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63 - 2011, Vœu déposé par le groupe UMPPA relatif à la valorisation et l'épanouissement de la maison musée Balzac.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2011

63 - 2011, V?u déposé par le groupe UMPPA relatif à la valorisation et l'épanouissement de la maison musée Balzac.

 

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Il y a maintenant le v?u n° 38, du groupe U.M.P.P.A., relatif à la valorisation et à l?épanouissement de la maison-musée Balzac.

M. GABORIAU a la parole.

M. Pierre GABORIAU . - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la maison de Balzac, Centre international d?études balzaciennes, fait partie des trois musées littéraires appartenant à la Ville de Paris et représente le patrimoine historique de Paris.

Formidable lieu de mémoire et d?hommage à l'un des plus grands auteurs français, ce musée accueille un large public, avec plus de 50.000 visiteurs chaque année et une fréquentation en hausse de près de 26 % en 2010.

De ce fait, le besoin qui avait été formulée de modernisation et d'amélioration des conditions d'accueil du public en dotant le musée d'un espace pédagogique pour les scolaires, d'une librairie et d?une cafétéria trouve naturellement sa justification et sa raison d'être.

Le projet d?extension essentiel à ce lieu est tout à fait possible par le rachat par la Ville de Paris de quatre anciennes maisons jouxtant la maison de Balzac. Malheureusement, après une décennie de promesses, le Maire de Paris, sans la moindre concertation avec la mairie du 16e, a décidé d'abandonner ce projet et de vendre ces maisons au profit de promoteurs immobiliers privés, privilégiant la spéculation immobilière. En effet, ce terrain doit être mis en vente pour la somme dérisoire de 6 millions, au détriment de la conservation et de l'amélioration du patrimoine culturel parisien et français, décision préjudiciable au développement de la culture parisienne.

Puis-je rappeler que le Ministre de la Culture vient de mettre en avant l'idée de la défense et de la valorisation des maisons d'auteurs ?

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Arrivez à votre conclusion.

M. Pierre GABORIAU . - J?y arrive.

C'est pourquoi le maire du 16e et les élus du groupe U.M.P.P.A. émettent le v?u que le Maire de Paris renonce à la vente du patrimoine nécessaire à la valorisation et l?épanouissement du lieu culturel historique qu'est le musée de Balzac, et je suis convaincu que notre collègue Christophe GIRARD, chargé de la culture, saura convaincre notre collègue Danièle POURTAUD, chargée du patrimoine, du bien-fondé de notre v?u.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Mme POURTAUD a la parole pour répondre.

Mme Danièle POURTAUD , adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je me réjouis que ce v?u me donne l'occasion de faire le point sur ce dossier et de mette fin, je l'espère, à la campagne de désinformation menée par M. GOASGUEN et la mairie du 16e.

D'abord, un petit rappel historique. Balzac a vécu au 47, rue Raynouard de 1840 à 1847. Il y écrivit quelques-uns de ses plus beaux romans, tels "La rabouilleuse", "Splendeurs et misères des courtisanes", ou encore "La cousine bette" et "Le cousin Pons" et surtout, "La comédie humaine".

Lieu emblématique de la création littéraire, cette maison a été classée aux Monuments Historiques en 1913 et la Ville l?a acquise en 1949 pour y faire un musée. Depuis cette date, la qualité du musée et ses nombreuses expositions en ont fait un lieu vivant apprécié des Parisiens, des touristes et des balzaciens du monde entier, parmi lesquels Christophe GIRARD.

Que les amoureux de Balzac se rassurent, la maison de Balzac et le musée Balzac ne sont pas en danger, contrairement aux amalgames volontairement racoleurs distillés par la pétition en ligne sur le site de la mairie du 16e ou dans la question parlementaire de M. GOASGUEN en date du 2 août 2011 - vous remarquerez que j'ai de bonnes lectures !

De quoi s'agit-il ? De la parcelle voisine, celle du 43-45, rue Raynouard, dont Mme MACÉ de LÉPINAY, alors adjointe à la culture de M. TIBERI, avait lancé l'achat concrétisé en 2002.

La Ville a en effet envisagé pendant quelque temps d'y réaliser une extension du musée, mais ce projet est abandonné depuis 2006 pour trois types de raisons.

Premièrement, le terrain est situé sur plusieurs niveaux, et il rend très difficile la réalisation d'un équipement public qui, comme chacun le sait, doit être accessible aux personnes en situation de handicap.

Par ailleurs, l'état de délabrement des maisons des XVIIIe et XIXe siècles qui s'y trouvent, puisqu'elles ont été ravagées par un incendie, rendait leur réhabilitation extrêmement coûteuse.

