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Juin 2011
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52 - 2011, Vœu déposé par le groupe CI relatif à l'attribution du nom de Hamzah Al-Khatib à une rue ou un lieu parisien.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

52 - 2011, V?u déposé par le groupe CI relatif à l'attribution du nom de Hamzah Al-Khatib à une rue ou un lieu parisien.

 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Après ce débat d?historiens, nous allons passer à l?actualité.

Le v?u n° 16, relatif à l?attribution du nom de Hamzah Al-Khatib à une rue où un lieu parisien, a été déposé par le groupe Centre et Indépendants.

La parole est à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Oui, je souhaiterais, au nom de mon groupe, revenir sur le sort horrible qui a été réservé par les autorités syriennes à Hamzah Al-Khatib.

Hamzah était un adolescent de 13 ans. Arrêté le 29 avril dernier à Deraa, pour avoir chanté "à bas le régime", il fut torturé dans des conditions atroces et achevé de trois balles en pleine poitrine. Il fut rendu le 31 mai à sa famille.

Comme l?a écrit récemment le grand poète Tahar Ben Jelloun, "ceux qui ont fait cela sont des rats, même pas des loups, simplement des rats charognards et hallucinés [?] élevés dans le jus nauséabond du parti Baas".

Hamzah est devenu le martyre du soulèvement du peuple syrien contre un régime sanguinaire, dictatorial, qui réprime la révolution avec une violence inouïe. Hamzah est devenu le symbole de milliers de morts, dont le chiffre grandit jour après jour, dans une indifférence assez assourdissante. Cette barbarie n?arrête pas le peuple syrien, magnifique de courage, qui descend dans la rue plusieurs fois par semaine, en sachant qu?il risque la mort.

Hamzah, comme Mohamed Bouazizi, et des milliers d?autres anonymes, est mort pour que le printemps arabe continue demain.

L?attribution d?un lieu à la mémoire de ce jeune syrien briserait cette chape de plomb et serait un signal fort envoyé au peuple syrien, en lutte, par tous les élus parisiens. Je vous remercie donc de voter ce v?u, en espérant que cette attribution pourra se faire dans les meilleurs délais.

Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur DUBUS.

La parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Je voudrais dire, tout d?abord, l?inquiétude et l?indignation que m?inspire - et nous inspire sans doute, puisque c?est un sentiment partagé - la façon dont le Gouvernement de Damas a entrepris d?étouffer cette contestation, dans le silence et la censure et avec une intimidation terrible.

Le régime syrien réprime, et avec une incroyable brutalité, presque dans l?indifférence, alors que les informations nous parviennent extrêmement difficilement. Et donc, je voudrais exprimer solennellement, à l?occasion de la réponse à ce v?u, la solidarité de Paris avec celles et ceux qui luttent pour les Droits de l?Homme en Syrie, qui ont le courage de défier un pouvoir arbitraire et tyrannique.

Et je souhaite que la France, l?Europe, sachent notamment ne pas abandonner les démocrates syriens et leurs aspirations légitimes à la liberté et à la dignité, comme d?ailleurs la France et l?Europe ne devraient pas non plus abandonner les réfugiés les réfugiés tunisiens, les réfugiés libyens et, demain, sans doute, les réfugiés syriens - qui viendront frapper à nos portes suite à ces révolutions et à la répression qu?ils ont pu connaître.

Le combat pour la liberté que mènent les Syriens mérite notre respect et notre soutien et donc, nous devons afficher cette solidarité sans faille avec les victimes de la répression. Mais en ce qui concerne votre v?u, Monsieur DUBUS, il me semble encore prématuré. Compte tenu de la très, très grande confusion qui règne en Syrie, de la répression féroce qui s?abat en faisant des centaines de victimes, il ne semble pas opportun de baptiser aujourd?hui, là, à cet instant, une rue de Paris du nom de Hamzah Al-Khatib.

Il y a une différence avec la Tunisie, puisque c?est justement l?immolation de Mohamed Bouazizi qui fut l?événement déclencheur du printemps de Jasmin. Je comprends et je partage l?émotion, mais je donne à ce stade un avis défavorable à ce v?u.

Et je propose que nous revenions devant notre Conseil ultérieurement, et notamment lorsque la confusion qui règne aujourd?hui en Syrie sera - je l?espère - dépassée pour que nous puissions aussi honorer ceux qui se sont battus contre le tyran syrien pour lequel, comme pour d?autres tyrans, je pense que nous avons eu beaucoup trop de complaisance dans les années récentes.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 16 assorti d'un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Pardon?

M. Yves POZZO di BORGO. - Franchement, Madame HIDALGO, Madame le Maire, lorsque le Maire de Paris nous avait proposé le v?u pour le jeune tunisien qui a été immolé, nous avions, en concertation avec lui, en faisant simplement atténuer les considérants qui avaient été exprimés, manifesté une solidarité. Mais franchement, il faut avoir l?esprit tortueux pour expliquer que vous ne votez pas ce v?u.

Je ne vous comprends pas : est-ce que c?est parce que ce n?est pas vous qui l?avez proposé ? Est-ce que c?est parce que c?est le domaine de l?Exécutif ? Mais franchement, je n?arrive pas à comprendre la différence. Tout cela est complètement fou.

Je suis désolé que sur une affaire aussi importante, aussi représentative de cette volonté de liberté qu?exprime ce jeune, enfin qu?expriment tous ces gens en Syrie, vous disiez pour une raison obscure : "on ne vote pas pour ce v?u-là". Je regrette, Madame HIDALGO, mais tout cela n?est pas crédible.

Nous votons, bien sûr, ce v?u, mais franchement, je me suis assis par terre quand je vous ai écoutée.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - J?ai apporté des explications. Voilà.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Bien.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 16 assorti d'un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.