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Juillet 2011
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Conseil Municipal
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44 - 2011, DJS 344 - Approbation du principe et des modalités de passation d’un marché de maîtrise d’oeuvre sur appel d’offres ouvert européen relatif à la mise en conformité des installations techniques du Parc des Princes (16e). Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la rénovation du Parc des Princes. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la mise en conformité des installations techniques du Parc des princes (16e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2011

44 - 2011, DJS 344 - Approbation du principe et des modalités de passation d?un marché de maîtrise d?oeuvre sur appel d?offres ouvert européen relatif à la mise en conformité des installations techniques du Parc des Princes (16e). V?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la rénovation du Parc des Princes. V?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la mise en conformité des installations techniques du Parc des princes (16e).

 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DJS 334 concernant l?approbation du principe et des modalités de passation d?un marché de maîtrise d?oeuvre sur appel d?offres ouvert européen relatif à la mise en conformité des installations techniques du Parc des Princes (16e), sur lequel les v?ux référencés n° 21 et n° 22 dans le fascicule, ont été déposés par le groupe U.M.P.P.A.

La parole est à Mme Marie-Annick BARTHE.

Mme Marie-Annick BARTHE. - Je vous en prie, Monsieur le Président.

Mes chers collègues, je voudrais tout d?abord profiter du temps qui m?est imparti pour rectifier une erreur, si ce n?est ce qu?il faut bien appeler un mensonge que la Ministre des Sports a énoncé lors de l?entretien radiophonique le 30 juin dernier.

Je veux évidemment parler de l?affirmation de Mme JOUANNO que la contribution financière de l?État de 10 millions pour la rénovation du Parc des Princes aurait été rendue indispensable par le refus de la Ville de Paris de contribuer au financement des travaux de rénovation du stade.

Non seulement cette annonce de la part du Gouvernement fait suite à une demande de 20 millions d?euros, formulée par la Ville, et ce dès le mois de novembre 2010 et renouvelée en mai dernier, une demande qui est restée lettre morte jusqu?à ce jeudi 30 juin 2011, une demande de la Ville qui répondait à un étrange constat : Paris était alors la seule des 11 villes candidates à ne recevoir aucun soutien de l?État, alors que 28 millions avaient été attribués à Marseille et à Bordeaux et 20 millions à Nice.

La délibération D.J.S. qui vous est ici soumise concerne tout autre chose, elle concerne le lancement d?un marché de maîtrise d??uvre pour la mise en conformité des installations techniques du Parc des Princes, et ce pour un montant de plus de 20 millions euros.

En effet, le Parc des Princes est exploité dans le cadre d?une D.S.P. conclue en 1999 jusqu?au 30 juin 2014, avec la Société d?Exploitation Sports et Evénements.

Au vu du titre V de cette convention, la Ville doit assumer les travaux de grosse réparation, tels que par exemple les couvertures, la consolidation des façades, les ascenseurs ou bien encore les travaux de désamiantage.

Ce sont ces travaux qui vont se dérouler jusqu?en mai 2012, des travaux qui n?ont rien à voir - et c?est là une clarification importante - avec les travaux de modernisation et de mise à niveau pour l?Euro 2016, selon les prescriptions de l?U.E.F.A. et dont la réalisation fait l?objet d?une consultation publique, qui est ouverte par une délibération en date de 2009.

Je vous invite donc, mes chers collègues, à voter cette délibération qui montre, s?il le fallait encore, que les engagements pris par la Ville de Paris sont toujours tenus, quelle que soit l?attitude du Gouvernement, afin que Paris continue de rayonner en tant que capitale et que ses habitants profitent d?équipement sportifs de très haute qualité.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame. Vous n?avez pris que la moitié du temps.

Monsieur GIANNESINI, vous avez la parole.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Comme le savent les passionnés de sport, le Parc des Princes est un stade emblématique, au même titre que le Stade Vélodrome à Marseille ou le stade Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne.

On peut le dire, il fait partie du patrimoine sportif français. Aujourd?hui, il est quelque peu vieillissant et ne répond plus aux exigences des grands stades de football, notamment en termes de confort, d?hospitalité et de sécurité.

L?organisation des championnats d?Europe de football en 2016 est l?occasion unique d?une modernisation de l?enceinte pour répondre aux standards internationaux et au cahier des charges de l?U.E.F.A.

