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Decembre 2011
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63 - 2011, SG 195 - Aménagement des Berges de Seine. Compte-rendu de l’enquête publique, déclaration de projet et avis favorable à la poursuite de l’opération. 2011, SG 209 - Aménagement des berges de Seine. Approbation du principe et des modalités de passation de différents marchés de travaux, maîtrise d’oeuvre et services pour la mise en oeuvre du projet. Autorisation de solliciter des subventions auprès de l’Agence de l’Eau Seine Normandie. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. relatif à l’extension de la ligne 72 jusqu’à la gare de Lyon. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la présentation d’un bilan des reports de circulation, de la pollution et du bruit. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à l’aménagement des berges de Seine du 15e.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2011

63 - 2011, SG 195 - Aménagement des Berges de Seine. Compte-rendu de l?enquête publique, déclaration de projet et avis favorable à la poursuite de l?opération. 2011, SG 209 - Aménagement des berges de Seine. Approbation du principe et des modalités de passation de différents marchés de travaux, maîtrise d?oeuvre et services pour la mise en oeuvre du projet. Autorisation de solliciter des subventions auprès de l?Agence de l?Eau Seine Normandie. V?u déposé par le groupe E.E.L.V.A. relatif à l?extension de la ligne 72 jusqu?à la gare de Lyon. V?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la présentation d?un bilan des reports de circulation, de la pollution et du bruit. V?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à l?aménagement des berges de Seine du 15e.

 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération SG 195 relatif à l?aménagement des berges de la Seine, compte rendu de l?enquête publique, déclaration du projet et avis favorable à la poursuite de l?opération, sur lequel le groupe E.E.L.V.A. a déposé le v?u référencé n° 84, le groupe U.M.P.P.A., les v?ux référencés n° 85 et n° 86.

Je vous annonce qu?il y a 18 inscrits pour 5 minutes chacun, si vous pouviez réduire ce serait pas mal, parce que cela fait une heure et demie de débat. Mais c?est la démocratie.

La parole est à...

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Il y a deux projets de délibération et tout le monde s?est inscrit sur les deux projets de délibération.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Oui. Monsieur BOUTAULT, vous avez la parole.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Je me félicite de la fermeture à la circulation des voies sur berges. C?est une bonne idée et une mesure que les écologistes demandent depuis de longues années. Nous avons été entendus et notre ténacité a payé, nous nous en réjouissons.

Même si, vous le savez, nous aurions préféré un traitement de la rive droite équivalent à celui de la rive gauche et notamment la piétonisation de la voie Georges Pompidou, celle-ci va rester circulée, et comme le précise l?enquêteur il faudra être attentif aux questions de sécurité.

Pour le reste, le groupe le E.E.L.V.A. prend bonne note et approuve les réponses formulées aux réserves et recommandations du commissaire enquêteur. Plusieurs questions cependant restent en suspens, relatives à l?aménagement lui-même.

D?abord en ce qui concerne l?emmarchement, nous aurions aimé savoir à quoi cet équipement est destiné, s?agit-il d?un lieu pour accueillir les spectateurs lors de représentations et de spectacles donnés sur la Seine, ou bien s?agit-il d?un vaste escalier accédant au fleuve ?

Dans le premier cas le dépôt d?un permis de construire nous paraît nécessaire, dans l?autre on peut s?interroger sur l?absence d?aménagement pour permettre l?accès aux personnes handicapées.

Les deux usages ne sont pas identiques et nous souhaiterions connaître vos intentions.

L?Archipel nous questionne aussi. Celui-ci est présenté comme un espace ouvert sur le fleuve et sur la nature, nous aimerions en connaître la superficie exacte, celle-ci restant floue, les conditions d?accès de cet archipel ne sont pas précisées, or celui-ci ne pourra pas être surfréquenté s?agissant d?un lieu présenté comme devant rester calme et naturel. Nous sommes dubitatifs sur l?intérêt de cet équipement en raison de son coût. Nous attendons donc vos précisions à ce sujet.

