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Juin 2011
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109 - 2011, DPVI 85 - Gestion urbaine de proximité dans les quartiers en politique de la ville. Subventions à 10 associations mettant en oeuvre des projets visant à l'amélioration du cadre de vie. Montant : 27.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2011

109 - 2011, DPVI 85 - Gestion urbaine de proximité dans les quartiers en politique de la ville. Subventions à 10 associations mettant en oeuvre des projets visant à l'amélioration du cadre de vie. Montant : 27.000 euros.

 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DPVI 85. Il s'agit de la gestion urbaine de proximité dans les quartiers en politique de la ville et de la subvention à 10 associations mettant en ?uvre des projets visant à l'amélioration du cadre de vie, pour un montant de 27.000 euros.

Je donne tout d?abord la parole à M. Jean-Baptiste MENGUY pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je profite de l?inscription de ce projet de délibération portant sur l?attribution de subventions à trois régies de quartier parisiennes (10e, 17e et 20e) pour vous rappeler la création de l?association de préfiguration de la régie de quartier Vaugirard au début de cette année, création qui n?a toujours pas donné lieu à l?inscription à l'ordre du jour de notre Assemblée pour l'attribution d?une subvention de démarrage de 46.000 euros.

Un bref rappel des faits, d?abord. Ce projet fait partie du pacte de mandature remis par Philippe GOUJON, le maire du 15e, au Maire de Paris en 2008. Il s?inscrit dans la politique menée depuis des années par la Municipalité parisienne dans le secteur de l'économie sociale et solidaire.

Des contacts ont été pris début 2009 avec le Comité national de liaison des régies de quartier, avec les associations et les institutions, afin de valider la pertinence du projet, puis a été rédigée une note d'opportunité, de laquelle il ressort que des problèmes sociaux très lourds se posent dans le 15e, qui justifient la création d?une régie.

Des difficultés socioéconomiques ont été révélées par certains critères (forte proportion de jeunes déscolarisés, taux de chômage élevé, proportion de familles monoparentales supérieure à la moyenne parisienne, etc.) qui sont identiques, voire parfois plus marqués que dans des quartiers parisiens classé en politique de la ville.

Le quartier des Périchaux, par exemple, a été classé un temps, en 2003, en microquartier politique de la ville.

Il y a eu une nécessité de traitement également d'un urbanisme vieillissant avec notamment le début d?une réflexion sur le quartier Bargue/Kandinsky et de la mise en place d'outils adaptés pour atténuer les effets de la crise.

Une réunion plénière de lancement de la procédure a eu lieu en mars 2010 avec une quarantaine de partenaires locaux, parmi lesquels des élus de Droite et de Gauche, notamment notre collègue Gilles ALAYRAC, des responsables d'association, des acteurs institutionnels et des bailleurs.

Puis, trois réunions d'un groupe de travail spécifique se sont tenues. Ce groupe a réfléchi à la définition du territoire, à la participation des habitants et aux activités, mais aussi à l'engagement des partenaires.

En septembre dernier, le maire du 15e arrondissement a rencontré Mme DAGOMA, qui a validé le projet et lui a confirmé son intention de soutenir cette création.

En novembre, deux nouvelles réunions de travail consacrées à l'élaboration des statuts, suivies le 10 décembre de l?Assemblée générale constitutive de l?association de préfiguration et aussi de l'élection du Conseil d'administration, se sont tenues.

Etaient présents à cette Assemblée générale Mme DAGOMA, Guy DUMONTIER, président d?honneur du C.N.L.R.Q. et plus de 120 habitants et responsables associatifs.

16 représentants associatifs se sont portés candidats, pour huit postes à pourvoir, ainsi que 18 habitants, également pour huit postes à pourvoir. Voilà la démonstration d'un vrai processus démocratique.

A la demande de Mme DAGOMA, d'ailleurs, nous avons accepté que la présidence de la régie ne revienne pas comme prévu à une élue, Sylvie CEYRAC, mais à un habitant du quartier qui est M. Jacques MATHIEU-POYETON, qu'il faut saluer ici.

Fin janvier 2011, le Conseil d'administration s'est réuni et a procédé à l?élection du bureau de l?association de préfiguration.

