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Juin 2011
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Conseil Général
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11 - 2011, DASES 193 G - Signature de l’avenant n° 1 à la convention passée avec l’association “Parrains par Mille” (11e) pour l’attribution d’une subvention. Montant : 70.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Juin 2011

11 - 2011, DASES 193 G - Signature de l?avenant n° 1 à la convention passée avec l?association ?Parrains par Mille? (11e) pour l?attribution d?une subvention. Montant : 70.000 euros.

 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous continuons nos travaux paisiblement et nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 193 G relatif à la signature de l?avenant n° 1 à la convention passée avec l?association ?Parrains par Mille? (11e) pour l?attribution d?une subvention de 70.000 euros.

La parole est à Mme Catherine BRUNO.

Mme Catherine BRUNO. - Merci, Monsieur le Président.

Mes chers collègues, l?action remarquable de l?association ?Parrains par Mille? se décline entre parrainage affectif et assistance à enfants en danger, dans une logique de cohésion sociale et de création de repères stables, où se tissent des liens en fonction des disponibilités de chacun et des besoins des enfants.

Il n?y aurait rien à redire à cette délibération, hormis un regret prégnant que mon groupe a déjà eu l?occasion de formuler, notamment à l?occasion des travaux de la M.I.E. relative aux familles monoparentales, à savoir un succès croissant pour une offre restreinte.

En effet, sur 40.000 demandes enregistrées depuis la création de l?association en 1990, seules 20.000 ont été traitées pour 3.700 parrainages initiés.

Le soutien au parrainage des enfants est pourtant l?un des objectifs consacrés par le Schéma départemental de prévention et de protection de l?enfance, visant à renforcer le développement affectif et éducatif des enfants et jeunes adolescents. Mais force est de constater qu?il y a davantage de demandes que de bénévoles.

Je m?interroge donc sur les modalités permettant le doublement du nombre de parrainages d?enfants à l?échelle de votre mandature, qu?il est plus que louable de solliciter, mais qui semble difficilement atteignable.

La campagne de communication en projet, visant à promouvoir ce dispositif de parrainage affectif et de réseau de solidarité, géré par cette association ainsi que par le Centre français de protection de l?enfance, devrait être mise en ?uvre courant 2011 et financée en partie par la subvention afférente à la présente délibération.

Suffira-t-elle néanmoins à susciter des vocations parmi les familles potentiellement accueillantes ?

Une seule certitude : elle devra s?appuyer solidement sur les relais que constituent les mairies d?arrondissement, comme autant de maillons de proximité vis-à-vis des Parisiens. C?est en tout cas ce que nous avions appelé de nos v?ux, lors de l?adoption du rapport de la M.I.E. précitée.

L?organisation de journées portes ouvertes, telles que celle s?étant déroulée le 16 juin dernier, est une initiative de promotion intéressante et pragmatique, mais qui s?adresse à un auditoire limité, déjà motivé par cette démarche de rencontre et qu?il n?est donc plus véritablement besoin de convaincre.

Une communication plus dense, institutionnalisée et au long terme, s?avère donc nécessaire pour attirer des bénévoles, mais également pour faire connaître aux familles parisiennes l?opportunité qui s?offre à elles, et surtout aux enfants.

Quant aux bénévoles qui constituent le rouage essentiel au bon fonctionnement de l?association, je m?interroge sur l?étendue de leur mission d?accompagnement, mais aussi sur leur formation et leur encadrement.

La prise en charge des enfants peut-elle prendre la forme d?un soutien scolaire ou d?une aide aux devoirs ? S?il existe une charte éclairant la nature de la relation, unissant le parrain et son filleul, ainsi que l?étendue de l?engagement mutuel, cette charte contient-elle des obligations ?a minima? et pourquoi pas des critères d?évaluation ?

Loin de vouloir rationaliser l?immatériel et l?émotionnel, il s?agit bien au contraire de garantir que chacun s?y retrouve dans la relation en ?uvre et qu?aucun ne se sente lésé ou importun.

Enfin, des temps d?échange et de discussion entre bénévoles, mais aussi avec les familles, sont-ils prévus ? L?enfant a-t-il voix au chapitre, en ce qui concerne le choix du parrain ?

Ces questions ne remettent nullement en cause la qualité des missions accomplies, mais elles sont inhérentes à l?intérêt que génère cette association, ainsi qu?à l?appétence qui nous anime quant à son développement.

C?est la raison pour laquelle notre groupe votera sans réserve et avec enthousiasme ce projet de délibération.

Je reconnais que le calme est revenu dans cette enceinte.

M. Christian SAUTTER, président. - Votre enthousiasme fait des miracles, Madame BRUNO.

La parole est à M. Romain LÉVY pour vous répondre.

