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25 - 2011, DASCO 22 G - Soutien du Département de Paris aux collèges les plus fragiles. Montant : 1.076.422 euros.

Débat/ Conseil général/ Juillet 2011

25 - 2011, DASCO 22 G - Soutien du Département de Paris aux collèges les plus fragiles. Montant : 1.076.422 euros.

 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASCO 22 G sur lequel j'ai quatre inscriptions. Il s'agit du soutien du Département de Paris aux collèges les plus fragiles.

Je donne tout d?abord la parole à Mme Michèle BLUMENTHAL.

Mme Michèle BLUMENTHAL. - Merci, Madame la Présidente.

En février 2011, nous avons décidé d'accroître le soutien du Département de Paris aux collèges les plus fragiles.

Je prendrai l'exemple de trois collèges du 12e arrondissement. Ces collèges de catégorie 3 se différencient du collège Vincent d?Indy de même catégorie, non sélectionné, car ils répondent à trois critères, dont deux seulement étaient nécessaires pour être éligible à savoir : 25 % de taux de redoublement, 25 % de boursiers et 12 % de demandes de dérogation.

Ces trois collèges sont fragilisés, non seulement par la diminution des dotations de l'État, mais aussi par la politique d'assouplissement de la carte scolaire.

Ainsi, nous pouvons constater que, dans certains de ces collèges, le nombre des élèves arrivant en 6e diminue fortement par rapport à ce que l?on peut attendre à partir des effectifs des classes des écoles primaires du secteur.

Or, un collège se situe dans un quartier, il est nécessaire que les parents aient le même réflexe que pour l'inscription à l'école où, tout naturellement, ils inscrivent leurs enfants à l'école du secteur.

Le vote de ce projet de délibération aujourd'hui permettra aux chefs d'établissement et aux équipes enseignantes de mettre en ?uvre leur projet dès la rentrée scolaire, car ces projets ne sont pas des activités en marge de l?enseignement.

Pour le collège Paul Valéry, le projet porte sur le vivre-ensemble et s'adresse aux classes de quatrième, s'inscrivant ainsi dans un des principaux objectifs portés par l?aide du Département.

Pour le collège Jules Verne, le projet a pour objectif de renforcer les liens entre adultes et enfants, des projets qui intègrent toutes les classes d'un même niveau, en l'occurrence les quatrièmes, ou bien la mise en place de "Cafés des parents".

On peut donc constater que, dans ces projets, l'accent est mis sur les enfants en classe de quatrième, qui se trouvent dans une difficulté de transformation. Ainsi, le projet de Guy Flavien "Du savoir à l'autonomie" concerne 358 élèves correspondant à tous les niveaux, de la sixième à la troisième, et incluant les unités localisées d'inclusion scolaire.

Ce projet, qui prend en compte des liens avec des partenaires, se traduit par des expositions mettant en valeurs les actions faites le long de la rue du collège, permettant ainsi de l'intégrer dans son environnement.

Je souhaiterais terminer par cette phrase de Joseph ROSSETTO, principal de Guy Flavien : "Notre objectif est d'aménager dans le temps scolaire des espaces où les professeurs et les artistes travaillent à des projets exigeants. Au collège, au moment où se cristallise la transition de l'adolescence, ces projets permettent de donner sens et force aux cultures, par des recherches exigeantes, qui prennent en compte les capacités des élèves, y compris corporelles, leur créativité, la prise d'initiative et la recherche."

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. Claude DARGENT.

M. Claude DARGENT. - Madame la Présidente, mes chers collègues, nous pouvons en témoigner ici, car ils nous le disent dans nos permanences, les parents d'élèves à Paris, comme ailleurs, témoignent d'inquiétudes grandissantes. Nous le constatons aussi dans les conseils d'administration des collèges, compte tenu des coupes budgétaires sévères voulues par le Gouvernement.

Rappelons-le, Luc CHATEL a organisé la suppression de 13.000 postes d'enseignant pour l'an prochain.

