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Decembre 2004
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Discussion budgétaire commune Ville-Département de Paris (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2004


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Le débat sur le budget est allé à son terme. Beaucoup de discussions ont eu lieu et je m?en réjouis, y compris sur les contributions des différents groupes à l?enrichissement de ce budget, je ne sais pas si le mot enrichissement convient? Enrichissement au sens budgétaire du terme. Il faut éviter. L?enrichissement intellectuel, politique, moral, ça oui.

Maintenant, il va y avoir les explications de vote. Je vous rappelle, avant de donner la parole aux six orateurs inscrits, qu?il n?y aura plus de débat après.

Tout ce que vous avez à dire, vous le dites dans vos dix minutes et je donne la parole d?abord à M. DESESSARD.

M. Jean DESESSARD. - Merci, Monsieur le Maire.

 

Je serai bref car nombre de choses ont été dites hier.

Ce cinquième budget, Monsieur le Maire, est le budget de la réalité. Enfin, les choses s?éclaircissent.

Il est reconnu que Paris est une ville riche. Elle dispose de moyens importants et le ratio de la dette est un bon baromètre de cette bonne santé financière. Il a diminué depuis le début de la mandature, ce qui signifie qu?il y a eu des excédents les années précédentes.

De même, un ratio de 22 % montre qu?il y a d?énormes possibilités financières. Les rentrées fiscales sont importantes, certaines paradoxales comme les droits de mutation. Et le taux de fiscalité est bas. On pourrait y faire appel si vraiment il y avait besoin. Mais, il y a moyen de mener une politique ambitieuse sans y recourir.

Les dépenses, c?est une gestion maîtrisée, une politique sociale importante, des prestations de service significatives (espaces verts, écoles, crèches, création d?emplois sur la période pour résorber la R.T.T.), des investissements importants cette année (tramway, Mobilien, couverture du périphériques, espaces verts). Et nous pouvons noter que, effectivement, nous sommes passés au-dessus du milliard. Même si nous ne réaliserons pas l?ensemble de nos projets, il y a néanmoins un effort important.

Mais je suis surpris sur un point, à savoir la réticence de l?Exécutif à mettre en place des tableaux de bord performants et informatisés. Je me félicite des amendements présentés par l?Exécutif, hier soir. Nous recevrons les documents dix jours avant la Commission. Merci ! Nous recevrons un CD-Rom. Bravo ! Une excellente petite avancée.

Mais, je ne comprends pas pourquoi il y a du retard dans la mise en place du ?BIP-BIP?, du budget informatisé parisien. Aujourd?hui, dans chaque entreprise il y a des tableaux de bord informatiques. Il faudra un jour qu?on m?explique les causes de ce blocage vis-à-vis de l?informatisation de la Ville de Paris. J?ai vraiment du mal à le comprendre. On a les moyens d?informatiser. Un tableau de bord est nécessaire pour le prévisionnel, pour être prospectif. Il faudra qu?on m?explique ce blocage important depuis quatre ans de l?Exécutif sur ce point.

Bref, un bon budget maîtrisé, que nous voterons, puisque effectivement, il met en place un certain nombre de prestations, et je dirais que l?on devrait tous le voter, droite comprise, puisque c?est un budget sain, bien géré, comme cela a été dit, économe, et qui offre un certain nombre de prestations.

Toutefois, Monsieur le Maire, et vous l?avez constaté, hier, dans nos interventions, nous souhaiterions une vision à long terme. Une vision à long terme sur le logement à Paris. Je ne veux pas redire ce qu?a rapporté M. LEGARET, hier, lorsqu?il a lu la profession de foi de la liste ?changer d?ère? dans laquelle il était rappelé que Paris ne devait pas rejeter tous les pauvres à la périphérie et que même les classes moyennes sont menacées.

Il est évident qu?il faut un plan ambitieux pour le logement social et le logement intermédiaire. Et malgré les avancées dans ce domaine dans ce budget, je pense que nous avons les moyens de faire beaucoup plus. Nous devrons véritablement avoir un plan pour le logement à Paris.

De même sur la pollution. Nous voulons réduire la place de la voiture, développer les transports collectifs, et à ce niveau, il faut envisager une vraie politique avec la Région Ile-de-France.

Il faut donc réduire les flux de circulation. Et cela veut dire rapprocher l?habitat du lieu de travail. Il faudra encore traiter le problème de l?emploi à Paris, par rapport à cet objectif de réduction des flux entre Paris et banlieues.

On peut toujours dire qu?il faut plus de créations d?emplois, donc création de bureaux, et en même temps réclamer la création de logements et ainsi de suite. Si on fait des bureaux, des logements, des bureaux et des logements pour répondre à l?un à l?autre, nous arrivons à une densification de Paris sans régler le problème.

Donc il faudra bien poser ce problème autrement. Je vous expliquerai ma vision, Monsieur le Maire, quand j?en aurai le temps. Là, je n?ai que deux minutes.

Donc, je vous annonce que ?Les Verts? vont voter le budget. Mais nous souhaiterions en votant le budget avoir les moyens de mener ce débat à long terme sur le logement, la densification et la pollution à Paris.

Sur ces trois points, nous souhaiterions effectivement un débat, pour un Paris écologique, vivant et populaire.

Sur le budget de la Préfecture de police, Mme DUBARRY a montré, hier, la difficulté d?harmoniser les objectifs municipaux et les objectifs gouvernementaux. M. le Préfet, dont je salue aussi l?arrivée, a noté la demande. Nous avons noté qu?il a noté. Mais comme cela fait beaucoup de promesses non tenues depuis le début de la mandature, nous nous abstiendrons sur le budget et nous attendons de voir.

En conclusion, Monsieur le Maire. Oui, nous votons ce budget car c?est un bon budget de gestion. Il y a certains points où nous avons trouvé le compromis. Mais nous souhaitons vraiment travailler sur le long terme avec des moyens de le faire donc, je ne rappelle pas le besoin de tableaux de bord informatiques - je voudrais que M. SAUTTER lève les résistances sur l?informatisation de la Ville de Paris. Nous voulons avoir un vrai débat sur le logement social, sur la réduction des flux de circulation entre Paris et banlieues, sur le problème de l?emploi à Paris. Une politique de gauche et écologique doit anticiper et non s?adapter à la logique du marché.

Merci, Monsieur le Maire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, nous arrivons au terme de ce débat budgétaire au cours duquel la majorité municipale a confirmé sa solidarité avec les Parisiens.

