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Septembre 2011
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Conseil Municipal
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52 - 2011, SG 198 - Adhésion de la Ville de Paris à un groupement de commande en vue de la réalisation de l'étude reconquête de l'autoroute A4 : vers une avenue métropolitaine (12e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2011

52 - 2011, SG 198 - Adhésion de la Ville de Paris à un groupement de commande en vue de la réalisation de l'étude reconquête de l'autoroute A4 : vers une avenue métropolitaine (12e).

 

M. Pierre SCHAPIRA , adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération SG 198. Adhésion de la Ville de Paris à un groupement de commande en vue de la réalisation de l'étude reconquête de l?autoroute A4 : vers une avenue métropolitaine.

La parole est à Mme CHARNOZ pour cinq minutes ; si elle peut moins, c?est mieux.

Mme Sandrine CHARNOZ . - Merci, Monsieur le Maire. En un peu moins, certainement, surtout que nous sommes de nombreux inscrits sur ce beau sujet.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, je voudrais revenir quelques instants sur le projet de délibération portant sur un groupement de commande en vue de la réalisation de l'étude reconquête de l'autoroute A4 : vers une métropole urbaine.

Permettez-moi tout d?abord, en tant qu?élue du 12e, de saluer ce nouveau pas vers la reconquête des berges de la Seine. Cette étude nous permet d?e nvisager dans un futur proche un accès à la Seine, une pacification des quais de Bercy et de la Rapée et le développement d?un projet de qualité sur Bercy-Charenton.

Ce projet de délibération fait, par ailleurs, revivre le plaisir et la créativité des réflexions conduites par les architectes de l?atelier international du Grand Paris, qui avaient imaginé utiliser les infrastructures existantes en rocade de Paris, comme l?A86, pour développer un nouveau système de transports, ou encore celle de l'équipe Descartes qui nous avait proposé cet axe pacifié et vert.

Cette étude souhaite que demain l?A4 puisse accueillir un mode collectif de transport si possible. Dans le cadre du Grand Paris et de la dynamique du "cluster" de la ville durable implanté à Marne-la-Vallée, l?Est parisien pourrait ainsi jouer un rôle d'expérimentation pour un territoire francilien équilibré et durable.

Nous pourrons, demain, peut-être, envisager un développement dans notre agglomération de projets similaires et une réduction des nuisances que représentent ces grands axes routiers.

Ce projet de délibération est aussi l?o ccasion de rappeler la démarche initiée par "Paris Métropole" et l'appel aux initiatives organisé par le Syndicat mixte d?études "Paris Métropole". Le projet est, en effet, l?une des 110 initiatives de cette démarche et est présenté par l'Association des collectivités territoriales de l?Est parisien, l?A.C.T.E.P., dans le cadre de "Paris Métropole".

L?A.C.T.E.P., dont Charenton-le-Pont, Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-bois, Vincennes, Saint-Mandé sont membres, a, en effet, mis au pot commun de "Paris Métropole" la reconquête de l?A4, comme nous l'avons fait, par exemple, pour les projets des berges de Seine.

Aux côtés de l?A.C.T.E.P., coordinateur du groupement, sont également impliqués la Région Ile-de-France, les départements du Val-de-Marne, de la Seine-Saint-Denis et de Paris.

Ce projet s'inscrit, bien sûr, dans les orientations du schéma directeur de la Région Ile-de-France et du Plan de déplacement urbain ; c'est un bel exemple de respect et de mise en ?uvre de nos documents de planification et de coopération métropolitaine.

Pour finir, je voudrais également souligner le tournant et le symbole fort que constitue la réalisation d'une étude de la réduction de la place de la voiture non plus initié simplement par Paris. C'est, en effet, l?A.C.T.E.P. qui a sollicité la Ville de Paris pour participer à cette étude de pacification de l'autoroute A4 en vue de sa transformation en avenue métropolitaine. Il s'agit d'un projet initié par nos voisins pour apaiser le trafic automobile au sein des agglomérations denses, comme nous le promouvons dans notre aménagement des berges.