Face à cet affaiblissement considérable de l'école républicaine, les élus du groupe socialiste souhaitent exprimer leur attachement au service public d'éducation à Paris. Cette attention de la Ville à une attractivité de tous ses collèges, ainsi qu'à une qualité d'enseignement, est récurrente, comme en témoigne d?ailleurs la question d'actualité qui a été posée aujourd'hui.

Les interventions qui ont précédé, et celles qui suivront, souligneront la démarche inédite du Maire de Paris et de son adjointe Mme Colombe BROSSEL, qui consiste à octroyer 1 million d'euros supplémentaires pour les collèges parisiens les plus en difficulté. Ces collèges ont été sélectionnés au vu de leur classement académique, ou au vu de critères décrivant la situation sociale et scolaire des élèves accueillis, ainsi que de l'attractivité de l'établissement.

Pourquoi une telle démarche ?

Depuis 2007, le renforcement de la politique d'assouplissement de la carte scolaire provoque un creusement des écarts entre les établissements attractifs et ceux qui se trouvent contournés. Cela s'appelle de la ghettoïsation. Et je trouve inadmissible d'entendre la droite dire aujourd'hui que la Ville contribue à ces phénomènes, comme je l'ai entendu récemment au Conseil du 15e arrondissement, où l'U.M.P. nous expliquait que la Ville n'effectuait pas les travaux nécessaires pour la sécurisation des collèges parisiens, alors qu'en 2010, le Département a consacré plus de 15 millions d?euros à cette mission, sans compter les opérations de restructurations lourdes ou les constructions de collège.

Le projet de délibération que nous examinons actuellement se justifie car le Rectorat diminue mécaniquement les moyens qu'il accorde aux collèges les plus fragiles lorsqu?ils perdent des élèves, alors même que c'est l'Académie seule qui accorde les dérogations.

Pour toutes ces raisons, l?Exécutif municipal a souhaité réagir.

Dans le 15e arrondissement, deux projets verront le jour :

- au collège Modigliani, le projet concerne toutes les classes de cinquième, soit 140 élèves, en prévoyant toute une série d'initiatives positives,

- et au collège Guillaume Apollinaire, le projet concerne les classes de S.E.G.P.A. de tous les niveaux, soit 117 élèves.

Je me réjouis que le 15e figure clairement dans ce projet de délibération parce que c'est une reconnaissance de son caractère socialement très composite, parce que c?est une réponse à la droite qui nous explique que le 15e arrondissement est sacrifié par la Ville, et voici de nouveau une démonstration, une de plus, du contraire.

Je souhaite enfin m'interroger, chers collègues, dans ce contexte budgétaire difficile, où l'Etat a décidé d'étrangler financièrement les collectivités territoriales, en leur transférant toujours plus de compétences sans leur donner les moyens de les assumer, je veux souligner ici l?effort qui nous anime dans les arbitrages budgétaires auxquels le Département doit faire face. Ce projet de délibération en témoigne. C'est donc avec la conviction qu'il s'agit d'un bon emploi des deniers publics que je vous invite à le voter.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme POLSKI.

Mme Olivia POLSKI. - Je vous remercie, Madame la Présidente.

Mes chers collègues, en effet, cela a été dit déjà à plusieurs reprises, à l'heure où le Gouvernement ne cesse de réduire les moyens de l'Education nationale et alors même, effectivement, que l'assouplissement de la carte scolaire a continué de creuser l?écart entre les établissements attractifs et ceux évités, il est important d'apporter tout notre soutien à ceux qui sont ainsi fragilisés.

Cette aide du Département prend donc la forme d'une dotation attribuée aux établissements au vu d'un projet pédagogique, pour la rentrée scolaire prochaine, de type culturel, artistique, environnemental, citoyen, sportif ou encore même, et c'est innovant, d'un travail sur la liaison entre le CM2 et la sixième.

