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Septembre 2000
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39 - 2000, DAC 174 - Don d'oeuvres d'art à la Ville de Paris (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAC 174 relatif au don des ?uvres d'art à la Ville de Paris.
Monsieur MALBERG, vous avez la parole.
M. Henri MALBERG. - Le Conseil du 18e arrondissement a adopté ce projet de délibération. Pourtant, il y a un débat qui continue. Et je voudrais m'en faire l'écho.
Il y a même une polémique assez vive. Il s'agit de la remise en place, soixante ans après, de la statue du Chevalier de la Barre. Les gens ne sont pas d'accord sur ce qu'il faut faire.
Je rappelle que c'est Vichy qui a fourni aux Allemands une liste des statues à faire fondre à Paris parmi lesquelles Gambetta, Etienne Dolet, le Chevalier de la Barre. C'était un choix très net.
Qui était ce Chevalier de la Barre ?
C'était un jeune noble qui a refusé de saluer une procession à Amiens. Il a été exécuté à vingt ans, en place publique, à Abbeville, et brûlé avec les textes philosophique de Voltaire. C'est l'un des derniers Français exécuté sur la base de cette loi, absolument invraisemblable sur les sacrilèges. On est donc le 15 juillet 1766, trente ans avant la Révolution française ! Et Louis XV est roi de France !
La statue initiale était une statue où l'on voyait les ?uvres de Voltaire. Et elle était considérée par les gens comme un acte politique à juste titre contre l'intégrisme religieux de cette époque.
Et puis voici qu'on refait une statue moderne, paraît-il, avec des jeunes de notre temps, sans Voltaire, ce qui pose problème à certains qui pensent que cette façon de reconstruire l'histoire est une modernisation sans contenu.
Evidemment nous n'allons pas voter contre la réalisation de cette statue. Mais quand même j'avoue que la Ville aurait pu s'engager et faire elle-même, en tenant compte qu'il s'agit de Vichy dont la République est l'héritière comme l'a reconnu le Président de la République. Reconnaissant le fait qu'il s'agissait bien d'une déviation de la République française. On aurait pu faire cette statue à l'identique sur fonds public. Cela a été fait par souscription.
Nous allons voter. Mais je tenais beaucoup à me faire l'écho au Conseil de Paris des personnes qui ne sont pas d'accord avec le choix fait.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur MALBERG.
Mme MACÉ de LÉPINAY, vous avez la parole.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je ne veux pas revenir sur l'histoire du Chevalier de la Barre que M. MALBERG nous a rappelée. Je veux seulement vous dire, mes chers collègues, qu'il reste la base de cette statue avec l'inscription. C'est vrai que cela fait des années que des associations locales demandent qu'une statue soit rétablie.
Il y a deux associations qui militent pour l'érection de la statue du Chevalier de la Barre. Il se trouve qu'une des deux associations a fait une proposition à la Ville de Paris, qui a reçu un avis favorable de la Commission des statues, et mes chers collègues, nous pouvons ou non, ce soir, accepter le don que nous fait cette association. Je vous propose de le faire. Je pense qu'on peut porter tous les jugements qu'on veut sur la statue qui sera implantée. En tout cas, je pense que cette statue sera remise en place à la satisfaction d'un certain nombre de Parisiens.
Je vous propose donc de donner un avis favorable à l'acceptation du don qui nous est fait ce soir. Merci.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Merci, chère collègue.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 174.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DAC 174).