Je le disais, hier matin, ce budget 2005 traduit bien plus que la poursuite de nos engagements vis-à-vis des Parisiens. Il va plus loin car il témoigne d?une forte réactivité face à la déferlante ultralibérale qu?impose le Gouvernement à l?ensemble de notre société.

 

Dotés de plus de 7 milliards d?euros, les Parisiens vont bénéficier, en 2005, d?actions renforcées en matière de dépenses sociales, mais aussi d?investissements fortement en hausse afin d?améliorer encore l?offre d?équipements publics nécessaires à l?amélioration de leur vie quotidienne. Ces actes concrets traduisent notre conception des responsabilités publiques vis-àvis de nos concitoyens : être tournés exclusivement au service de la réponse à leurs besoins dans un souci de justice sociale, d?égalité d?accès, pour que Paris soit une ville à vivre d?abord pour ses habitants.

Il faut le dire, cette volonté qui depuis 2001 n?a pas fléchi, s?accomplit dans un contexte de désengagement patent de l?Etat sur tous les fronts de la solidarité. Je l?ai expliqué, hier matin, ainsi que mes collègues, Nicole BORVO, Jacques DAGUENET et José EPINOSA sans oublier l?excellente intervention de Sophie MEYNAUD, sur le budget de la Préfecture de police.

Riche, Monsieur le Maire, c?est le débat budgétaire qui l?a été et il l?a surtout été d?enseignements. Notamment les propos du Président GOASGUEN, qui sont vraiment limpides. Il soutient avec ses collègues de l?U.M.P. les désengagements de l?Etat en matière de solidarité. C?est ce qu?il disait, hier matin, concernant les sommes dues par l?Etat sur le R.M.I. : eh bien, que la Ville paye et on verra plus tard pour les remboursements de l?Etat. Mettre notre collectivité en situation de faire des avances à l?Etat au détriment de dépenses supplémentaires pour les actions de la Ville, c?est signer une rupture du contrat de l?Etat, de la République vis-à-vis de nos concitoyens. Je le dis avec force, quel mépris aussi pour les collectivités locales qui se voient imposer de nouvelles responsabilités sans compensation intégrale.

Vos amis, maires et conseillers généraux de France apprécieront, Monsieur GOASGUEN, votre conception du rôle des collectivités locales. Ils s?inquiètent eux aussi d?une décentralisation boiteuse et se trouvent comme partout en France dans des situations budgétaires de plus à plus contraintes et des marges de man?uvres qui se rétrécissent à vue d??il.

De la part de M. LEGARET, également, nous avons eu droit à un exercice incroyable de perte de mémoire, car nous dire en 2005 que la majorité municipale favorise la spéculation, et donc favorise le départ des classes moyennes... Franchement, nous aurons tout entendu. Monsieur LEGARET, quand la Ville acquiert des immeubles, elle créé les conditions de maintenir ces familles à Paris, et non de les chasser, comme vous l?avez fait dans le passé. Elle donne un message clair aux investisseurs privés, celui d?une puissance publique qui veut maîtriser son territoire et qui se refuse à le voir dilapidé au bénéfice des fonds de pension.

Quant à l?éviction des Parisiens de la Capitale, franchement un peu de décence. Vos politiques successives pendant des années en faveur du ?tout finance?, du ?tout prestige?, du ?tout tourisme?, ont provoqué, comme le disait Christian SAUTTER, le départ de 175.000 Parisiens entre 1975 et 1999. C?est cela le résultat de vos orientations politiques.

Alors, Monsieur le Maire, vous l?aurez constaté, nos contributions dans ce débat budgétaire ont témoigné de notre soutien à la dynamique forte traduite dans ce budget 2005.

Nous avons aussi, vous l?avez entendu, insisté sur trois points sur lesquels mon groupe a formulé des propositions très concrètes. Premièrement, au niveau social, nous avons souhaité qu?il soit tenu compte de la situation très tendue des assistantes sociales dans les arrondissements du nord-est parisien.

Je ne reviendrai pas sur le travail remarquable que font ces personnels, qui non seulement vivent au quotidien les difficultés de vie de nombreuses familles frappées par les politiques antisociales du Gouvernement. La faiblesse de leur nombre provoque des dysfonctionnements qui entraînent une défaillance du service public pendant plusieurs mois dans certains quartiers et cela faute de remplaçants.

C?était tout le sens de notre amendement, visant à favoriser l?apport de 35 postes supplémentaires d?assistantes sociales. Vous nous proposez un amendement de l?Exécutif qui s?engage à créer dès 2005 une équipe volante composée d?assistants socio-éducatifs en complément des effectifs actuels, une équipe qui sera opérationnelle dès l?année 2005. Nous prenons acte de cet engagement et nous nous félicitons de la prise en compte de cette situation.

Secundo, s?agissant de notre proposition d?abonder le compte foncier en faveur des acquisitions pour le logement social, cette question a été un des sujets récurrents de cette discussion budgétaire. Notre débat a témoigné pour la majorité municipale d?un souci partagé face à une situation fort préoccupante. Je veux ici évoquer l?explosion de la spéculation immobilière provoquée par des ventes tous azimuts d?institutionnels privés et publics aux marchands de biens, qui risque très vite de changer considérablement la sociologie même de notre Capitale.

L?Etat, là aussi, ne joue pas son rôle, il laisse la spéculation se répandre dans toutes les grandes villes à une vitesse vertigineuse, espérant certainement ainsi tirer profit de la vente qu?il prévoit d?une grande partie de son patrimoine pour compenser les cadeaux fiscaux qu?il vient encore d?octroyer aux plus fortunés.

Nous l?avons dit et répété depuis l?année dernière, cette situation fort préoccupante nous oblige à nous positionner de façon très offensive. Les Parisiens, les jeunes ménages, doivent aussi compter sur leur Municipalité pour contrecarrer autant que faire se peut cette mainmise du capital financier immobilier sur la Capitale. C?est pourquoi nous vous avions proposé de porter de 40 à 80 millions d?euros les crédits consacrés à cette politique d?acquisitions pour le logement social.

Vous considérez avec nous qu?il est important de donner des signes de confiance plus affirmés à tous ces ménages qui craignent de ne plus pouvoir rester à Paris. Vous nous proposez par un amendement de porter cette ligne budgétaire à 50 millions d?euros dès le budget primitif et d?arriver à 60 millions d?euros au budget modificatif de juillet prochain, soit 20 millions d?euros supplémentaires en deux étapes.

Nous acceptons votre proposition et nous nous réjouissons que ce débat fructueux se soit concrétisé par une réelle prise en compte d?une préoccupation majeure des Parisiens, celle de pouvoir continuer à vivre à Paris.

