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Decembre 2004
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Vœu déposé par Mme Véronique DUBARRY, M. Sylvain GAREL et les membres du groupe “Les Verts” concernant la mise en place d’un dispositif d’accueil des usagers de drogues. Vœu de l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2004


M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Nous allons à présent examiner le v?u référencé n° 26 dans le fascicule déposé par le groupe ?Les Verts? et le v?u 26 bis de l?Exécutif relatif à la mise en place d?un dispositif d?accueil des usagers de drogues. Il ne se rapporte à aucun projet de délibération.

Je donne la parole à Mme Véronique DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY. - Ce v?u fait suite à un v?u que j?avais déposé il y a deux mois concernant l?évacuation d?un squat d?un bâtiment appartenant à R.F.F. Il était prévu, le soir même du Conseil de Paris lorsque j?avais présenté ce v?u précédent une réunion à la MILDT réunissant tous les acteurs, y compris la S.N.C.F., pas R.F.F. malheureusement. A l?issue de cette réunion, il était apparu qu?une solution pouvait être trouvée consistant en l?installation de bâtiments temporaires sur un autre terrain de la S.N.C.F., donc à proximité, dans le 18e. Il semblerait aujourd?hui que cette solution peine à se mettre en place.

C?est la raison pour laquelle Sylvain GAREL et moi-même avons souhaité avancer sur ce dossier, pas seulement sur le cas précis de ces personnes dans le 18e, mais d?une façon plus générale sur ce dossier des toxicomanes, des usagers de drogues.

Ce que nous proposons, c?est en fait un dispositif qui a déjà été mis en place dans un certain nombre de villes européennes, et un récent colloque a rappelé à quel point ce type de dispositif d?accueil d?urgence avait fait ses preuves, puisque dans les actes du colloque, il est mentionné que dans plus de 60 villes européennes, ces dispositifs ont prouvé leur efficacité pour résorber à la fois les problèmes sanitaires et de sécurité qui se posent tant aux usagers qu?aux riverains de ces scènes.

C?est la raison pour laquelle nous vous proposons d?adopter le v?u suivant : Au-delà du constat largement partagé de l?exclusion sanitaire et sociale des usagers de drogues, et afin de ne pas pénaliser les habitants des quartiers où se concentrent les usagers de drogues, le Conseil de Paris émet le v?u que la Ville de Paris mette en place rapidement dans le Nord-est parisien un dispositif d?accueil sanitaire et social des usagers de drogues permettant la consommation sur place à l?instar de ce qui existe dans de nombreuses villes européennes.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Je vais essayer de répondre à vos préoccupations, qui sont celles de l?Exécutif municipal, de la majorité municipale. Vous savez combien nous avons travaillé et échangé sur la prévention des toxicomanies dans la Capitale. Je crois que nous sommes confrontés au problème que vous avez exposé et qu?il faut apporter des réponses innovantes et arrêter de se masquer les difficultés, de les nier.

Vous avez rappelé les problèmes du 18e et des squats successifs. Laisser les gens dans l?errance n?est pas une bonne réponse. Il faut trouver des solutions plus pérennes pour aider des gens déstructurés, très en difficulté. Ce que nous avons dit, et c?est l?avis aussi des associations qui sont engagées sur le terrain auprès de ces personnes, c?est qu?il faut trouver d?autres alternatives.

Le v?u que vous proposez recueille l?assentiment de l?Exécutif dans son esprit, mais il faut toutefois préciser - et je crois que vous en êtes d?accord - qu?il ne s?agit pas de faire un coup d?éclat qui ne nous permettrait pas une mise en ?uvre réelle de nouveaux projets. En nous appuyant sur les expériences étrangères, nous avons la volonté de nous inscrire dans quelque chose qui permettrait d?essayer d?esquisser des solutions.

C?est pour cette raison que je propose, d?une part, qu?on rappelle dans le v?u ce qui s?est passé dans plus de 60 villes européennes, à savoir que dans toutes les métropoles où ces expériences sont nées, elles se sont inscrites dans le cadre d?une politique gouvernementale largement expliquée, et d?autre part qu?on n?isole pas ce problème d?une démarche d?ensemble. La proposition que vous faisiez semblait laisser entendre que nous pourrions tenter une mise en place unilatérale, mais qui n?aurait aucune chance d?être effective, et ce n?est pas votre état d?esprit.

 

Je propose donc de modifier ainsi le v?u : ?Le Conseil de Paris émet le v?u que la Ville demande à l?Etat de prendre la décision de s?engager à son tour dans l?expérimentation d?un tel dispositif en l?accompagnant d?une information auprès des citoyens?. Cela signifie qu?après adoption de ce v?u transformé, le Maire de Paris ou son adjoint en charge de ces questions interpelleraient l?Etat sur cette proposition, donc le Ministre de la Santé et la Direction générale de la Santé. Deuxièmement : ?que la collectivité parisienne accompagne cette démarche en étant le relais dans le débat nécessaire avec la population et les acteurs de terrain. Cette expérimentation ne doit pas se limiter à la simple gestion d?un lieu de libre consommation mais constituer, au contraire, un point d?appui pour une prise en charge sanitaire et sociale qui prenne en compte toutes les dimensions de l?insertion?.

Voilà la proposition que vous fait l?Exécutif et le v?u pourra être ainsi modifié si vous en étiez d?accord.

Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Monsieur le Maire.

Effectivement, vous avez raison, les précisions que vous apportez me paraissent nécessaires, surtout en ce qui concerne la dernière phrase comme vous venez de le dire à l?instant, à savoir que, dans mon esprit, il n?était nullement question d?une simple salle de ?shoot? propre. Dans mon esprit, les salles de ?shoot? propre sont un point d?appui pour des actions sanitaires et sociales. Cela va de soi. Cela va de soi mais cela va mieux en le disant, cela coupe l?herbe sous le pied aux méchantes langues qui pourraient prétendre que nous nous transformerions en dealers et autres pourvoyeurs de drogues illicites.

Vous avez bien fait de préciser cela. Je trouve cela très bien.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - J?avais pressenti ce que vous aviez en tête, vous n?avez pas osé le dire, mais je pense que c?était aussi intéressant que la réponse de Mme HOFFMAN-RISPAL.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u amendé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2004, V. 292).