Cette rénovation est d?ailleurs un préalable au fait que ce stade puisse accueillir des matchs lors de ces championnats d?Europe 2016. Il est évidemment impensable que cette compétition prestigieuse puisse se dérouler dans notre pays sans que Paris n?accueille de match au Parc des Princes.

C?est impensable pour des raisons sportives, naturellement, mais aussi pour des raisons économiques et de rayonnement international.

Ce type d?événement, on le sait très bien, est générateur d?activité, donc créateur de richesses et d?emploi.

Ceux qui pourraient penser le contraire sont des irresponsables et des inconscients qui ne se soucient que de leur intérêt personnel.

Le 5 décembre 2009, la Ville de Paris a lancé un appel d?offres pour confier à un opérateur privé la rénovation et l?exploitation du Parc des Princes dans le cadre d?un bail emphytéotique administratif, B.E.A.

Dans un premier temps, il y avait deux candidats. Depuis septembre 2010, seuls le dossier de Colony Capital est resté en course, l?autre candidat, Ovalto, n?ayant pas rendu un dossier abouti.

La capacité totale du Parc des Princes va donc passer à près de 48.000 place, dont 41.000 grand public, 4.300 places en loge et 300 places médias.

En ce qui concerne le calendrier, il est prévu que la signature du contrat de B.E.A. et le dépôt de permis de construire aient lieu en octobre 2011, les travaux d?aménagement des abords par la Ville de Paris en 2012 et le début des travaux de rénovation du stade en 2013.

Ces travaux vont conduire à la fermeture du stade durant la saison 2013-2014, une deuxième phase de travaux se poursuivant sur la saison 2014-2015 en site ouvert et la livraison du stade étant prévue à mi 2015. Le coût total devrait être de 114 millions d?euros. Il apparaît qu?une aide de l?Etat est indispensable pour boucler le financement de ce projet à hauteur de 10 milliards d?euros. Cette somme est tout à fait raisonnable au regard des autres subventions accordées par l?Etat aux projets de construction et de rénovation des stades retenus pour l?Euro 2016.

Pourtant, jusqu?à récemment, contrairement aux autres villes hôtes de l?Euro 2016, qui ont formulé des demandes dès l?année 2009, la Ville de Paris n?a pas sollicité le Ministère des Sports pour une aide financière.

Un courrier de M. le Maire, le 29 novembre dernier, est arrivé enfin à la Ministre des Sports Chantal JOUANNO, et ceci plusieurs mois après la répartition de l?enveloppe des crédits d?Etat destinés à l?Euro 2016. En outre, ce courrier a été le seul premier vrai contact concret engagé par la Ville de Paris alors que le Ministère des Sports entretient depuis deux ans des relations de travail étroites et régulières avec l?ensemble des villes hôtes.

Force est de constater que vous avez fait preuve, Monsieur le Maire, avec votre première adjointe Mme HIDALGO, d?une désinvolture ahurissante et d?un manque certain de volonté. En effet, vous avez une drôle de façon d?agir, de gérer et de défendre les intérêts des Parisiens. Vous qui êtes si prompt à dénoncer les soi-disant manquements de l?Etat en matière financière à l?égard de la Ville de Paris, il est bizarre que quand l?Etat propose d?aider la Ville de Paris pour des travaux importants, vous omettiez tout simplement de répondre.

Heureusement que Chantal JOUANNO, Ministre de Sports, s?est soucié de l?intérêt général. En effet, il fallait faire avancer ce dossier essentiel pour le football français et pour Paris, et elle l?a fait avec efficacité. Elle a donc tenu à recevoir Sébastien BAZIN, représentant de Colony Capital, seul candidat pour l?attribution du BEA et Robin LEPROUX, président du PSG, club résident pour faire le point sur l?état d?avancement du projet de rénovation et pour évaluer avec eux les besoins d?une participation financière de l?Etat à ce projet.

Une rencontre de travail s?est tenue le 30 juin dernier au Ministère des Sports. En effet, Sébastien BAZIN et Robin LEPROUX ont présenté à Chantal JOUANNO les enjeux du projet et ont confirmé qu?un engagement financier de l?Etat était indispensable pour sortir de l?impasse.