M. Romain LÉVY, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Président, merci, chère Madame Catherine BRUNO.

Effectivement, c?est un objectif important et souvent méconnu que celui du parrainage, qui permet à des bénévoles d?apporter un soutien à la fois affectif et éducatif à des enfants, qui ont souvent eu un parcours très difficile dans la vie.

Cette action, qui est bénévole, je le répète, permet de donner de son temps à un enfant, le plus souvent dans le cadre d?accueils ponctuels et périodiques. Cela peut être lors de soirées, pour les aider à faire des devoirs, pendant des vacances, des week-ends ou des moments de partage, de partage d?activités, l?idée étant d?essayer de leur faire découvrir un univers différent de leur quotidien.

Il apporte un soutien important, vous l?avez évoqué, pour les familles monoparentales, également pour les enfants de mère isolée, qui sont en difficulté, parfois accueillie en centre maternel, ainsi que pour les familles hébergées à l?hôtel.

Il peut permettre aussi - et c?est un intérêt pour la collectivité - d?éviter des mesures de placement qui sont souvent plus coûteuses. Cela permet d?apporter un univers nouveau, qui donne la possibilité de se construire en sortant de son quotidien et en découvrant de nouvelles choses.

En 2010, l?association ?Parrains par Mille? a mis en place 98 parrainages à Paris, qui sont, pour 60 d?entre eux, financés par notre Département.

Vous l?avez dit, le Schéma départemental de protection de l?enfance que ce Conseil a voté à l?unanimité en 2010, que présentait Mme Myriam EL KHOMRI, prévoit le développement de ces mesures de parrainage avec, parmi ses objectifs, un doublement du nombre d?enfants parisiens parrainés, l?idée étant de passer de 120 en 2010 à 2.050 en 2014.

Pour vous répondre plus précisément, par rapport à vos questions, le nombre de demandes de parrainage est largement effectivement supérieur au nombre de parrains bénévoles disponibles. Effectivement, l?association ?Parrains par Mille? a déjà mis en place près de 5.000 parrainages, dans toute la France, depuis sa création. Elle connaît un nombre de demandes bien largement supérieur.

Pour ce qui est de Paris, elle a reçu 135 demandes de parrainage par des familles et elle disposait de moins de 100 parrains bénévoles, ayant été validés par l?association. Il y a aussi ce travail pédagogique et de formation dont je vais dire un mot.

Actuellement, à Paris, 190 familles sont en demande de parrainage et attendent un parrain bénévole, afin qu?il puisse les aider, d?où la nécessité d?encourager l?association à trouver de nouveaux parrains.

Je les ai moi-même, à peine nommé, rencontrés une nouvelle fois pour évoquer avec eux les pistes de développement. Il faut qu?on le fasse en concertation et aussi qu?eux puissent prendre en charge la montée en puissance, d?où ce travail progressif.

En tout cas, on veut faire connaître l?association et son activité. C?est notre objectif. Un premier pas a été fait avec la présentation sur la caravane du bénévolat qui s?est tenue sur le parvis des deux associations qui y étaient présentes et qui ont pu présenter leur travail et échanger avec le public.

On prévoit également de faire un travail de diffusion de brochures. Comme vous, je partage le sentiment que cela doit être fait en lien avec les mairies d?arrondissement, qui sont aussi un lien important, ?via? le site de la Ville.

On pense effectivement qu?une communication commune entre la Ville, les mairies d?arrondissement et l?association permettra d?apporter plus de force, car les gens peuvent s?interroger sur la démarche portée par l?association et on pense à la garantie que le Département apportera.

Concernant le suivi des parrains, l?association dispose d?une équipe de cinq psychologues et d?un psychiatre, associés au personnel de l?association. Ils reçoivent les parrains bénévoles et évaluent la pertinence de leur démarche.

Vous l?avez évoqué également, des groupes de parole pour les parrains sont mis en place ainsi que, chaque année, une grande rencontre de tous les parrains, un travail pour les guider dans leur action et évaluer les parrainages.

Les membres de l?association sont présents, notamment les trois premiers mois qui sont cruciaux, pour voir si la greffe prend bien et, ensuite, pendant les huit ans que dure en moyenne le parrainage, les membres de l?association sont présents, également auprès des enfants pour les écouter et voir comment cela se passe. C?est une discussion avec les parrains, pour voir si ce parrainage fonctionne.

Pour conclure, l?objet de la délibération est d?encourager cette association à augmenter le nombre de parrainages en cours. On va le faire et cela permet de placer la participation de la Ville et du Département et de faire monter de 10 cette année ?Parrains par Mille? et de la même façon on finance plus pour l?autre association.

Dès cette année, on fait monter en puissance le dispositif avec une participation financière du Département supérieure.

J?espère avoir répondu à vos questions.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LÉVY, pour cette réponse très complète.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 193 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adoptée à l?unanimité. (2011, DASES 193 G).