Troisièmement enfin, je me félicite que 300.000 euros supplémentaires soient consacrés aux actions pour lutter contre le sida en Afrique. Paris, ville capitale, riche de ses coopérations internationales, a marqué depuis le début de la mandature une réelle volonté d?apporter sa contribution originale pour lutter contre ce fléau qui ronge le continent africain.

 

Dans sa lutte contre la pandémie, elle finance un programme de prise en charge d?une centaine d?orphelins au Burundi, la prévention de la transmission du V.I.H. de la mère à l?enfant au Cameroun, l?allaitement de nouveaux nés de mères séropositives et la prise en charge d?une centaine d?orphelins au Mali, la ligne d?écoute téléphonique au Maroc, les équipements médicaux et un centre de dépistage et de prévention du sida pour une maternité d?Ethiopie.

Enfin elle finance le suivi médical et le traitement sous antirétro-viraux de 100 patients au centre de santé de White City Jabavu à Soweto en Afrique du Sud et cela permettra à d?autres projets de voir le jour l?an prochain.

Monsieur le Maire, pour toutes ces raisons, faut-il vous le préciser, nous voterons le budget primitif 2005.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Deux remarques, la première par rapport à M. DESESSARD : nous avons le débat sur le P.L.U. en janvier, c?est le moment de se poser la question des règles d?urbanisme à Paris pour favoriser le logement et l?emploi, et c?est là qu?on peut voir nos difficultés par rapport à la densité.

Par rapport à ce que vient de dire M. Jean VUILLERMOZ, je veux témoigner, parce que cela s?adresse à tous les élus de Paris, du climat qui existe avec nos partenaires africains, notamment sur la lutte contre le Sida. J?avais l?occasion il y a peu de temps d?inaugurer un centre à Ouagadougou que nous avions financé et même d?initier d?autres projets de solidarité avec l?Afrique dans la lutte contre le sida et c?est très important que Paris continue à être très dynamique de ce point de vue-là.

La parole est à M. LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Il est révélateur, Monsieur le Maire, que ce matin dès l?ouverture de la séance vous n?ayez que le mot d?enrichissement à la bouche.

Oui, vous nous avez parlé d?enrichissement, vous avez commencé comme cela ! Cela devient obsessionnel ! Votre prédécesseur dans ce registre, M. GUIZOT, avait au moins la mémoire de l?historien ! Alors quelques rappels historiques.

Vous nous aviez dit en 2001?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous ne savez pas à quel point vos propos sont déplacés !

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Vous nous aviez dit en 2001 que vous n?augmenteriez ni les impôts ni les taxes. Alors comment se fait-il que la masse fiscale ait augmenté du tiers depuis 2001 ? C?est bien la contribution des Parisiens qui a alimenté cet enrichissement de la Ville !

Vous nous aviez dit en 2001 que vous alliez investir massivement.

Vous nous aviez même dit en 2001 que vous auriez préféré trouver une Ville plus endettée et mieux équipée.

Aujourd?hui vous vous félicitez d?une situation qui est effectivement favorable, avec un niveau d?endettement par habitant très bas comparé à tout ce qui est comparable. Je dois reconnaître que, sur ce point-là, vous n?avez pas été capable d?aggraver l?endettement de la Ville. Si vous n?avez pas aggravé l?endettement, c?est parce que contrairement à vos promesses vous n?avez pas investi.

Vous n?avez pas investi malgré des affirmations particulièrement péremptoires répétées d?année en année : doublement des investissements, aviez-vous promis, d?ici la fin de la mandature par rapport à la mandature précédente.

Ecoutez, Monsieur le Maire, je ne sais pas quand s?achèvera cette mandature, il y a une petite hésitation à quelques mois, voire une année près, mais je vous donne rendez-vous à la fin de cette mandature et vous ferons le compte, nous verrons où nous en serons par rapport à cette promesse de doublement.

Vous nous aviez dit que vous lutteriez contre la spéculation immobilière, et vous allez évidemment nous dire une fois de plus que ce n?est pas de votre faute si les droits de mutation ont augmenté dans de telles proportions. En êtes-vous si sûr ? Parce que la politique d?acquisition d?immeubles, y compris d?immeubles à la découpe, comme M. MANO le reconnaissait hier, c?est un encouragement à la spéculation immobilière, je le répète : pour spéculer, il faut être deux, il faut des vendeurs et des acheteurs.

Ce sont 650 millions d?euros de fruits de la spéculation immobilière avec lesquels vous vous êtes enrichis, auxquels vous pouvez ajouter les 225 millions d?euros de recettes réalisées sur les ventes? on ne dit plus ?du domaine privé? parce que cela fâche, on dit aujourd?hui des ?biens immobiliers improductrifs ou inutiles?, tout cela ce sont des recettes exceptionnelles que vous auriez pu utilement employer, soit à la poursuite du désendettement de la Ville, soit à la réalisation d?investissements importants, notamment dans le domaine du logement social.

Ce n?est pas ce que vous avez fait et vous le savez très bien. Vous avez employé cette manne exceptionnelle, ces produits fiscaux exceptionnels au déparage du budget de fonctionnement et vous n?avez pas su investir, contrairement à vos promesses.

Monsieur le Maire, il va de soi que d?année en année vos déclarations incantatoires, voire les critiques de l?opposition, finissent par revêtir un côté répétitif. C?est vrai. D?ailleurs, je voudrais redire ce matin ce que j?ai déjà dit en conférence d?organisation : il y a de ce point de vue une régression démocratique à constater que cette session budgétaire se tient dans des conditions de travail qui ne sont pas satisfaisantes? 282 délibérations inscrites à l?ordre du jour de la session budgétaire, on n?a jamais vu cela ! Il faudra bâcler ce travail dans l?après-midi.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Non, ce n?est pas satisfaisant ! Cela montre véritablement de votre part, de la part de l?Exécutif, un certain mépris du débat démocratique, mépris d?ailleurs confirmé par l?absence hier d?un certain nombre d?adjoints au moment où les orateurs de la majorité comme de l?opposition les interpellent sur leur propre délégation.

 

Monsieur le Maire, ce n?est qu?un budget comme un autre, ce n?est pas les budgets que vous nous présentiez en début de mandature et dans lesquels vous étiez plein de promesses. Ce n?est pas non plus un budget de fin de mandature où vous allez probablement peaufiner des budgets à caractère électoral. C?est un budget comme un autre, dans lequel vous êtes bien forcé de constater que les promesses n?ont pas été tenues et où vous relancez des promesses nouvelles. Comment pourrions-nous vous croire lorsque vous affichez vos ambitions en matière d?investissement, et que vous nous dîtes que cette fois-ci ce ne sont pas des autorisations de programme, mais des crédits de paiement.