Deuxième raison, la Ville avait engagé depuis 2001 un vaste programme de restauration, remise aux normes et modernisation de ses musées avec les chantiers de Cernuschi, du Petit Palais, la première tranche du Musée d'Art Moderne, programme qui se poursuit aujourd'hui avec Galliera et bientôt Carnavalet.

Dans ce contexte, il n'a pas semblé pertinent d'envisager l'agrandissement du musée Balzac dans des conditions, je le répète, extrêmement coûteuses liées au site - je les ai évoquées à l'instant.

En revanche, le musée Balzac bénéficiera de ce plan de modernisation dès 2012 avec un programme de développement des outils de médiation à l'attention des publics et un réaménagement de la présentation des collections permanentes.

Enfin et surtout, troisième raison, nous sommes en 2011, cela ne vous aura pas échappé, et on ne peut plus raisonner rayonnement d'un musée et surtout, rayonnement d'une ?uvre littéraire, comme en 2001.

Comme vous le savez, la Ville a fait le choix d'un ambitieux projet de numérisation de ses collections, et sur les 6.000 documents ou ?uvres du musée Balzac, ce sont aujourd'hui quelque 4.150 qui sont numérisés.

Par ailleurs, chaque musée a développé un site Internet et je gage que tous les passionnés de la comédie humaine du monde entier y trouvent leur bonheur.

Alors encore un mot sur les fantasmes de M. GOASGUEN quant à notre volonté de livrer la parcelle du 43-45, rue Raynouard aux méchants promoteurs immobiliers pour y faire des immeubles et pourquoi pas des immeubles de grande hauteur.

Je suis sûr que les élus du 16e et la mairie du 16e possèdent un exemplaire du P.L.U. Je suis donc certaine que si vous n'avez pas encore eu le temps de vous y reporter, chers collègues, vous pourrez le faire rapidement. Vous y constaterez que cette parcelle est protégée par des règles d'urbanisme très strictes, des filets de hauteur, un espace vert protégé, qui interdisent de la densifier ou de la bétonner. Par ailleurs, comme elle est mitoyenne d'un monument historique, tout projet devra être approuvé par le Ministère de la Culture.

Voilà, j'ai sans doute été un peu longue, mais il me semble qu'il était nécessaire de rassurer tous les amoureux de Balzac au nombre desquels on compte Christophe GIRARD qui aurait pu, de bonne foi, être inquiétés par les amalgames fallacieux de la mairie du 16e.

Vous aurez donc compris, Monsieur le Maire, chers collègues, que j'appelle à rejeter ce v?u.

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Bien, vous ne le retirez pas ? C'est bon. On a compris, on va le mettre aux voix.

M. Pierre GABORIAU . - Il n'y a pas d'amalgame fallacieux et M. GOASGUEN n'a pas de fantasme sur la maison de Balzac, si vous avez écouté mon intervention, jamais je n'ai dit qu'il était question de la maison du musée de Balzac, je n'ai parlé que des 4 maisons anciennes qui entouraient le musée. J'ai été absolument clair dans mon v?u. Je ne le retire pas, Monsieur le Maire, bien entendu.

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Madame FOURNIER, pour une explication de vote.

Mme Danielle FOURNIER . - Je pense que les amoureux de Balzac, je ne sais pas si le terme convient, ont de quoi être inquiets parce que j'ai lu aussi le rapport de la Ville sur l'état de ce musée, et c'était une opportunité vraiment formidable pour agrandir le musée, lui donner toute sa place en France et en Europe. C'est extrêmement rare d?avoir ce genre d'opportunité foncière au bon endroit, au bon moment, donc nous ne comprenons pas la décision de vendre la parcelle, sinon au bout de 10 ans à constater que la Ville se comporte comme un vulgaire spéculateur. Nous voterons ce v?u.

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Mme POURTAUD a de nouveau la parole.

Mme Danièle POURTAUD , adjointe. - Merci, Monsieur le Maire, sans épiloguer sur les étranges convergences, je voulais simplement dire à notre collègue GABORIAU que je n'avais?

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Laissez parler Mme POURTAUD.

Mme Danièle POURTAUD , adjointe. - Je voulais dire à notre collègue M. GABORIAU que j?avais parfaitement écouté son intervention et que j?avais dans la mienne fait référence à la pétition en ligne sur le site de la mairie du 16e qui, je le répète, fait des amalgames fallacieux.

Je vous serais extrêmement reconnaissante de demander à M. GOASGUEN de bien vouloir rectifier, s'il tient à maintenir une pétition sur le site de la mairie du 16e, qu'il n'appelle pas sur ce site à sauver la maison de Balzac. La maison de Balzac n'est absolument pas en danger, elle n?est pas mise en vente par la Ville de Paris. C'est la parcelle du 43-45, rue Raynouard qui est en vente.

M. Jean VUILLERMOZ , adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 38 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est repoussé.