Ainsi, suite à une commission qui a été présidée par Mme Colombe BROSSEL, dont le but était d'étudier les projets proposés, 251 projets de 53 collèges ont été retenus. Je me réjouis donc que 14.000 élèves puissent ainsi en bénéficier, soit près de 60 % des collégiens des établissements concernés.

Je voudrais aussi en profiter pour saluer le travail et l'engagement des équipes pédagogiques et de nombreuses associations autour de ces projets innovants pour la réussite des élèves.

Je vous en remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Mme Karen TAÏEB a la parole.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Madame la Présidente, et mes chers collègues.

Chaque année, au moment des inscriptions, les demandes de dérogation pleuvent. Les parents ne veulent pas de tel ou tel collège, dont la réputation a déjà fait le tour, estampillés "collèges fragiles", ce qui résonne dans la tête des parents comme collège à fuir.

Je me mets à la place des parents. Pourquoi ne pas donner toutes les chances de la réussite à son enfant quand on sait pertinemment que le collège attribué est dit "fragile", alors que l'on attend de l'Education nationale une forteresse du savoir et de l'apprentissage des connaissances ?

De l'autre côté du cercle vicieux, les collèges les plus contournés voient leurs moyens baisser puisque les dotations horaires globales sont calculées en fonction du nombre d'élèves accueillis par l'établissement et on réduit les moyens spécifiques accordés aux collèges du groupe 5, reconnus les plus en difficulté par l'Académie elle-même.

A Paris, alors que l'on prévoit une hausse globale des effectifs parisiens dans le second degré de 1.948 élèves dont 695 en collège, le Rectorat annonce la suppression de 27 postes d'enseignant.

Bref, on marche sur la tête ! C'est souffler sur un château de carte et fragiliser encore plus ces collèges fragiles.

A l'opposé de cette politique, nous avons voté, lors du Conseil de Paris de février dernier, une délibération prévoyant, comme cela a été déjà dit, de consacrer 1 million d?euros dès la rentrée prochaine à la cinquantaine de collèges parisiens les plus fragilisés.

Le projet de délibération d'aujourd'hui en est donc la concrétisation. Et je remercie notre collègue Mme Colombe BROSSEL pour son travail attentif et concentré sur la réussite éducative des élèves parisiens.

Favoriser la réussite des élèves et permettre aux établissements d'améliorer leur image dans le quartier, voilà ce qui prime, avec, pour ma part, un accent qui doit être mis particulièrement sur la réussite des élèves, car c'est de cela dont dépend l'image de l'établissement.

Plus que de collèges fragiles, j'y vois surtout des élèves fragiles, emportés progressivement par l'inexorable courant de l'échec scolaire, alors qu'il suffirait parfois de prendre le temps, le plus tôt possible, que les enseignants n'ont sûrement pas ou plus, de l'écoute, de la compréhension et même, j'ose le mot, de l'amour.

Pour paraphraser Françoise Dolto, je dirais que l'élève est une personne, avec ses forces et ses faiblesses. Et les notes que l'on met à un élève, sans un réel soutien, en pensant qu'un 3 en maths ou un 5 en français le rendra meilleur, n?ont de conséquences que la fragilisation, la mise à l'écart, l'échec avéré, l'issue de secours fermée et l'abandon par l'élève.

Dire à un élève de sixième qu'il ne s'en sortira pas, c?est avouer son propre échec et celui de l'Education nationale. Plus d'égalité aux collèges, cela veut dire donner plus à ceux qui ont moins, et ce, à tous points de vue : en termes d'effectifs d'enseignants et de dotations, mais aussi en termes d?écoute et de valorisation de l'élève.

