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Juillet 2011
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Conseil Municipal
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98 - 2011, Vœu déposé par M. MARTINS relatif à l’augmentation du ticket de restauration universitaire.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2011

98 - 2011, V?u déposé par M. MARTINS relatif à l?augmentation du ticket de restauration universitaire.

 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 83 dans le fascicule, déposé par M. MARTINS, relatif à l?augmentation du ticket de restauration universitaire.

La parole est à M. MARTINS, pour une minute.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Les étudiants, on l?a vu depuis deux récents rapports des deux plus importantes mutuelles étudiantes, se nourrissent mal, se nourrissent parfois dans des circuits de restauration dont le profil nutritionnel n?est pas recommandé.

Dans cet environnement universitaire, il y a les C.R.O.U.S. et les restaurants universitaires qui remplissent une double mission : la mission sociale d?offrir un repas à bas coût aux étudiants, mais aussi une mission de santé publique, parce qu?en offrant ces repas à bas coût, ils permettent aux étudiants d?avoir à déjeuner des repas structurés, sur des formats recommandés par les nutritionnistes.

De ce point de vue, l?augmentation systématique du ticket de restaurant universitaire rend de plus en plus ces restaurants universitaires comparables, en termes de coût, aux offres de restauration traditionnelle et de restauration dites ?rapides?.

Ainsi, le maintien à un bas coût du tarif du ticket de restaurant universitaire est une garantie tant sociale que de santé publique et le Conseil national des ?uvres universitaires scolaires, le C.N.O.U.S., qui regroupe tous les C.R.O.U.S. ne s?y est pas trompé en rejetant la proposition du Ministre d?augmentation du ticket de restaurant universitaire.

Comme je crois que les étudiants parisiens sont de ce point de vue sensible à cette question, je propose que nous confirmions l?avis du C.N.O.U.S. et que nous demandions au Ministre concerné de ne pas publier de décret d?augmentation de ce ticket pour le maintenir à son tarif existant.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur MARTINS.

La parole est à M. Didier GUILLOT.

M. Didier GUILLOT, adjoint. - Merci, Monsieur MARTINS.

Chers collègues, pour vous répondre, je souhaite vous lire une série d?extraits d?un rapport parlementaire sur la santé des étudiants, rédigé en 2006 par M. le Député Laurent WAUQUIEZ.

?Les étudiants se nourrissent mal. D?un point de vue quantitatif, une proportion importante d?étudiants omet de prendre son petit déjeuner. S?agissant du rythme des autres repas, 51 % des étudiants ont déclaré prendre un repas réduit le midi et 3 % ne prennent pas tous leurs repas.

Sur le plan qualitatif, près d?un étudiant sur trois estime ne pas manger équilibré.

Les repas sont souvent pris rapidement dans les cafétérias et les ?fast food?. Ce manque d?hygiène alimentaire est lié à la rupture avec les habitudes familiales, mais surtout au manque de temps, dû à un rythme universitaire soutenu ainsi qu?à des horaires de cours souvent incompatibles avec ceux de l?ouverture des restaurants universitaires.

Les disponibilités financières limitées obligent également à faire des arbitrages entre différents postes de dépense, cette analyse est confirmée par l?enquête de la Mutuelle des Etudiants, environ 60 % des étudiants mettent le déséquilibre alimentaire sur le compte du manque de temps et 33 % sur le manque d?argent.

Ces comportements ne sont pas anodins et peuvent se révéler lourds de conséquence à court terme et à long terme.?

M. WAUQUIEZ, le député, avait donc raison : la restauration étudiante est un enjeu majeur de santé publique, c?est pourquoi les restaurants universitaires, qui proposent des repas équilibrés, doivent proposer leurs services à tous les étudiants à un coût le plus raisonnable possible.

Le gel du prix du ticket de restaurant universitaire est d?ailleurs l?une des propositions que m?ont remises ici même les membres d??Etudiant de Paris - le Conseil? le 7 juin dernier, quand ils ont remis leur rapport sur le bien-être étudiants, sur la santé, le logement et les questions de restauration.

Lors du Conseil d?administration du 1er juillet, vous l?avez souligné, le C.N.O.U.S. a également donné un avis négatif, ce qui est très rare dans cette instance.

Dans un contexte de forte précarité des étudiants, Laurent WAUQUIEZ a malgré tout décidé d?augmenter le ticket du restaurant universitaire de 1,7 % à la prochaine rentrée, alors qu?il aurait été bien plus inspiré de tenir compte du diagnostic et des préconisations qu?il portait sur ces sujets lorsqu?il était député et rapporteur.

Concernant la seconde partie du v?u, je signale que la Ville de Paris est investie aux côtés du C.R.O.U.S. pour développer l?offre de restauration universitaire dans la Capitale.

Lors de la première mandature, 3,5 millions ont été ainsi investis et, depuis le début de la seconde, on a financé 1,5 million, en particulier avec la réhabilitation du restaurant universitaire historique Mabillon, qui va ouvrir très bientôt dans sa nouvelle peau.

Pour l?avenir, nous sommes actuellement en train de travailler avec le C.R.O.U.S. sur les financements nécessaires en matière de restauration dans le cadre du Plan Campus. Les sites prioritaires sont pour nous le site Paris - Rive Gauche qui connaît un déficit, comme vous le savez, ainsi que les sites au niveau du nord de Paris, entre Porte de Clignancourt - Paris Sorbonne et l?arrivée du futur pôle Condorcet - Porte de la chapelle.

Je donne donc un avis très favorable à ce v?u, demandant au Maire de Paris de saisir les autorités compétentes sur ce sujet important pour les étudiants parisiens.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix le v?u n° 83 avec un avis favorable de l?Exécutif?

M. Jean-François LAMOUR. - Nous avons une explication de vote.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - C?était rayé, mais revenez.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci de votre compréhension, Monsieur le Maire.

Nous venons d?entendre, comme à chaque fois, une longue liste de litanies contre le Gouvernement. Je voudrais que nous remettions ensemble les choses à leur juste proportion.

Le ticket restaurant universitaire passe de 3 euros à 3,05 centimes. Vous conviendrez avec moi qu?il y a eu cette année une hausse importante des frais alimentaires et que la hausse sur les tickets qui nous est proposée, de 5 centimes, en tient très modestement compte.

Faisons le calcul ensemble, c?est un impact limité sur les conditions de vie des étudiants, puisque cette augmentation de 5 centimes correspond pour 200 repas à une hausse réduite de 10 euros par an.

Je crois que, véritablement, nous avons intérêt à regarder les choses telles qu?elles sont et, tout en étant extrêmement sensibles aux conditions de vie des étudiants, se dire que cette hausse est quand même extrêmement minime.

Nous voterons donc contre ce v?u. Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par M. MARTINS, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2011, V. 202).