A l?issue de la réunion, consciente de l?importance du dossier, Chantal JOUANNO a pris ses responsabilités et a décidé d?octroyer une enveloppe de 10 millions d?euros aux projets de rénovation.

Je vous rassure, mes chers collègues, ces financements ne viennent naturellement pas en déduction du budget attribué par l?Etat chaque année aux sports pour tous et aux sports de proximité. Ce sont des dépenses exceptionnelles, financées par un prélèvement exceptionnel, pour un événement exceptionnel sur les recettes de la Française des jeux.

Le geste est important. L?Etat est ainsi le premier acteur public à s?engager aux côtés du futur attributaire du BEA, alors que la Mairie de Paris est d?ores et déjà exclue de participer au financement de la rénovation du stade.

C?est tout à fait regrettable. D?autant plus que vous pourriez très bien, sans solliciter à nouveau le contribuable parisien, demander au nouveau propriétaire du Stade français de participer au financement de la construction du futur stade Jean-Bouin. Cela aurait le mérite de libérer des crédits municipaux sans nouvelles inscriptions budgétaires.

Dans ce dossier, notons qu?on relève une fois de plus que vous avez voulu vous défaussez sur l?Etat, en demandant au Gouvernement de subventionner à hauteur de 10 millions d?euros la création de fin de zone et l?amélioration de la voirie.

Ce n?est pas sérieux, Monsieur le Maire, vous le savez très bien, c?est à la commune que reviennent ces aménagements. Le Ministère des Sports quant à lui, à travers le Centre national pour le développement du sport (C.N.D.S.) a pour mission de financer des équipements sportifs et connexes strictement nécessaires au fonctionnement de ces mêmes équipements.

On le voit bien dans ce dossier, le Gouvernement de François FILLON, à travers la Ministre des Sports Chantal JOUANNO, a été exemplaire. Ce n?est pas votre cas, Monsieur le Maire, et ce n?est pas le cas du Conseil régional que préside votre ami M. HUCHON.

J?ai l?impression, à part le cadeau fait à votre ami M. GUAZZINI avec Jean-Bouin, que les socialistes parisiens et franciliens n?aiment pas trop le sport. En effet, Jean-Paul HUCHON a refusé jeudi dernier en commission permanente du Conseil régional de voter un v?u de Valérie PECRESSE demandant à la Région une contribution financière au même titre que d?autres régions l?ont fait pour leurs stades, notamment l?Aquitaine, Nord-Pas-de-Calais, PACA, Rhône-Alpes, régions présidées par des socialistes.

Alors, Monsieur le Maire, pour conclure, le groupe U.M.P. vous demande de bien vouloir le solliciter afin qu?il participe financièrement, au même titre que l?Etat, à ces améliorations qui rendront au Parc des Princes sa splendeur et qui en feront un magnifique édifice que notre capital mérite.

Je vous remercie, Monsieur le Maire, d?avoir accordé un peu plus que mon temps.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. ALPHAND, pour cinq minutes.

M. David ALPHAND. - Monsieur le Maire, merci.

Je ne reviendrai pas sur ce que vient d?expliquer tout à fait clairement Jean-Jacques GIANNESINI, et sur l?aide tout à fait essentielle qui a été décidée il y a quelques jours par la Ministre des Sports Chantal JOUANNO, dont je salue ici à nouveau l?implication personnelle et extrêmement efficace sur ce dossier. Cette implication, nous aurions d?ailleurs bien aimé la retrouver de la part de l?Exécutif parisien.

Alors, Mme BARTHE, nous indiquait tout à l?heure que le ministre ment, que la demande a été faite. Mais, Madame BARTHE, pardon de vous le dire, vous avez conclu votre intervention en soulignant que la Ville de Paris tient ses promesses. Mais c?est quand même bien la moindre des choses que la Ville de Paris mette les crédits dont il est question dans cette délibération, puisqu?elle y est tenue: elle y est tenue par son engagement contractuel sur le Parc des Princes. C?est bien l?inverse qui serait surprenant.

Cette mise en conformité, finalement ne s?inscrit jamais que dans le souhait, que nous partageons tous ici, qu?aller au Parc des Princes soit de plus en plus agréable, que les familles puissent s?y rendre en toute tranquillité. C?est vrai du plan sécurité qui a été mis en place par le président Robin LEPROUX, il y a déjà plus d?un an de cela, avec la charte que nous avons d?ailleurs adoptée ici à l?unanimité l?année dernière, à mon initiative et grâce à l?assentiment du Maire de Paris. C?est également la sécurité du point de vue technique et matériel, et c?est l?objet de cette délibération.

