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Decembre 2004
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par M. Alexandre GALDIN relatif à la promotion et la mise en valeur du patrimoine artistique des lieux de culte parisiens parallèlement à sa mise en sécurité.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Mes chers collègues, nous arrivons au bout de notre marathon.

Nous arrivons au v?u référencé n° 48 dans le fascicule qui a été déposé par M. GALDIN, qui ne se rattache à aucun projet de délibération. Il concerne la promotion et la mise en valeur du patrimoine artistique des lieux de culte parisiens en même temps que serait effectuée la mise en sécurité.

M. GALDIN interroge Mme MAZETIER et M. GIRARD répondra.

M. Alexandre GALDIN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, par ce v?u je souhaite appeler l?attention de la Municipalité et des élus sur la mise en valeur déplorable des ?uvres d?art dont regorgent les lieux de culte parisiens.

Malheureusement, les vols, dont ont fait l?objet trois églises cet été, ont incité les médias à s?intéresser à ce patrimoine. Des reportages télévisés ont même signalé et déploré les vols dans les églises Saint-Roch, Saint-Merri et Notre-Dame-d?Auteuil.

Ces vols ont inicité la Municipalité, et en particulier l?adjointe au Maire chargée du patrimoine, à mettre en place à juste titre un plan ?Vigipirate? de protection des ?uvres d?art des églises.

Nous nous félicitons de cette volonté politique de la Municipalité et nous nous y associons. Mais il serait souhaitable que les pilleurs d?églises ne soient pas les seuls à s?intéresser à ce patrimoine. Pour cela, il faudrait que ce patrimoine soit davantage connu et mis en valeur.

Savez-vous, mes chers collègues, que les églises de Paris furent longtemps les véritables musées de la Ville, ouvertes à tous, les lieux où les artistes pouvaient le mieux faire valoir leur talent. Les toiles qui les décoraient figuraient d?ailleurs en bonne place dans les guides de l?Ancien Régime et la plupart d?entre elles sont encore en place aujourd?hui, quand elles n?ont pas été détruites ou transférées au musée du Louvre.

Or que constate-t-on aujourd?hui dans les lieux de culte parisiens ? Les oeuvres d?art sont rarement signalées par des panonceaux descriptifs. Par exemple, je suis allé, à côté de l?Hôtel de Ville, à Saint-Gervais et j?y ai constaté que les oeuvres y sont exceptionnellement signalées par des panneaux signalétiques qui, à en juger par leur présentation (étiquette en papier avec un descriptif écrit à la main, dans un cadre en bois), doivent dater, au minimum des années 50, si ce n?est de l?avantguerre.

Quant à la présentation générale de l?édifice et de son histoire, il n?y en a pas et l?éclairage est généralement inexistant. Notre patrimoine mérite mieux. D?autant plus que l?on connaît la ferveur que ces ?uvres d?art rencontrent dans les musées étrangers, en particulier américains, et sur le marché de l?art.

Sa mise en sécurité doit donc être accompagnée d?une mise en valeur : signalétiques standardisées et modernes présentant les oeuvres d?art, patrimoine de cette ville ; éclairage, plaquettes explicatives, comme cela se fait très souvent, par exemple, dans les villes d?art italiennes.

J?en appelle donc à la volonté politique de la Municipalité pour mettre en valeur ce patrimoine et que l?on ne m?avance pas l?argument fallacieux, permettant et provoquant l?immobilisme, que cette mise en valeur provoquerait les vols.

Les oeuvres d?art volées n?étaient pas particulièrement connues du grand public?

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Il faut arriver à votre conclusion, Monsieur. Venez en à votre conclusion, Monsieur GALDIN.

M. Alexandre GALDIN. - C?est la fin. ? Et certaines oeuvres d?art sont déjà signalées par des panonceaux poussiéreux et archaïques et connues seulement des historiens de l?art et les amateurs les plus avertis, y compris hélas, les pilleurs d?église.

L?enjeu est maintenant pour la Ville de faire profiter la population parisienne la plus large possible de ce patrimoine qui lui appartient et ainsi, de favoriser l?éducation artistique, au delà de quelques ?happy few? les plus favorisés, qui ont le privilège de connaître et de savoir l?intérêt de ces oeuvres.

Il s?agit donc, en un mot, de démocratiser la culture et l?art sacré dans les lieux de culte, comme vous avez, à juste titre, Monsieur le Maire, favorisé la démocratisation des musées parisiens, en supprimant les droits d?entrée dans les musées.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur GALDIN. Ce dernier compliment va droit au c?ur de Christophe GIRARD qui va répondre brièvement.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Au nom de Christophe CARESCHE, d?un côté, pour la sécurité et Sandrine MAZETIER, pour le patrimoine, j?apporte les réponses suivantes :

La recrudescence des vols dans les églises, propriétés de la Ville depuis le mois d?août dernier, a entraîné la mise en place d?un plan d?action destiné à remédier aux carences constatées en matière de sécurité, Monsieur CARESCHE.

Il affectera environ 1.200 ?uvres et objets présents dans 74 édifices et en priorité, les ?uvres majeures du patrimoine. Il semble indispensable d?achever d?abord cette opération nécessaire au renforcement de leur protection, avant de développer une signalétique particulière, susceptible, dans les circonstances actuelles, d?en fragiliser la sécurité.

De tels cartels existent cependant, déjà, dans certains édifices (Saint-Roch, Saint-Etienne-du-Mont, Saint-Eustache et Sainte-Marguerite) et peuvent être en place, de façon plus systématique, à l?issue de la campagne de sécurisation.

Le patrimoine des églises est, par ailleurs, mis en valeur dans le cadre des concerts musique et patrimoine qui sont précédés de conférences consacrées aux édifices et aux oeuvres qu?ils renferment.

Certains lieux de culte proposent, de leur côté, des brochures signalant à l?attention des visiteurs, les principaux décors du bâtiment. Les paroisses de Saint-Vincent-de-Paul et de Notre-Dame-d?Auteuil sont un assez bon exemple de cet effort de divisions culturelles.

 

En ce qui concerne la mise en valeur des églises, par un éclairage approprié, affectant également les décors, des travaux, en ce sens, ont été réalisés en 2004 dans quatre églises : Saint-Eustache, c?est chez M. LE GARREC, Saint-Louis-en-l?Ile, c?est chez moi, Saint-Louis-d?Antin, c?est chez M. BRAVO et Notre-Dame-des-Victoires.

C?est donc oui au v?u de M. GALDIN, dans la mesure où les conditions rappelées ci-dessus sont respectées.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u avec les codicilles de M. Christophe GIRARD.

Qui est pour ?

Contre ?

Qui s?abstient ?

Le voeu est adopté. (2004, V. 306).