Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

70 - 2000, DAUC 140 - Secteur "Brulon" (12e). - Bilan de la concertation. - Avis favorable sur le programme d'aménagement. - Suppression du D.P.U.R. - Autorisation de déposer des demandes de permis de démolir et de construire nécessaires à la mise en oeuvre du programme

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 140 relatif au secteur Brulon - bilan de la concertation.
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, vous avez décidé en 1997 le remaniement de l'opération du secteur Brulon.
Dans cette perspective, vous préservez -à juste titre- le bâtiment du 41, rue des Citeaux/1, impasse Druinot, simple et élégant.
Il en va de même des 5,3 et 1, passage Brulon. Mais pourquoi sacrifier les 47 et 49, rue de Citeaux : deux petits R+3 faubouriens si typiques et désormais de plus en plus rares ? Les préserver et les réhabiliter n'aurait pas mis en péril le programme de logements et d'ateliers d'artistes du 158/160, rue du Faubourg Sain- Antoine.
Au contraire, cette réhabilitation serait le pendant du travail exemplaire réalisé juste en face, au 34,36,38 et 40, rue de Citeaux, tous remarquablement réhabilités.
Par ailleurs, il est aberrant que le 68-70, rue Crozatier doive disparaître. Ce charmant petit ensemble d'un étage sur cour, mansardé et tout droit sorti des bords de Marne ou de la plaine d'Alfort, pourrait parfaitement accueillir un ou plusieurs ateliers. Un autre parti d'aménagement aurait pu maintenir cet îlot de charme.
Mais surtout, lors de la concertation de 1999, les habitants du quartier se sont exprimés pour la création d'un espace vert. Une deuxième consultation initiée par les "Verts" en janvier 2000 a rigoureusement abouti à la même demande. Les cinq propositions esquissés par les services de la Ville se sont toutes avérées en deçà des exigences du public. Aucune de ces variantes ne sauraient constituer même l'embryon d'un espace vert tant réclamé par les riverains que les Verts sont seuls à entendre.
Le voeu déposé par ceux-ci au dernier Conseil du 12e visait à limiter la surdensification du quartier et à favoriser l'implantation d'espaces verts. Ce voeu a été rejeté par la droite, le parti socialiste s'abstenant curieusement alors que le 12e, malgré les vastes espaces verts dont il dispose en périphérie, n'offre que peu de jardins de proximité.
En définitive, la Ville campe sur ses positions et nous propose la création d'une placette qui n'est qu'un pis-aller sans rapport avec la demande des riverains. Faisant preuve d'une créativité débridée, vous proposez même en guise d'ersatz des plantes grimpants le long des façades. Pourquoi pas, mais faute de jardins suspendus de Babylone, vous nous servez un concept hautement subversif digne d'Ubu : le jardin vertical. De grâce, cessez de confondre verdissement, même sympathique, et espace vert, lieu de vie protégé des nuisances urbaines.
Pourtant, une autre solution existe, véritable alternative répondant aux attentes locales. Cette solution reviendrait à supprimer la voie nouvelle prévue entre l'impasse Druinot et le passage Brulon ; à supprimer la placette alors obsolète, ainsi que la petite impasse perpendiculaire à l'impasse Druinot. Il serait ainsi possible de décaler l'Hôtel et la Cité artisanale vers la rue de Citeaux en opérant une légère dédensification d'une quinzaine de logements par rapport à votre projet. Il en résulterait un espace libre d'environ 1.400 mètres carrés délimité par le passage Brulon et la rue Crozatier.
L'aménagement de la voie nouvelle, si gênante, serait rendu nécessaire pour l'accès des services de sécurité.
En fait, les secours peuvent parfaitement accéder à la crèche par l'impasse Druinot : la rue de Citeaux se trouve à moins des cinquante mètres réglementaires et l'impasse est quoi qu'il en soit, assez large. L'immeuble à réhabiliter, 1, Impasse Druinot/41, rue des Citeaux ne pose pas de problème non plus.
Pour cette classe de bâtiments anciens, une largeur de cinq mètres est imposée au droit de la façade pour l'installation d'un camion et d'une grande échelle. L'impasse Druinot fait bien plus de cinq mètres. Rien ne semble donc justifier la création de cette voie qui ne serait d'aucune aide à ce sujet.
La réalisation de cet espace vert nécessite la suppression du programme du 68/70, rue Crozatier. Le programme global serait donc réduit de 75 à 60 logements. Si l'on s'en tient à votre estimation sommaire des charges municipales annexées au projet de délibération, les recettes escomptées au titre des droits à construire seraient certes réduites de 2.250.000 F. En définitive, cette opération serait financièrement indolore et le solde permettrait de financer l'aménagement du jardin, estimé à environ 2.100.000 F.
Voilà la solution que je vous propose et ce que je souhaiterais, à défaut peut-être d'une réponse positive de M. BULTÉ, c'est qu'il laisse au moins la porte ouverte au réexamen de cette solution.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
J'ai écouté M. BLET avec la plus grande attention et je suis quand même assez surpris. Voilà une petite opération d'aménagement, d'ailleurs dont la concertation s'est passée d'une manière remarquable. Elle a été positive, a fait évoluer le projet et nous essayons dans ce secteur de pérenniser les formes urbaines existantes notamment les cours et les passages étroits que défend d'habitude M. BLET.
Aujourd'hui, dans ce programme où nous essayons de conserver cet esprit d'urbanisme à visage humain et de pérenniser l'urbanisme de secteur, il nous dit : "Non, il vaut mieux tout casser et faire un espace vert".
Je ne crois pas que ce soit la bonne solution. Je rappelle, Monsieur BLET, que ce programme se trouve à quelques centaines de mètres notamment du square Trousseau, on ne peut pas dire qu'il manque d'espaces verts de manière directe dans ce secteur !
Ce projet qui s'est déroulé dans le temps d'une manière apaisée, avec les associations, les élus, me semble de qualité et correspond à l'urbanisme que vous défendez en général.
Le seul point noir, mais je vais vous rassurer, est effectivement la démolition du 47, rue de Citeaux. Depuis d'ailleurs l'établissement du projet qui vous est présenté, j'ai souhaité avec notamment le Directeur de l'Aménagement urbain, M. MARVILLET, aller plus loin dans l'examen du maintien du 47, rue de Citeaux. Nous avons donc mené une nouvelle étude et, en accord avec le Service départemental de l'Architecture et du Patrimoine, fait en sorte que cet immeuble ne soit plus démoli mais réhabilité. Voilà une bonne nouvelle.
En ce qui concerne ce projet je pense que, conformément au souhait des élus du 12e arrondissement, il doit recueillir un avis favorable.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Ce n'est pas seulement un avis, c'est une délibération.
M. Michel BULTÉ, adjoint, rapporteur. - Je m'exprime favorablement.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 140.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DAUC 140).