Alors l?aide qui est consentie pour le Parc des Princes et pour le PSG, on aurait bien aimé que cette aide d?Etat de 10 millions d?euros soit complétée dans la même proportion par la Ville de Paris. Car il y a bien quand même une différence, selon qu?on traverse une rue dans le 16e arrondissement, d?un côté à Jean-Bouin vous avez un financement 100 % Ville de Paris et de l?autre, à Roland Garros vous avez un financement 100 % à la charge de l?opérateur privé. Cherchez l?erreur ! Il y a quand même une différence de traitement tout à fait notable. Et je n?ai jamais entendu, ni le maire de Paris, ni sa première adjointe, ni son adjoint aux sports justifier un tel traitement !

Pour ce qui est du BEA, tel qu?il va intervenir, j?aimerais poser la question à l?Exécutif municipal cet après-midi: quand va-t-il être soumis à notre Conseil ? Il avait été annoncé, il y a déjà un certain temps, pour le premier semestre de l?année 2011. Il semblerait que certaines difficultés soient survenues dans la négociation avec l?opérateur privé.

Monsieur VUILLERMOZ, pouvez-vous nous en dire un peu plus cet après-midi sur ces difficultés, ainsi que sur le calendrier qui sera soumis au Conseil de Paris, de manière à ce que nous puissions désormais prochainement avoir un point de vue sur le BEA tel qu?il se présente ?

Je voudrais également interroger l?Exécutif, puisque cela nous permet cet après-midi de faire un point assez large sur le PSG, qui a été au c?ur de l?actualité et qui va le rester encore un certain nombre de semaines pendant l?été.

Monsieur VUILLERMOZ, quelles sont les relations entretenues à ce jour avec l?équipe dirigeante du Paris Saint-Germain ? Comment voyez-vous la modification de l?actionnariat du club ? Quelles garanties ont été prises par la Ville pour que cet actionnariat reprenne le club dans des conditions satisfaisantes ?

Je voudrais également souligner, de ce point de vue, qu?un changement d?actionnaire, en particulier lorsque l?actionnaire vient d?un pays aussi lointain que le Qatar, doit s?accompagner du souci de respecter l?identité de ce club. L?identité du PSG est une identité forte, même si le club fête ces 40 ans l?année dernière, en réalité c?est un club qui a vraiment une force en lui-même qu?il faut préserver.

Alors, je demande à l?Exécutif, de ce point de vue-là, comment voyez-vous l?évolution de cet actionnariat et comment préserver ce qui fait qu?ailleurs en France on envie aussi le Paris Saint-Germain ?

Cela fait beaucoup de questions. J?attends des réponses naturellement précises sur ce dossier-là. Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci Monsieur.

La parole est à M. GABORIAU, pour trois minutes.

M. Pierre GABORIAU. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, puis-je rappeler que le stade du Parc des Princes est exploité dans le cadre d?une convention de délégation de service public conclue en 1999 par la S.E.S.E. A ce titre, la Ville de Paris est tenue d?assumer certains travaux de renouvellement ou de grosses réparations, notamment les travaux liés à la sécurité de l?équipement, s?agissant de la toiture en particulier. Distincte des travaux de modernisation et de mise à niveau pour l?Euro 2016, cette opération qui se déroulera jusqu?en mai 2012 nécessite un marché de maîtrise d??uvre sous la forme d?un marché sur appel d?offres ouvert européen, dont le coût est estimé à environ 20 millions euros, qui s?ajoutent aux 3 à 5 millions dépensés chaque année depuis 2001 pour cet équipement parisien.

Nous savons qu?aujourd?hui la Ville de Paris mène des négociations avec l?unique preneur à bail, ?Colony Capital?, pour la rénovation à venir du parc. Il est indispensable que les conditions financières soient effectivement conclues dans le respect des Parisiens, avec une juste répartition de l?engagement de la Ville entre le sport professionnel le sport de proximité.