On ne peut se contenter de dire que les élèves fragiles sont des élèves issus de milieux sociaux familiaux défavorisés et avoir un simple barème de notes pour évaluer les élèves. Je le dis et je le répète, ce sont les élèves qui font la réputation d'un collège. Parfois, on en retire les félicitations avec une immense facilité, c?est le cas de Henri IV. Parfois, il faut relever les manches et se donner comme challenge d'amener les élèves à la réussite. Il faut avant tout, et d'urgence, changer son regard sur l'élève qui n?est là pour parfaire la réputation d'un collège mais un jeune citoyen à qui l?on va donner les moyens de réussir sa vie d'adulte.

Je pense à tous ces parents à qui l?on annonce froidement que leur enfant est un bon à rien, et qui n'ont parfois même pas la langue pour défendre leur progéniture, voire, dans les cas d?exclusion, de se raccrocher à un établissement privé. Que deviennent-ils une fois renvoyés, après avoir accumulé les "zéro" sur leur carnet de notes ? En errance, en échec, en connexion de la cité, tout simplement.

Alors, évidemment, je me félicite de ce million d?euros alloués aux 53 collèges parisiens qui en ont vraiment besoin.

J'ai noté certains projets, comme la découverte de Paris pour la classe accueil du collège Georges Rouault, dans le 19e, la création d'un orchestre à Edgar Varèse, dans le 19e toujours, le séjour linguistique de deux jours à Londres pour une classe de troisième, au collège Jean-Baptiste Clément du 20e, apprendre à nager pour des élèves non nageurs de 5e, au collège Françoise Dolto du 20e, du jardinage, des ateliers cinéma ou poésie au collège La-Grange-aux-Belles, dans le 10e, la fréquentation des lieux de culture pour des élèves de Sonia Delaunay, un voyage à Venise pour des élèves du collège Guy Flavien, dans le 12e.

J'aime aussi l'idée de ce que certaines équipes ont intitulé "redonner confiance", ou "valorisation de l'image de soi", comme le collège Lucie Faure, du 20e.

En revanche, je comprends moins l'idée du voyage de l'excellence pour les trois meilleurs élèves d'une classe, deux au niveau des résultats et un au niveau du mérite, comme l'envisage le collège Pierre Mendès-France, du 20e.

En tout, ce sont donc 251 projets retenus pour près de

14.000 élèves dans 53 collèges, pour un montant de 1.076.422 euros. De très beaux projets qui mettent la culture, le sport, le respect de l'environnement, l'ouverture et la connaissance de l'autre au premier plan. Nous nous en félicitons.

Je terminerai par un intitulé choisi par les équipes du collège Georges Clemenceau, dans le 18e arrondissement, pour prévenir le rejet de l'école et la déscolarisation. J'aurais aimé voir cette option choisie par tous les collèges dits fragiles, en savoir plus sur les méthodes, les moyens prévus et les résultats qui seront obtenus par cet atelier.

Car encore une fois, et vous l'aurez compris, ce qui m'importe, c'est faire remonter à la surface ces élèves qui sombrent dans l'échec et leur faire expérimenter la réussite. De la revalorisation de l'image de soi, de la main qui leur sera tendue pour y arriver, de leur réussite dépend le rayonnement du collège qui les accueille.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Mme Colombe BROSSEL va vous répondre.

Mme Colombe BROSSEL, au nom de la 7e Commission. - Écoutez ! Pas grand-chose à rajouter après ces différentes interventions. Merci à tous.

M. MARTINS était également inscrit sur les collèges.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je ne l'ai pas sur ma fiche.

Mme Colombe BROSSEL, rapporteure. - C'est sur le projet de délibération suivant.

Je peux peut-être répondre sur les deux salves d'intervention : nous gagnerons du temps.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Monsieur MARTINS, vous étiez inscrit sur le DASCO 23 G, subventions aux collèges - 3ème tranche d'équipement.

Si vous voulez parler dès maintenant, faites-le, dans le temps imparti, bien sûr !

Vous avez la parole.

M. Jean-François MARTINS. - Je crois que l'embouteillage d'intervenants a dû faire faire une petite erreur aux services car c'était évidemment sur l'aide exceptionnelle aux collèges les plus fragiles de Paris sur lequel je voulais intervenir.

