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Juillet 2011
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Conseil Municipal
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58 - 2011, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la dénomination d’une rue des Ouvriers de la Tour Eiffel.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2011

58 - 2011, V?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la dénomination d?une rue des Ouvriers de la Tour Eiffel.

 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 29 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, proposant de donner le nom des ouvriers de la Tour Eiffel à une rue de Paris.

Il est présenté par Mme Karen TAÏEB et Mme Anne HIDALGO lui répondra.

Vous avez la parole, Mme TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Après le vibrant hommage rendu à une femme par notre collègue Christophe GIRARD, je vais rendre hommage à des hommes !

Je ne voudrais pas refaire ici l?historique de la Tour Eiffel, vous connaissez tous l?historique de cette tour qui doit son nom à son ingénieur, mais faire ici l?éloge d?une ?uvre collective.

Je voudrais par ce v?u que le Conseil de Paris rende hommage aux très nombreux ouvriers qui ont mis sur pied la dame de fer. Il aura fallu compter deux ans, deux mois et cinq jours pour la réalisation du monument le plus visité au monde et hautement symbolique de Paris.

Les ouvriers travaillèrent neuf heures par jour en hiver, 12 heures l?été.

Passée une certaine hauteur, ceux que l?on surnommait ?les voltigeurs? affrontèrent un faible mercure, une température très fraîche, un vent très nerveux.

Les 250 ouvriers du chantier ont eu à assembler 18.000 pièces, s?éloignant du sol au fur et à mesure qu?ils s?approchaient des 324 mètres de hauteur. On imagine ainsi les conditions de travail de ces ouvriers et les risques pris.

Un accident mortel sera d?ailleurs à déplorer : un ouvrier italien, Angelo Scaglioti, tombera du premier étage à la fin de la construction.

Émile Goudeau, journaliste qui visita le chantier début 1889, décrivit ?une épaisse fumée de goudron et de houille qui prenait à la gorge et le bruit de la ferraille rugissant sous le marteau, les ouvriers qui boulonnaient, sur une assise de quelques centimètres et les étincelles partaient en gerbe à chaque coup?.

Pour toutes ces raisons, j?émets le v?u effectivement qu?une rue soit ainsi dénommée ?rue des 250 ouvriers de la Tour Eiffel?.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - 250 ouvriers, cela fait tout de suite beaucoup de monde ! C?est bien sûr un avis favorable, parce que c?est une catégorie professionnelle qui fait aussi partie des grands oubliés de l?histoire.

Je pense qu?il est important de reconnaître leur présence, le rôle qu?ils ont joué dans la construction de cette ?uvre majeure pour Paris et j?ajouterai, sans doute, pour rester dans le registre qui a précédé ce v?u, que, dans l?ombre des ouvriers, il y avait certainement des cantinières.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Monsieur GAREL ?

M. Sylvain GAREL. - Juste une petite explication de vote : nous allons voter pour, mais je pense qu?il faut que ce lieu soit situé près de la Tour Eiffel. Sinon, il y a des risques de confusion pour les touristes. Que l?on ne refasse pas la même erreur qu?avec la rue du Faubourg Montmartre qui est à 2 kilomètres de Montmartre, parce que, après, les gens se trompent.

Je suis donc tout à fait pour, mais il faut que ce lieu soit situé très près de la Tour Eiffel, pour éviter des confusions sur des choses qui, pour nous, sont évidentes mais qui, pour des visiteurs, ne le sont pas.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Alexis CORBIÈRE.

M. Alexis CORBIÈRE. - Un mot pour dire que nous allons voter pour mais pour dire aussi que la classe ouvrière n?est pas seulement belle quand elle est morte et au siècle dernier, mais qu?encore aujourd?hui, il y a des centaines d?ouvriers qui travaillent sur le tramway, par exemple, et beaucoup d?autres chantiers. Donc n?ayons plus une vision nostalgique et passéiste des gens qui travaillent difficilement mais, aujourd?hui encore, en 2011, la classe ouvrière existe, elle est debout, et même elle lutte, donc on peut la saluer mais saluons-la aussi au présent.

Ce n?est pas seulement une carte postale et une pièce de musée. Elle est majoritaire dans ce pays et je compte bien qu?elle s?exprime prochainement pour se faire entendre.

Merci.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2011, V. 182).