Aussi, notre Conseil du 16e arrondissement, avec son maire Claude GOASGUEN, a voté à l?unanimité - je dis bien ?à l?unanimité? - un v?u présenté par notre collègue Yves HERVOUET DES FORGES, adjoint au maire du 16e arrondissement, rappelant que les 20 millions investis permettraient de réaliser ou moderniser un certain nombre d?équipements de sport de proximité pour le loisir des Parisiens, membres des clubs associatifs de la Capitale ou scolaires.

Puis-je citer comme exemple la piscine d?Auteuil qui nécessite 3 à 4 millions pour sa rénovation totale ?

Considérant que les choix opérés par le Maire de Paris seront au seul bénéfice d?un fonds d?investissement privé, en l?occurrence ?Colony Capital?, le conseil du 16e arrondissement émet le v?u qu?à tout le moins le montant du loyer au futur titulaire du bail emphytéotique soit calculé de façon à intégrer les investissements supportés aujourd?hui par le contribuable parisien.

A un moment où les finances de la Ville sont assurément tendues et où il est nécessaire de faire des économies, nous, élus du 16e, approuvons l?investissement de la Ville qui est contractuel, mais avec la volonté d?un retour sur investissement sur la période du bail, ce qui constitue une demande raisonnable.

C?est pourquoi nous voterons favorablement la délibération et espérons vous avoir convaincus de donner un avis positif sur le v?u présenté et adopté à l?unanimité par la majorité et l?opposition du 16e.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole, pour vous répondre, est à M. Jean VUILLERMOZ, adjoint compétent.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Compétent ? Cela !

Je voudrais déjà remercier Mme BARTHE d?avoir rétabli la vérité, tant il est vrai que cela fait un moment qu?on entend dans les médias Mme JOUANNO, par l?intermédiaire ici de M. GIANNESINI, dire, à mon avis, des contrevérités. Je vais essayer d?expliquer pourquoi.

Déjà, il convient en premier lieu de rappeler, comme vous l?avez fait d?ailleurs, que les travaux de mise en conformité des installations techniques du Parc, qui font l?objet de cette délibération DJS 344, seront effectués dans le cadre de la D.S.P. actuelle et que cela relève donc de la responsabilité de la Ville de Paris - je le rappelle quand même - en application de la convention de D.S.P. qui a été conclue le 30 juin 1999, c?est-à-dire par vous qui étiez à l?époque au pouvoir dans cette ville, et qui arrivera à échéance le 30 juin 2014.

Jusqu?à cette date, la Ville de Paris est tenue d?assumer les travaux de clos et de couvert, et certains travaux de renouvellement et de grosses réparations, en application de l?annexe 2 de la convention, comme l?a dit Mme BARTHE.

En vertu de ses obligations contractuelles, la Ville est donc tenue, afin de ne pas compromettre l?exploitation du stade, de réaliser les travaux nécessaires à son bon fonctionnement et à sa sécurité.

Pour mémoire quand même, parce qu?on voit bien qu?il y a de petites différences entre vous, le coût des travaux à la charge de la Ville, prévus dans le contrat de D.S.P. de 1999 - M. LEGARET s?en rappelle certainement - était estimé à 80 millions de francs à l?époque, ce qui équivaut à peu près à 19 millions d?euros en valeur 2011. Entre 1999 et 2009, 12,4 millions d?euros de travaux ont été réalisés par la Ville de Paris, notamment pour la rénovation des contrôles d?accès, la création d?un centre des médias, la modernisation de l?éclairage ou la pelouse.

Alors, aujourd?hui, des travaux complémentaires sont effectivement indispensables. Ces travaux, d?un montant estimé à 20 millions d?euros, concernent notamment la couverture et l?étanchéité du stade, le ravalement des façades, ainsi que la mise en conformité des installations électriques et des installations sanitaires.

Ils permettront au Parc des Princes de demeurer un stade susceptible d?accueillir des rencontres de haut niveau. Je vous rappelle que ce sont des matches essentiellement de ligue 1 et de coupe d?Europe, notamment, en espérant que demain - j?y reviendrai - le Paris Saint-Germain soit en capacité de jouer la Champion?s League.

S?agissant du loyer qui sera demandé au futur titulaire du B.E.A., puisque c?est l?objet d?un v?u, il tiendra compte, bien entendu, du montant des travaux qui seront pris en charge par le titulaire, en lien avec la durée du B.E.A. consentie au preneur. C?est ce qui se fait, en général, tout le temps.