Et puis il y a enfin cet artifice particulièrement mal venu du désengagement de l?Etat, désengagement d?autant moins crédible que vous bénéficiez depuis peu d?une garantie constitutionnelle de compensation par l?Etat des charges qui pèsent sur l?ensemble des collectivité territoriales en France.

Nous voterons, Monsieur le Maire, le budget annexe de la Préfecture de police parce que nous voulons saluer les évolutions positives et je salue avec l?arrivée de M. MUTZ des engagements fermes auxquels nous croyons. Nous sommes sensibles aux promesses tenues.

Nous ne voterons pas le budget de la collectivité, ni celui de la Ville de Paris, ni celui du Département de Paris parce que nous constatons que vous n?avez pas tenu vos promesses. Nous vous jugerons toujours sur les résultats, ces résultats sont des résultats décevants et les promesses n?ont pas été tenues.

Voilà, Monsieur le Maire, mes chers collègues, le sens de notre vote.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - M. Georges SARRE a la parole.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, je vais tout de suite éclairer l?Assemblée et vous-mêmes en mettant fin à un terrible suspens, le groupe M.R.C. votera les budgets de la collectivité territoriale.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste et ?Les Verts?).

Est-ce par, je dirais tradition que l?opposition et la majorité votent contre ou pour ? Je le dis, en ce qui nous concerne, nous le votons par conviction. Parce que le budget qui a été présenté, plus exactement les budgets de la collectivité territoriale, qu?il s?agisse du Département ou de la Commune sont des budgets que je qualifierai d?abord de sincères, ce qui est extrêmement important et j?ajouterai que ce sont des budgets qui préparent l?avenir tout en travaillant pour le présent. Préparer l?avenir quoi qu?en dise l?orateur du groupe U.M.P. la politique en faveur de l?investissement est une réalité, et hier dans mon propos, je disais que l?on voit éclore dans Paris, dans tous les quartiers, des équipements en particulier pour la Petite enfance, qu?il s?agisse d?écoles, de crèche, de haltes-garderies, qu?il faille faire plus oui, mais par rapport à ce qui était fait avant disons que la différence est quand même nette et sensible.

Ce n?est pas parler en voulant flatter le Maire ou la majorité municipale ou l?adjoint, ce sont des réalités objectives que personne ne peut nier, et je trouve que dans un débat républicain l?opposition se grandirait en reconnaissant les choses telles qu?elles sont, cela ne vous empêcherait pas de constituer des listes la prochaine fois, puisque évidemment personne n?envisage une fusion de la droite et de la gauche.

Nous aurions donc à ce moment-là, un débat qui serait, me semble-t-il, tout à fait positif, même si je considère que le débat qui a eu lieu a été un des débats les plus intéressants que nous ayons eus depuis longtemps.

Comme l?a dit l?orateur des ?Verts?, M. DESESSARD, comme l?a dit l?orateur du groupe communiste, son président, c?est vrai qu?il y a des avancées et que le débat a permis de sérier un certain nombre de sujets sur lesquels nous pourrons progresser la prochaine fois.

Je voudrais vous dire que pour l?investissement, pour la solidarité, quand même, disons le, il y a des efforts que je qualifierai d?importants et d?opportuns car au moment où la crise économique frappe à nouveau, enfin la crise, non la politique qui mène aux résultats que nous avons à déplorer, eh bien, nous pensons que les efforts de solidarité entrepris par le Département et la Ville de Paris sont opportuns et fort pour la simple raison que la misère grandit, que la pauvreté est là, et que l?exclusion se développe, c?est à partir du moment où nous réagissons qu?il est possible d?adoucir un peu les douleurs que rencontrent beaucoup de nos concitoyens.

Je voudrais également souligner qu?il est souhaitable, Monsieur le Maire, de faire des économies, je vous suis toujours quand vous parlez ainsi, pour dénoncer les dépenses inutiles et les gaspillages, mais ce que je souhaiterais c?est qu?il y ait en parallèle une dynamique dans l?administration, qu?un effort soit fait en faveur de la modernisation. Cela a été dit par M. DESESSARD, je le signale pour plusieurs secteurs, il est urgent, Monsieur SAUTTER, chers collègues, de le faire, de faire plus, si on prend les relations qui sont nécessaires presque au quotidien entre les mairies d?arrondissement et les directrices de crèche, eh bien, il faut que des programmes soient mis au point et puissent entrer en pratique le plus rapidement possible.

En ce qui concerne l?urbanisme, là aussi le travail qui a été réalisé pour établir des rapports nouveaux avec la banlieue, ouvrir les portes de Paris si j?ose dire, ce travail qui est commencé doit être poursuivi, mais il est prometteur.

J?insiste également sur l?aménagement de la Seine qui doit être l?axe structurant de la Ville. Je suggère à M. DELANOË de reprendre le projet de navettes fluviales dans le bief de Paris entre Alfortville et Suresnes.

Je voudrais saluer le travail de l?adjoint au Logement qui a une tâche difficile et qui a pris de bonnes initiatives évidemment avec l?accord de l?Exécutif.

 

Quelles initiatives ? Quand on parle, Monsieur LEGARET, de vente à la découpe, je vais vous prendre un exemple dans le 11e arrondissement, 39, rue de Montreuil, quand les gens viennent vous voir en permanence, une petite délégation vient vous visiter en disant : ?Voilà, Monsieur le Maire, l?immeuble dans lequel nous vivons, où nous sommes locataires, appartient à la ?Deustche Bank?, cette banque a décidé de vendre. Qu?allonsnous devenir ?? Ils connaissent comme vous et moi le nombre de demandes de logement qui sont en instance dans la Capitale et dans 11e arrondissement. Etes-vous capable à moyen terme, me disent-ils de nous reloger ? Est-ce que la Ville de Paris est susceptible de le faire ? Je leur réponds évidemment non, il faudra que l?ancienneté intervienne, il faudra que la situation de chaque famille ou couple soit étudiée, cela ne sera pas demain la veille et cela prendra des années. Ils me disent : ?Que va-t-on devenir ??

Quand je demande à M. MANO quelles sont les possibilités de la Ville, il me dit : ?nous allons négocier, nous allons essayer de faire en sorte que la Ville de Paris devienne au moins propriétaire de l?un des deux immeubles concernés?, ce qui ne résout naturellement pas tout le problème, mais ce qui est quand même une politique qui s?amorce et qui va dans le bon sens. Je vous parle de la rue de Montreuil, mais dans un autre secteur du 11e arrondissent, nous avons le même problème.

