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Juin 2011
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25 - 2011, Vœu déposé par le groupe PSRGA relatif au classement en ZEP des écoles Alain Fournier, Maurice d'Ocagne et Maurice Rouvier (14e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

25 - 2011, V?u déposé par le groupe PSRGA relatif au classement en ZEP des écoles Alain Fournier, Maurice d'Ocagne et Maurice Rouvier (14e).

 

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du v?u n° 2, relatif au classement en Z.E.P. des écoles Alain Fournier, Maurice d?Ocagne et Maurice Rouvier, dans le 14e arrondissement, v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

La parole est à Mme Olivia POLSKI pour une minute.

Mme Olivia POLSKI. - Madame la Maire, mes chers collègues, effectivement, nous n'avons, dans le 14e, aucune école classée en Z.E.P., nous avons un quartier politique de la ville dans lequel nous avons quatre écoles qui sont les écoles maternelles et élémentaires Alain Fournier, 188-190, rue d?Alésia, Maurice d?Ocagne et Maurice Rouvier, pour lesquelles nous pouvons maintenant avoir des données sociales assez objectives, puisque, avec l'harmonisation de la tarification de la restauration scolaire sur tout Paris, nous disposons maintenant de données à la disposition du Rectorat et nous pouvons donc maintenant annoncer que s'agissant du groupe solaire 188-190 rue d'Alésia, 82 % de ces familles se voient appliquer les quatre premiers tarifs, que pour le square Alain Fournier, c?est près de 90 % qui sont dans les quatre premiers tarifs, pour Maurice d?Ocagne 78 % et pour Maurice Rouvier 80 % des familles qui se voient appliquer ces quatre premiers tarifs. Autrement dit, cela veut dire que ces familles ont un revenu C.A.F. maximum de 960 euros par mois.

Considérant que dans le quartier politique de la ville où se situent ces écoles, on a le taux de familles monoparentales le plus élevé de tout Paris, puisqu?on est à près de 48 % de familles monoparentales - un rapport de l?A.P.U.R., téléchargeable sur www.paris.fr, dit que dans ce quartier, presque 34 % des élèves entrent en sixième avec un an de retard ou plus, soit le double du taux parisien -, considérant aussi que les enseignants et les parents d'élèves ont exprimé toutes leurs difficultés, nous demandons, sur proposition de Pascal CHERKI, des élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, que le Maire de Paris puisse interpeller le Recteur de l?Académie de Paris afin de demander le classement des groupes scolaires Ocagne, Fournier, Rouvier et Alésia en zone d'éducation prioritaire, afin d'avoir l'application officielle des critères Z.E.P. dans ces écoles, soit 25 élèves au maximum par classe, et, conséquemment, de faire les ouvertures de classes nécessaires et d'annuler les fermetures de classes annoncées.

Merci.

(M. François DAGNAUD, adjoint, remplace Mme Gisèle STIEVENARD, au fauteuil de la présidence).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci.

La démonstration faite par Olivia POLSKI était éloquente, on voit bien à quel point le classement en Z.E.P. et en R.E.P., dont j'ai déjà rappelé ici et en 7e Commission à quel point il a été, en son temps, un classement politique et à quel point, à l'époque, les maires d'arrondissement avaient refusé que des écoles de leur quartier puissent être classées en Z.E.P. et R.E.P., est parfois déconnecté de la réalité.

Il est déconnecté de la réalité et, néanmoins, depuis ces années, le Rectorat de Paris avait, dans une sorte de lucidité tout à fait positive, accepté le fait que si ces écoles n'étaient pas formellement classées en Z.E.P. et en R.E.P., de manière informelle, comme dans d'autres arrondissements, il fallait leur appliquer des ratios qui soient des ratios reprenant ceux des écoles classées en Z.E.P. et R.E.P. et un certain nombre d?écoles parisiennes avaient bénéficié de ce "traitement de faveur". Je mets beaucoup de guillemets à "traitement de faveur", parce que le rappel que vous avez fait de la composition sociologique de ces écoles relativise évidemment cette terminologie.

Néanmoins, aujourd'hui, le Rectorat de Paris suit les consignes qui lui ont été données par le Ministère de l'Education nationale et, de nouveau, malgré une augmentation du nombre d'élèves scolarisés à Paris, c?est donc à une diminution du nombre d'enseignants que nous assistons et donc, pardon pour la trivialité du propos, on assiste aujourd'hui au raclement de fonds de tiroirs.

Après avoir supprimé les postes de R.A.S.E.D., après avoir supprimé des postes d?enseignants, après avoir essayé de supprimer des postes d'enseignants à l'hôpital, après avoir supprimé des postes de remplaçants pour la rentrée prochaine, eh bien oui, c'est de nouveau aux plus faibles que le Rectorat s'attaque et c?est donc dans les écoles telles que celles que vous avez décrites qu?il est proposé de récupérer des moyens pour pouvoir faire face à la rentrée et à l?augmentation des effectifs dans un certain nombre d?écoles et de groupes scolaires.

