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Decembre 2004
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2004, SG 143 - Adhésion de la Ville de Paris à l’association “Tempo territorial”. - Désignation d’un représentant de la Ville de Paris afin de siéger dans cette association.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2004


Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous passons à l?examen du projet de délibération SG 143.

Je donne la parole à Mme Marie-Pierre MARTINET. Il s?agit de l?adhésion de la Ville de Paris à l?association ?Tempo territorial?.

Mme Marie-Pierre MARTINET. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, il m?est tout particulièrement agréable en ce jour d?intervenir sur ce projet de délibération. C?est en effet une étape de plus, d?une part, dans la sensibilisation de notre Assemblée à cette question relative aux politiques temporelles, qui est bien souvent mal interprétée, déformée, voire superbement ignorée par certains et certaines élus de ces rangs alors que cette question présente un enjeu social et sociétal de premier ordre, et d?autre part pour me féliciter de l?existence d?un outil fondamental de partage d?expériences entre professionnels du sujet, qui ne peut que renforcer et enrichir la politique menée par notre Municipalité dans ce domaine.

Pendant longtemps, la Ville s?est lue uniquement selon ses plans en deux dimensions, c?est-à-dire ses emplois, ses statistiques, le nombre de lignes de transport en commun, le moyen d?y aller ou d?en sortir. Plus tard on passera à trois dimensions avec les aménagements urbains, les déplacements, le stationnement souterrain, la hauteur des immeubles. Certes, toutes les villes ne sont pas sur le modèle de Paris et la question se pose également pour le monde rural.

(M. Eric FERRAND, adjoint, remplace Mme Gisèle STIEVENARD au fauteuil de la présidence).

Mais aujourd?hui, j?ai envie de vous parler d?une autre dimension qu?on pourrait peut-être même qualifier de quatrième, qui en revanche a toujours été présente mais souvent oubliée, c?est le rythme de la ville, c?est sa pulsation, son mouvement intrinsèque, en un mot l?impact du temps sur elle.

Avec cette nouvelle donnée, cette nouvelle manière de voir, tous nos schémas sont bouleversés, rien ne peut plus désormais être appréhendé comme avant, ni l?aménagement du territoire, ni les modalités de déplacement, ni les problèmes de pollution, ni même les horaires de travail. Ce sont d?ailleurs ces derniers qui ont sonné l?alerte.

Désormais, il est impossible de penser la ville équitable et égalitaire sans la panser et cela grâce à une approche temporelle. Le champ d?action est vaste et par définition transverse, la tâche ardue, car le temps est souvent vécu comme quelque chose d?intime sur lequel l?extérieur ne doit pas avoir de prise. Pour preuve, les différences culturelles qui s?y rattachent.

Eh bien non, comme le dit le physicien Etienne KLEIN dans ?Tactique de Chronos?, le temps ne coule pas de source et il ne va pas de soi. Nous devons très sérieusement faire avec, faute de quoi nos magnifiques projets sociaux, économiques ou environnementaux ne seront que pis-aller.

 

Nous sommes bien loin de ce projet de délibération pensez-vous ? Eh bien, non. Puisque cela ne coule pas de source, chaque territoire, chaque ville, chaque quartier, de part sa configuration géographique, sa structure économique, l?histoire qui est sienne aborde cette question de manière différente et c?est dans cette différence que réside la richesse.

Voilà donc pourquoi, compte tenu des objectifs que se fixe l?association ?Tempo territorial?, il me semble de très bon augure que notre Ville confronte ses expériences et réalités avec d?autres villes européennes, grandes ou moins grandes, à travers échanges, conseils, bonnes pratiques, analyses croisées et partage d?une boîte à outils. Nous sommes de toute façon plus intelligents et intelligentes à plusieurs. Paris a tout autant à apprendre de la Ville de Rotterdam ou du Gouvernement néerlandais que du Territoire de Belfort, de la Ville de Rennes, de l?agglomération du Grand Lyon, que des Italiens ou des Espagnols, voire des Allemands qui sont aussi engagés dans cette démarche, démarche qui, je le précise, a déjà dépassé notre Europe car le Ministre québécois de la Solidarité sociale, de l?Emploi et de la Famille s?apprête à déposer demain une politique en ce sens. Paris n?est donc plus une tour d?ivoire au milieu d?un ?no man?s land?.

