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Juin 2011
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107 - 2011, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la nécessité d'amplifier les résultats obtenus dans la lutte contre les violences aux personnes. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

107 - 2011, V?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la nécessité d'amplifier les résultats obtenus dans la lutte contre les violences aux personnes. V?u déposé par l'Exécutif.

 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Les v?ux n° 67 du groupe U.M.P.P.A. et n° 67 bis de l'Exécutif ont trait à la nécessité d'amplifier les résultats obtenus dans la lutte contre les violences aux personnes.

Je donne la parole à M. Jean-Jacques GIANNESINI, pour une minute.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Trois choses.

Nous savons donc que la part des mineurs a représenté 21,5 % des violences à la personne, selon les chiffres de l'O.N.D.R.P.

On a les violences aux personnes qui ont diminué de 1,4 % dans l'agglomération parisienne sur les quatre premiers mois de l?année 2011

La troisième chose : on sait que la Préfecture de police vient de prendre des mesures nouvelles pour renforcer la lutte contre les violences aux personnes.

Nous souhaiterions connaître un petit peu, de la part du Préfet de police, le détail des objectifs poursuivis et les moyens d'intensifier la lutte contre la violence aux personnes à Paris, notamment en prévenant davantage l'implication des mineurs.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Madame EL KHOMRI, vous avez la parole.

Mme Myriam EL KHOMRI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

J'ai proposé un v?u n° 67 bis parce qu'il s'agit plus peut-être d'une question qui est posée à la Préfecture de police et il me semblait important, autour de la question de l'implication des mineurs dans les violences aux personnes, de rappeler qu'il y avait notre attachement à la fois à la justice des mineurs - je crois que c'est un élément extrêmement important - et également rappeler le rôle de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, dans le cadre du suivi des mineurs délinquants. Cela constitue également la proposition de mon v?u.

Je voulais rappeler, malgré les statistiques qui sont sur une diminution de la violence aux personnes, qu?il y avait des quartiers qui étaient tout à fait touchés ou des communautés : la communauté chinoise est la grande manifestation et encore, ce qu?il s?est passé hier soir, d?une agression d?une personne de la communauté chinoise, d?un racket, montre que ces questions se posent encore avec beaucoup d?intensité sur Paris.

Moi-même, je suis élue d?un arrondissement où, à la Goutte d?Or, il y a eu de très nombreux vols/violences de façon importante ces derniers mois.

Je voulais également rappeler que la Préfecture de police a fait, avec des chercheurs, une grande ouverture, un travail d'un an autour de la question de la prévention des violences aux personnes, qui nous a semblé tout à fait intéressant et je voulais rappeler aussi l'attachement de la Municipalité à l'accueil des T.I.G. ; on en parlera dans deux interventions, mais c'était un v?u un peu plus global, c'est pour cela que je proposais ce v?u-là.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. Monsieur le Préfet de police ?

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. Merci, Monsieur le Maire.

Mesdames et Messieurs les Conseillers, les violences contre les personnes au sein de la délinquance, et particulièrement l?implication des mineurs, sont évidemment au c?ur d'une stratégie territoriale de sécurité, mais les analyses qui, parfois, affleurent dans le débat public mériteraient parfois d?être un peu plus approfondies pour qu?on se donne les moyens concrets d'agir efficacement et incontournablement dans un cadre partenarial si on parle de mineurs.

Tout d'abord, l?évolution des phénomènes.

Schématiquement, à Paris, les violences avaient connu une croissance rapide de 1996 à 2001, puis une diminution modérée entre 2001 et 2008 et l'augmentation constatée entre 2009 et 2010, pour l'instant, semble jugulée depuis le début de l?année, puisqu?on est, sur cinq mois, ce qui est significatif, à une baisse de 8,9 %.

Ces bons résultats sont notamment le fruit d?une stratégie de combat quotidien contre les vols de smartphones avec violence dans les transports en commun qui avaient fortement progressé l?an dernier et qui, désormais, régressent.

Nous avons multiplié les patrouilles anti-délinquances en civil, développé une doctrine opérationnelle de vidéo-patrouille grâce aux caméras du métro et du RER pour prendre les auteurs en flagrant délit et rendre les policiers plus mobiles et plus réactifs, aux bons moments et aux bons endroits.

Cette expérience préfigure ce que nous souhaitons faire partout sur la voie publique dans Paris avec le plan de vidéoprotection "1.000 caméras".

