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Juillet 2011
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46 - 2011, DJS 384 - Signature d’une convention avec le Paris Handball en vue de l’attribution d’une subvention au titre de la saison sportive 2011-2012. Montant : 352.315 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2011

46 - 2011, DJS 384 - Signature d?une convention avec le Paris Handball en vue de l?attribution d?une subvention au titre de la saison sportive 2011-2012. Montant : 352.315 euros.

 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DJS 384 relatif à la signature d?une convention avec le Paris Handball en vue de l?attribution d?une subvention au titre de la saison 2011-2012, d?un montant de 352.315 euros.

La parole est à M. Jean-François MARTINS, pour cinq minutes.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, chers collègues, puisqu?on en est à cette période de l?année où nous faisons le bilan sportif de nos différentes équipes dans les sports collectifs, la question du handball est pour moi cruciale et vitale à Paris, vitale parce que c?est l?un des sports où la France est un modèle mondial.

Je ne vais pas dresser le long palmarès de l?équipe de France de handball, double championne du monde, championne olympique, championne d?Europe. Nous avons, sur la décennie, probablement la meilleure équipe de handball que ce sport ait jamais connue.

A ce titre, un sport collectif, porteur de valeurs nobles, porteur encore d?un certain nombre de valeurs liées au caractère peut-être encore semi-professionnel et amateur de ce sport et d?une France qui gagne, cela doit être évidemment l?un des sports sur lesquels Paris doit miser, investir dans l?avenir, aussi bien pour notre politique sportive, éducative, que pour notre politique économique et touristique.

Et je crois que les grands événements que la France aurait vocation à accueillir, notamment en matière de sports collectifs, seraient d?autant plus probables. On a vu que la France avait malheureusement perdu l?organisation du prochain championnat d?Europe de handball peut-être parce que justement, sa capitale n?a pas de club de handball à la hauteur de ce qu?est son équipe nationale.

De ce point de vue, je ne vais pas refaire l?ensemble de la saison du Paris Handball, mais c?est assez dramatique.

À cinq saisons de la fin, tout le monde les croyait morts et enterrés en deuxième division et il faut reconnaître que grâce à un effort sans précédent, une petite remise en cause du management et cinq derniers matchs assez incroyables à suivre, y compris face à des équipes du haut de tableau, le Paris Handball s?est maintenu en première division et a en même temps célébré la première sélection d?un de ses joueurs en équipe nationale, à savoir NYOKAS, le joueur du Paris Handball peut-être le plus en vue cette saison.

De ce point de vue, cette saison a été inquiétante. Elle est d?autant plus inquiétante pour les années à venir que les rapprochements, on le sait, qui sont nécessaires, notamment avec Ivry, pour créer un véritable pôle au Sud de Paris pour le hand-ball, à vocation européenne et internationale, n?ont pas pu aboutir.

Mais de ce point de vue, je voudrais poser à M. VUILLERMOZ une question très simple : souhaite-t-il faire du handball l?un des sports du rayonnement culturel, sportif et économique à Paris ? Si tel est le cas, Monsieur VUILLERMOZ, laissez-moi vous citer ce chiffre : 2 millions d?euros, c?est ce que donne l?agglomération et la Ville de Montpellier, dont vous admettrez qu?elle est probablement un peu moins riche que notre collectivité, à son club de hand-ball.

Quel est le résultat ? Le club de handball de Montpellier est champion de France, joue le haut de tableau depuis plus de 10 ans, a recueilli probablement le meilleur joueur du monde, Nicola KARABATIC, et chaque année fait des parcours en coupe d?Europe et en Champions? League qui sont tout à fait remarquables.

2 millions d?euros ! Excusez-moi de le dire : 2 petits millions d?euros, comparés à ce que nous donnons aux autres sports collectifs professionnels à Paris.

Monsieur VUILLERMOZ, avez-vous l?ambition d?être au moins aussi incitatif et aussi dynamique pour développer le handball que l?est la communauté d?agglomération de Montpellier ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. David ALPHAND, pour cinq minutes.

M. David ALPHAND. - Je suis vraiment navré : je vais encore importuner M. VUILLERMOZ. Je m?excuse par avance. Il y a au sein de votre opposition des élus qui s?intéressent à vos dossiers, et qui essaient de les travailler.

