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Juin 2011
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110 - 2011, DPVI 113 - Subventions à sept associations créatrices d'emplois d'adultes relais. Montant total : 42.354 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

110 - 2011, DPVI 113 - Subventions à sept associations créatrices d'emplois d'adultes relais. Montant total : 42.354 euros.

 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DPVI 113. Il s?agit de subventions à sept associations créatrices d?emplois d?adultes relais, pour un montant total de 42.354 euros.

Je donne la parole à M. Jean-Jacques GIANNESINI, pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Le Maire de Paris a lancé, la semaine dernière, une polémique sur le niveau des subventions allouées aux associations parisiennes dans le cadre de la politique de la ville.

Au-delà de cette politique des chiffres, il convient de rappeler un élément essentiel, c?est que la politique de la ville ne s?évalue pas sur le taux de financement de l?Etat ou des collectivités, mais sur le changement ou non que cela apporte aux habitants des quartiers prioritaires.

Des indicateurs nationaux sont, dans ce domaine, en progression. Prenons le domaine de la réussite scolaire entre 2008 et 2010 : l?écart du taux de réussite des brevets des collèges entre les quartiers "politique de la ville" et ceux de droit commun a reculé de deux points.

De même, l?ACSE est désormais en mesure de verser les subventions aux associations dès le printemps, permettant ainsi d?améliorer significativement leur trésorerie pour mieux préparer leurs actions.

Les recettes socialistes sont toujours les mêmes, promettent plus d?argent, sans en contrôler l?utilisation, pour donner l?impression d?agir sur ce domaine. Cette attitude ne conduit qu?à l?endettement et au conservatisme. On ne peut pas nier les contraintes budgétaires qui pèsent aujourd?hui sur l?Etat.

Oui, nous assumons les choix indispensables qui ont été faits pour ramener les quartiers les plus touchés à un niveau proche du reste du territoire. Pour cela, il faut mobiliser plus de crédits dans un nombre plus limité de quartiers, il est vrai. Il faut surtout savoir comment utiliser l?argent. Or, le Conseil de Paris n?a que des éléments très sporadiques pour juger de l?efficacité de tel ou tel programme.

Vous appelez devant les élus du "Paris Métropole" à davantage de solidarité métropolitaine dans tous les domaines, et vous tenez ensuite un autre discours, différent, devant la presse. Vous vous plaignez d?avoir perdu moins de 700.000 euros quand, dans le même temps, vous percevez plus de 1 milliard de droits de mutation, et on sait que le Maire de Clichy était intervenu et il a beaucoup apprécié.

700.000 euros, c?est 0,35 % du coût de la rénovation du stade Jean Bouin, financé par les Parisiens. Vous avez choisi de privilégier le sport spectacle au détriment du sport de proximité.

On aurait pu penser que cette infrastructure de proximité soit mobilisée pendant les vacances pour les jeunes de nos quartiers, donc il faut assumer, Monsieur le Maire, vos choix.

J?en viens plus précisément à ce projet de délibération qui vient tordre le cou à toute idée de désengagement de l?Etat. Le Gouvernement finance en effet 80 % des postes d?adultes relais, quand la Ville en finance 20 %. Au total, l?Etat y consacre 77 millions d'euros sur l?ensemble du territoire national. Ces postes permettent de mener des actions de médiation dans des domaines aussi divers que l?éducation, la santé, le transport et la tranquillité publique.

Surtout, il constitue, pour les personnes qui en bénéficient, un formidable outil de réinsertion sociale.

L?Etat, Monsieur le Maire, ne se désengage pas de la politique de la Ville, comme vous pouvez le dire. Hier encore, deux Ministres du Gouvernement de François FILLON, Claude GUÉANT et Maurice LEROY, ont annoncé travailler sur un Acte II du programme de rénovation urbaine. Là où vous polémiquez, Monsieur le Maire, le Gouvernement agit.

Je vous en remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Mme STIEVENARD a la parole.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Ce projet de délibération porte sur la mise en ?uvre de cofinancement de la Ville pour 9 postes d'adultes relais.

Nous avons déjà présenté des délibérations en mars et en mai derniers. A ce jour, 74 postes sont soutenus, et nous aurons d'autres délibérations complémentaires, qui porteront ce chiffre à environ 115 à 120 postes.

M. GIANNESINI se saisit de ce projet de délibération pour développer l'argumentaire national. Mais les faits sont têtus, Monsieur GIANNESINI. Nous en avons parlé hier lors des questions d'actualité : oui, l'Etat se désengage de l'appel à projets associatif.

A Paris, les crédits sont en recul de 50 %. Nous sommes passés de 1,4 million en 2009 à 700.000 euros cette année. Ce qui signifie qu'à Paris le soutien financier aux associations est désormais assuré à 80 % par la Ville, qui y consacre plus de 4 millions d'euros par an.

Certes, je vous l'accorde, nous constatons la création positive de 35 postes supplémentaires d'adultes relais. Mais ce soutien, d'une autre nature, ne répond pas aux besoins de nombreuses associations pour leurs projets et leurs actions de terrain. S'ajoute à cela la tendance connue pour les années à venir au plan national, puisque la baisse du budget de l'ACSE est d'ores et déjà programmée de façon pluriannuelle.

Concrètement, cela signifie qu'en 2012 et 2013, sans changement dans les orientations nationales, la baisse des subventions aux associations va encore s'accentuer. Or, les marges de man?uvre dégagées cette année par la Préfecture de Paris sur les adultes relais ne se renouvelleront pas forcément.

En ce qui concerne le cofinancement de la Ville, il n'y a pas d'automaticité. Donc, tout ceci sera revu en temps utile. Nous, Ville de Paris, nous assurons le maintien du niveau des subventions et nous lançons de nouveaux dispositifs.

Mais vous ne pouvez pas compter sur nous pour pallier les défaillances de l'Etat sur tous les plans. Objectivement, Léa FILOCHE avait tout à fait raison de dire que nous sommes très inquiets, légitimement inquiets, et nous dénonçons cette tendance lourde et grave au désengagement de la part de l'Etat.

Quant aux vérifications que nous faisons sur l'effectivité des actions menées, je puis vous assurer que les mairies d'arrondissement y sont très attentives et nos équipes de développement local également.

Donc, cette suspicion, Monsieur GIANNESINI, que vous ne cessez de porter à l'égard des associations est profondément injuste.

Par ailleurs, nous avons chaque année un bleu budgétaire, qui rend compte très précisément de l'effort investi dans les quartiers populaires parisiens. Nous avons un bilan très précis de toutes les actions que nous avons conduites dans nos quartiers depuis 2007 au titre du contrat urbain de cohésion sociale.

Par conséquent, la transparence est là et nous sommes en capacité de rendre des comptes. Nous rencontrons ces associations très régulièrement et nous pouvons vérifier qu'elles font un vrai travail qui permet de maintenir le lien social et qui évite, à mon sens, beaucoup de tensions et d'explosions qui pourraient exister dans ces quartiers s'il n'y avait pas tout ce tissu associatif et l'action exercée par nos services publics.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 113.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DPVI 113).