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Decembre 2004
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2004, DVD 237 - Couverture du boulevard périphérique Secteur Vanves (14e et 15e). - Bilan de l’enquête publique - Déclaration de projet. - Prononcé de l’intérêt général de l’opération. - Autorisation à M. le Maire de Paris de solliciter les subventions correspondant à la mise en oeuvre de cette opération auprès de l’Etat et du Conseil régional d’Ile-de-France. Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif à la couverture du périphérique - Secteur Vanves.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2004


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DVD 237 sur lequel un v?u référencé n° 6 dans le fascicule a été déposé par le groupe

U.M.P. Il s?agit de la couverture du boulevard périphérique.

M. CASTAGNOU s?est inscrit. Allez-y, vous avez la parole.

Mme Geneviève BELLENGER. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.

En l?absence de Pierre CASTAGNOU, j?ai le plaisir de le remplacer à sa demande puisqu?il est retenu en tant que maire d?arrondissement par des obligations extérieures. Je vous prie de l?excuser.

Ce projet de délibération concerne le prononcé d?intérêt général de la couverture du périphérique porte de Vanves.

Monsieur le Maire, chers collègues, qui, à ce jour, au terme d?une enquête publique qui s?est déroulée dans la plus grande sérénité, point d?orgue de trois ans d?intense concertation, de plusieurs dizaines d?années d?attente pour des milliers d?habitants de voir se réaliser ce qu?ils nous disent encore aujourd?hui ne plus oser rêver, qui donc à ce jour peut décemment ne pas reconnaître l?évidente portée d?intérêt général que constitue la couverture du périphérique de la porte de Vanves ?

Oui, qui, au moment où nous nous apprêtons à réparer des décennies d?injustice sociale, environnementale et territoriale pour ces milliers de riverains qui subissent depuis la création de cette saignée urbaine qu?est le périphérique, l?insoutenable réalité de pointes sonores à 85 dBA le jour et 76 dBA la nuit ? Qui peut encore dénier l?évidente portée d?intérêt général de cette couture urbaine ?

Elément structurant du projet de territoire que nous avons adopté et du Grand projet de renouvellement urbain, la couverture du périphérique porte de Vanves représente le point d?ancrage d?une nouvelle centralité urbaine, axe charnière autour duquel un quartier aujourd?hui plus près du ?nulle part? dans l?imaginaire parisien entame sa mutation profonde avec le futur aménagement concerté d?un jardin de 7000 mètres carrés, la création d?un c?ur de quartier où le service public prendra toute sa place.

Oui, c?est tout cela, la couverture du périphérique de la porte de Vanves : un morceau de Ville qui renaît et fonde avec ses habitants l?avènement d?une agglomération solidaire dans un continuum urbain, car, il est en soi une étape décisive permettant son prolongement vers la porte de Châtillon, comme le demandent depuis des dizaines d?années également les Malakoffiots.

 

Cet espoir est fondé. La Ville de Paris n?a-t-elle pas intégré dès les premières études la prise en compte des dispositions constructives liées à la sécurité du tunnel pour son prolongement ultérieur ? Comme elle a récemment donné le coup d?envoi, en partenariat avec la Région Ile-de-France, de l?évaluation technique, mais aussi sociale et urbaine de son prolongement sur chaque site sollicité.

Mieux-être des riverains qui ont vu sous leurs fenêtres l?arrivée de cette autoroute urbaine, rappelons-le, les immeubles préexistaient au périphérique, la Ville s?est engagée dans la plus grande transparence et, en vertu du principe de précaution, à une nouvelle campagne de mesures sur site pour confirmer l?absence de dégradation des niveaux de polluant comme l?a démontré l?étude d?impact.

Avec la porte des Lilas, c?est 101 millions d?euros que la Ville de Paris a inscrit en crédit de paiement sur le budget 2005. C?est, après des décennies de déficit d?investissement public dans ce quartier ?politique de la ville?, un signe irrévocable de la volonté d?agir pour les Parisiens et les Parisiennes et, au-delà, pour l?avènement d?une agglomération solidaire connue, reconnue, visible dans la carte de l?imaginaire parisien.