J'avais, à l'époque où nous avions lancé cet appel d'offres, émis un avis très favorable au fait que le Département de Paris prenne en considération malgré les raisons que l'on connaît de désengagement de l'État qui nous pousse et nous oblige, au Département de Paris, à prendre ce type d'initiatives, j'avais soutenu cette délibération en demandant d'ailleurs à amender le texte afin que les associations d'éducation populaire puissent être notamment associées à des projets, et que nous pensions l'action en faveur des collèges les plus défavorisés pas seulement avec le simple outil de l'institution scolaire, mais aussi avec les outils merveilleux du monde associatif, et en particulier de l'éducation populaire.

Je me réjouis qu'un certain nombre de projets d'établissement soient faits en partenariat avec des associations du monde de l?éducation populaire. Je regrette cependant qu'il n'y ait pas de projet propre où les associations auraient pu intervenir sur deux ou trois collèges en même temps pour faire de l'apprentissage hors les murs avec un certain nombre de publics.

A la lecture des projets retenus, j'ai peut-être un regret. En effet, si ces établissements-là doivent avoir accès à la culture, aux voyages, au tourisme, au théâtre, au jardinage, comme outil aussi de la confiance en soi, de l'ouverture au monde, de la curiosité, j'ai la conviction que le principal enjeu que nous aurons à affronter pour les établissements scolaires, et notamment pour les collégiens les plus en difficulté, c'est la maîtrise de la langue, de la lecture et de l'écriture du français tout particulièrement.

De ce point de vue, indépendamment même des origines de tous les enfants, c'est le véritable enjeu car c'est un enjeu, pas d'employabilité ou d'avenir scolaire, mais un véritable enjeu de citoyenneté, de place dans la cité, quand des enfants du collège, on le sait, ne maîtrisent pas la lecture et l'écriture. On estime que 22 % des élèves qui sortent du primaire ne savent pas décrypter correctement un texte. J'aurais aimé qu'il y ait plus de projets concernant la maîtrise de la lecture et de l?écriture. Cela aurait été faire ?uvre utile pour ces collégiens dont on sait parfois que justement le climat familial ne permet pas cet apprentissage le plus parfait et précis de la langue.

Les projets retenus sont certes intéressants. Il manquera, je le crois, et si nous devions intervenir, nous devrions le faire dans le cadre d'objectifs peut-être plus précis, plus fixés au regard de ce qui est notre légitimité à intervenir dans le champ pédagogique, bien entendu.

Mais je voterai le projet de délibération et tenais à adresser mes félicitations à Colombe BROSSEL et aux services sur cet appel à projet.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Mme BROSSEL a la parole.

Mme Colombe BROSSEL, rapporteure. - Cela valait le coup que j'attende, vous en conviendrez !

Merci à l'ensemble des orateurs.

Ce projet de délibération est important, et je vous remercie de l'avoir mis en lumière, il est important sur l'objectif. Nous l'avions exposé les uns et les autres au mois de février, et vous l'avez parfois rappelé : recréer le lien entre le quartier et le collège, redonner du sens à la notion de collège de quartier, redonner l'envie aux familles de fréquenter le collège de leur arrondissement, et atténuer, à défaut de faire cesser complètement, atténuer la compétition farouche entre les établissements, qui veut qu'il y ait maintenant, partout dans Paris, le bon et le mauvais collège.

Il y a des établissements parisiens qui méritent d'être accompagnés et qui méritent que l'on mette un certain nombre de moyens à leur disposition pour que la vie y soit plus douce je reprends le vocabulaire de Mme Karen TAÏEB -, que les conditions d'enseignement y soient meilleures - cela ne dépend pas de nous mais nous nous battons pour cela -, et que la confiance, et je crois que c'est cela le mot le plus important, la confiance puisse être rétablie entre les familles, les collégiens et le collège. C'est bien là-dessus que nous avons choisi d'axer cet appel à projet, et c'est bien là-dessus que les collèges ont choisi de nous faire des propositions.

