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Juin 2011
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Conseil Général
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12 - 2011, DASES 118 G - Approbation du principe, des modalités et lancement d’un marché à bons de commande relatif à l’animation du Service Appui Santé développé dans le cadre du Programme Départemental d’Insertion et autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer le marché.

Débat/ Conseil général/ Juin 2011

12 - 2011, DASES 118 G - Approbation du principe, des modalités et lancement d?un marché à bons de commande relatif à l?animation du Service Appui Santé développé dans le cadre du Programme Départemental d?Insertion et autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer le marché.

 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 118 G concernant un marché à bon de commande relatif à l?animation du service ?appui santé?, développé dans le cadre du Programme départemental d?insertion.

Madame MOREL, vous avez la parole.

Mme Claire MOREL. - Je vous remercie.

Effectivement, le service d?appui santé a pour objectif d?accompagner et d?aider les référents sociaux en charge d?allocataires du R.S.A. et qui font face parfois à des prises en charge difficiles.

Ce service se concrétise, d?une part par la formation et l?aide au service d?insertion, afin d?orienter les allocataires du R.S.A. vers des soins, d?autre part par un rôle de conseiller technique dans l?accompagnement et la définition d?un parcours d?insertion pour les allocataires les plus éloignés de l?emploi ou en grande difficulté pour accepter un suivi social.

Depuis cinq ans, le service d?appui santé, jusqu?à présent assuré par l?association ?Processus recherche?, a permis une meilleure prise en compte de la dimension psychologique, souvent au premier plan des problématiques de santé des personnes concernées.

Il s?adresse aux référents sociaux parisiens, tels que les espaces insertion, les cellules d?appui pour l?insertion, les services sociaux départementaux polyvalents, ainsi que les associations qui ont en charge le suivi des allocataires. Il se tient dans le cadre d?ateliers et de permanence, au moins une fois toutes les trois semaines. Il permet d?apporter un soutien technique en échangeant sur ces situations concrètes lorsque le référent rencontre des difficultés dans l?accompagnement, du fait notamment de la fragilité psychologique de la personne suivie.

Ainsi ces appuis ont permis de travailler sur des thèmes tels que : comment gérer des personnalités difficiles ? Comment comprendre ce qui renvoie à une pathologie sociale et ce qui renvoie à une pathologie mentale ? Comment aborder la question de l?accès aux soins ? Quelles fonctions donner dans ce type de prise en charge aux contrats d?insertion ?

Enfin, des séminaires de formation étaient organisés, à raison de deux par an autours de thèmes tels que la parole sur la folie, les liens de dépendance, la diction et l?accompagnement sous contraintes.

Le service d?appui santé a acquis une légitimité et une présence dans le travail social relatif au R.S.A. Il fait dorénavant partie intégrante du dispositif d?appui technique mis en place par la DASES à l?usage des travailleurs sociaux.

Cette délibération vous propose de reconduire cette prestation d?appui, ce qui est plus que souhaitable. Cette prestation, comme celle du C.A.S.-V.P. pour le suivi des allocataires sans domicile, qui est à l?ordre du jour également de ce Conseil, souligne à Paris la politique menée afin d?adapter le suivi aux situations spécifiques que peuvent rencontrer les allocataires du R.S.A. Et ce, loin des stigmatisations extrêmement choquantes et des énormes erreurs qu?on a pu entendre sur le sujet au sein du Gouvernement.

Effectivement, en raison de la crise, des difficultés chroniques de certains secteurs, d?une absence de politique de lutte contre le chômage en France ou par leur parcours personnel, des problèmes de santé, de leur âge, les citoyens en France sont éloignés de l?emploi.

A cet égard, la société doit leur assurer un minimum bien maigre au regard du coût de la vie : 467 euros pour une personne seule sans emploi, 840 euros pour un couple avec un enfant, par exemple. Il s?agit donc de survie et les difficultés sont souvent importantes pour retrouver un emploi, la prestation service d?appui santé fait partie de ces appuis nécessaires à leurs référents sociaux.

Penser qu?en matière d?emploi, quand on veut, on peut et que les allocataires du R.S.A. doivent quelque chose à la société, ce n?est pas seulement démagogique mais dangereux et cela laisse entendre qu?il faut forcer, oui forcer les citoyens à se mettre au travail, et gratuitement dans l?esprit de certains. C?est tellement inimaginable qu?il semblerait que ces heures de travail soient finalement rémunérées. Cela reste encore une mesure inacceptable. C?est un travail forcé, une précarité extrême, un dumping social au sein de notre pays et un coup bas porté à la lutte contre le chômage.

Si l?Etat a besoin d?agents, il a donc besoin de fonctionnaires. Nous lui proposons de relancer le recrutement des fonctionnaires et les allocataires en profiteront. Valoriser le travail, c?est bien de le rémunérer correctement, de garantir le droit et de bonnes conditions de travail et d?orienter et d?accompagner les allocataires du R.S.A.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame MOREL, de votre précision et de votre concision.

Je donne la parole à Mme TROSTIANSKY pour vous répondre.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Président, mes chers collègues, je remercie Mme Claire MOREL d?avoir porté l?attention de notre Assemblée sur le très utile service d?appui santé, qui consiste à porter un soutien aux travailleurs sociaux confrontés aux problèmes de santé, particulièrement psychique, des allocataires du R.S.A.

En effet, face aux problèmes de santé d?un allocataire, le référent social éprouve souvent le besoin d?être conseillé, tant pour se positionner que pour trouver des réponses. Il est difficile d?aborder frontalement cette question particulièrement lorsque la personne subit une dépression ou lorsqu?elle est dans le déni de ses difficultés.

Et, dans le cadre du marché en cours, c?est l?association ?Processus recherche? qui se rend à intervalle régulier dans nos structures départementales, que ce soit dans les espaces insertion, dans les services sociaux, dans les cellules d?appui pour l?insertion, ainsi qu?à la demande chez nos prestataires associatifs.

Le taux de satisfaction des travailleurs sociaux est près de 80 % et montre l?utilité de cette prestation. Donc, nous vous proposons par ce projet de délibération, et sans attendre le lancement d?un nouveau marché, d?en assurer la continuité.

Alors je voulais vous rappeler également que dans la palette de services à disposition des référents pour les allocataires, nous finançons trois associations, qui sont spécialisées, qui reçoivent individuellement les personnes pour les aider à résoudre leurs difficultés psychologiques.

Je voulais peut-être rappeler rapidement, Monsieur le Président, qu?être au R.S.A. ne résulte pas d?un choix : c?est la conséquence de difficultés sociales mais aussi d?un marché du travail qui est tellement atone qu?il ne permet pas aux plus fragiles de retrouver un emploi.

C?est pour cela que je voulais rapidement exprimer ma colère quand j?entends certains responsables politiques présenter une nouvelle fois les allocataires des minima sociaux comme des fainéants, forcément fraudeurs et profiteurs d?un système trop généreux. Je crois vraiment que l?immense majorité des bénéficiaires du R.S.A. n?attendent rien d?autre qu?un vrai travail qui leur permette de vivre décemment.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame TROSTIANSKY.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 118 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DASES 118 G).