Les démarches administratives ont ensuite été entreprises pour le passage d?une délibération en Conseil de Paris en mars ou avril, mais, depuis, rien n'a bougé, c?est la raison pour laquelle nous avons souhaité prendre la parole sur ce projet de délibération, pour rappeler l'Exécutif à ses obligations en la matière.

Les travaux du local loué auprès de "Paris Habitat" sont achevés et les partenaires pressentis (le Ministère de la Défense, Unibail, des bailleurs sociaux) sont aujourd'hui en attente.

Il serait donc navrant, je conclurai par là, que les blocages administratifs dont on nous parle ne soient pas levés et que les habitants du 15e, les plus fragiles d'entre eux, pâtissent de cette situation désolante.

Je vous remercie donc, Madame l'adjointe, au nom de l'Exécutif, de bien vouloir faire diligence à nos demandes et de faire débloquer cette situation.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Fabienne GIBOUDEAUX.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je souhaite, dans mon intervention, souligner une nouvelle fois la qualité du travail des équipes de la délégation de la politique de la ville qui se sont investies sur la gestion urbaine de proximité depuis plusieurs années et plus récemment sur l'élargissement de la démarche "Nature +".

Malgré le désengagement de l'État, qui a drastiquement baissé les subventions aux associations, dans les quartiers parisiens politique de la ville, les projets se multiplient et se diversifient.

La démarche "Nature +", qui a démarré dans le 20e arrondissement, s'est développée rapidement sur d'autres arrondissements.

Je souhaite ainsi féliciter et encourager l'action de deux associations, qui travaillent dans les quartiers politique de la ville des 13e et 18e arrondissements.

Un travail porte à porte avec les locataires et un soutien du centre social du quartier a permis une réappropriation de cet espace et je suis satisfaite que, aujourd'hui, la SEMIDEP soit partenaire de ce projet.

Avec beaucoup de patience, ils ont fédéré les habitants, les jeunes de la cité et les enfants, tout en améliorant le cadre de vie de ce quartier.

Cette association a aussi un projet de guinguette sur le Port de la Gare et souhaite à cette occasion créer des emplois pour les jeunes en insertion issus des quartiers politique de la ville et aussi inviter dans leur guinguette des habitants de la cité Chevaleret, qui sortent trop peu souvent de leur quartier.

La deuxième association, qui est située dans le 18e arrondissement, "Ecobox", a installé un jardin partagé impasse de la Chapelle.

Elle a pour projet d'accueillir les écoles et collèges du quartier qui ne disposent pas de jardin pour mettre en pratique leurs cours de sciences et vie de la terre.

Les élèves de l'école polyvalente Maurice Genevoix, du collège Marx Dormoy, de l'école maternelle Emile Duployé vont pouvoir participer à la construction de parcelles de jardinage, de composteurs et de systèmes de récupération d?eau de pluie et même rencontrer un maraîcher.

Toutes ces initiatives, qui nécessitent peu de moyens et améliorent beaucoup la qualité de vie de ces quartiers politique de la ville, ont le mérite d'être encouragées par notre ville, nous ne pouvons que nous en féliciter et nous féliciter aussi de la vitalité associative de ces quartiers.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Léa FILOCHE pour le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous avons de la chance. Les Parisiens ont vraiment pas mal de chance. Malheureusement, certains élus de cette instance n'en ont pas encore vraiment conscience.

Nous avons une réelle mixité sociale à Paris, je pense que pas grand monde peut remettre cela en cause, et ce malgré les tentatives répétées et surtout scandaleuses du Gouvernement. Nous parvenons à maintenir toutes les classes sociales à Paris, notamment "via" nos actions politique de la ville.

Eh oui !

Mais, en fait, ce n'est pas seulement de la chance, c'est aussi une volonté politique, c'est aussi un choix, c'est aussi un engagement. La Ville de Paris est volontaire, motivée, convaincue. Nous nous battrons encore contre les choix assumés aujourd'hui par l'État et son Gouvernement de remettre en cause l'égalité des droits, notamment à Paris.