Vraiment, c?est bête pour vous mais c?est ainsi : il faudra vous y faire. Depuis trois ans, cela a été le cas, et cela continuera encore lors des trois années qui viennent, je préfère vous le dire.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Heureusement que les élus travaillent leurs dossiers, Monsieur ALPHAND.

M. David ALPHAND. - Parfois, j?ai le sentiment que M. VUILLERMOZ le regrette presque, mais je dois me tromper? c?est peut-être parce que nous pensons un peu à côté de la plaque dans le 16e arrondissement, Monsieur VUILLERMOZ, n?est-ce pas ?

Maintenant, on en vient au hand, Monsieur VUILLERMOZ.

Décidément, on est un peu inquiet, lorsqu?on enchaîne à la fois les difficultés du B.E.A. sur le Parc des Princes, puis les difficultés financières et sportives du Stade Français et à nouveau des difficultés financières et sportives pour le club du Paris Handball.

On est inquiet devant la politique que vous menez en matière de sport dans la capitale.

Parce que certes, il y a la glorieuse incertitude du sport, mais quand même, avoir autant de clubs, plutôt de haut niveau, qui ratent leur saison, c?est bien que des difficultés structurelles se posent. Et même la Mairie de Paris ne peut pas s?exonérer d?une part de responsabilité.

Le club Paris Handball, cette année, a manqué de peu d?être relégué.

Il termine finalement 11e de son championnat, qui n?est quand même pas un championnat particulièrement relevé.

Du point de vue financier, le bilan n?est pas bien meilleur, peut-être même pire que le bilan du côté sportif.

Nous arrivons à la fin de la convention pluriannuelle qui avait été signée avec le club et la Ville de Paris constate dans l?exposé des motifs qu?eu égard aux difficultés financières qui se présentent aujourd?hui face au club, on ne peut pas s?engager sur plusieurs années, et que la seule possibilité est de s?engager sur un an, c?est-à-dire de priver de visibilité le management et l?équipe de direction du club. Et dans un an, on y reviendra, et on verra.

Ce n?est pas une saine politique cela, Monsieur VUILLERMOZ, parce que même si des facteurs de risques existent concernant le Paris Handball, et on va y venir dans un instant, l?équipe dirigeante mérite que vous lui donniez une meilleure visibilité budgétaire sur les années à venir. Sinon, comment programmer une véritable politique sportive, ambitieuse - M. MARTINS en parlait il y a quelques instants.

En définitive, parfois on a un peu le sentiment que le hand est un peu l?un des parents pauvres de la politique sportive parisienne.

Au titre des risques, il en est un particulièrement important du point de vue financier pour ce club : la perte d?un partenaire privé important qui a pour conséquence aujourd?hui que le Paris Handball demande une avance sur ses crédits d?un montant de 300.000 euros, ce qui est tout à fait significatif.

Aujourd?hui, ce club se voit confronté à un besoin de financement à hauteur de 650.000 euros.

Monsieur VUILLERMOZ, la question que je pose à l?Exécutif est la suivante : aujourd?hui, dans ces conditions, comment envisagez-vous l?avenir de ce club ? Quelles sont les dispositions prises par l?équipe municipale pour aider ce club à surmonter cette grave difficulté financière qui obère son avenir ?

Voilà quelles sont mes questions, et j?attends à nouveau des réponses précises de votre part.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Ne vous inquiétez pas : je suppose que vous les aurez.

La parole est à M. Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Monsieur ALPHAND, je remercie vraiment les élus qui s?intéressent au sport. C?est vrai qu?il y en a beaucoup dans le 16e arrondissement. M. GOASGUEN m?a souvent questionné, notamment par rapport à Jean-Bouin, et d?ailleurs j?y vais souvent avec Mme HIDALGO pour ce qui concerne Roland-Garros. M. LAMOUR me pose souvent des questions, et parmi ses attributions il a été Ministre des Sports : c?est normal aussi. M. GABORIAU s?intéresse également beaucoup au sport. Mme SACHS aussi.

Il semble tout de même que vous n?êtes pas forcément toujours d?accord entre vous, même dans un seul arrondissement, bien qu?étant pratiquement tous - pardon, Madame SACHS - dans le même parti.

C?est donc quand même un peu problématique.

J?en viens aux réponses aux questions que vous avez posées.

Je commence par vous, Monsieur ALPHAND, pour montrer que vous m?intéressez beaucoup.

