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Septembre 2000
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60 - 2000, DLH 262 - Octroi de la garantie de la Ville de Paris pour le service des intérêts et l'amortissement d'un emprunt à contracter par l'O.P.A.C. de Paris en vue du financement d'un programme de construction comprenant 2 logements locatifs à usage social situé dans le groupe d'immeubles "Les Olympiades", bâtiment "Rome", 47, rue du Javelot (13e). - Participation financière de la Ville de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 262. Il s'agit d'un octroi de garantie d'emprunt rue du Javelot dans le 13e.
Mme Gisèle Moreau a la parole.
Mme Gisèle MOREAU. - Monsieur le Maire.
Le projet de délibération qui nous est présenté concerne le réaménagement des halles du bâtiment H.L.M. "Rome" des "Olympiades" ainsi que la construction de deux logements en rez-de-chaussée dans le centre de cette restructuration.
Si elle n'est pas inutile, cette mesure est bien en deçà des problèmes posés aux habitants de cet ensemble qui, je le rappelle, comporte plus de 11.000 personnes.
D'énormes problèmes de sécurité se trouvent posés : délinquance, trafic de drogue, dégradation des lieux. Ainsi, l'O.P.A.C. a-t-il dû procéder à des réparations pour bris de vitres pour 200.000 F.
Des scooters circulent sur la dalle avec les nuisances et les dangers qui en résultent.
Alors que depuis plusieurs années se posaient déjà des problèmes de sécurité, une dégradation sensible est constatée par les résidents dans les deux dernières années.
A de nombreuses reprises, j'ai alerté la mairie du 13e et la Mairie de Paris sur les difficultés rencontrées dans ce quartier, difficultés renforcées par la spécificité de ce quartier.
En effet, construit sur dalle, l'ensemble des "Olympiades" est, de ce fait, en quelque sorte un lieu clos qui donne une résonance toute particulière aux problèmes de sécurité.
Il s'agit là d'un aspect qui semble complètement échapper tant aux services de la Ville qu'à la Préfecture de police. Ainsi, pour les 11.000 personnes concernées, il n'y a qu'une antenne de police aux moyens très restreints et qui ne se trouve pas située sur la dalle. Des promesses ont pourtant été faites.
Voici plusieurs années, on nous a annoncé l'engagement d'études devant permettre de grands changements. Or, nous en sommes aujourd'hui à la restructuration des halls d'un bâtiment.
Certes l'O.P.A.C. a consenti d'autres efforts engageant par exemple des médiateurs dont le rôle est apprécié par les locataires. Malheureusement leur contrat prend fin début octobre ; il conviendrait de le prolonger.
Il est tout à fait regrettable que la Ville quant à elle ne fasse pas l'effort nécessaire pour rendre vivable l'existence des milliers de résidents des "Olympiades".
Ainsi, il n'y a aucun local pour les jeunes, les enfants, aucune activité.
La municipalisation de la dalle, tant de fois promise et réclamée depuis 25 ans par les résidents n'est toujours pas réalisée.
Les habitants des "Olympiades" paient aujourd'hui le prix d'un constant délaissement du quartier dans le cadre de la crise économique et de l'urbanisme inhumain des années 60 dont les "Olympiades" sont un symbole contre lequel je veux dire que les communistes se sont élevés dès le départ.
Tout le monde mesure les inconvénients graves des décisions prises à cette époque, raison de plus pour s'en occuper activement maintenant, afin de les combattre. Cela n'a pas été fait, les résidents de ce quartier sont aujourd'hui exaspérés, les tensions existent, il n'est pas possible de laisser encore la situation se dégrader.
La présence d'un commissariat avec les moyens de fonctionnement nécessaires est plus que jamais souhaitable et réclamée par les habitants et les commerçants. La question de la sécurité devrait être examinée sans retard par toutes les instances, les services et les associations concernées, pour parvenir à un contrat local de sécurité conclu entre toutes les parties intervenants sur la dalle.
Plus généralement une vraie concertation devrait être enfin mise sur pied afin de décider avec les habitants et pas seulement avec un cabinet d'experts, des modifications indispensables afin de rétablir un climat de sécurité et une meilleure qualité de vie aux "Olympiades". J'insiste sur l'urgence de ces mesures.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je vous remercie.
Pour répondre à Mme MOREAU, je donne la parole à M. BULTÉ.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Mme Gisèle MOREAU vient d'intervenir sur ce secteur des "Olympiades", qui est un secteur comportant plusieurs milliers d'habitants, elle l'a rappelé. Je note tout d'abord qu'en ce qui concerne le projet de délibération DLH 262 elle n'a aucune opposition à l'aménagement des halls concernant la sécurité des immeubles de l'O.P.A.C. directement concernés par ce projet de délibération. Elle a soulevé le problème beaucoup plus général des Olympiades et de la construction sur dalle.
Vous le savez, Madame MOREAU, il n'y a pas que l'O.P.A.C., bien entendu, en ce qui concerne les immeubles de ce secteur il y a de nombreux bailleurs, à la fois des bailleurs privés mais également des bailleurs sociaux de toutes natures. Je sais que c'est une préoccupation très forte d'ailleurs du maire du 13e arrondissement, Jacques TOUBON, qui a organisé des réunions de concertation avec l'ensemble des parties prenantes, ce qui n'est pas toujours facile et avec les différents propriétaires des immeubles concernés.
Néanmoins, avec les services à la fois de la DLH et de la DAUC, nous avons engagé cette discussion et l'établissement dans les mois à venir d'une sorte de protocole d'accord d'aménagement global de cette dalle.