Mais alors, Monsieur GIANNESINI, là vraiment, par l?intermédiaire de Mme JOUANNO, vous en savez beaucoup plus que moi parce que, moi, je ne peux pas en dire plus que cela, étant donné que ce B.E.A. est toujours en discussion avec la DJS et qu?à partir de là, je suis tenu à une clause de confidentialité et je ne peux vraiment pas dire autant de choses que vous en avez dit. Je ne sais d?ailleurs pas si ce que vous avez dit est juste.

Alors, pour autant, les auteurs du v?u semblent considérer que la modernisation du Parc des Princes, qui fait actuellement l?objet d?une consultation en vue de la conclusion d?un bail emphytéotique administratif pour la rénovation et l?exploitation du Parc, s?effectuerait au seul bénéfice des fonds d?investissement privés.

Cette affirmation est bien éloignée de la plus élémentaire vérité, chers collègues. La construction de nouveaux stades ou la complète rénovation de stades anciens requiert des investissements d?une telle ampleur et d?un coût si élevé que, partout en France, ces opérations, dans la perspective de l?Euro 2016, font l?objet d?engagements importants des collectivités locales et de l?Etat.

La Ville de Paris, contrairement à tous les autres, a fait le choix de ne pas allouer au futur titulaire du B.E.A. de subvention d?investissement, afin de préserver, évidemment, le contribuable parisien.

Alors, on peut prendre plein d?exemples. Le coût de la rénovation du Stade Vélodrome à Marseille est estimé à environ 260 millions d?euros qui fera l?objet pour moitié de subventions publiques, puisque c?est un P.P.P. qui a été prévu, donc 40 millions au titre de la Ville de Marseille, 30 millions au titre du Conseil général des Bouches-du-Rhône, 20 millions au titre de la Communauté urbaine, 12 millions au titre de la Région Provence-Alpes-Côte-d?Azur et 30 millions au titre de l?Etat. Qui va payer ? Les contribuables de cette région !

Je prends le stade de Lens, mais je pourrais prendre Geoffroy Guichard ou Lille, Bordeaux, Nice, partout, il en est de même. Je peux vous prendre les exemples les uns après les autres.

D?ailleurs, je vous renvoie à un magazine, que je connais un peu mais qui n?est pas forcément ma première lecture, qui s?appelle le magazine ?Capital? qui a récemment publié une enquête sur les coûts de rénovation et de construction des stades de l?Euro 2016 en indiquant que les contribuables locaux ou nationaux auraient à prendre en charge une facture de 1,2 milliard d?euros. Et le journal citait en exemple Paris dont le mode de financement de la rénovation du stade ne fera pas l?objet de subventions publiques, hormis la contribution de l?Etat de 10 millions d?euros, annoncée il y a quelques jours.

Ainsi, contrairement aux allégations erronées qui sont dans le v?u du 16e arrondissement, les choix faits par la Municipalité parisienne permettront de préserver au mieux les intérêts des contribuables parisiens, tout en dotant la Ville d?un stade digne des autres capitales européennes.

Et c?est là que je vois qu?il y a quand même de petites différences au sein de la Droite - enfin, je savais que c?était comme cela -, mais, contrairement au v?u de M. GOASGUEN, qui a été exposé par M. GABORIAU, l?autre v?u, celui de M. LAMOUR, qui a été présenté par M. GIANNESINI, demande que la Ville de Paris participe au financement de la rénovation du Parc des Princes, comme les autres villes françaises, ou de faire payer la Région ou de faire payer l?actuel actionnaire propriétaire du Stade français.

Il est par ailleurs indiqué - je réponds aussi à cela - que la Ville n?aurait saisi l?Etat que tardivement en vue d?émarger à l?enveloppe de l?Euro 2016 de 150 millions d?euros. Je rappelle que, comme vous l?avez dit, un courrier est parti en novembre 2010 et qu?il a été réitéré en mai 2011, et qu?entre-temps, nous n?avions absolument pas eu de réponse, donc il y a eu le temps pour Mme la Ministre d?examiner cette proposition.

Il faut aussi rappeler que, jusqu?à la proposition de loi Delpierre, l?octroi d?une subvention au titre d?une opération conduite dans le cadre d?un B.E.A. était impossible. Pourquoi ne le dites-vous pas ?

