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Juin 2011
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90 - 2011, DVD 80 - Signature d'un marché de travaux d'enrobés bitumineux sur le boulevard périphérique, les voies sur berges,les tunnels et les chaussées de Paris intra muros.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

90 - 2011, DVD 80 - Signature d'un marché de travaux d'enrobés bitumineux sur le boulevard périphérique, les voies sur berges,les tunnels et les chaussées de Paris intra muros.

 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DVD 80 sur un sujet important. Il s?agit de la signature d'un marché de travaux d'enrobés bitumineux sur le boulevard périphérique, les voies sur berges, les tunnels et les chaussées de Paris "intra muros".

Pour aborder ce sujet, je donne la parole à Mme Laurence DOUVIN pour cinq minutes.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Depuis 2001, comme nous le savons tous, les dépenses de voirie ont été considérables, en fonction de la politique menée en matière de circulation.

Les travaux entrepris pour réduire l'espace dévolu aux véhicules, pour aménager différemment l'espace avec les couloirs de bus, les pistes cyclables, pour installer de nouveaux équipements comme Vélib?, ont impacté bien sûr les budgets de façon drastique.

Mon propos ne portera pas sur ces points, mais sur ce qui n'a pas fait l'objet de votre attention et qui, pourtant, est fondamental dans une ville, à savoir l'état de la voirie, des chaussées et des trottoirs.

Chaque année, lors de l'examen du budget de la DVD, j?attire l'attention de l'Assemblée sur ce point, sans jamais être entendue.

Certes, il est très important de réduire les nuisances sonores, en particulier sur les voies les plus circulées et celles qui sont citées en font bien évidemment partie. Nous voterons donc ce projet de délibération.

Encore faut-il connaître le plan d'extension de ce type de revêtement sur les autres voies parisiennes, car nous savons bien, localement, qu?en fonction de la circulation, du volume de la circulation, ce revêtement est très largement souhaité, car il change vraiment la vie des riverains au niveau sonore.

Nous souhaitons donc disposer d'un plan d'ensemble, d'achat et de réalisation de ces travaux, non seulement sur les voies citées, mais sur l'ensemble des voies parisiennes qui sont largement circulées.

En ce qui concerne plus globalement encore l'état de la voirie, qui fait l'objet de nombreuses remarques des habitants sur le terrain, que nous entendons tous, nous souhaitons une réflexion globale qui porte sur l'état des chaussées et trottoirs.

En 2010, la Ville a consacré 807.000 euros à l'indemnisation de tiers dont l'accident était lié à l?état de la voirie, mais la très grande majorité des incidents, bien plus nombreux, ne donne pas lieu à des plaintes et les chiffres répertoriés ne sont donc pas significatifs.

Ce sont, la plupart du temps, les commerçants qui nous alertent, parce qu?ils ont vu les incidents, et ceci dans tous les quartiers.

Quant à l'état de la chaussée, son état est globalement mauvais. Il y a encore de nombreux trous. D'autre part, l'état des potelets et des balisettes placés sur la chaussée, souvent l'air plus que penché, montre leur dangerosité, vu qu'ils sont très souvent abîmés car chargés de faire une séparation de la voirie non adéquate au besoin.

Enfin, les séparateurs et les boudins représentent un vrai danger pour les deux-roues motorisés et les piétons, qui s'en plaignent souvent.

Évidemment, ce mauvais état de la voirie, c'est moins glamour que les nouvelles réalisations vantées à coups d'articles de presse, mais c'est le quotidien des Parisiens, c'est le nôtre. Ce quotidien compte pour nous, comme il compte pour eux.

C?est pourquoi nous vous demandons de réaliser un état de la voirie, chaussées et trottoirs. Si cet état est en cours de réalisation, comme je l'ai entendu à la 3e Commission, nous demandons que nous soit communiqué un plan de cette remise en état, auquel corresponde, au besoin, un plan financier et un calendrier.

Je vous en remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je donne la parole à M. Jean-François MARTINS, pour cinq minutes.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, chers collègues, la question du bruit et des nuisances sonores fait partie sans aucun doute des désagréments de la vie parisienne et est l?un des sujets sur lesquels nos concitoyens nous interpellent le plus et nous demandent le plus rapidement possible d'apporter des solutions.

Il est, d'ailleurs, important de rappeler que ces nuisances sonores font partie de l'environnement et de l'écologie de vie de nos concitoyens et qu'il faut les traiter au même titre que les autres questions environnementales.

Plus avant, ce qui est même particulièrement inquiétant, c?est qu?aujourd'hui - et les mesures de Bruitparif ne semblent pas nous rassurer - à la fois les nuisances ont tendance à augmenter et, au-delà de cela, un certain nombre de médecins, une dernière étude de l?INSERM notamment, nous démontrent que l'impact des nuisances sonores sur la santé est de plus en plus inquiétant : stress, hypertension, dépression nerveuse et même augmentation des diabètes de type 2 pour les personnes soumises à des nuisances sonores la nuit et quand elles dorment.

Évidemment, c'est à la fois un sujet environnemental, mais aussi un sujet de santé publique qu'il faut savoir prendre sur l'ensemble des facteurs qui jouent sur les nuisances sonores.

A ce titre, utiliser les dernières innovations des métiers de la voirie, des métiers du bitume, me semble être l'une des meilleures pistes que la Ville de Paris pouvait emprunter, en choisissant d'avoir le courage, y compris peut-être de dépenser un peu plus d'argent sur ces revêtements de voirie, sur les prochains renouvellements, pour utiliser le meilleur de ce qu'apporte l'innovation, en matière de matériaux, afin de réduire les bruits des moteurs et des pneus sur la chaussée.