Certes, la politique de la ville n'est pas une fin en soi, et dans le cadre qui nous est imposé aujourd'hui, notamment celui du chômage de masse, de l'augmentation de la précarité, de l'augmentation des inégalités et de la pauvreté, la politique de la ville est avant tout une chance.

Les deux projets de délibération qui nous sont soumis aujourd'hui en matière de politique de la ville en sont de bons exemples. Dans la lignée de notre dernier Conseil et de la communication que le Maire de Paris avait faite, nous continuons à travailler à ce que chaque Parisien trouve sa place dans notre ville, quels que soient ses revenus, son travail, sa condition sociale ou encore son origine.

Il est donc soumis à notre vote un premier projet de délibération qui finance des associations, qui ont notamment, dans le cadre de la gestion urbaine de proximité, permis d?améliorer sensiblement le quotidien des habitants dans certains quartiers.

La G.U.P., comme on l'appelle, en coordonnant tous les acteurs locaux, permet de faire du cadre de vie une priorité. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'est née la démarche "Nature +" dans le 20e arrondissement, qui a vocation à recenser des coins, des recoins, des espaces végétalisés peu valorisés pour les transformer en espaces végétalisés, artistiques et/ou ludiques.

C'est donc dans ce cadre et dans la perspective de la généralisation de la démarche innovante de "Nature +" que nous vous proposons de voter cette subvention.

Le second projet de délibération concerne le financement d'associations qui permettent, comme à chaque Conseil de Paris, aux habitants de s'approprier leur quartier en participant aux actions des associations.

A hauteur de 22.000 euros pour une dizaine d'associations, nous favorisons ainsi l?investissement et la participation des habitants à la vie de leur quartier, de façon très concrète.

Vous pouvez constater, mes chers collègues, que dans ce projet de délibération nous finançons des actions qui ont lieu sur presque tout le territoire parisien des quartiers politique de la ville.

Nous pensons que chacun de ces quartiers n'a aujourd'hui plus besoin ni de justifier son existence ni de justifier l'intervention publique sur son territoire, mais nous ne pouvons aussi que constater que ce n'est pas le même choix que fait le Gouvernement.

Non seulement le budget national consacré à la politique de la ville est en baisse de 20 % en 2011, non seulement le plan "Espoir Banlieues" annoncé par l?État comme un nouveau plan Marshall des banlieues en 2008 se révèle totalement inadapté aux enjeux, mais en plus les contrats urbains de cohésion sociale reconduits à l'identique jusqu'en 2014 auraient nécessité, et cela aurait été le minimum, de nouvelles mesures et une politique beaucoup plus ambitieuse.

Quant à la situation parisienne, je ne vais pas être beaucoup plus longue, mais nous dénonçons de façon extrêmement forte la baisse sans précédent des subventions de l'État aux associations de nos quartiers populaires qui atteint entre 2009 et 2011 50 %, et dans les 10e et 14e arrondissements près de 70 %.

En effet, l?Etat consacre à ces associations, qui travaillent dans les quartiers parisiens en difficulté, 722.000 euros en 2011, contre 1,4 million d?euros en 2009.

J?attire particulièrement l?attention de tous les élus, ici présents et ceux qui ne sont pas présents, sur les conséquences dramatiques de ces baisses drastiques des crédits qui mettent en péril les actions déclarées comme prioritaires par l?Etat lui-même.

Je les cite : l?insertion sociale et professionnelle, le soutien aux familles et aux enfants, la santé des jeunes précaires, l?action des centres sociaux, l?accompagnement des jeunes en rupture, etc.

Mais ces baisses touchent aussi certains quartiers - je l?ai dit : le 10e et le 14e - beaucoup plus que d?autres, sans aucune concertation avec la Ville, et au mépris des réalités sociales et économiques que je vous ai déjà rappelées de nombreuses fois dans cet hémicycle.

Je conclus : je suis très inquiète pour l?avenir de nos quartiers, à Paris comme ailleurs, qui n?ont pas besoin de subir un nouveau désengagement de l?Etat qui, visiblement, se fout excusez-moi du terme - de la mixité sociale, à Paris comme ailleurs, mais en plus souhaite faire payer aux plus précaires et aux plus pauvres non seulement la crise, mais aussi les exonérations fiscales que ce gouvernement vote sans scrupule aux plus riches des Français.