Par ailleurs, nous regrettons que les rives du fleuve vont subir un traitement minéral et non pas végétal et que les principales bordures de trottoirs vont demeurer présentes. Or, nous pensons que ce dont les Parisiens ont besoin, c?est non pas d?un nouvel équipement prestigieux mais plutôt de lieux de gratuité, d?espaces laissés libres, de jardins partagés et, justement, cela aurait pu être l?occasion, le long du fleuve, d?aménager des jardins pour les riverains et de créer des jardins partagés accessibles facilement.

D?une façon générale, l?aménagement paysager du projet reste trop faible et très minéral, alors qu?à Lyon et Bordeaux, par exemple, les aménagements des bords des fleuves ont été l?occasion de créer de vastes espaces laissés libres sur lesquels la végétation a repris ses droits, offrant des lieux de promenade et une perspective nouvelle sur le Rhône ou la Garonne. Il est dommage qu?à Paris, cette option n?ait pas prévalu.

Il est d?ailleurs symptomatique de constater que 2 millions d?euros sont consacrés à la végétalisation des deux rives, alors que le seul emmarchement atteint, lui, la somme de 2,5 millions et l?archipel 8,6 millions d?euros.

Par ailleurs, le coût de fonctionnement annuel du site est prévu pour un montant de 5 millions d?euros. ?Artevia?, la société retenue, veut faire des berges de Seine le terreau de l?invention et de l?innovation urbaine, accompagner la participation de la société parisienne avec des animations ouvertes et accompagner les activités économiques.

Là encore, une question : puisqu?il est prévu de faire de ces berges un lieu très fréquenté loin, hélas, de l?espace naturel, calme et préservé, j?aimerais savoir de quelles activités économiques plus précisément il s?agit. Et je m?interroge de savoir si celles-ci sont compatibles avec le classement en zone UV, donc non constructible, du site.

Au final, les écologistes pensent que la note aurait été moins salée si nous nous étions contentés d?un projet dans un premier temps moins prestigieux, plus adapté aux besoins des Parisiens, moins en recherche de nouvelles animations que de lieux calmes et d?apaisement au c?ur de la ville. Nous aurions pu reconquérir les berges dans un premier temps et prendre ensuite plus de temps pour débattre de l?identité même que l?on souhaite donner au lieu. Les Parisiens n?ont pas besoin de nouvelles animations mais, avant tout, d?espaces libres, de nature, de lieux de tranquillité, pour des balades en amoureux, par exemple.

Compte tenu du contexte budgétaire contraint, il aurait été bien de très modestement répondre à ce simple besoin d?amour.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous avons apprécié le romantisme du maire du 2e arrondissement.

La parole est à M. Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

La reconquête des berges de la Seine, que nous avions inscrite à notre programme dès la première mandature de l?actuelle majorité municipale, devrait enfin devenir réalité en 2012. Ce projet constitue, pour les écologistes, un juste retour des choses : considérer les berges de la Seine autrement que comme un aspirateur à voitures, en revenant sur les aménagements routiers et autoroutiers des années 1960 et 1970 qui ont coupé Paris de son fleuve et défiguré aussi bien la rive droite que la rive gauche de la Seine.

C?est donc dans ce contexte historique que se situe aujourd?hui ce projet, avec la perspective d?une reconquête des berges pour les piétons, pour des usages diversifiés, à caractère sportif, culturel, citoyen et économique. C?est aussi l?occasion de souligner l?intérêt écologique majeur que constitue la Seine, élément fondamental de la trame bleue et verte parisienne.

Certes, cette reconquête est partielle puisqu?elle ne concerne qu?une partie des berges de la Seine située au c?ur de la Capitale. Les élus ?Europe Ecologie - Les Verts? auraient souhaité un projet de plus grande envergure, comprenant l?ensemble des berges de la Seine à Paris et traitant dans leur ensemble la question des quais hauts et des berges, tant leur situation est imbriquée.

Il n?en demeure pas moins que ce projet a le mérite de lancer la première étape d?une reconquête plus globale des berges et des quais de Seine, et de renouer avec le fleuve. Nous savons, par ailleurs, que des propositions ont été formulées pour les parties des berges situées sur les 12e, 13e et 15e arrondissements et qu?elles sont étudiées avec attention.