Je suis assez frappée, quand je regarde ce qui pourrait sembler être une liste à la Prévert des 251 projets qui vont être financés. Je suis assez frappée de voir que bien au contraire, c'est une certaine cohérence qui se met en place, avec une volonté de travailler avec le plus grand nombre de jeunes possible en décloisonnant, en ouvrant les frontières qui peuvent exister entre disciplines, entre types de classes, entre publics, entre les parents, les adolescents et leurs enseignants, et je crois que c'est ce fil rouge qui traverse l'ensemble des projets qui nous sont aujourd'hui présentés.

Mme Olivia POLSKI le rappelait : c?est près de 60 % des collégiens qui, d'une manière ou d'une autre, vont être touchés, impactés par ces projets. C'est donc une action d'une énorme envergure. On avait l'habitude de parler du million. Au-delà du volume financier, il faudra garder en mémoire que c?est près de 60 % des collégiens parisiens qui, d'une manière ou d'une autre, vont être impactés par ces projets, et c'est une très belle action.

Troisième chiffre que je voulais mettre en lumière - M. Jean-François MARTINS en a un peu parlé -, effectivement, 100 associations et institutions culturelles vont être actrices de ces projets, et je crois que c'est important que nous soyons arrivés à faire le lien que vous aviez souhaité, Monsieur MARTINS, en son temps, entre la vie dans les établissements et l'ensemble du mouvement associatif et culturel.

Je termine juste par un tout petit mot. Vous avez parlé, Monsieur MARTINS, de la question de la langue. Je suis assez d'accord avec vous mais fondamentalement, on voit bien à quel point un certain nombre de ces projets, justement, au travers d'autres moyens, de moyens d'action culturelle, de moyens d'action de types sorties, de moyens d'action de type voyages ou projets éducatifs autour de la sortie de l'établissement font travailler la langue.

Je suis tout à fait frappée de l'incidence de ces projets sur les questions de langage dans un autre cadre. On vient de voir les rendus des dix résidences d'artistes que nous avions financées cette année dans des collèges parisiens, là aussi les plus fragiles. On voit bien à quel point implanter une résidence d'artistes dans un établissement, c'est aussi l'occasion, par d'autres moyens, avec d?autres intervenants, de travailler sur la langue. Et rien n'est plus intéressant que de voir arriver les évaluations par les chefs d'établissement de l'implantation de ces résidences d'artistes. Quand les chefs d'établissement disent : "Eh bien, le fait d'avoir pu travailler par exemple avec l?orchestre Pasdeloup, avec le professeur de français, c'est aussi ce qui a permis de faire avancer le niveau général de la classe", on voit bien qu'en passant par des moyens à côté, en passant par des outils différents, on peut aussi travailler sur le c?ur de la pédagogie et je crois que c'est aussi l'intérêt de ces projets.

Quelques mots pour vous dire où nous en sommes aujourd'hui.

Les projets vont se mettre en place dès la rentrée, et donc, nous aurons, évidemment, à c?ur d'évaluer, de suivre et de pouvoir rendre compte devant le Conseil de Paris, en tout cas pour en avoir rencontré un certain nombre dans les deux derniers mois, je peux vous dire que les principaux de collège seront ravis de savoir que ce projet de délibération a été voté par les élus parisiens.

Et puis, dernier mot, et vraiment je m'arrête, Madame STIEVENARD, j'entendais dans un échange asymétrique entre M. Claude DARGENT et M. Jean-Baptiste MENGUY sur la sécurisation des collèges, d'après ce que j'en ai compris, alors je ne sais pas bien pourquoi les travaux de sécurisation dans les collèges interviennent là, mais comme je suis entre les deux physiquement, j'ai entendu leur conversation à distance ; ne tombons pas dans le panneau de : qui veut noyer son chien l'accuse d'avoir la rage ; nous parlons aujourd'hui de projets éducatifs dans les collèges, je serai absolument ravie de répondre à toute autre question sur les travaux de sécurisation dans les collèges, et ce, d?autant plus que nous n'avons pas à rougir, bien loin de là.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

M. MENGUY souhaitait faire une explication de vote.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Madame la Présidente.