C?est à ce titre que je me réjouis de notre adhésion à l?association ?Tempo?. Je me réjouis également de l?existence de cette structure, dont je suis intimement persuadée qu?elle contribuera, tant du fait de la diversité d?origine des adhérentes et adhérents qu?à travers ses objectifs, à favoriser enfin un vrai débat public sur les pratiques temporelles en regard de leurs enjeux fondamentaux pour les territoires et ce pour les trente prochaines années.

?Rien de grand ne s?accomplit sans passion?, disait Hegel, alors passionnons-nous ensemble pour ce sujet en approuvant cette délibération, les Parisiennes et les Parisiens le méritent.

Pour terminer mon intervention, je voudrais la dédier à un homme qui nous a quittés il y a peu puisqu?il a été inhumé ce matin, qui a été l?un des précurseurs, l?un des artisans du développement des politiques temporelles en France depuis dix ans. Son apport à cette thématique a été essentiel et nous devons beaucoup à ce sociologue qui ?uvrait sur ce thème à la mairie de Saint-Denis. Et je crois que nous devons aussi l?existence de cette association à cet homme, et voilà pourquoi je souhaitais saluer ici, par cette intervention, la mémoire de Jean-Claude Vidal.

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - La parole est à Mme HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 1ère Commission. - Monsieur le Maire, je voudrais tout d?abord remercier Marie-Pierre MARTINET, pour la motivation et la passion qu?elle met à pousser, propulser ce dossier, ce sujet sur les politiques temporelles. Voilà, je trouve que l?on a de la chance d?avoir une élue comme elle, qui s?investit pleinement dans ce sujet, qui il est vrai reste encore un peu difficile pour un certain nombre de collègues, tant il est innovant, et tant il est difficile de mesurer les effets d?une politique temporelle, comme on mesurerait une politique en matière d?aménagement urbain, puisque par définition on est dans quelque chose d?immatériel.

Alors, c?est vrai que la Ville de Paris adhère, et c?est l?objet de ce projet de délibération à l?association ?Tempo?, qui regroupe déjà le grand Lyon, le Conseil général de la Gironde, Poitiers, Rennes, bon nombre de collectivités qui se sont intéressées à ces démarches, qui entrent dans le sujet par des logiques différentes.

Nous, nous y sommes entrés par la question de l?égalité entre les femmes et les hommes, et donc l?adaptation des services municipaux à tout ce qui peut permettre aux femmes et aux hommes de bénéficier des mêmes droits, notamment au regard de l?activité professionnelle. Mais d?autres territoires sont entrés dans ce sujet, par exemple, à partir d?une réflexion sur les déplacements.

Donc, nous adhérons à cette association, ce qui nous permettra de bénéficier effectivement du savoir-faire, des expériences des autres, d?échanger et de donner sans doute beaucoup plus d?ampleur à ces politiques temporelles. Les choses progressent, y compris au sein de la Ville de Paris, puisqu?un certain nombre de structures, de gardes d?enfant - je pense notamment aux structures associatives - sont déjà sur des horaires décalés. Mes collègues, Alain LHOSTIS et Olga TROSTIANSKY ont initié cette belle convention avec l?A.P.-H.P pour la mise à disposition de places de crèches, qui sont des crèches, déjà à horaires aménagés, dans ces structures aux Parisiens et aux Parisiennes, qui ne sont pas forcément des agents de l?A.P.-H.P.

Et puis, nous avons inauguré cette semaine, dans le 18e arrondissement, un espace d?accueil fonctionnant aussi sur des horaires aménagés et qui offre une plateforme de services publics, tout à fait intéressante en quartiers ?politique de la ville?. Cette initiative est due à la motivation, à l?énergie de Daniel VAILLANT mais aussi de Martine DURLACH.

Nous progressons. Nous avançons sur ce sujet. Paris avait pris beaucoup de retard, mais ce rêve, cette ambition qui n?est pas une utopie que nous nous nourrissons tous, d?avoir une ville mieux adaptée au rythme des Parisiennes et Parisiens. C?est une ?uvre à laquelle nous nous sommes attachés, et j?espère que tous les élus, sur ces rangs, nous suivront, voire qu?ils nous précéderont par les propositions qu?ils pourront nous faire.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et ?Les Verts?).

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame HIDALGO.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 143.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2004, SG 143).