Mes chers collègues, je vous invite donc à voter cette étude, qui, comme l'initiative parisienne de requalification des berges de la Seine, témoigne de la mutation des infrastructures routières vers plus d?urbanité, d'intermodalité et d'interterritorialité.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA , adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à M. Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI , adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais également saluer ce projet de délibération relatif à la réalisation d'une étude en vue de la reconquête de l'autoroute A4 et de sa transformation en une avenue métropolitaine.

L?intérêt de cette étude est de repenser les déplacements à l?échelle métropolitaine et de réfléchir à un aménagement urbain qui replace les infrastructures routières et autoroutières dans leur environnement urbain.

L'idée, ici, est de réfléchir, non seulement à une meilleure insertion urbaine de ces infrastructures, mais aussi à de nouveaux usages et à de nouveaux modes de déplacements, plus diversifiés, et cela rejoint pleinement les propositions que les élus écologistes ont pu formuler par le passé ; je pense notamment à la proposition de notre collègue Denis BAUPIN de créer une voie dédiée pour les transports en commun, l'auto partage, le covoiturage, les taxis et les véhicules peu polluants, sur les infrastructures autoroutières d'Ile-de-France, et l'autoroute A4 s?y prête particulièrement.

L?intérêt de cette étude est aussi de nous permettre de penser l'articulation de cette autoroute et de son prolongement dans Paris, puisque nous avons la particularité d?avoir avec l?a utoroute A4 la seule autoroute qui pénètre dans Paris de près de deux kilomètres, puisqu'elle se prolonge par les quais de Bercy et par le quai de la Rapée pratiquement jusqu?au pont Morland, et le premier feu de signalisation est situé bien après l'entrée dans Paris, à près de deux kilomètres après le boulevard périphérique.

Il s'agit là aussi, pour nous, de penser en tant que Parisiens, mais en relation, bien entendu, avec nos voisins et dans une dimension métropolitaine, à l'articulation entre les quais, la voie expresse et les berges de la Seine, avec son prolongement en dehors de Paris et de l'autoroute A4. Cela rejoint d'ailleurs la réflexion qui a été entamée avec l'aménagement des berges de Seine et je crois que la perspective de retrouver la Seine est extrêmement intéressante.

Nous suivrons donc avec beaucoup d'intérêt les résultats de cette étude et nous voterons, bien entendu, ce projet de délibération qui ouvre le champ, je crois, à une nouvelle urbanité.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA , adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. DUBUS.

M. Jérôme DUBUS . - Monsieur le Maire, mes chers collègues, permettez-moi l'aveu d'une curiosité teintée d?une perplexité à l'égard de ce projet de délibération.

Ce n'est pas le montant de la participation municipale qui est en cause ; 50.000 euros, après tout, c?est une dépense encore supportable pour nos finances et, a priori, modique par rapport au coût global de l?étude qui s?élève à 837.000 euros.

Nous comprenons également que Paris s?associe à cette étude compte tenu des opérations d?a ménagement en cours.

A Bercy - Charenton, cela a été rappelé, ce sont 15.000 nouveaux habitants et 25.000 actifs qui sont attendus, suscitant potentiellement une charge nouvelle pour l?A4. Autant coordonner étroitement ce projet avec le destin de l'autoroute et les initiatives portées par les autres collectivités ou l'Etat.

En outre, si j?en crois le récent rapport du sénateur CAFFET, je le cite, "Paris a beaucoup à offrir aux villes voisines".

Mes chers collègues, vous l?aurez deviné, c?e st bien plutôt la raison de la commande qui retient notre attention, à savoir reconquérir une autoroute qui n'était pas perdue, pour la conduire devant l'autel de l'urbanité durable.

Ce projet traduit une volonté de valoriser des espaces disponibles et d?explorer le potentiel foncier.

Les élus centristes sont, vous le savez, favorables à la densification et à la mutation des emprises. C'est désormais "the must" de la réflexion urbaine en zone dense. A cet égard, je ne me priverai pas du plaisir de rappeler que la majorité municipale a opté en 2006 pour un P.L.U. qui a diminué en temps de pénurie de foncier le coefficient d?occupation des sols.