Est-ce que vous voulez, Monsieur LEGARET, que ces classes moyennes, car il s?agit en l?occurence de couches moyennes, quittent à leur tour Paris, après avoir vu depuis Haussmann et Napoléon III, les ouvriers, les artisans, beaucoup d?autres, petits fonctionnaires, employés et puis maintenant les classes moyennes, petites ou vraiment moyennes, voire supérieures, être obligées de quitter la Ville parce que le couple a un enfant, puis deux et trois enfants, eh bien on est en droit de s?inquiéter. Alors quelle est votre solution, Monsieur LEGARET, devant une situation comme celle-ci ? Ne rien faire ? Laisser le marché agir encore ? Est-ce que vous croyez que c?est une bonne politique ?

J?arrêterai là pour ne pas être?

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est bien qu?il soit ajouté de l?humour à ces débats.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - J?ai failli vous répondre avec une formule de Courteline, mais elle serait un peu déplacée. Je vous la dirai en privé ou dans un cercle plus étroit.

Monsieur le Maire, je conclus comme j?ai commencé de le faire, comme j?ai commencé mon intervention : nous voterons les deux budgets.

A mon tour, je voulais saluer l?arrivée de M. MUTZ, nouveau Préfet de police. Je lui souhaite bon courage en lui disant qu?en ce qui nous concerne nous essaierons d?avancer ensemble.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Georges SARRE.

La parole est à Jacques BRAVO.

M. Jacques BRAVO, maire du 9e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Singulier débat du fait de l?opposition sur ce budget primitif 2005. Singulière rhétorique à la fois paradoxale et incompréhensible.

L?opposition à ce budget n?a pas été, je trouve, très vigoureuse. Je dirai presque qu?elle a été faible parce que l?architecture de ce budget primitif est forte. Elle est incontestable. J?attendais pour ma part un débat sur le c?ur de ce budget, à savoir sur la solidarité : les priorités de la solidarité, les modalités de la solidarité, les partenariats de la solidarité.

A la place, nous avons eu des arguties qui marquent une régression de notre débat budgétaire sur trois points. Je ne comprends plus, à l?heure présente, si l?opposition par la voix de Jean-François LEGARET, souhaite qu?il y ait désormais plus d?investissement ou moins d?investissement. Tout votre langage était de dire : ?Vous aviez prévu d?augmenter les investissements, cela n?augmente pas assez?. Vous semblez aller dans le sens d?en faire plus. C?est vraiment l?hommage du vice sur la vertu, c?est le contraire de ce que vous n?avez pas fait pendant la décennie précédente.

Deuxième chose, vous répétez que nous allons augmenter les impôts. Or, chaque Parisien constate sur sa feuille d?imposition locale que les taux ne bougent pas. Vous n?aviez pas su le faire, ça sera tenu naturellement. Mais venant de la bouche de Jean-François LEGARET, c?est inconvenant, car il sait bien que les assiettes fiscales augmentent. Enfin, vous le découvrez aujourd?hui, c?est triste pour vous ! Cela fait dix ans qu?on en parle ici. Les assiettes fiscales bougent. L?engagement du Maire de Paris qui est tenu et qui sera tenu jusqu?à la fin de la mandature, c?est que les taux d?imposition ne bougeront pas. Les Parisiens le constatent, c?est un bon point de plus.

Troisièmement, vous dites que l?endettement est excessif et, imprudemment, vous faites des ?comparaisons?, etc. Parlons de Marseille de Bordeaux, parlons de la dette par habitant, parlons du ratio de la dette par rapport aux recettes de fonctionnement. Tous les ratios indiquent que la collectivité parisienne est endettée au tiers des autres villes comparables, si ce n?est pas au quart des grandes villes. La stratégie proposée de maîtrise de l?endettement est donc une stratégie raisonnable.

Quelque part, je trouve que, dans l?excès de vos critiques, vous regrettez que soit fait aujourd?hui ce que vous n?avez pas su faire. Je vous le dis très simplement. La question de fond, c?est la solidarité, vous n?en parlez pas. La réalité des grands équilibres budgétaires vous gêne puisque vous ne l?avez pas fait.

Au total, qu?est-ce que je constate ? Vous avez déposé, notamment par la plume de Jean-François LEGARET, 18 amendements en 1ère Commission et 28 v?ux. J?ai fait un calcul rapide, difficile, parce que vous avez perdu l?habitude de gager les amendements que vous proposez, sauf quelques-uns. Je suis arrivé à un total maximal de l?impact budgétaire des amendements déposés par l?opposition municipale de 250 millions d?euros largement compté !

 

250 millions, ça veut dire quoi ? Cela représente 4 % du budget de la collectivité parisienne. Premier enseignement, cela veut dire que vous êtes d?accord à 96 %, merci. Cela veut dire que vous ne touchez qu?à la marge. Deuxième enseignement, comme par hasard, la marge en jeu sur les amendements représente les économies que l?Etat veut faire sur les collectivités de Paris, pas seulement sur le budget de Paris. Il y a tout le problème de la dette des 110 millions sur les bailleurs sociaux. Mais je dis que, comme par hasard, on arrive à un moment de vérité car le vote d?un budget est un moment de vérité. Il y a ceux qui vont vouloir aider les Parisiens, engager des programmes de solidarité, développer les investissements et qui vont prendre leurs responsabilités de dire : ?Oui, il faut que l?Etat paie tout ce qu?il est prévu qu?il paie à la Ville de Paris?.

Monsieur LEGARET, il est vrai que l?inscription dans la Constitution du principe de la compensation, à l?euro près, des transferts de charges liés aux nouvelles compétences devrait nous rassurer. Mais il y a un problème que vous ne citez pas, vous qui êtes ancien adjoint aux Finances. Nous constatons qu?aujourd?hui cette obligation n?est pas respectée dans la loi de finances 2005. Fi donc pour la trésorerie de la Ville, pour les Parisiens, fi donc pour le R.M.I. Justement, il est décisif que cette clause soit respectée, que l?on ait le calendrier et les modalités de respect de ces engagements.

Je vous le dis bien : il y a bien un moment de vérité. D?une part, il y a ceux qui vont se battre pour que l?Etat paie la totalité de ce qu?il doit à la Ville de Paris afin que nous puissions financer les actions de solidarité et tous les programmes d?investissement de proximité qui vont avec.

Et d?autre part il y a les autres ! Prenez vos responsabilités, Mesdames et Messieurs de l?opposition, qui allez faire prévaloir vos préférences partisanes sur le dos des Parisiens. On verra bien tout à l?heure, au moment du vote, qui défend qui.

