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Septembre 2000
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55 - 2000, DLH 171 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la S.G.I.M. un bail à caractère emphytéotique portant location de la propriété communale située 48, rue des Pyrénées (20e). - Réalisation d'un programme de construction de 17 logements de type "PLUS". - Participation de la Ville de Paris au financement de l'opération et octroi de sa garantie pour le service des intérêts et l'amortissement des emprunts à contracter par la S.G.I.M

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous allons donc passer à l'examen du projet de délibération DLH 171 relatif à la signature d'un bail à caractère emphytéotique portant location de la propriété communale située 48, rue des Pyrénées.
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, le 26 juin 1996, notre Assemblée autorisa la cession à la Ville de Paris par le Diocèse de Paris d'un terrain sis 48, rue des Pyrénées en échange de droits à construire sur une parcelle du 15e arrondissement où devait être édifiée une église judicieusement dénommée "Notre Dame-de-l'Arche-d'Alliance". Les riverains, croquants peu fervents et pas dupes, ne virent dans ce projet que l'alliance du béton et du goupillon et rebaptisèrent l'église Notre-Dame-de-la-Discorde. Malgré ces protestations impies, le projet suivit sa glorieuse destinée et l'église fut érigée.
Le projet Ville-Diocèse suivit également son cours au 48, rue des Pyrénées. En janvier 1998, il nous fut demandé d'approuver permis de démolir et permis de construire en vue de la construction de logements sociaux sur ce terrain de 537 mètres carrés; le petit édifice R+1+Combles où logeaient des étudiants, la chapelle mitoyenne, il est vrai sans ouailles, et le jardin où poussent trois arbres de hautes tiges étaient ainsi amenés à rejoindre le sanctuaire du patrimoine faubourien sacrifié. Ils attendent depuis, au purgatoire.
La disparition imminente de cet ensemble de charme n'est pourtant nullement justifiée.
En 1998, on nous exposait benoîtement qu'il était apparemment sans intérêt architectural. Aujourd'hui, vous vous montrez tout aussi persuasif en alléguant que "ces petits bâtiments vétustes, dont l'ancienne chapelle désaffectée, encombrent" la parcelle. Ainsi, c'est au nom des sacro-saints concepts de vétusté et d'encombrements que la sentence définitive a été prononcée.
Je ne m'attarderai pas sur l'inanité de ces concepts. En détournant le célèbre aphorisme de Montesquieu sur la relativité et l'esprit des lois, nous pourrions dire : "Vérité rue des Pyrénées, erreur au-delà".
Nous vous avions d'ailleurs déjà démontré par quelques exercices rhétoriques que les concepts d'encombrement et de vétusté pouvaient s'appliquer dans leur quasi-totalité à notre Assemblée dont la moyenne de vétusté avoisine allègrement la cinquantaine.
Le véritable motif de cette démolition n'est ainsi nullement l'encombrement et la vétusté. Comme pour l'immeuble du 53, rue des Pyrénées, une dent creuse à R+2 qui lui fait face, c'est la faible hauteur des bâtiments qui vaut condamnation. La hauteur de la chapelle serait hétérodoxe.
Certes le projet de construction prévoit la réalisation de 17 logements sociaux, mais cet ensemble méritait d'être conservé. Quelques uns de ces logements auraient pu être aménagés dans le bâtiment sur rue et il suffisait d'ouvrir le jardin de proximité pour faire un projet exemplaire ! La chapelle édifiée en 1900 par des religieuses de Nieuderbaum pourrait tout aussi bien être réaménagée afin d'abriter un petit équipement de quartier, une crèche, une bibliothèque ou une petite salle de sport.
Avant que l'Archevêché ne vous cède la parcelle, les étudiants qui logeaient dans le presbytère voisin en avaient d'ailleurs fait un terrain de volley-ball. Cette option respectueuse aurait, par ailleurs, été certainement beaucoup moins coûteuse que les 21.000.000 F de ce programme de construction, soit 18.278 F au mètre carré habitable.
Vous préférez choisir le bourrage de parcelle en proposant un bâtiment R+7 sur la rue des Pyrénées, un bâtiment R+6+C sur la rue des Maraîchers et 20 places de stationnement en sous-sol.
Composer avec l'existant, préserver et mettre en valeur le patrimoine humble de Paris, développer un urbanisme de proximité, je croyais que c'était là votre politique d'urbanisme à visage humain, mais le credo technocratique célèbre toujours obstinément l'uniformisation verticale, ce qui justifie la poursuite de toute hérésie architecturale. Ainsi, dans ce quartier faubourien, où se côtoient maisons et bâtiments de faibles hauteurs principalement sur la rue des Maraîchers, l'inquisition immobilière est-elle extrêmement active. Rue des Pyrénées, c'est la S.A.G.I.M. qui frappe. Rue des Maraîchers, c'est la S.E.M.I.D.E.P. Les prédateurs d'une croisade anti-vétusté faubourienne s'en donnent à coeur joie.
Monsieur le Maire, les croisades sont des pratiques médiévales. Pour que cessent ces destructions insidieuses, pour une véritable renaissance de l'urbanisme parisien, désarmez enfin vos serviteurs zélés !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Pour répondre, je donne la parole à M. BULTÉ.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je vais être très rapide pour répondre à M. BLET. Eh bien, oui, on assume totalement ce programme, Monsieur BLET, de 17 logements "PLUS", 17 logements sociaux utiles à ce quartier de Paris. On ne peut pas dire que 17 logements soient une opération d'envergure colossale et je rappelle qu'en contrepartie, d'ailleurs, de ces 17 logements, la Ville de Paris aura une réservation de 7 logements et que ce projet de délibération a d'ailleurs été voté à l'unanimité du Conseil du 20e arrondissement.
J'ai pris note des propos de M. BLET, mais en l'occurrence, nous maintenons notre position.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 171.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DLH 71).