Alors, bien entendu, nous relaierons le v?u que vous avez proposé aujourd'hui, bien entendu, nous serons aux côtés des parents et des enseignants dans leur combat, car leur combat n'est pas un combat purement de forme, leur combat est bien un combat pour l'école de la République et pour l'égalité de tous les enfants, d'où qu'ils soient et où qu'ils vivent à l'accès à des conditions d'enseignement et d'éducation qui soient les meilleures pour tous.

Merci donc à vous pour votre alerte et c?est, bien entendu, un avis favorable que j'émettrai sur ce v?u.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Avant de passer au vote, une demande d?explication de vote de M. MARTINS qui est réservée normalement aux groupes, mais on va considérer que l?élu du MoDem peut se référer à ces dispositions en n?en abusant pas.

Merci.

M. Jean-François MARTINS. - Je n?abuserai pas de cette dérogation, Monsieur le Maire.

Je partage les inquiétudes de Mme BROSSEL et de Mme POLSKI sur, notamment, les effectifs dans les classes à Maurice d?Ocagne, à Fournier et rue d?Alésia et j'entends bien leur objectif de réussir avec ce classement en Z.E.P. à obtenir des moyens conséquents et suffisants pour permettre un enseignement de qualité à ces enfants et arriver à 25 élèves par classe ; c'est évidemment une volonté que je partage.

J?ai juste une inquiétude : les chiffres de la sociologie de ces écoles citées par Mme POLSKI révèlent quelque chose : ces écoles ne sont pas strictement fidèles à la sociologie du quartier qui évolue, qui a une tradition de quartier populaire, car, aujourd'hui, on assiste à l'arrivée d'éléments de la classe moyenne dans ces quartiers qui s'efforcent d'éviter ces établissements scolaires, ce que nous regrettons tous en tout cas dans cette Assemblée et je crains que le classement en Z.E.P. de ces établissements n'aboutisse à renforcer ces phénomènes d'évitement.

Partagé entre la volonté d?un meilleur enseignement et la crainte d'un évitement renforcé et d'une endogamie sociale dans ces établissements qui serait encore plus terrible d'un point de vue pédagogique, je m'abstiendrai sur ce v?u.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

M. le Maire du 14e souhaitait naturellement intervenir et je suis saisi d?une nouvelle demande d?explication de vote de M. MENGUY.

M. Pascal CHERKI, maire du 14e arrondissement. - Très brièvement, parce qu?Olivia POLSKI a dit l?essentiel et c?est juste l?intervention de M. MARTINS qui me faisait réagir. Je suis d?accord que l?on peut placer le débat à un niveau stratosphérique et sociologique sur pourquoi il y a de l?évitement.

Attention, en attendant, on a une réaction beaucoup plus prosaïque avec la communauté scolaire, on se défend avec les armes à notre disposition. C?est simple, tant qu'il y a ce Gouvernement de Droite et cette politique éducative de suppression massive des postes, la question du classement en Z.E.P. est un rapport de force avec l'Académie.

C?est ce que l?on avait fait sur Fournier l?an dernier, on avait demandé le classement en Z.E.P. qu'on n?a pas obtenu, que la Ville avait soutenu ; bilan des courses : on vient de nous ouvrir une classe à Fournier.

Vous le savez, on est des gens un peu ras du bonnet, Monsieur MARTINS, on n?est pas très intelligent, mais on se bat avec les outils qui sont à notre disposition et on espère que ce classement en Z.E.P. aura pour effet que l?an prochain, on arrêtera de fermer des classes au 188-190 rue d'Alésia, voire même qu?on en rouvrira une.

Si la majorité nationale change, on mènera une politique d?une autre ampleur, Monsieur MARTINS, celle que vous appelez de vos v?ux, mais en attendant, à titre défensif, et si, par malheur, elle ne changeait pas, au moins on se bat avec les armes à notre disposition.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Mme CARRÈRE-GÉE a la parole.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je n?ai pas trouvé que le point de vue de M. MARTINS était stratosphérique, je partage au contraire un grand nombre de ses préoccupations.

Je veux m'insurger contre cette logique qui veut que dans certains quartiers à Paris, notamment dans le 14e, on construise exclusivement des logements sociaux, et que même quand on a une opportunité foncière aussi massive que celle de la reconstruction de l?hôpital Broussais, on ne prévoie, dans ces quartiers, que des logements sociaux. Et ensuite, vient le cercle infernal : on constate la ghettoïsation et il faut classer en Z.E.P. et il faut des interventions de la politique de la ville, etc.

Moi, je pense que la Majorité municipale a les moyens, notamment quand il y a des opportunités foncières comme celle de Broussais, de promouvoir une véritable mixité sociale, notamment dans ces quartiers qui sont désormais très déséquilibrés. Oui, Madame POLSKI, les chiffres que vous citez sont justes, globalement, mais vraiment, cette logique infernale qui consiste à entrer dans des logiques de ghettoïsation de certains quartiers parisiens, suivie d'un classement en Z.E.P., etc., on ne peut pas s?associer à cela et nous voterons contre ce v?u.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Bien. Je pense que les débats du Conseil du 14e arrondissement seront nourris.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés assorti d'un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2011, V. 139).