Mais au-delà de Paris, je n?oublie pas que le Gouvernement est contre les collectivités locales. De droite comme de gauche, tous les maires de toutes les communes réagissent actuellement sur les problèmes de ces trésoreries-là. A Paris aussi, on verra bien qui approuve les atteintes aux finances locales.

Monsieur le Maire, je voudrais évoquer le débat sur le mot de ?richesse?. C?est un peu indigne de répéter : ?vous êtes riches?. Indigne pour ceux qui ne le sont pas, qui vivent dans la difficulté. Indigne pour les différents quartiers de Paris car je sais d?où est venue cette expression et ce n?est pas de n?importe quel quartier.

Mais la Ville était déjà riche par le passé ! Qu?ont fait les anciens maires de cette richesse quand il y avait aussi des plus-values sur recettes foncières ? Que faisiez-vous ? Vous remboursiez des emprunts. Ah, belle saison ! Ce que l?on veut faire, c?est investir pour l?avenir, investir au profit de ceux qui en ont le plus besoin. La vraie richesse de Paris, c?est la générosité, c?est la solidarité, la créativité au profit de ceux qui en ont le plus besoin, et nous le ferons !

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).

Je termine sur une idée qui vient de Christian SAUTTER. Si l?on peut établir une perfusion, pour reprendre ce langage-là, entre les plus-values sur recettes foncières et le financement du logement social, ce serait bien. Jean VUILLERMOZ et tous les groupes de gauche ont dit qu?il y avait certainement là une bonne idée. Je voudrais terminer en mettant l?accent sur le fait, Monsieur le Maire, que nous vous encourageons à poursuivre votre travail de confiance avec les arrondissements. Je suis très attaché à la dynamique, aux modalités et aux procédures que vous avez créées, au travail de confiance avec les maires et les conseils d?arrondissement. C?est une dynamique très porteuse. D?ores et déjà, cela a changé le climat démocratique de Paris.

J?appelle votre attention sur le fait qu?un v?u et un amendement nous sont très chers. Le v?u, naturellement, c?est de dénoncer le désengagement de l?Etat pour que chacun prenne bien ses responsabilités ici, devant les Parisiens. Vous le connaissez, c?est un v?u déposé aujourd?hui au groupe socialiste et radical par notre président, Patrick BLOCHE. Je tiens beaucoup à l?amendement 18, qui vise à augmenter de 250.000 euros le montant des subventions attribuées aux associations culturelles de proximité.

Monsieur le Maire, c?est un bon budget pour 2005. Votre majorité va le voter avec conviction. Mais j?ai le regret de dire que, Mesdames et Messieurs de l?opposition, vous n?étiez pas à ce grand rendez-vous démocratique. Les Parisiennes et les Parisiens le verront bien.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jacques BRAVO, et merci beaucoup pour votre investissement personnel dans ces travaux. Je suis totalement d?accord avec votre insistance sur l?amendement et sur le v?u.

Je voudrais aussi vous dire que je vous remercie d?avoir parlé de la relation avec les arrondissements sur les questions budgétaires car, vous l?avez vu comme vos collègues, j?ai essayé d?apporter ma propre contribution au travail excellent fait par les adjoints dans ce domaine, et de faire en sorte que ne soient pas bloquées ou retardées des demandes de maires d?arrondissement de la majorité comme de l?opposition, y compris dans le 1er arrondissement où j?ai accédé à une demande que je trouvais justifiée de M. LEGARET, bien que j?ai pu anticiper sur ce que seraient ses propos très sectaires tenus ce matin. Mais cela ne fait rien. Je ne dois pas décider en fonction de cette espèce d?exagération des élus, je dois décider en fonction de l?intérêt des habitants et je continuerai à le faire pour les vingt arrondissements de Paris, sans exception.

L?illustration effectivement peut se trouver dans le 9e arrondissement comme dans le 1er. Je continuerai, même si certains propos viseraient à me rendre aussi sectaire qu?eux. Ils n?y parviendront pas.

Merci beaucoup, Monsieur BRAVO.

Je donne la parole à M. GALLAND.

M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, Georges SARRE s?intéresse beaucoup au comportement de l?opposition. Je vais essayer de ne pas le décevoir et je vais essayer pour Jacques BRAVO de clarifier ce rendez-vous, d?une façon que j?espère biblique.

 

Je vais mettre fin moi aussi à un insoutenable suspense. Le groupe U.D.F. va voter le budget. Le groupe U.D.F. va voter le budget de la Préfecture de police parce que nous sommes responsables à l?égard de ceux, policiers et pompiers, qui assurent avec compétence et un immense dévouement un service remarquable pour les Parisiens, malgré le fait - nous n?avons jamais changé - que nous sommes toujours opposés clairement à la coproduction.

J?ai écouté avec attention hier Christophe CARESCHE sur ce sujet. Il a du talent et, malgré ce talent, il était extraordinairement peu convaincant dans ses explications parce que peut-être de moins en moins convaincu dans son fort intérieur.

Quant à vous, Monsieur le Préfet, à qui notre groupe souhaite aussi la bienvenue, je dois dire que j?ai été un peu surpris par la position que vous avez prise en séance de nuit, en disant finalement que la vitesse moyenne de circulation a baissé et que ce n?est pas très grave car de ce fait il y a moins d?accidents.

Avec le Maire, vous poursuivez donc gaiement un tandem avec lequel, par la coproduction, en assurant une circulation qui baisse de plus en plus, on arrivera à une quasi-stagnation. Et il n?y aura probablement plus du tout d?accidents.

Le groupe U.D.F., Monsieur le Maire, ne votera pas les budgets de la Ville et du Département. Je voudrais dire immédiatement à Jacques BRAVO qu?il est d?une mauvaise foi pyramidale quand il indique que si le total des amendements de l?opposition représente 4 %, cela veut qu?a contrario on est d?accord avec 96 %.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).

Non, pas du tout. Il y a, quand on veut essayer de peser sur les orientations de la politique de la ville, deux façons de le faire, que nous avons essayées. Toutes les deux seront totalement infructueuses. Je vais vous en faire la démonstration.

Ces budgets, nous sommes d?accord, sont la traduction financière de votre politique. Or, vous le savez et nous vous le confirmons, nous ne sommes pas les seuls à penser que Paris est plus sale ; que la vitesse moyenne de circulation, plus personne ne le conteste, a baissé ; et que, c?est un comble et c?est très inquiétant, l?année dernière, l?utilisation des transports en commun dans Paris a baissé !

Monsieur BAUPIN, vous n?allez plus pouvoir le contester.

(Protestations sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).