Demain, la porte de Vanves aura une image, un sens. De ce fait, la couverture du périphérique représente plus qu?un simple ouvrage d?art. Elle est en elle-même l?émergence d?une réelle reconnaissance sociale de ces quartiers périphériques. Adopté en Conseil d?arrondissement du 14e notamment par les élus de l?opposition, dont Mme de SARNEZ qui a approuvé ce projet qui contribuera, je cite : ?substantiellement à l?amélioration de la qualité de vie des habitants?, je me tourne vers les représentants de la majorité nationale dans cet hémicycle afin que l?Etat prenne toute sa part dans le financement de la couverture du périphérique porte de Vanves.

Chers collègues, au-delà des polémiques politiciennes, il nous appartient désormais d??uvrer tous ensemble, Etat, Région, collectivités locales, pour que soient réunis tous les moyens de cette réalisation dont le caractère emblématique ouvre l?horizon d?une nouvelle ère, celle d?une confiance retrouvée dont nous, élus, sommes les garants dans le respect de nos engagements et de la parole donnée.

C?est très simplement que je le redis. Qui, à ce jour, peut ne pas porter la réalisation sans délai de ce grand projet d?intérêt général que constitue la couverture du périphérique porte de Vanves ?

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame BELLENGER.

La parole est à M. GOUJON. Vous allez présenter aussi le v?u n° 6.

(Mme Anne HIDALGO, première adjointe, remplace M. Eric FERRAND au fauteuil de la présidence).

M. Philippe GOUJON. - Qui peut ne pas soutenir un tel projet d?intérêt général ? D?autant plus que c?est un projet qui a été décidé sous la mandature précédente, que nous avons soutenu par nos votes et que nous soutiendrons encore aujourd?hui.

En revanche, il y a un certain nombre de difficultés techniques que je voulais évoquer de façon à pouvoir bénéficier des apaisements qui me seront prodigués sûrement par M. BAUPIN et qui nous permettront de voter encore plus facilement ce projet de délibération de couverture du boulevard périphérique sur le secteur Vanves Paris 14e et 15e, Mme HIDALGO le sait bien, surtout sur la partie 14e.

En revanche, la partie 15e peut-être concernée par quelques effets secondaires, si je peux dire, de cette réalisation, à savoir la dispersion des polluants et une éventuelle aggravation de la pollution rejetée aux sorties du tunnel puisqu?une des recommandations du commissaire-enquêteur évoque ce problème qui, d?ailleurs, ne pourra malheureusement que s?aggraver. Même si nous poursuivons tous un objectif de diminution de la circulation à Paris, les travaux sur les boulevards extérieurs et la mise en place du tramway vont quand même aboutir à une densification supplémentaire de cette partie du périphérique qui est déjà l?un des tronçons les plus chargés de la Capitale.

Il y a, vous le savez, côté 15e comme côté 14e et aussi du côté des communes riveraines, des habitations à proximité immédiate, des équipements scolaires, sportifs, un terrain de sport et également d?ailleurs des équipements réalisés sur la dalle. L?étude d?impact précise, page 163, que seuls ?les effets météorologiques influent sur la dispersion des polluants en tête d?ouvrage?. J?observe dans le projet de délibération qui nous est soumis que les conditions météorologiques les plus couramment observées avec un vent orienté sud-ouest confèrent aux communes de Malakoff et de Vanves une situation relativement protégée de l?effet de la dispersion des polluants. Je souhaiterais savoir si cette protection concerne également nos arrondissements du 14e et du 15e.

L?étude d?impact précise, page 170, que ?les simulations qui ont été faites aux conditions de trafic de 2006 concernant un certain nombre de polluants comme le CO2, le benzène, les particules, etc., font acte d?une augmentation aux têtes de tunnel?.

Evidemment, je crois qu?en la matière il faut appliquer, comme c?est souvent le cas pour ce genre de difficulté, le simple principe de précaution et c?est la raison pour laquelle nous avons déposé un v?u. Cela n?enlève pas notre volonté de voter ce projet de délibération, mais c?est un v?u qui, je pense, ne peut faire que l?unanimité. Je crois d?ailleurs qu?il a été voté à l?unanimité au Conseil du 15e arrondissement.

Il s?agit qu?à la fin des travaux, il puisse être procédé à des mesures qualitatives et quantitatives des polluants au niveau des extrémités de l?ouvrage et également sur l?ouvrage et, évidemment, qu?il soit pris les dispositions nécessaires afin d?abaisser les taux de pollution au-dessous des seuils tolérés, dans la mesure du possible.