C'est l'exemple notamment d'un certain nombre de villes japonaises comme Kyoto ou Hiroshima qui ont fait ce choix et qui ont des rues et des boulevards urbains plus calmes, bien que le trafic y soit tout aussi dense.

Je soutiendrai donc particulièrement ce projet de délibération, Monsieur le Maire, chers collègues, en ajoutant cependant que c'est un plan global qu'il nous faudra adopter, qui comprendra également probablement la réduction d'une certaine vitesse dans Paris, mais également une manière de mieux protéger des locataires contre des appartements mal isolés du bruit et dont les propriétaires ne veulent pas investir dans les travaux minimum, pour protéger ces personnes des nuisances sonores.

Nous devrons apporter à ces locataires, souvent les plus fragiles et démunis, des réponses face à leurs propriétaires.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Je vais maintenant donner la parole à M. Denis BAUPIN pour cinq minutes.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je serais bref, mais pour aller dans le même sens que ce que vient d'évoquer M. MARTINS sur la question du bruit.

Sur le périphérique, on a à peu près 60.000 personnes qui sont exposées au bruit, 40.000 même qui vivent avec des niveaux de bruit qui dépassent les niveaux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé.

On a donc des personnes qui sont doublement victimes, quelque part, à la fois d'une forme d'exclusion sociale qui les amène à vivre à proximité du périphérique, parce que personne ne le souhaite, et, en même temps, victimes des nuisances ; ce n'est pas que le bruit, c?est aussi la pollution de l'air.

Face à ces phénomènes, "Bruitparif" a travaillé et a regardé quelles étaient les mesures qui permettraient de réduire significativement le bruit la nuit. Leurs évaluations, c?est qu?avec des revêtements comme ceux qui sont préconisés pour être testés ici, qui soient moins sonores, avec une réduction de la vitesse de circulation la nuit et avec une moindre circulation de camions sur ce périphérique la nuit, on pourrait diviser par deux le nombre de personnes qui subissent des niveaux qui dépassent les niveaux acceptables en matière de bruit, c'est-à-dire 20.000 personnes.

On est donc sur des choses qui sont loin d?être anecdotiques et qui sont particulièrement significatives.

C?est pour cela que je me réjouis que ce projet de délibération permette de faire des tests. On sait bien que refaire les revêtements du périphérique, c'est compliqué, parce qu?il faut des revêtements suffisamment solides, on ne va pas les changer tous les trois mois, il faut qu'ils soient suffisamment absorbants, il faut qu?ils prennent en compte les questions de bruit ; ce sont forcément des matériaux qui ont des capacités dans différents domaines et qui doivent donc être testés.

Je me félicite que, suite à l'interpellation que j'avais posée il y a quelques mois sur le sujet, aujourd'hui, cette question avance ; c'est une bonne nouvelle.

Je me permets de dire qu'au-delà de la voirie qui est ici concernée par ce projet de délibération, qui sont plutôt les voies rapides, évidemment, il y a encore beaucoup d'autres voies dans Paris qui sont des voies sur lesquelles le niveau de nuisance sonore est identifié comme important dans la carte du bruit parisienne ; ce sont d?ailleurs toutes les voies principalement utilisées pour la circulation automobile.

Cela peut être l'occasion aussi, pour des marchés à venir pour les revêtements de ces voiries, de regarder quels tests peuvent être faits sur d'autres voies. Ce ne sont pas forcément exactement les mêmes caractéristiques que le périphérique, on voit bien que ce sont des voies différentes, avec des caractéristiques différentes, qui nous permettent, progressivement, de diminuer ce qui est considéré dans les enquêtes d'opinion publique comme la première nuisance subie par les Parisiens qui est celle du bruit.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je crois que ce projet de délibération va faire l'unanimité. Il concerne le marché de bitume pour la réfection des chaussées, bien sûr sur le boulevard périphérique, mais également les voies sur berges, les tunnels et un certain nombre de chaussées dans Paris.

Je voudrais dire à Mme DOUVIN que, finalement, son v?u oral est exaucé, puisque nous venons de mettre en place un outil de diagnostic de l'état de dégradation des structures et des revêtements des chaussées et trottoirs sous forme d'application informatique. Un recensement par un relevé visuel des dégradations des revêtements est en cours actuellement. Ce relevé concerne, je le dis quand même parce que je ne suis pas sûre qu'on se rende compte du nombre de kilomètres, 1.600 kilomètres de chaussées et plus de 3.200 kilomètres de trottoirs. Nous aurons une première cartographie de l'état de la voirie parisienne d'ici la fin de l'été et nous pourrons ainsi vous la communiquer. Donc je souhaite, Madame DOUVIN, que lorsque nous aborderons à nouveau ces questions d'état de voirie et de chaussée, nous puissions le faire avec un diagnostic, avec des chiffres plutôt que de dire que la voirie de Paris est en très mauvais état. Je préfère que nous ayons au moins une analyse objective.

Je voudrais également me réjouir, comme les autres intervenants, que nous puissions réduire le bruit en ville, à la fois, bien sûr, par des revêtements différents, nouveaux, mais je tiens à dire, juste pour faire le lien avec une précédente délibération, qu'une des bonnes manières aussi de s'attaquer au bruit en ville, c'est, bien évidemment, de faire ce que la Ville de Paris fait, par exemple soutenir l'achat d'un deux-roues électrique ou mettre en place un service public de voitures électriques.

Je pense que le bruit moindre, s'agissant des véhicules électriques, sera particulièrement apprécié de nos concitoyens.

Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 80.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DVD 80).