A l?issue de l?enquête publique qui s?est déroulée l?été dernier, nous souhaitons faire part de plusieurs remarques concernant le rapport émis par la commission d?enquête, à l?issue des deux mois et demi d?enquête publique.

Nous sommes tout d?abord satisfaits de l?avis favorable rendu par la commission. Ce projet a suscité l?intérêt des Parisiens. Et si l?on voit qu?une majorité des 1.563 avis recueillis sur les registres d?enquête sont critiques envers le projet, nous n?oublions pas qu?une majorité de 71 % de Parisiens et habitants de la Petite Couronne, interrogés à l?occasion d?un sondage en janvier 2011, ont émis un avis favorable sur le projet présenté par la Ville, et ce, quelle que soit leur opinion partisane. Il n?y a guère que la droite et le centre droit de cet hémicycle qui restent viscéralement attachés à une conception de l?aménagement urbain prônant un tout-automobile digne des années 1970.

A l?inverse de cette vision qui considère la voie publique comme un espace où l?hégémonie automobile ne peut être remise en cause, les écologistes défendent une ville dans laquelle la voiture individuelle est un outil parmi d?autres dans la chaîne de mobilité et qu?il appartient au pouvoir public d?inciter et d?organiser le report modal de l?usage d?un véhicule individuel vers les transports publics ou d?autres formes innovantes de déplacement, comme l?auto-partage, dans une perspective de mobilité soutenable.

C?est la raison pour laquelle nous soutenons aussi, à chaque débat, les propositions de renforcement de l?offre de transports en commun.

C?est le sens du v?u que nous déposons à ce Conseil pour que soit étudié le prolongement de la ligne de bus 72 jusqu?à la gare de Lyon, pour cette ligne qui suit la Seine et qui a aujourd?hui son terminus à l?Hôtel de Ville. A terme, nous souhaitons qu?un véritable transport en commun en site propre, à haute qualité de services, soit mis en service sur les quais hauts en rive droite, voire qu?un tramway puisse y prendre sa place, ce qui permettrait non seulement une desserte de qualité de nombre d?établissements publics ou monuments qui bordent les quais hauts, mais rendrait possible aussi leur requalification globale.

A l?issue de l?enquête publique, nous notons que la commission d?enquête a assorti son avis favorable de deux réserves, dont l?une concerne la réversibilité des aménagements. Pourtant, les simulations approfondies menées par la Ville de Paris ont démontré que l?impact du projet sur la circulation serait mineur et des réponses précises ont été apportées chaque fois que cela était nécessaire.

Le projet de réaménagement des berges de Seine constitue une opportunité historique, pour valoriser ce site inscrit au Patrimoine mondial de l?Humanité et faciliter les accès au fleuve.

Dans ces conditions, le retour à une fonctionnalité de circulation serait un retour en arrière et signerait l?échec de l?ambition de reconquête des berges.

C?est cette ambition qui nous pousse aussi à nous interroger sur l?aménagement proposé sur la rive droite. Nous avons déjà eu l?occasion de le dire ici, aménager la voie sur berge de la rive droite en boulevard urbain, c?est faire le choix de rester au milieu du gué.

Nous sommes particulièrement sensibles à la question de la sécurité des piétons. Aussi, nous nous interrogeons sur les risques d?un tel aménagement qui va inciter des piétons à se promener non seulement dans un environnement bruyant mais qui est aussi porteur de risques pour les piétons, même si des traversées avec feu vont être réalisées.

La commission d?enquête a d?ailleurs relevé cet aspect et elle souhaite, dans sa sixième recommandation - je cite - que ?l?accidentologie sur la rive droite soit examinée avec la plus grande attention dès la mise en ?uvre du projet?.

Nous aurions, je le répète, préféré un aménagement rive droite similaire à celui de la rive gauche, ce qui aurait, bien entendu, questionné l?ensemble du fonctionnement de la voie expresse en rive droite et des alternatives de transports que nous aurions pu mettre en ?uvre. Nous restons donc quelque peu sur notre faim sur ce versant du projet.