Vous n?avez pas de véritable ambition économique pour notre Capitale, Monsieur le Maire. Il y a une absence de dynamique et de vision en matière d?urbanisme. Je vous donne rendez-vous le 31 janvier. La politique de logement social sera, si nous persistons dans la voie que nous avons empruntée, handicapée par des mesures qui sont peu réalistes.

Quant à M. VUILLERMOZ, il m?a stupéfait dans son intervention quand il a dit que lorsque la Ville achète des immeubles occupés, c?est pour que les Parisiens puissent rester à Paris. Evidemment, les Parisiens qui sont dans ces immeubles pourront rester à Paris, ?cqfd?, Monsieur VUILLERMOZ, il n?y a aucune contestation là-dessus !

(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).

Je ne suis pas maire d?arrondissement et sur la politique d?achat d?immeubles occupés dont je vous ai parlée hier, je n?ai pas eu beaucoup de réponses aux questions très précises que je vous ai posées.

(Protestations sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).

Il se trouve que j?ai l?intégralité de vos réponses.

Les coupes dont nous faisons l?objet, Monsieur le Maire, dans nos propositions, puisque nous ne partageons pas l?essentiel de vos orientations, étaient, je le pensais hier quand je préparais cette explication de vote, ?epsilonesques?. Fort de l?habitude, l?epsilon atteint zéro.

Je voudrais, à cet égard, dire à M. BRAVO et vous dire comment nous avons cherché à procéder. Puisque nous avons des différences, nous avons cherché à positiver et à faire en sorte qu?il y ait une façon d?arbitrer nos différences. Nous avons donc déposé un amendement pour que soit réalisé un audit sur la coproduction. Nous sommes en désaccord sur la coproduction, essayons donc de faire un audit pour voir, en liaison avec le débat sur la police municipale, quelle est respectivement la situation à Paris, Marseille et Lyon.

Cela ne vous intéresse pas !

Nous avons voulu que cette Ville ne soit pas la ville des plus aidés ou la ville des plus aisés. Je crois que ces observations sont partagées par les uns et les autres, mais vous avez stérilisé la politique du logement intermédiaire pour les classes moyennes. Si elles partent, la raison en est simple. Vous avez détruit l?outil qui existait pour les classes moyennes. On a réalisé 96 logements en 2001 ; 23 en 2002 ; 14 en 2003, qui étaient les queues de programme des classes moyennes. Vous n?allez pas être surpris maintenant que les classes moyennes ne puissent plus être logées à Paris, vous avez supprimé la seule politique qui existait.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

C?est totalement exact !

Monsieur le Maire, nous avons déposé sur le plan économique un autre amendement. Mais oui, Monsieur BRAVO ! Il n?est pas très cher. Il faudrait avoir une grande ambition économique pour la Ville ; faisons du Palais Brongniart un centre européen multimédia. Essayons de faire une étude pour déterminer le profil, l?ambition et la structure de ce centre multimédia européen, son coût, son intérêt.

Que nous répond-on ? Ce n?est pas libre avant 2009, ce n?est pas le moment de faire une étude. Parfait !

 

Sur la garde des jeunes enfants, Monsieur le Maire, nous ne contestons pas que vous ayez une politique grâce à laquelle vous avez créé des crèches. Nous faisons une proposition qui nous paraît positive en disant : ?les mouvements associatifs ont un coût de crèche qui est plutôt inférieur à celui de la collectivité et notamment ils permettent de faire des gardes d?enfants avec des horaires élargis qui répondent mieux aux contraintes des parents à notre époque?.

Que nous répond-on ? Mais non, pourquoi vous intéressez-vous à cela ? Nous en avons créé 355 en 2004, 170 en 2005, circulez, il n?y a rien à voir ! Votre proposition n?offre aucun d?intérêt.

Sur l?offre de taxis, cela ne coûte pas très cher, évidemment. Nous disons simplement, ce qui correspond à l?analyse des Parisiens, qu?il y a un fossé formidable entre l?offre et la demande de taxis. Essayons de voir s?il est possible d?augmenter l?offre de taxis plus rapidement que cela n?a été fait par la Préfecture. Cela pourrait être une demande de la Ville. Que nous répond la Ville ? Cela concerne le Préfet. La Ville n?est pas intéressée par une demande au Préfet sur l?offre de taxis.

J?en arrive au pompon ! Une politique en faveur des handicapés. Vous avez eu des prédécesseurs, Monsieur le Maire. Vous étiez Président d?un groupe d?opposition, au moment où Jacques CHIRAC et Jean TIBERI se sont beaucoup engagés en faveur de la politique des handicapés.

M. LE MAIRE DE PARIS. -? Pourquoi a-t-on multiplié le budget par dix ?

M. Yves GALLAND. - Vous avez multiplié le budget par dix ? C?est parfait, Monsieur le Maire. Je n?espérais pas vous entendre en dire autant.

Bien. Je ne fais pas de polémique, je dis que vos prédécesseurs s?étaient engagés. Vous allez voir où je veux en venir. Soyez patient !

Nous pensons que vous êtes orienté dans une bonne politique pour les handicapés et si nous voulons qu?elle soit efficace, il faut deux paramètres.

Premièrement, il faut des budgets. Vous dites que vous l?avez multiplié par dix. Cette année, vous l?augmentez de 10 % par rapport à l?année dernière.

Nous vous disons une deuxième chose. Il faut probablement un plan pluriannuel pour concentrer, chaque année, les investissements dans un certain nombre de secteurs, car c?est une politique très compliquée sur laquelle il ne faut ni caricaturer ni faire de démagogie.

Que disons-nous cette année ? Nous vous disons, Monsieur le Maire, que vous avez prévu une augmentation de 10 %. Nous soutenons votre orientation et nous pensons qu?il faudrait une augmentation de 10 % supplémentaire.

Parfait ! Je termine, Monsieur le Maire, mais je voulais vous dire que par un mystère de ces périodes agitées, une erreur d?aiguillage s?est produite hier, c?est-à-dire que l?annotation de notre amendement par votre Cabinet m?est parvenue. Naturellement, je ne vous citerai pas de nom, ce n?est pas convenable, ce n?est pas conforme à la déontologie, mais vous me ferez confiance à 100 % pour savoir que cela vient de là. Quelle est l?appréciation ?

Sous réserve d?appréciation de [quelqu?un de votre Cabinet] je cite : ?cette mesure me paraît farfelue. Le tout n?est pas d?augmenter les budgets mais il faut encore planifier les travaux de l?opération sinon c?est de l?affichage?. Quand vous multipliez par dix, vous arrivez à planifier. Quand on vous propose de multiplier par 10 %, vous ne pouvez pas le faire. Sans commentaire !

