ville de Paris s'est engagée résolument aux côtés de tous les acteurs sociaux, pour développer toutes les formes de solidarité". De quelle solidarité parlons-nous ? Solidarité en faveur des mal logés, des sans emploi, des handicapés ? Quelle a été, en réalité, l'action de la collectivité parisienne, ces dernières années ?
La question du logement et du logement social à Paris n'a jamais été sérieusement abordée. L'offre demeure totalement inadaptée aux personnes les plus modestes. Seulement trois hôtels sociaux dans la Capitale, pas ou peu de possibilités d'accueil pour les femmes seules avec enfants.
A ce rythme, on peut toujours voter des v?ux pour ne pas faire d'expulsion pendant la période hivernale, mais que va-t-on faire de toutes ces familles ? Que faire pour les jeunes aidés pour trouver un emploi par les missions locales mais laissés sur le bord de la route car ils ne peuvent se loger décemment ?
Vos programmes départementaux pour l'emploi n'affectent chaque année qu'une partie infinitésimale de la population parisienne inscrite à l'A.N.P.E. Les sommes budgétées pour l'insertion ne sont jamais consommées alors que plus de 50.000 Parisiens vivent encore du R.M.I. Notre Ville ne s'est jamais vraiment mobilisée en faveur des emploi-jeunes alors même que ce dispositif aurait pu être un levier sans comparaison pour de nombreux jeunes Parisiens.
Votre politique à destination des sans abris a été menée à coup de campagnes pauvreté-précarité ébauchées à la va-vite quand l'hiver s'annonçait dans une logique de stricte survie des sans abris.
Jamais, nous n'avons pu obtenir que les actions en faveur des plus pauvres soient véritablement pérennisées, structurées, mises en perspective vers l'insertion. Trop longtemps, les politiques d'urgence et de charité ont été vos seuls remèdes, des remèdes que de tout temps l'idéologie libérale, majoritaire dans cette assemblée a proposé face à la pauvreté et l'exclusion.
Votre solidarité s'exprime à travers l'existence d'un catalogue de prestations et de services sociaux dont on ne peut guère évaluer s'ils répondent aux besoins d'un nombre suffisamment conséquents de Parisiens dans la difficulté. Certains d'entre eux semblent être des "coquilles vides" créés pour des besoins de pure communication. Je rappelle l'éternel problème de l'allocation chute brutale de ressources qui, même si cela marche un peu mieux est quand même loin de donner le résultat escompté.
A une époque où nous devrions aller dans le sens d'un accès plus large et plus juste aux services de la Ville, vous n'avez de cesse d'augmenter régulièrement les participations pour accéder à celles qui présentent un réel intérêt.
Régulièrement vous nous soumettez des changements de critères et de conditions pour l'octroi de ces prestations qui n'ont d'autres buts que de diminuer leur accessibilité. J'en veux pour preuve la très récente augmentation de la participation financière demandée aux bénéficiaires de la carte "Améthyste", délivrée aux personnes âgées ou handicapées.
Je ne reviendrai pas sur les problèmes d'accessibilité aux handicapés, j'en ai parlé tout à l'heure.
Que dire de votre retard coupable sur le dossier du saturnisme, maladie repérée à Paris depuis 1985 ? Votre action pendant des années s'est limitée au seul dépistage clinique alors que, depuis le début, nous savions qu'il fallait coupler cette action à du dépistage environnemental.
Je pourrais multiplier les exemples à l'envie. Je suis loin d'être convaincue que vous puissiez vous targuer d'avoir fait montre d'une grande solidarité envers les Parisiens.
Quant au prix "Solidarité", l'idée n'est pas mauvaise en soi. Ne croyez-vous pas cependant que les acteurs du monde associatif attendent avant tout que vous ?uvriez pour la stabilité et la pérennité de la vie associative parisienne ?
Les associations, trop souvent, pâtissent de leur mode de financement croisé et incertain, des tergiversations et des revirements des instances qui les subventionnent. Plus encore que la création d'un prix "Solidarité", ce qu'elles attendent, c'est un véritable partenariat avec les instances parisiennes. Nous devons contribuer au maintien de la vitalité associative de notre Ville, proposer à ce secteur un cadre contractuel aussi clair que possible.
Le mouvement associatif, dans les prochaines années, aura vocation à s'affirmer comme une ligne de résistance majeure des valeurs républicaines. C'est un tissu à la fois vulnérable qui doit être encouragé et mieux protégé. Une fois encore, sur ce sujet, vous vous contentez d'une mesure symbolique autour de laquelle vous faites beaucoup de battage médiatique sans vous soucier des problèmes de fond.
Après plus de 20 ans, notre Ville a besoin de sortir de cette politique démagogique.
Je vous remercie.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Merci, Madame CAPELLE.
M. BENESSIANO a la parole pour vous répondre.
M. Hervé BENESSIANO, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Je voudrais, pour répondre à Mme CAPELLE, de manière un peu plus synthétique et plus concise qu'elle, rappeler d'abord qu'il s'agit d'un projet de délibération simple et non pas l'engagement d'un grand débat ou d'une communication sur les affaires sociales.
Vous avez, dans votre intervention, Madame CAPELLE, retracé très largement et même souvent avec beaucoup de précisions de nombreux points touchant le domaine des affaires sociales.
Je me permettrai, si vous le voulez bien, de faire référence à un certain nombre de communications qui ont été faites dans cette enceinte par Mme HERMANGE, notamment concernant les innovations sociales.
Je crois qu'elle a, à plusieurs reprises, eu l'occasion de s'adresser à l'Assemblée et de la tenir au courant de l'évolution de l'activité qui était la nôtre au niveau de la Ville de Paris pour répondre à de nombreux problèmes que vous avez soulevés à l'instant. Je vous demande d'y faire référence.
Je voudrais vous dire, par ailleurs, que les choses vont dans le bon sens mais vont à la vitesse à laquelle elles peuvent aller : nous ne pouvons pas tout réaliser dans un espace temps aussi court que l'année.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur BENESSIANO.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 164.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, ASES 164).