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Septembre 2000
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22 - 2000, DVD 83 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'association "Voir 2000" une convention de participation financière pour les travaux d'aménagement de la rue de Rivoli destinés à améliorer les déplacements des personnes en situation de handicap.2000, DVD 96 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour la fourniture de caissons de signalisation lumineuse pour piétons.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVD 83 relatif à une convention de participation financière pour les travaux d'aménagement de la rue de Rivoli destinés à améliorer les déplacements des personnes en situation de handicap.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, je souhaite traiter les deux projets de délibération DVD 83 et DVD 96.
Pour le DVD 83, c'est un projet intéressant qui devrait améliorer les déplacements des personnes en situation de handicap rue de Rivoli, entre la rue Lobau et la rue du Louvre. J'y suis d'ailleurs d'autant plus favorable qu'il est difficile de se déplacer rue de Rivoli pour des piétons qui n'ont pas de problèmes, c'est dire quel parcours du combattant cela représente pour des personnes handicapées, dont les aveugles !
Des aménagements judicieusement réalisés sont utiles à tout le monde, notamment la fourniture et la pose de dispositifs sonores pour les aveugles.
Vous avez passé une convention avec l'association "Voir 2000" relative aux travaux et équipements pour améliorer les déplacements de ces personnes. Ce qui m'étonne, c'est que la fourniture et le financement de la pose de dispositifs sonores destinés à équiper les carrefours, soient à la charge de cette association ?
J'aimerais avoir des renseignements concernant l'association "Voir 2000". Nous n'avons pas de fiche de présentation, comme c'est le cas pour les demandes de subvention. Depuis quand existe-t-elle ? Quel est son but ? Quel est son budget ? Pourquoi cette association est-elle chargée d'un travail d'équipement de la voirie, en quelque sorte technique ?
La vocation d'une association, c'est d'attirer l'attention sur des problèmes et de faire des propositions pour les résoudre ; c'est aux élus et aux services de la Ville de réaliser les aménagements. C'est une "première" qui m'inquiète et je vois déjà le moment où vous allez dire, par exemple, à telle association : "vous voulez un trottoir surbaissé, passons une convention ensemble et vous exécutez les travaux". D'autant qu'il y a un problème de compétence, et si les travaux sont mal faits, qui en sera responsable ?
Lorsque l'on voit l'argent que vous jetez par les fenêtres pour aider certaines associations qui n'ont, ni de près ou de loin, quelque chose à voir avec Paris, je ne comprends pas pourquoi des équipements nouveaux et utiles comme ces dispositifs sonores aux feux, ne seraient pas pris en charge financièrement par la Ville de Paris.
Pour le DVD 96, il s'agit de renouveler des caissons de signalisation lumineuse aux carrefours avec feux dans Paris. Il me paraît opportun d'en profiter pour ajouter à ces caissons des dispositifs sonores également. Ce type d'aménagement devrait être installé progressivement pour tous les feux de Paris. Il paraît que ces dispositifs sonores peuvent être gênants la nuit, aux dires de certains riverains. Si c'était le cas, il existe d'autres systèmes équivalents, équipés avec des ultrasons à la fois pour l'usager et sur le feu, ce qui ne gênerait personne. Connaissez-vous ces nouveaux systèmes ?
Plus généralement, on a dit de ces dispositifs qu'ils ne pouvaient pas être mis en place partout, parce que les aveugles représentent une part infime de la population dans Paris ! Il me paraît essentiel de faciliter la vie quotidienne de tout le monde et de chacun. Ces équipements, en plus, profiteraient à d'autres personnes qui, sans être aveugles, ont de sérieux problèmes de vision. Comme toujours dans ces cas-là, cela aidera beaucoup plus de personnes que vous ne le pensez.
J'aimerais savoir si cette proposition vous paraît réalisable.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme BILLARD.
Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts". - Merci, Monsieur le Maire.
J'avoue aussi être un peu étonnée qu'il faille attendre qu'une association fasse une demande de tel équipement pour que la Ville bouge et qu'ensuite, même si les travaux sont effectués par la Ville, une partie reste à la charge de l'association parce que si 300.000 F représentent une goutte d'eau dans le budget de la Ville, pour ce qui est d'une association en général cela représente beaucoup plus.