Nous avons également mené une très grande action préventive et l?excellente disposition législative qui permet de bloquer les téléphones portables, 14.000 à ce jour dans l'agglomération, semble contribuer, modestement mais sûrement, à assécher le marché, les terminaux étant inutilisables.

Nous restons très présents, Madame la Maire, sur les quartiers que vous avez cités, puisque, hier soir encore, puisque vous parlez de la communauté chinoise, nous y étions, la deuxième division de police judiciaire a interpellé trois individus de nationalité chinoise qui extorquaient des fonds avec violence sur d'autres individus de nationalité chinoise qui étaient forcés de vendre à la sauvette porte de Bagnolet. On voit que l'on est au c?ur de ces problématiques.

Mais il est vrai qu'il y a une spécificité parisienne par rapport au reste de l?agglomération en matière de délinquance des mineurs, puisque la délinquance des mineurs progresse à Paris, ce qui n'est pas le cas dans le reste de l'agglomération.

Une fraction croissante de ces mineurs, d?ailleurs, n?habite pas Paris, mais ils viennent y "travailler", ou n?ont pas de domicile stable déclaré dans l?agglomération et au moment où on parle de la réforme de la justice des mineurs, il n'est pas inutile de souligner qu'il n'y a plus de journée aujourd'hui à Paris sans que des mineurs de 12, 13, 14 ou 15 ans soient interpellés, donc il y a un travail de la police, pour des faits de cambriolage ou d'agression des distributeurs.

De janvier à juin, 15.300 mineurs ont ainsi été interpellés et mis en cause, soit 19,7 % de la délinquance totale, mais les mineurs, par rapport aux majeurs, se caractérisent par une propension au vol plus élevée. 58 des faits qui leur sont reprochés concernent des vols contre 17 % pour les adultes.

Face à ces constats, vous l?avez rappelé, je vais aller vite, nous nous sommes engagés dans une action de fond sur les violences. Une réflexion pluridisciplinaire croisée a associé des chercheurs, des sociologues, la P.J.J., l?Education nationale et, bien évidemment, les municipalités.

Les conclusions rappellent toutes l?intérêt d?un suivi individualisé, concret, interinstitutionnel et dans la durée, qui prolonge les surveillances et les interventions policières. Il faut combiner action éducative, travail social et psychologique.

Nous contribuerons, pour notre part, à ces actions partenariales.

Trois exemples.

Depuis mai, nous accueillons désormais des jeunes à la Préfecture de police dans le cadre d'un parcours individualisé. Sur une période de deux à quatre mois, ils effectuent des travaux manuels à la P.P. : manutention, réparation, montage, peinture, complétés par des rappels à la règle ; il faut restaurer chez ces jeunes des valeurs telles que la citoyenneté, le respect de l'autorité, mais aussi le goût de l'effort et la rigueur.

Nous avons un partenariat avec la P.J.J. pour accueillir des enfants suivis par le juge des mineurs entre 13 et 18 ans.

Deuxième type d'actions, des stages de citoyenneté collectifs, alternatifs à la sanction ; ils visent des primo délinquants qui ont fait des actes peu graves, notamment le non-respect de l'autorité, des institutions républicaines ou des biens publics. Nous avons, là aussi, un partenariat avec le Parquet de Paris, la P.J.J. et l?association d?aide pénale A.A.P.

Enfin, nous avons développé un module de prévention pour les cyberviolences ou les violences sur internet qui peuvent avoir des développements physiques dans la rue ; en à peine six mois, nous avons sensibilisé 10.200 jeunes Parisiens dans les établissements scolaires à travers de multiples interventions de nos policiers formateurs anti-violence.

Enfin, la Préfecture de police considère qu'il est possible de rendre plus concret le fonctionnement des contrats de sécurité d'arrondissement et elle est tout à fait à prendre sa part dans ce domaine et attend avec intérêt le développement du suivi individualisé des mineurs et des jeunes majeurs.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Compte tenu des réponses qui ont été apportées, Monsieur GIANNESINI, maintenez-vous votre v?u ?

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Oui, Monsieur le Maire, nous le maintenons, dans la mesure où les deux v?ux sont complémentaires et nous voterons les deux, mais il s?agit des actions essentiellement menées par le Gouvernement à travers la Préfecture de police de Paris.

Même si on ne doit pas nier les actions de la P.J.J., naturellement, et c'est le partenariat engagé qui a été rappelé par M. VEDEL, il est clair que les deux v?ux sont complémentaires, donc nous pouvons le maintenir.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2011, V. 165).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2011, V. 166).