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Septembre 2000
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45 - 2000, DPA 209 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire 7 avenants aux marchés de travaux signés pour la restructuration de la fontaine des Mers (8e)

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DPA 209 relatif à la souscription de 7 avenants au marché de travaux signés pour la restructuration de la Fontaine des Mers.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, il fallait restaurer les fontaines conçues par HITTORF place de la Concorde, mais je regrette la restauration d'une fidélité absurde de la Fontaine des Mers.
Je ne discute pas l'existence de la polychromie de 1840, mais j'affirme que, pour les Parisiens et les touristes venus du monde entier, cette polychromie a fait place, depuis plus d'un siècle, à une harmonie qui a permis un miracle d'équilibre entre les diverses parties de cette place construite, progressivement, sur plusieurs siècles.
J'ai déjà soulevé cette question et il m'a été répondu que le même principe avait été retenu pour la façade de l'Opéra. Pour l'Opéra, le problème est différent car il se dresse au milieu d'un ensemble haussmannien homogène. On peut discuter le résultat, mais à cet endroit, cela avait un sens.
Quel dommage que l'architecte en chef des Monuments historiques n'accepte pas l'idée qu'il faut adapter les restaurations selon les sites, au lieu de n'avoir qu'un parti pris ou, au mieux, suivre une mode que l'on abandonnera, alors que les mauvais résultats, eux, resteront.
Place de la Concorde, le parti pris de restauration, avec cette polychromie criarde, détruit l'harmonie de la place pour longtemps, si ce n'est pour toujours, puisque les techniques d'aujourd'hui permettent d'éviter le retour des patines du temps. Si c'est le parti pris qui doit régner désormais à Paris, je crains beaucoup que le XXIe siècle ne fasse de Paris un "Paris kitch", une singerie des reconstitutions américaines de monuments célèbres dans le monde, que l'on trouve dans leurs Disneylands et autres endroits. Paris n'est pas l'Amérique, ni Disneyland ! Pratiquement partout, en Europe, les restaurations d'endroits prestigieux se font en conservant une patine aux sculptures et ornements architecturaux, en harmonie avec leur cadre.
J'espère que dans l'avenir, la Ville de Paris, en accord avec l'Architecte en chef des Monuments historiques, trouvera un juste équilibre dans la restauration des monuments, pour ne pas tomber systématiquement dans le clinquant.
Je voterai contre ce projet.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Merci, Madame.
Je crois que vous êtes parmi les rares à critiquer la restauration de la place de la Concorde.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Monsieur le Maire, je ne veux pas discuter le point de vue esthétique de Mme SCHNEITER.
Il se trouve qu'effectivement des études menées par le GRAHAL, qui est une société d'études historiques fort connue, et les recherches menées par l'Architecte en chef des monuments historiques ont abouti à la restitution de la polychromie telle qu'elle est visible sur la fontaine des mers.
La seule chose que je peux dire effectivement, - et moi-même, la première fois que je l'ai vue sortir de cet échafaudage j'ai été surprise par la polychromie - c'est que, Madame SCHNEITER, on ne peut pas refaire du vieux. Ce serait une erreur.
Quand les deux fontaines seront restaurées, la place de la Concorde ne sera pas déparée pour autant. Je vous rappelle que la polychromie a été restituée sur les colonnes rostrales et je ne crois pas que la place de la Concorde en soit dénaturée ou défigurée.
Malheureusement, quand on restaure, il faut restaurer dans un état que vous n'acceptez pas peut-être, mais qui a été prescrit par les spécialistes.
Je pense que le temps fera son ?uvre et que cette polychromie s'estompera, comme celle d'origine s'est estompée et je regrette que vous restiez figée dans cette position.
Je pense, mes chers collègues, que cette restauration est magnifique. J'attends avec impatience que la Fontaine des Fleuves soit restaurée elle aussi. Merci.
M. Manuel DIAZ, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 209.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DPA 209).