Il y a aussi dans ce programme l'ambition de modifier un axe autoroutier à usage européen au gré des prospectives des collectivités de l?Est parisien et de l'implantation d'une ligne de transport en commun sur site propre. Ma perplexité tient à la faisabilité de cette irruption d?une voie réservée au transport collectif sur l?A4 et à la possibilité de concevoir, mais aussi de financer des aménagements qui ne créeront pas l'embolie définitive de la circulation. Ce n'est pas un scoop, la jonction des autoroutes A4 et A86 est un goulet d?étranglement, c'est le plus gros bouchon d'Europe, la circulation est notoirement dégradée, occasionnant une perte de temps considérable pour les usagers et des reports vers les itinéraires de délestage... Il y a d?ailleurs un point remarquable dans les politiques actuelles, c?est leur incapacité à vouloir ou pouvoir régler le problème des n?uds autoroutiers. Or le risque, compte tenu du flux grandissant des Parisiens qui travaillent dans le Val-de-Marne ou en Seine-et-Marne, est de dupliquer sur l?axe Paris banlieue les embouteillages actuels vécus dans le sens banlieue Paris. C'est dire s'il faudra un solide socle d'études et une objectivité totale sans présupposés, pour vérifier d'une part, que les installations projetées n?enveniment pas la situation, et d'autre part, que le transfert modal de la route vers le bus a un sens stratégique.

Je vous rappelle qu'une première démarche exploratoire sur ce sujet a été réalisée il y a peu par l?IAURIF. Il s'agissait de déterminer si nos autoroutes pouvaient faire place à des voies de bus à l'instar de pays comme l'Espagne, le Canada, les États-Unis pour ne citer qu?eux. Vous en connaissez très certainement les conclusions. Elles mettaient en évidence les difficultés de transposer ces principes en Île-de-France en raison de la configuration spécifique de la voirie autoroutière dans la métropole et du poids des travaux et ouvrages à réaliser tant du point de vue de la sécurité que de l'accès aux autoroutes. Néanmoins, certains sites, et on n?y relève pas l?A4, méritaient selon l?IAURIF, de faire l'objet d'études spécifiques en raison de la facilité physique existant a priori sur certains secteurs autoroutiers.

Il appartiendra à cette étude de démontrer la faisabilité du projet d'implantation d?un TCSP sans effet congestionnant pour le réseau routier, mais aussi pour les territoires limitrophes. Je pense notamment aux communes du Nord-Est essonnien qui, je l?espère, seront associées très en amont aux prospectives.

Nous attendrons les conclusions, l?avis public a été publié, si je ne me trompe en juillet dernier, pour un marché d'une durée évaluée à 13 mois. Nous attendrons également des propositions techniques, mais aussi juridique s, puisque les autoroutes sont soumises à un régime particulier, et les pistes de financement, qui dans l'effervescence actuelle de la fiscalité foncière et le contexte de restriction budgétaire ne manqueront pas certainement d'un intérêt certain.

Monsieur le Maire, nous voterons ce projet de délibération non sans vous demander de bien vouloir informer les élus parisiens, dans les formes que vous choisirez, des étapes et des conclusions de l'étude.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA , adjoint, président. - La parole est à M. MANSAT.

M. Pierre MANSAT , adjoint, au nom de la 8e Commission. - Je serai bref puisque les orateurs ont dit le bien qu?i ls pensaient de ce projet de délibération et nous ont annoncé leur vote positif, donc je remercie Sandrine CHARNOZ et Christophe NAJDOVSKI, qui ont très bien démontré l'un et l'autre les enjeux de ce projet de délibération.

La perplexité ou les interrogations de M. DUBUS sont les nôtres d'une certaine façon puisque l'étude vise à répondre aux questions qu'il se pose, faisabilité, réalisme, opportunité financière, sûreté juridique , ce sont les questions auxquelles l'étude devra répondre. Je m'engage, comme il le demande, à transmettre régulièrement tous les éléments d?avancée de l?étude devant les membres de la 8e Commission et de l'ensemble également des groupes du Conseil de Paris.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA , adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 198.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, SG 198).