C'est vrai, Madame MOREAU, vous l'avez rappelé, dans ce secteur il y a de graves problèmes de sécurité. Vous savez que ce n'est pas bien entendu de la compétence de la Ville et M. le Préfet ici le sait bien. Je crois qu'il a été saisi d'ailleurs plusieurs fois par des questions orales de conseillers de la majorité comme de l'opposition, de ce problème de sécurité dans ce secteur délicat.
Dans le cadre de la discussion engagée par M. TOUBON dans le 13e arrondissement, il est envisagé en partenariat avec la Préfecture et les services de la Préfecture de police d'éventuellement mettre à la disposition un local complémentaire. Aujourd'hui ce n'est pas décidé encore puisque la complexité du lieu fait que la localisation n'est pas définitive mais nous travaillons dans ce sens avec la Préfecture et j'espère pouvoir apporter avec les élus du 13e aux habitants de ces secteurs une amélioration dans les mois qui viennent. Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur BULTÉ.
Mme Gisèle MOREAU. - Il y a 11.000 habitants mais il n'y a pas de place pour mettre un service de police ! C'est formidable !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Vous voulez répondre à Mme MOREAU, Monsieur BULTÉ ?
M. Michel BULTÉ, adjoint, rapporteur. - Je sais, Madame MOREAU, qu'il y a des problèmes d'effectifs de policiers sur l'ensemble de la Capitale. Ce secteur est important, je crois que M. le Préfet de police s'en occupe activement.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. ANDRIEUX qui l'a demandée en tant qu'adjoint au Maire du 13e.
M. Jean-Jacques ANDRIEUX. - Je voudrais préciser à Mme MOREAU qui évoque ce problème de sécurité à propos d'une question qui est la construction de deux logements sociaux, outre ce que vient de dire...
Mme Gisèle MOREAU. - Trois, quand même !
M. Jean-Jacques ANDRIEUX. - ... notre collègue Michel BULTÉ, sur les discussions avec la Préfecture je rappelle quand même qu'un certain nombre de réalisations concrètes ont été faites. Vous dites qu'il n'y a pas de concertation, il y en a une en permanence avec les habitants, en particulier avec les associations de locataires dans le cadre des collectifs de quartier et la question de la sécurité sur la dalle des Olympiades, qui a été évoquée constamment dans cette concertation, a donné lieu à des décisions qui ont été prises ensemble pour ce que l'on pouvait faire.
En particulier l'O.P.A.C. a équipé tous les parkings de la tour Grenoble de vidéosurveillance et si cette expérience, qui est aujourd'hui en application depuis une quinzaine de jours marche bien, l'O.P.A.C. a indiqué que ce serait étendu à l'ensemble des quartiers.
Je rappelle que la Ville de Paris a augmenté significativement sa contribution au Syndicat de la copropriété Horizontale de 1.360.000 F à 1.610.000 F, en particulier pour améliorer l'éclairage des voies souterraines et l'éclairage de ces voies avait été demandé par toutes les parties en présence, y compris les associations de locataires comme une garantie de meilleure sécurité. L'O.P.A.C. a également, depuis le 13 juillet, mis en place des médiateurs professionnels dont les habitants et dont les associations ont reconnu dernièrement lors d'une réunion qui a été organisée par Jacques TOUBON sur la dalle des Olympiades, que cela avait apporté une amélioration évidente en matière de sécurité, à tel point que leur souci est que ce type de médiateurs prévu jusqu'en octobre, soit maintenu après octobre.
Mme MOREAU a parfaitement raison de dire que la sécurité sur la dalle est une préoccupation prégnante, une préoccupation immédiate. La Préfecture de Police apparemment - M. le Préfet pourrait nous dire quelle est la dernière position retenue - a étudié la possibilité d'installer une vigie du commissariat de police, une vigie de police à la tour Grenoble, puis à la tour Rome. Il semble, à ma connaissance, que l'O.P.A.C. ayant donné son accord définitif on s'oriente vers une vigie à la tour Anvers parce qu'elle sera en façade et visible de tous les habitants.
Voilà où l'on en est. Je ne crois pas que l'on puisse dire que sur le plan de la sécurité tout reste à faire. Nous avons fait un gros morceau de chemin et il faut que l'on conforte plus toutes les initiatives qui ont été prises.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur ANDRIEUX.
Monsieur le représentant du Préfet de police, vous souhaitez répondre à une question soulevée par M. ANDRIEUX ?
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - En complément de ce que viennent de dire à la fois M. BULTÉ et M. ANDRIEUX, je voulais indiquer que nous avons eu quelques difficultés pour trouver le lieu idéal pour implanter dans de bonnes conditions une vigie sur la dalle des Olympiades. En effet, nous avons examiné plusieurs propositions, l'objectif étant d'avoir quelque chose de visible de manière à ce que l'implantation soit efficace.
Nous sommes arrivés à une proposition qui a priori nous agrée, nous sommes, actuellement, dans une phase d'examen des installations dans le détail, pour voir l'aménagement à apporter au local qui nous a été proposé par l'O.P.A.C. et je crois que l'on peut dire que dans les quelques mois qui viennent, disons pour la fin de l'année, ou au début de l'année prochaine, la vigie sur la dalle des Olympiades sera définitivement installée.
Voilà ce que je peux vous apporter, Madame, comme réponse à la question que vous avez posée.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 262.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DLH 262).