Je trouve donc qu'il serait normal que la Ville prenne totalement en charge le coût de ces travaux d'aménagement.
Plus globalement, je pense qu'il serait important que la Ville se préoccupe plus largement de ce type d'équipement, qu'un plan soit proposé pour que l'utilisation de ce type d'équipement soit augmentée, même si ce n'est pas encore généralisé. Pour l'instant il y en a très peu dans Paris. Il y en a sur une partie des carrefours vers Denfert-Rochereau mais assez peu ailleurs.
Je crois, comme le disait ma collègue, qu'en général ce genre d'équipements, quand ils sont installés, profitent à d'autres personnes qu'aux personnes malvoyantes. Ils profitent à toutes les personnes qui ont une vue limitée.
Je crois qu'à l'heure actuelle, les dispositifs pour les personnes à handicap physique sont encore trop limités et se limitent, malheureusement, souvent au genre ascenseurs inaccessibles puisqu'il faut aller chercher la clef, aux élévateurs trop souvent en panne parce que le contrat de maintenance n'a pas été renouvelé et ainsi de suite.
Alors que, malheureusement, le nombre de handicapés moteurs augmente, notamment à la suite des accidents de la circulation, je crois que notre Ville s'honorerait en augmentant son intervention sur ces questions, d'autant plus que Paris est quand même le siège d'un certain nombre d'associations, notamment de malvoyants ou d'aveugles. De ce point de vue, il y a pas mal de travail à faire.
Je vous demande donc que le budget de la Ville prenne en charge ces fameux 300.000 F plutôt que de les faire retomber sur l'association.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Bernard PLASAIT pour répondre aux deux intervenantes.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je crois qu'il s'agit d'une incompréhension : il est clair que la Ville est à la recherche de tout ce qui peut améliorer le confort ou tout simplement la situation des personnes en situation de handicap. Elle a un certain nombre de programmes et d'idées, ce qui ne l'empêche pas, lorsqu'une association lui en fournit l'occasion de faire davantage, de faire plus, de saisir cette opportunité.
Ce fut précisément le cas, lorsque l'Association "Voir 2000" a proposé à la Ville de participer à cette opération.
Je voudrais d'ailleurs observer que, si l'association prend à sa charge 300 KF, la part de la Ville reste cinq fois plus importante puisqu'elle est de 1,5 million de francs.
Pour Mmes SCHNEITER et BILLARD, il vaudrait mieux que la Ville prenne à sa charge la totalité de cette dépense pour préserver les finances de l'association. Mais, en réalité, cette association a établi son projet dans le cadre de la Mission "Etat 2000", à ce titre, elle est subventionnée par la Mission : l'Etat paye les 300 KF, la Ville ne faisant qu'ajouter un important complément, à savoir : 1,5 million de francs pour réaliser cet équipement !
Mme SCHNEITER suggérait de lier les projets DVD 83 et DVD 96. Je crois devoir dire que ceci n'est pas d'actualité : les feux sonores ne sont qu'au stade de l'expérimentation, la Ville a d'ailleurs apporté sa contribution en testant sur site un certain nombre de matériels qui, dans l'ensemble, pour des raisons diverses, n'ont pas donné satisfaction.
A cette date, nous sommes toujours dans l'attente de l'élaboration au niveau national d'une nouvelle norme. Le C.E.R.T.U., Centre d'études sur les réseaux des transports d'urbanisme, dépendant du Ministère de l'Equipement, vient d'éditer un guide concernant l'utilisation des signaux sonores. Nous en sommes donc dans une phase d'expérimentation pour ce projet de délibération.
Voilà les réponses, Monsieur le Maire, que je souhaitais faire à Mmes SCHNEITER et BILLARD.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Madame BILLARD, vous voulez ajouter un mot, sans rallonger le débat ?
Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts". - Je n'allongerai pas le débat mais je précise simplement que l'information que vient de nous donner M. PLASAIT n'est pas dans la délibération, ni dans l'exposé des motifs.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Je le regrette. Vous avez maintenant l'information. Je crois que cela peut vous permettre d'affiner votre réflexion et de voter en connaissance de cause.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 83.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DVD 83).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 96.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DVD 96).