Une fois de plus, une fois encore, nos propositions d?amendement avaient pour seul objectif l?intérêt de Paris et de ses habitants. Une fois de plus, une fois encore, ils n?ont aucunement retenu votre attention. Voilà, c?est le charme de la démocratie. Décidément, Monsieur le Maire, sur ce budget, sur vos choix fondamentaux et sur votre conception de l?intérêt des Parisiens, nous n?avons pas les mêmes convictions.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Mes chers collègues, nous allons donc passer au vote. Avant, je voudrais très brièvement remercier absolument tous les élus et tous les groupes de leur contribution à ce débat. C?est sans doute le moment le plus important de notre vie démocratique annuelle que le moment du budget et les emballements ou les exagérations qui peuvent surgir ici et là ne me bouleversent pas, cela fait partie de notre démocratie.

Je voudrais dire à la majorité municipale que j?apprécie beaucoup notre travail, et j?apprécie beaucoup notre créativité.

Je voudrais dire aux quatre groupes de la majorité municipale qu?il faut que nous prenions la mesure des évolutions de notre travail en commun, notamment à l?occasion du débat budgétaire. Chaque budget tient compte de la créativité de l?année précédente. Je souhaite que la majorité puisse continuer à travailler ainsi, à créer, à faire vivre sa diversité et en même temps à exercer ensemble la responsabilité que les Parisiens nous ont confiée.

A l?opposition, je dirai que c?est bien normal que la droite et la gauche ne se rejoignent pas. Parfois, j?aimerais que sur certains sujets on se comprenne mieux, mais ce n?est pas très grave? Par exemple sur les personnes handicapées, peu importe ce que tel ou tel collaborateur peut dire, parce qu?alors là on va fouiller toutes les poubelles?

L?essentiel, c?est qu?au-delà des discours, la politique mise en ?uvre, notamment par mon adjointe Pénélope KOMITÈS, mais avec le concours de tout l?Exécutif et je pense par exemple aux aménagements de voirie ou aux aménagements dans les services publics, dans les mairies d?arrondissement, tout cela me paraît nous faire passer des discours aux actes. Après, on peut polémiquer sur une annotation?

Ce qui serait bien, c?est qu?un jour vous lisiez mes annotations sur les annotations, cela fait partie de l?échange, du travail?

Je voudrais simplement dire pour conclure : d?abord, méfions-nous tous, que nous soyons de la majorité ou de l?opposition, quant à ce discours de ?Paris ville riche?. Paris est une ville qui a un formidable potentiel, Paris a beaucoup de difficultés et a besoin de moyens pour gérer à la fois une ambition sociale et une ambition de développement et de création de richesses économiques et culturelles.

 

Méfiez-vous dans la majorité comme dans l?opposition : à force de dire que Paris est riche, vous encouragez l?Etat quels que soient les Gouvernements à faire du mal à Paris et moi je ne le souhaite pas. La péréquation, oui, oui? La péréquation, oui? La solidarité entre toutes les collectivités de France, oui? La stigmatisation de Paris, c?est un acte mauvais contre tous les Parisiens et faites attention : tous les Gouvernements en sont capables? Celui-là, il faut le dire quand même, ?en fait des tonnes? dans le genre ! Dire à la fois ?vous êtes trop riches? parce que ?vous êtes riches?, cela veut dire ?vous êtes trop riches?, avec la connotation qui me choque comme elle a choqué Jacques BRAVO, pour les mêmes raisons, et l?imprudence politique, Monsieur LEGARET, l?immense imprudence politique. Au moment où l?Etat nous dépouille un peu, comme les autres collectivités locales, je nous suggère plus de prudence.

Enfin, dernier point, mais dois-je m?en plaindre ? Je constate à propos de l?opposition municipale qu?elle est dans son rôle, elle critique, caricature un peu, mais je ne vois toujours pas la moindre proposition alternative. Je constate qu?une bonne partie de l?opposition est tellement obnubilée par le désir de démolir non pas Paris mais la majorité municipale et en particulier le Maire qu?à force de vouloir uniquement s?en prendre au Maire, mais je ne vise personne en particulier, rien, rien, pas un mot pour les Parisiens ! Rien qui ne puisse les faire avancer.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Donc voilà ! Ayant été à Paris vingt-quatre ans dans l?opposition, ayant été, Monsieur LEGARET, vingt-quatre ans dans l?opposition, je vous assure que cette méthode?

Monsieur LEGARET, je suis tout le temps à ma tâche?

M. Jean-François LEGARRET, maire du 1er arrondissement. - Vous n?êtes pas là !

M. LE MAIRE DE PARIS. - ? au moins autant que mes prédécesseurs et beaucoup plus présent que mes deux prédécesseurs dans les débats, Monsieur LEGARET.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et ?Les Verts?).

D?ailleurs, Monsieur LEGARET, en fait le reproche que vous me faites, n?est-ce pas au contraire de tellement aimer cette tâche que j?y suis vraiment beaucoup d?heures chaque jour et même des soirs?

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - ? mais au-delà des débats polémiques, je crois que le vrai reproche que vous me faites, c?est d?y être à plein-temps et de ne faire que ça ! Je suis d?ailleurs le premier Maire de Paris depuis 1977 à accomplir sa tâche à plein-temps sans aucun cumul !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et ?Les Verts?).

Nous allons maintenant, quelle que soit la vitalité assez peu productive de M. LEGARET, nous allons quand même mettre au voix.

M. Jean-François LEGARRET, maire du 1er arrondissement. - Il faudra répondre à ma question.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais toutes vos questions sont passionnantes !

Nous allons maintenant, dans le silence, dans le calme, dans l?ordre, mettre successivement?

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Monsieur BULTÉ, au moment où on parle de présence, ne vous faites pas remarquer !

(Rires sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Nous allons maintenant mettre successivement aux voix, mais vous êtes là quand vous voulez ! Moi, je respecte tout le monde.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Nous allons maintenant mettre successivement aux voix les budgets spécifiques : le budget spécial de la Préfecture de police les états spéciaux d?arrondissement, puis les budgets d?investissement et de fonctionnement de la Ville et du Département. Ces derniers votes s?effectueront par chapitre puis globalement, suivant la nomenclature qui vous a été distribuée.

Je vous rappelle qu?il n?y a plus aucune reprise de parole.

Je demanderai simplement à Monsieur SAUTTER de me dire par ?oui? ou ?non?, ?favorable? ou ?défavorable?, son avis sur les amendements et v?ux qui ont été distribués.