Ce projet de délibération était attendu, nous en avons souvent débattu ensemble et nous nous réjouissons que cette somme puisse être débloquée pour les collèges les plus défavorisés à Paris. Pour avoir regardé la liste des projets retenus, nous constatons que les projets sont assez divers, ce qui, évidemment, rajoute tout l'intérêt à cette démarche ; nous en avons discuté en 7e Commission et je le redis ici, nous saluons, évidemment, cette initiative d?aider, par ces projets, à notre sens, constructifs.

Deux remarques sur le projet de délibération.

La première, et je l'avais dit en 7e Commission, nous regrettons, mais dont acte, que pour la commission du choix de ces projets, nous n'ayons pas été associés, parce que c'était intéressant, je le crois, que les élus puissent avoir un regard sur les projets, qu'il soit consultatif ou décisionnaire.

Deuxièmement, je crois important qu'un bilan, et il n?en est pas fait mention dans le projet de délibération, soit tiré en Conseil de Paris, peut-être à la fin de l'année prochaine, si le temps le permet, sur la façon dont ces projets auront été menés à bien.

M. DARGENT l?a dit, c?est une initiative inédite. Eh oui, malheureusement, Monsieur DARGENT, c'est une initiative inédite et nous nous réjouissons que le Département de Paris rejoigne les efforts qui sont faits par le rectorat à destination des collèges parisiens. Non, l?Etat et le Rectorat ne se désengagent pas des collèges les plus défavorisés.

Un seul chiffre, par exemple : pour les 25 collèges les plus défavorisés en groupe 5, ce sont 13 millions d?euros supplémentaires qui sont alloués à ces établissements, 13 fois plus que cette décision inédite, comme M. DARGENT aime à le rappeler, et croyez bien que nous nous réjouissons que le Département de Paris rejoigne nos efforts et l'engagement qui a été pris de soutenir les collèges parisiens.

Je voudrais seulement, pour terminer, m'étonner des contradictions de la gauche qui, tantôt, demande plus de postes pour l'Education nationale et, après, se plaint des recrutements du Rectorat, tantôt s'insurge contre les fermetures de classes et, de l'autre côté, se plaint de la décision du Président de la République sur les fermetures de classes pour 2012, tantôt se plaint de l'assouplissement de la carte scolaire, et Mme BROSSEL le disait encore ce matin, rappeler qu'il n'y avait pas de drapeaux et de frontières entre les arrondissements et de brandir ces frontières quand cela l'arrange et de les faire tomber quand cela l'arrange également, tantôt de refuser nos v?ux?

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Si vous pouvez conclure, vous avez dépassé votre temps de parole.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - ? sur la sécurisation des établissements, alors que la Région Ile-de-France vient de voter une subvention pour sécuriser des lycées, que nous avons demandé par des v?ux refusés la sécurisation de certains collèges et que nous demandons, Monsieur DARGENT, pour le 15e arrondissement, la sécurisation de l'école Varet?

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - 2 minutes 35 ! Je suis désolée.

M. Jean-Baptiste MENGUY. -? qui est toujours sans réponse et je crois que, là aussi, il faut avoir une attitude constructive. Non, la droite ne veut pas que les enfants parisiens soient délaissés, analphabètes et ignares ; je crois que l?éducation?

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Monsieur MENGUY, vous aurez des tréteaux pendant toute la campagne pour donner votre point de vue !

M. Jean-Baptiste MENGUY

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Bien.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 22 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2011, DASCO 22 G).