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Juillet 2011
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24 - 2011, Vœu déposé par le groupe PCF/PG relatif à la fermeture du Centre d'hébergement d'urgence parisien Yves Garrel. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil général/ Juillet 2011

24 - 2011, V?u déposé par le groupe PCF/PG relatif à la fermeture du Centre d'hébergement d'urgence parisien Yves Garrel. V?u déposé par l'Exécutif.

 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous avons des v?ux, le n° 2 G du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche et n° 2 G bis de l'Exécutif, relatifs à la fermeture du centre d?hébergement d'urgence Yves Garrel. Ils ne se rapportent à aucun projet de délibération.

J'ai une inscription de Mme Danielle SIMONNET pour une minute.

Mme Danielle SIMONNET. - Depuis le 30 juin, si vous êtes une femme, que vous vous retrouvez à la rue et téléphonez au 115, le Samu social ne vous donnera aucune place dans les centres d?hébergement d'urgence qu?il gère, tout simplement parce qu?il ne peut plus financer de centres d?hébergement d'urgence spécifiques pour les femmes, grâce aux coupes sombres de l'État.

Voilà la terrible réalité derrière la fermeture du C.H.U. Yves Garrel dans le 11e. Voilà la réalité de la politique du Gouvernement. Il fait voter une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, mais ne débloque aucun moyen pour permettre sa traduction concrète.

Un an plus tard, il asphyxie les structures qui ont mission de service public sur le terrain, comme le Samu social et aggrave les politiques discriminatoires à l?encontre des femmes. C'est extrêmement grave.

A travers ce v?u, vous l'aurez compris, nous demandons au Maire de Paris d'intervenir auprès du Gouvernement pour que soient débloqués les financements permettant la création dans les plus brefs délais d'un nouveau centre d?hébergement d'urgence pour accueillir ces femmes sous la responsabilité du Samu social.

Je tiens d'ailleurs à saluer le Conseil régional d?Ile-de-France qui vient d'adopter la semaine dernière un amendement dans lequel le Conseil régional se déclare prêt à ester en justice contre l?État du fait du manquement à ses obligations et discrimination à l?encontre des femmes.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente. - Madame la Présidente, mes chers collègues.

Le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche a raison de dénoncer à nouveau la situation de l?hébergement des plus fragiles, dont celui des femmes.

Le centre Yves Garrel accueillait chaque soir 70 hommes et 38 femmes, essentiellement orientés par les maraudes. Ce public souffre particulièrement des conséquences d'une vie prolongée dans la rue et un accompagnement social orienté vers la sortie de rue doit être mis en place.

Or, un accueil le soir à 19 heures et une remise à la rue le matin à 9 heures, comme c'était le cas, ne le permettaient pas.

Le bâtiment était par ailleurs dans un état de délabrement avéré. Pour dénouer cette situation, la Ville de Paris a acheté deux immeubles dans le 11e arrondissement, avec la volonté d'humaniser le projet social de ces établissements.

Le 5 rue de Popincourt destiné aux hommes ouvrira en 2013 et le 52 rue Servan accueillera dès septembre prochain 52 femmes.

Je tiens à remercier M. Patrick BLOCHE et M. Jacques DAGUENET qui, à la mairie du 11e arrondissement, ont soutenu ardemment ces projets.

Pour compléter l?offre hébergement pour les femmes, l?association "S.O.S. Habitat et Soins" a ouvert un établissement dans le 9e arrondissement le 15 juin dernier.

Emmaüs ouvrira également un centre dans le 10e arrondissement en septembre.

Au total, ce sont 130 places dédiées aux femmes qui auront été créées cet été grâce à la mobilisation des bâtiments et de l'ingénierie de la Ville.

Malheureusement, pour éviter la remise à la rue sans solution adaptée, la Ville ne peut pas faire sans l'État, dont c?est la compétence. Le Samu social, comme cela a été rappelé par Mme SIMONNET, n'a pas obtenu les moyens qui auraient dû garantir la continuité de l?hébergement dans des conditions acceptables.

Comme vous, Madame SIMONNET, je dénonce fermement cette attitude qui touche les femmes les plus vulnérables, victimes des violences de la rue.

C'est d'autant plus cynique que, dans le même temps, l'État a mis fin à la possibilité d?héberger à l'hôtel 100 femmes isolées et a prévu de supprimer 5.000 places en Ile-de-France avant la fin de cette année.

Mes chers collègues, cette situation illustre de manière très concrète les orientations de l'État en matière d?hébergement des femmes, des familles avec enfants et des plus exclus.

Les élus franciliens, à l'appel de Bertrand DELANOË, ont dénoncé la baisse des crédits de l'État et une politique du logement d'abord, sans les logements, mais de prime abord méritoire si elle n?avait pour principal objectif de couper les vivres à ceux qui en ont le plus besoin.

Je vous propose donc, mes chers collègues, de retirer votre v?u pour que nous votions ensemble un appel plus large, tel que porté par le v?u de l'Exécutif, sur deux points :

- Qu?un moratoire immédiat soit déclaré sur les fermetures de places d?hébergement et que les crédits d?urgence dédiés au 115 du Samu social et aux associations gestionnaires des centres soient rétablis, sur la base des dépenses constatées en 2010,

- Que l'État organise une table ronde régionale pour débattre des sept propositions qui sont portées par les élus franciliens.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame SIMONNET, acceptez-vous de retirer votre v?u ?

Mme Danielle SIMONNET

Je préfère que nous retirions notre v?u, car le v?u de l'Exécutif, à la fois, souhaite porter la bataille pour le rétablissement et l'augmentation des aides de l'État pour les C.H.U., le 115, le Samu social. Je peux vous dire que j'étais à la manifestation samedi dernier des travailleurs du Samu social, ils ont vraiment besoin de notre soutien.

Deuxièmement, le v?u de l?Exécutif élargit bien la problématique en demandant à l?État cette table ronde au niveau régional.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Vous êtes censée répondre par oui ou par non, ne refaites pas une intervention complète.

Mme Danielle SIMONNET. - ? que l?hiver meurtrier se prépare.

Systématiquement, je trouve que, dans cette Assemblée, l?Exécutif a toujours des temps de parole extrêmement longs. Les deux v?ux n'ont strictement rien à voir, cela me semble un minimum que de l'expliquer, mais j?en avais fini, Madame.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame SIMONNET, vous n'êtes absolument pas victime, simplement vous êtes parmi les seuls qui ont dépassé leur temps de parole cet après-midi. Ce n'est pas toujours le cas, sans doute.

Maintenant, le compteur est affiché, vous pouvez vérifier par vous-mêmes. Mais je ne souhaite en rien vous brimer, soyez rassurée.

J'ai bien compris que vous acceptiez de retirer votre proposition de v?u.

Nous allons donc voter le v?u de l?Exécutif.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2011, V. 31 G).