Voilà l?objet du v?u que nous présentons.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Monsieur GOUJON.

Je donne la parole à M. Denis BAUPIN, pour vous répondre.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission.

-Je voudrais remercier Mme BELLENGER pour son intervention qui a bien rappelé l?importance de ce projet, à la fois pour les habitants des 14e et 15e arrondissements et pour les habitants de Malakoff et partiellement de Vanves. C?est un projet de qualité urbaine pour relier les deux rives du périphérique et un projet environnemental par rapport aux nuisances sonores induites.

 

Avant de dire un mot du financement qui nous préoccupe, je voudrais répondre à la préoccupation de M. GOUJON en matière de pollution de l?air. Je ne pourrai pas vous dire que la météo, si elle protège, d?après l?étude d?impact, les communes de banlieue, va de la même façon protéger Paris.

M. Philippe GOUJON. - Ce ne serait que justice.

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Je ne sais pas car nos voisins ont longtemps subi les rebuts de la Capitale. Si la météo leur rend aujourd?hui une certaine justice en renvoyant la pollution parisienne sur Paris, on pourrait considérer?

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

Non, je ne dirais pas que cela me satisfait. Vous parlez de justice et, d?une certaine façon, il y aurait une justice en ce sens. J?ai noté que votre préoccupation portait particulièrement sur les effets secondaires dans le 15e arrondissement. J?espère que vous êtes aussi préoccupé de l?autre extrémité du périphérique, pour les habitants du 14e arrondissement et que si la couverture s?était prolongée jusqu?au 16e arrondissement, vous auriez eu aussi la préoccupation des habitants du 16e.

En ce qui concerne la dispersion des polluants, les études qui ont été effectuées permettent de mettre en place sur les deux tubes du périphérique des ventilateurs qui permettront d?accroître la dispersion des polluants à leur extrémité, de façon à entraîner une plus forte dispersion de la pollution.

D?après les simulations qui ont été effectuées, car nous ne pouvons que nous appuyer sur des simulations, le taux de pollution sera inférieur à celui d?aujourd?hui, pour les habitations et les riverains.

Toutefois, cela mérite une vérification dès que les travaux seront achevés. C?est pourquoi j?appellerai à voter favorablement votre v?u. Je souligne que le deuxième point de votre v?u, qui indique qu?il faudra prendre les dispositions nécessaires afin d?abaisser les taux de pollution, risque de nous conduire à considérer que la meilleure méthode pour baisser la pollution est de réduire la circulation automobile, projet dans lequel notre Municipalité est largement engagée depuis trois ans. Je suis satisfait que vous nous rejoigniez aujourd?hui.

Notre préoccupation principale aujourd?hui est, avant celle de la pollution qui devra être traitée en temps utile, s?il s?avérait que les remèdes proposés sont insuffisants, celle de la question du financement.

Nous sommes aujourd?hui extrêmement préoccupés. Vous dites que ce projet est soutenu par tout le monde. Sur le papier, oui, mais, en termes de financement de la part de l?Etat, nous avons des signaux exactement contraires. Autant sur la porte des Lilas, nous percevons éventuellement l?opportunité que peut-être, en 2005, l?Etat pourrait débloquer des crédits, et encore, sans garantie, autant sur la porte de Vanves, aucun signal positif ne nous a été apporté par le Préfet de Région ou par le Gouvernement et notamment le Ministre des Transports.

Comme cela avait été évoqué lors de notre précédent Conseil de Paris, je pense que par rapport à cette question, nous avons tous intérêt quels que soient les bancs sur lesquels nous siégions ici, dans cette assemblée, à faire pression sur le Gouvernement pour que la parole donnée soit respectée et que les couvertures du périphérique qui sont inscrites au Contrat de plan Etat/Région, qu?il s?agisse de la porte des Lilas, de la porte de Vanves ou de la porte des Ternes ou de Champerret, soient réalisées. Il en va de la santé de nos concitoyens, il en va de la qualité urbaine de ces quartiers et il en va de la parole de l?Etat qui été donnée en 2000 sur ces projets.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Denis BAUPIN.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u assorti d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est voté. (2004, V. 279).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 237.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2004, DVD 237).