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Conseil Municipal
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57 - 2011, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à l’attribution du nom de Berthe Morisot à une rue.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2011

57 - 2011, V?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à l?attribution du nom de Berthe Morisot à une rue.

 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le v?u référencé n° 28 dans le fascicule, déposé par M. Christophe GIRARD, qui est très concentré sur le déroulé de la séance, qui va vite rejoindre sa place. Le v?u porte sur une proposition d?attribution du nom de Berthe Morisot à une rue de Paris.

Christophe, vous avez la parole pour une minute.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Merci François, puisqu?on s?appelle par les prénoms !

Née à 1841 à Bourges dans le Cher, arrière-petite-nièce de Fragonard, Berthe Morisot s?initie à la peinture dès l?âge de 16 ans en compagnie de ses frère et s?ur, Yves et Edma, puis, à partir de 1861, étudie auprès de Corot dans son atelier de Ville-d?Avray.

En 1864 ainsi qu?en 1865, Berthe Morisot participe au Salon officiel de Paris, également appelé Salon de peinture et de sculpture, où sont invités à exposer les artistes agréés par l?Académie des Beaux-Arts.

C?est en 1868, qu?elle rencontre Manet, devenant alors son modèle, notamment pour les tableaux célèbres que vous connaissez ?Le Balcon? et ?Berthe Morisot au bouquet de violettes?, sublimes tableaux. En 1874 elle épouse Eugène Manet, le frère d?Édouard, dont elle aura une fille, Julie Manet.

En 1874, Berthe Morisot décide d?exposer aux côtés des Impressionnistes lors de leur première exposition collective. Elle est surtout connue pour ses portraits et ses scènes d?intérieur, évoquant l?intimité familiale, la vie enfantine et l?amour maternel.

En 1895, elle meurt, emportée par une pneumonie et lègue la plupart de ses ?uvres à ses amis artistes, parmi lesquels Degas, Monet et Renoir.

Malgré sa riche production artistique, le certificat de décès se contente de mentionner, et je ne l?invente pas, un ?sans profession? révélateur d?une époque (je ne suis pas si sûr qu?elle ait tant changé que cela) pour laquelle la figure du peintre, qui plus est une femme, ne pouvait être considérée comme un métier à part entière.

Mesdames, vous avez encore beaucoup de travail devant vous.

Alors que les expositions ?Manet, inventeur du moderne? au musée d?Orsay et ?Paris au temps des impressionnistes? à l?Hôtel de Ville, connaissent toutes deux un succès populaire exceptionnel, il apparaît essentiel que l?une des figures féminines phares de cette période révolutionnaire de l?art, pendant laquelle la peinture académique et codifiée a été remise en cause, soit pleinement reconnue et honorée.

Voilà donc pourquoi, sur ma proposition et celle des élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, le Conseil de Paris émet le v?u que le nom de Berthe Morisot soit attribué à une rue de Paris, afin de rendre hommage à sa mémoire et au génie de Berthe Morisot.

Et vivent les femmes !

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Le destin exceptionnel de Berthe Morisot justifie évidemment un certain dépassement du temps prévu.

La parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci.

Comment résister à une telle chute !

Oui, cher Christophe GIRARD, vivent les femmes, parce que le progrès pour les femmes, c?est du progrès pour les hommes, aussi, et pour l?humanité.

C?est vrai, nous en somme conscientes, un certain nombre ici, qu?il y a encore du travail, mais nous sommes courageuses, nous nous y attelons et je suis vraiment ravie d?émettre un avis favorable à la proposition d?honorer la mémoire de la peintre Berthe Morisot.

D?ailleurs, peu de femmes peintres sont reconnues dans l?histoire. Elles ont souvent été masquées par la présence d?hommes qui leur ont volé la vedette, d?une certaine façon, donc je suis très heureuse de pouvoir accepter au nom de notre Exécutif cette proposition concernant la peintre Berthe Morisot.

Je vous signale d?ailleurs qu?un livre, écrit par Malka MARCOVICH vient de sortir. Il s?appelle ?Les Parisiennes? et il retrace, notamment à partir des noms des femmes données à l?espace public parisien, l?histoire de ces femmes qui souvent ont été condamnées à l?invisibilité. Il est notamment fait référence dans ce livre, à la politique de la Ville de Paris pour accroître de façon importante, autant que nous le pouvons, le nombre de noms de rues attribués à des femmes, dans l?espace public parisien.

Je vous incite à faire cette très belle lecture pendant l?été.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée à l?unanimité. (2011, V. 181).

Félicitations !