A noter, du reste, que le C.N.D.S. n?a toujours pas modifié son règlement et qu?en l?état, une subvention au groupement ?Colony Capital-Vinci? par le C.N.D.S. est apparemment toujours impossible.

S?agissant de la proposition tendant à demander à M. SAVARE, nouveau président du Stade Français, de financer la construction du nouveau stade Jean-Bouin, franchement, elle relève d?un humour de potache, mais bon...

Le Stade Français, rappelons-le, a failli disparaître à la fois du top 14 et du rugby professionnel en raison d?un déficit d?exploitation de 6 millions euros, très largement constitutif à la faillite de sa régie publicitaire, Sportys. Le club a eu toutes les peines du monde à trouver des investisseurs à hauteur de 10 millions d?euros pour se sauver in extremis, et ce, quasiment le jour même de la séance de la D.N.A.C.G.

Je le dirai tout à l?heure car j?ai vu que des interventions sur la délibération portent sur la subvention du Stade Français, mais je veux saluer dès maintenant, ici, le travail et les investissements de M. Max GUAZZINI pour faire du Stade Français l?un des plus grands clubs de rugby français, et son investissement aussi, dans tous les sens du terme, pour sauver le club ces derniers mois.

Malgré cet apport providentiel, le club devra consentir une baisse de son budget prévisionnel, limiter ses recrutements et gérer au plus juste ses moyens financiers au cours de la saison 2011-2012. L?heure est donc à la rationalisation budgétaire et à la recherche de sponsors, et non pas à l?investissement dans un stade. Enfin, tout de même !

Je ne sais plus qui en a parlé, je crois que c?est M. ALPHAND. Je fais toujours la même réponse à M. ALPHAND et à d?autres : la différence de traitement entre le football et le rugby, mais enfin ! Connaissez-vous les sommes et les budgets des clubs de football et des clubs de rugby ? Et vous pensez qu?il n?y a pas de différence, pour reprendre des termes que vous connaissez bien, entre les modèles économiques de ces deux sports ?

On a des budgets à 150, 180 et un peu moins de 80 millions - c?était le budget du P.S.G. encore l?année dernière - et des budgets qui sont à peu près équivalents à 25 millions au plus pour le rugby. Ce n?est pas possible. Ou alors vous ne voulez pas prendre cela en compte, ou alors vous entonnez toujours les mêmes ritournelles pour essayer de ne pas faire en sorte qu?à Paris, il y ait un grand club de rugby et un stade pour l?accueillir. 

D?ailleurs, je veux rappeler que chaque club du top 14 possède son stade de rugby, à l?exception très spécifique de Toulouse - c?est une cause historique - et de Clermont-Ferrand, dont le stade et le club appartiennent au groupe Michelin.

La rénovation des stades de rugby dans des villes gérées par des amis à vous est financée quasiment exclusivement par les collectivités territoriales : Stade Mayol à Toulon, malgré la présidence d?un chef d?entreprise, M. BOUDJELLAL, Biarritz, Bayonne et Perpignan.

Vous me parlez de M. LORENZETTI. Je ne voulais pas en parler pour ne pas le citer. Mais M. LORENZETTI, tout de même? c?est l?ancien président de Foncia, qui a pris l?initiative, dans le droit fil de ses activités antérieures, de créer un stade multifonctionnel.

Ce stade multifonctionnel, comme tous les stades de France, dans le rugby, ne pourra pas être financé simplement par le sport. Le problème est que ce n?est pas là la même chose. Et là, c?est l?immobilier. Qui va payer ? C?est l?immobilier, les spectacles culturels et événementiels qui vont à un moment donné financer ce stade.

Donc nous sommes dans une situation totalement différente. Je rappelle que le stade Jean-Bouin, pour nous, sera la maison du rugby, et c?est complètement différent d?une gestion, par des privés, d?un stade qui sera financé pour faire un peu de profit.

C?est pour toutes ces raisons, je vais m?arrêter là, j?ai été long, c?est pour toutes ces raisons, Monsieur le Maire, que je ne peux accepter les v?ux, et demande donc de les retirer ou évidemment, j?appellerai à voter contre.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 21 déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 22 déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 344.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2011, DJS 344).

C?est formidable !