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Juin 2011
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40 - 2011, IV - Question d'actualité du groupe EELVA relative à l'équilibre économique du projet Autolib' et à sa pertinence écologique.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

40 - 2011, IV - Question d'actualité du groupe EELVA relative à l'équilibre économique du projet Autolib' et à sa pertinence écologique.

 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Maintenant, M. Jacques BOUTAULT a la parole pour le groupe "Europe Ecologie, Les Verts et apparentés".

Je n'ai rien oublié ?

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Vous êtes très bien, Monsieur le Maire.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Après, il faut que l'on parle plus longtemps d'eux.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. La presse s'est récemment fait l'écho d'un rapport du Conseil d'analyse stratégique sur la voiture électrique qui met en doute la pertinence écologique des motorisations à propulsion électrique et qualifie de véhicule propre, le seul véhicule hybride.

Outre la production nucléaire de l'électricité, l'absence de filières de recyclage pose problème. Mais le c?ur du rapport n'est pas là. Ces auteurs ont porté une attention particulière aux flottes de voitures en libre service et ont étudié particulièrement l'économie du projet parisien Autolib.

Pour les experts ayant mené l'étude, la rentabilité économique d'Autolib' ne pourra être atteinte que si l'opération enregistre 200.000 abonnements et si les véhicules sont en utilisation payante au moins sept heures par jour toute l'année.

C'est effectivement le seul scénario, pourtant peu probable, qui a été retenu par le syndicat mixte, car le seul permettant de dégager des recettes nécessaires à l'équilibre du projet. Or, le C.A.S. qui a mené des études comparatives constate que, dans les villes qui exploitent une flotte de véhicules électriques en libre service, le temps moyen d'utilisation quotidien n'excède pas une heure.

Dans l'hypothèse la plus probable, le bilan d'Autolib' serait donc largement négatif et coûterait, toujours d'après le C.A.S., plus de 60 milliards d?euros par an. Par ailleurs, il semble que de plus en plus de communes refusent de participer au syndicat mixte et que le Préfet lui-même rechigne à entériner la création d'un syndicat mixte ouvert, permettant l'adhésion des communes.

Aussi, le groupe des écologistes et apparentés souhaiterait obtenir plusieurs précisions. Il aimerait savoir si le calendrier d'implantations des stations Autolib' est confirmé et si les constructeurs seront bien en mesure de proposer un parc de 3.000 à 4.000 voitures électriques, comme prévu d'ici l'année prochaine.

Les élus écologiques souhaiteraient également savoir si Bolloré, l'exploitant, assumera les pertes probables jusqu'à 60 milliards d?euros tous les ans ou si cette charge incombera aux collectivités membres du syndicat mixte.

Ne pensez-vous pas, Monsieur le Maire, que dans un contexte de rigueur budgétaire, il serait plus sage, pendant qu'il en est encore temps, de réorienter le projet vers un système d'autopartage, plus facile à exploiter et répondant mieux aux enjeux écologiques de notre cité ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Mme Annick LEPETIT a la parole.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce rapport du Conseil d'analyse stratégique que vous relayez, Monsieur BOUTAULT, préconise uniquement des améliorations pour les moteurs thermiques ou le développement des véhicules hybrides, donc des moteurs qui restent polluants.

Je ne crois pas que le statu quo, en matière de pollution automobile, soit possible. Il nous faut trouver une nouvelle organisation de la mobilité, qui ne se contente pas d'améliorer les moteurs existants, dont les sources d'énergie sont non renouvelables, mais au contraire il nous faut diversifier les modes de transport pour réduire notre consommation globale d'énergie.

Le véhicule électrique constitue un premier pas en limitant les émissions de gaz à effet de serre mais également celles de polluants de proximité, source de nombreuses maladies respiratoires, à Paris notamment.

En outre, le véhicule électrique n'émet pas de bruit et, comme vous le savez, le bruit est la première source de nuisance déclarée par nos concitoyens en ville.

Alors, revenons au rapport quelques secondes. Le Centre d'analyse stratégique a consacré exactement 3 pages sur 258 à l'analyse du modèle économique d'Autolib, sur la base d'informations qui sont aujourd'hui datées de 2008 et du début de 2009.

Je vais prendre des exemples très concrets : le rapport note qu'il y a une quinzaine de communes de la petite couronne qui sont regroupées dans un syndicat mixte alors qu'il y en a 45. Ce sont 45 communes, dont notre Ville bien sûr, plus la Région qui a voté une subvention.

Autre erreur notable, le prix affiché pour l'installation d'une station Autolib'. Le rapport note 60.000 euros. Or, nous n'avons jamais, jamais, évoqué ce chiffre. Nous avons toujours dit, et vous pouvez le vérifier dans toutes mes interventions au Conseil de Paris, que le plafond dévolu pour les communes par station est de 50.000 euros. Pourquoi ici il y a 60.000 ? Je n'en sais rien. En tout cas, c'est totalement faux.

Sur le prix concernant les usagers, il y a également une erreur. Il est inscrit dans le rapport qu'il est de 15 euros par mois, or il est de 12 euros par mois. Le c?ur même de l'analyse consiste à appliquer sans aucune justification des hypothèses de fréquentation qui sont extraites du système de véhicule en libre service de La Rochelle. Or, ni la taille du dispositif, ni les densités d'occupation au sol, ni même l'activité économique, ne permettent d'établir des comparaisons valables. J'en profite d'ailleurs pour saluer au passage le Maire de La Rochelle qui a été un précurseur dans ce domaine.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Et sans doute pour conclure, oui.

Mme Annick LEPETIT

Des villes du monde entier nous contactent pour évaluer notre expérience. Une fois encore, Paris innove pour améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens. Je suis fière comme toutes les autres communes qui participent au syndicat mixte créé depuis plus d'un an, Monsieur BOUTAULT, de participer à cette révolution de la mobilité.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.