Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2011
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

82 - 2011, DPA 15 - Approbation du principe et des modalités de passation d'un marché d'assistance à la maîtrise d'ouvrage pour la réalisation d'un schéma directeur d'aménagement du site de l'Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielle (ESPCI) 10, rue Vauquelin (5e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

82 - 2011, DPA 15 - Approbation du principe et des modalités de passation d'un marché d'assistance à la maîtrise d'ouvrage pour la réalisation d'un schéma directeur d'aménagement du site de l'Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielle (ESPCI) 10, rue Vauquelin (5e).

 

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DPA 15.

Mme CHARNOZ a demandé la parole.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Maire, mes chers collègues, ce projet de délibération est, pour moi, l?occasion de rappeler la grande qualité et l'histoire prestigieuse qui est celle de l'Ecole supérieure de physique et de chimie industrielle, première école d'ingénieurs française au classement de Shanghai aux côtés de l?Ecole polytechnique. Elle est membre fondateur de deux pôles de recherche et d'enseignement supérieur (le P.R.E.S.), ParisTech et Paris Sciences et Lettres (P.S.L.) ainsi que d?un réseau thématique de recherche avancée, la fondation Pierre-Gilles de Gennes.

L?E.S.P.C.I. a été créée en 1882 par le Conseil de Paris. En effet, en perdant l'Alsace et la Lorraine à l'issue de la guerre de 1870, la France a perdu également son unique école de chimie et c'est le Conseil de Paris qui s'est laissé convaincre par un chimiste dénommé Charles Lauth, qui était ancien enseignant de l'école de chimie de Mulhouse, de créer cette E.S.P.C.I. C?est tout à l?honneur de la Ville de Paris et je tenais à le souligner.

15 ans après sa fondation, l?E.S.P.C.I. a accueilli en 1897 une jeune doctorante polonaise du nom de Marie Curie. Pour ses travaux sur la radioactivité, elle sera récompensée par deux prix Nobel. Et à ce jour, les travaux des époux Curie, de Frédéric Joliot-Curie et de Paul Langevin, et plus près de nous, de Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, auront donné à l?E.S.P.C.I. pas moins de sept prix Nobel.

C'est une réussite exceptionnelle, à laquelle la Ville de Paris n'est pas étrangère. Au nom d'une tradition créée par Marie Curie, la Ville de Paris a toujours veillé à laisser aux chercheurs la liberté de mener leurs recherches et la libre disposition de leur propriété intellectuelle.

On doit à l?E.S.P.C.I. des inventions dont très peu savent qu'elles sont nées dans les laboratoires de la rue Vauquelin au c?ur du 5e arrondissement. On peut citer, par exemple, le tube à néon et l'air liquide, dont les brevets donneront naissance à l'entreprise du même nom. Plus récemment, les chercheurs de l?E.S.P.C.I., tels que Mathias FINK ou Ludwik LEIBLER, ont mis au point des systèmes révolutionnaires d?imagerie ultrasonores dans le domaine médical ou le caoutchouc autocicatrisant.

Et on le sait peut-être encore moins, mais la technologie de la fameuse box, qui équipe un grand nombre de foyers, a été inventée à l?E.S.P.C.I. par des sociétés créées par un chercheur de l'école du nom de Jacques LEWINER, qui détient par ailleurs le record du nombre de brevets déposés en France.

Cette école a créé des milliers d'emplois et son innovation continue d'irriguer notre industrie. Elle diplôme chaque année 100 ingénieurs de haut niveau, accueille des chercheurs du plus haut niveau et il s'y dépose un brevet par semaine.

Présidée par Jean-Louis MISSIKA depuis mars 2008, elle multiplie les projets dans l'institut Langevin ou l'institut Pierre-Gilles de Gennes, et vient de créer sa fondation dénommée "Fonds de l?E.S.P.C.I. Georges Charpak", en l'honneur du prix Nobel mort en décembre 2010.

A deux reprises, en septembre 2010 et en avril dernier, le contrôleur financier de Bercy traîne à donner son feu vert au démarrage des travaux de l'institut, alors que Paris a d'ores et déjà pris à sa charge, dès l'été 2010, les 3,4 millions d'euros.

Plus de six mois ont été perdus et la Ministre de l'Enseignement supérieur et le Gouvernement semblent tout faire pour ralentir les choses.

Ce projet de délibération porte sur un schéma directeur immobilier. Il s'agit de prendre en main une situation qui ne peut plus attendre : 900 personnes dont 400 chercheurs travaillent dans des locaux construits, pour l?essentiel, en 1900, 1930 et 1968. La surélévation mise en place en 1990 n?a pas permis de traiter l?ensemble des besoins de cette école.

Il faut rappeler peut-être que, sans les deux prix Nobel de Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak en 1991 et 1992, la droite ne demandait qu'à se séparer de l?E.S.P.C.I., perçue comme un ovni municipal, et qu'elle a refusé toute politique d'envergure pour donner à l?école ses moyens et son autonomie.

Nous regrettons que la Ministre en charge des Finances, conseillère de Paris, n'ait pu agir concrètement, par exemple pour accélérer la livraison de l?institut Langevin. Je me permets d'adresser un message aux élus de l'opposition pour que l?Etat soit une force d?accélération, et non d'inertie, sur les grands chantiers scientifiques de la Capitale.

Aucun euro n?a été financé au titre du plan Campus pour rénover les universités parisiennes depuis son lancement par l?Elysée en 2008. C'est bien peu, vous en conviendrez.

Pour revenir à l?E.S.P.C.I., je voudrais dire que, sous l?impulsion de Jean-Louis MISSIKA et de notre majorité, Paris a décidé de franchir une nouvelle étape en initiant ce schéma directeur pour donner à l?école les moyens de voir encore plus loin et de se donner plus d?ambition dans le cadre d?ensembles universitaires, plus vastes, tels que Paris Sciences et Lettres, alliance dont elle est membre aux côtés de l?Ecole Normale Supérieure, du Collège de France, de l?Observatoire de Paris, de l?Ecole Nationale de Chimie de Paris.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. Madame CHARNOZ, j?attire votre attention sur le fait que vous avez épuisé votre temps de parole.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Je termine.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - En une phrase.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Je salue donc cette initiative pour développer, au c?ur de Paris, cette école d?excellence. Je pense que oui, la recherche et l?innovation ont un avenir au c?ur de la Capitale ; oui, les écoles d?ingénieurs ont toute leur place à Paris et notre conception de la recherche gagne à être accompagnée.

Et je vous invite à voter ce projet de délibération pour soutenir le dynamisme de notre politique sur la recherche, l?enseignement supérieur et l?innovation.

Je vous remercie.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Merci, Madame la Conseillère.

M. MISSIKA, après cette longue présentation, n?aura peut-être pas besoin de trop de temps.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Je crois que l?exposé était exhaustif.

Je ne peux donc que remercier Sandrine CHARNOZ de cette intervention et dire que, effectivement, nous lançons un processus, qui va durer vraisemblablement tout au long de cette mandature et un morceau de la prochaine mandature, de rénovation complète des bâtiments de l?E.S.P.C.I. sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le cadre d?un réaménagement, lui aussi extrêmement important, de l?ensemble des écoles de la montagne Sainte-Geneviève, qui s?inscrit dans ce projet qui s?appelle P.S.L., "Paris Sciences et Lettres".

Je vous remercie de voter ce projet de délibération.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur MISSIKA, de votre brièveté.

Nous passons donc au vote. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 15.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2011, DPA 15).