Monsieur MARTINS, je vous promets que je répondrai à vos questions.

Je vais répondre à une question que vous posez : meilleure visibilité pour le handball parisien dans les années à venir.

Sachez, Monsieur, que je suis en relation permanente avec les dirigeants du Paris Handball, et que j?essaie justement de trouver des solutions avec eux pour faire en sorte que le Paris Handball existe demain. Parce qu?aujourd?hui, ce n?est pas du tout évident qu?il y ait un club de handball à Paris.

Je fais simplement un aparté pour dire quelque chose à M. MARTINS : il faut savoir qu?en Région Ile-de-France, vous avez quatre clubs qui jouent en D1 : Créteil, Tremblay, Ivry et Paris.

Le quatrième, c?est tout de même Créteil, qui va remonter.

C?est à mon avis complètement absurde parce qu?il n?y a pas l?économie pour avoir quatre grands clubs en Région Île-de-France. Il faut donc trouver des solutions permettant à un moment donné de sortir de cela. Pour sortir de cela, il me semble que Paris peut être un moteur à travers ?Paris Métropole? et la liaison que nous pouvons avoir, qui est tout même très rapide avec Ivry, pourrait très bien être une solution pour créer un grand club avec un budget relativement important.

Et l?avenir, ensuite, Monsieur ALPHAND, dépendra évidemment des investisseurs qui viendront sur le Paris Handball, et les investisseurs à Paris, ce n?est pas évident. Le nom de Paris compte beaucoup pour eux à condition que ce sport, cette équipe, fasse du spectacle.

À Paris, vous n?avez des spectateurs que si vous faites du spectacle... en effet, à Paris, il y a énormément de choses à aller voir dans la même soirée, et donc, aller voir un match de handball n?est pas évident.

Nous avons donc les structures pour les accueillir ; nous avons la salle Carpentier ; nous avons Coubertin ; nous avons tout ce qu?il faut pour accueillir ces clubs, mais personne ne vient voir ces clubs. Il faut donc qu?ils fassent du spectacle, qu?ils soient grands, qu?ils aient des moyens suffisants.

Or, j?ai cru comprendre, Monsieur MARTINS, ou Monsieur ALPHAND, que vous souhaiteriez que la Ville de Paris mette beaucoup plus d?argent des contribuables pour avoir des grands clubs ? Mais ce n?est pas possible, enfin ! Non, Monsieur MARTINS, soyons clairs !

Quand vous parlez de Montpellier, Montpellier a un budget qui avoisine les 7 millions d?euros.

Oui, mais quand vous regardez? effectivement à Montpellier, il y a des investisseurs qui étaient d?ailleurs sur le Paris Handball avant et qui sont partis, et qui aident beaucoup les sports : il y a un Conseil général et un Conseil régional, et il y a, en même temps, des communautés de communes.

A Paris, Paris, c?est le tout, il n?y a pas d?autre possibilité de financement public que la Ville de Paris. Donc, il y a là une différence importante.

A l?heure actuelle, la Région Ile-de-France n?aide aucun club, à ma connaissance. Elle est en train de revoir sa participation au sport mais, pour l?instant, elle n?aide aucun club. Elle avait une solution qui consistait à donner 50.000 euros par an aux clubs émergents, ce n?est plus le cas maintenant, elle s?oriente vers autre chose. Donc, il y a là aussi un petit problème différent.

Je pense que le Paris Handball ne pourra se développer qu?à partir du moment où on fait un rapprochement, qu?il y a un socle de financement public plus important, c?est-à-dire, par exemple, avec Ivry. Ivry, vous savez la Ville d?Ivry, le Département du Val-de-Marne, cela fait un budget qui est à peu près à 1,5 million d?euros.

1,5 million d?euros plus ce que l?on donne, nous, à peu près 900.000 euros, cela fera un budget, un socle qui sera conséquent pour avoir un club de haut niveau.

Voilà un petit peu ce que je voulais vous dire.

Vous parlez d?avoir un grand club, vous dites que le club de Paris Handball n?est pas suffisant et que c?est cela qui a fait perdre à la France l?organisation du championnat du monde.

Monsieur MARTINS, il m?arrive d?être quelquefois d?accord avec vous, mais, sur cette appréciation-là, permettez-moi de penser que ce n?est pas tout à fait vrai.

M. Jean-François MARTINS. - Je vous le permets !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 384.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DJS 384).