L?urgence est, au contraire, à répartir mieux les richesses, à répondre à l?urgence sociale, à augmenter les crédits pour que l?intervention publique soit une réalité et une priorité.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour répondre, la parole est à Mme Gisèle STIEVENARD.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, au nom de la 5e Commission. - Je tiens à remercier l?ensemble des orateurs et à dire à Mme GIBOUDEAUX que nous aurons le plaisir, début juillet, d?inaugurer ce magnifique lieu culturel, lieu d?insertion, qui s?appelle Petit Bain dans le 13e arrondissement, qui, en effet, avec Guinguette Pirate, fait un travail fort intéressant dans le quartier Chevaleret et va au-devant de publics qui, spontanément, ne se tournent pas vers la culture.

Il y a un travail de médiation culturelle tout à fait intéressant qui est conduit.

Elle a aussi valorisé l?action d?Ecobox à La Chapelle et je partage l?appréciation qu?elle porte sur la qualité des projets qui sont portés.

M. MENGUY a fait - je pense - une erreur d?inscription, parce qu?en réalité, il voulait s?inscrire sur d?autres projets de délibération : DPVI 57, DPVI 87, DPVI 88, qui sont des financements portés auprès de régies de quartier des 11e, 17e et 20e arrondissements. Je ne suis pas en mesure de lui répondre concernant le 15e arrondissement. Je pense qu?il pourra, à une autre occasion, renouveler sa question.

Il est parti, mais il a eu la courtoisie de me prévenir, car il devait récupérer son enfant à la crèche. Je tiens à le préciser.

Sur le projet de délibération dont nous parlons à l?instant, c?est une première concrétisation du plan d?actions renouvelé en faveur des quartiers populaires, qui a été présenté par le Maire de Paris, ici même en mars dernier.

Avec les habitants et les maires d?arrondissement, nous voulons des quartiers de qualité, beaux, propres, sécurisés, végétalisés, agréables à vivre et, pour cela, la politique de la ville mobilise deux outils originaux : la gestion urbaine de proximité et la démarche "Nature +".

La gestion urbaine de proximité est un outil déjà bien rodé, des cellules de veille se réunissent régulièrement avec tous les acteurs concernés par l?espace public : élus d?arrondissements, habitants, services de la Ville, bailleurs, gardiens, police. Des marches exploratoires permettent de repérer les problèmes pour les traiter au fond et rapidement.

C?est ainsi que cinq quartiers sont dotés de cet outil. Et nous avons déjà signé cinq chartes G.U.P. Et bientôt, le 10e arrondissement se joindra aux quatre premiers arrondissements qui ont initié la démarche.

Concernant "Nature +", c?est une innovation qui partage le même objectif. Le lancement a été fait, comme l?a rappelé Léa FILOCHE, de façon très positive dans le 20e arrondissement. Nous le généralisons à tous les quartiers.

Ce programme de transformation des délaissés urbains en espaces végétalisés porte ses fruits. C?est une invention parisienne qui a été primée nationalement pour son originalité. Et nous avons là dix premiers projets associatifs G.U.P. et "Nature +", et ce n?est qu?une étape, car nous avons l?intention d?aller beaucoup plus loin.

Et nos équipes de développement local sont en train de lister un certain nombre de sites à traiter, de façon à arrêter une programmation globale sur plusieurs années.

Léa FILOCHE avait raison également de rappeler que nous avons de la chance à Paris, car il y a un vrai investissement dans nos quartiers populaires parisiens, pour conserver autant qu?il est possible la mixité sociale.

Il est vrai que ces dernières années, l?Etat est en retrait, a levé le pied, ce que nous regrettons beaucoup, parce que nous pensons que la solidarité nationale doit accompagner les solidarités locales, et non pas tenter de faire porter uniquement aux solidarités locales ce qui est à faire dans ces quartiers.

Nous souhaitons - j?ai eu l?occasion de le dire déjà - que l?Etat reste fortement présent à nos côtés.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 85.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DPVI 85).