Une dernière question concerne l?animation des berges. Il faut rappeler que les berges, comme lieu de balade, nouvelle continuité piétonne et cyclable, constituent une des priorités pour les Parisiens qui ont exprimé des attentes très fortes en la matière.

En conclusion, puisque j?ai terminé, j?ai épuisé mon temps de parole, je voudrais dire, Monsieur le Maire, Madame la Maire, que le projet d?aménagement des berges de Seine que nous votons aujourd?hui constitue la concrétisation d?un engagement commun pris devant les Parisiens il y a 10 ans. Nous mesurons à la fois l?ambition de ce projet et les attentes qu?il suscite.

Les élus ?Europe Ecologie - Les Verts? apportent leur soutien déterminé à ce projet, qui sera une première étape vers la construction de la ville du XXIe siècle autour de son fleuve.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Ian BROSSAT, 5 minutes.

M. Ian BROSSAT. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, le moins que l?on puisse dire aujourd?hui, c?est que ce projet de réaménagement des voies sur berges avance de manière tout à fait positive. Notre groupe a toujours jugé essentiel d?organiser une concertation étendue. Aujourd?hui, ce réaménagement est le projet d?un grand nombre de Parisiennes et de Parisiens : 2.284 contributions, des ateliers thématiques, y compris auprès des enfants, 22.000 visites sur les forums. C?est un véritable succès populaire. Un seul chiffre devrait apaiser les esprits chagrins qui grognent de l?autre côté de cet hémicycle dès qu?il est question de ce projet : plus de 65 % des Parisiens interrogés ont une opinion très favorable de ce projet.

Notre volonté, nous l?avons déjà affirmée : il s?agit de faire en sorte que la Seine, que ce fleuve soit ouvert aux piétons, aux Parisiens comme aux Franciliens et aux voyageurs, un fleuve emblématique des nouvelles circulations douces dans la continuité des efforts de notre Municipalité en faveur des parcours à pied et à vélo dans la ville.

Mais l?aménagement des voies sur berges, cela vient d?être dit, ce n?est pas seulement cela : la Seine irriguera également de nouveaux services, de nouveaux équipements, de nouvelles activités sportives, culturelles, citoyennes et économiques, liées à la nature et au fleuve. Notre volonté doit être que ce lieu unique, inscrit au Patrimoine mondial de l?Humanité, profite à tous dans les meilleures conditions possibles.

Car, pour l?instant, il ne s?agit que d?une sinistre autoroute urbaine. Les guides touristiques du monde entier en font un panorama trois étoiles qui vaut le voyage. Le malheur est que ce panorama est aujourd?hui inaccessible, bruyant et pollué. Débarrassées de ce déguisement autoroutier, les berges de la Seine retrouveront leur dignité et leur beauté. Paris retrouvera un patrimoine architectural et urbain, mais aussi un fleuve et un inestimable patrimoine écologique. C?est plus que jamais l?occasion de mettre en application le plan que nous avons voté il y a seulement un mois.

Parce que la Seine traverse notre ville mais aussi notre région, nous ne devons pas en faire un privilège ouvert à certains et presque inconnu des autres. L?objectif est de créer un point de rencontre et d?échange, de faire des berges de la Seine, non seulement une promenade prestigieuse, mais surtout une voie d?échanges sociaux, artistiques, culturels, tout simplement humaine.

Le succès de ?Paris Plage?, d?ailleurs, nous a montré à quel point les Parisiens, mais pas seulement les Parisiens, les habitants de la métropole, aspirent à se réapproprier les berges de la scène et à s?y retrouver.

Transformons ce paysage que le monde nous envie en un lieu vivant, ouvert, animé, gratuit et résolument populaire, car les nouvelles rives de la Seine doivent être ce symbole d?un Paris pour tous, d?un Paris réconcilié qui veut oublier la frontière entre les arrondissements de l?Ouest et ceux de l?Est, d?un Paris qui abolit la ségrégation spatiale.

Le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche se réjouit tout particulièrement à cette idée.

Je voudrais d?ailleurs insister sur quelques points sur lesquels mon groupe avait déjà eu l?occasion de s?exprimer dans le cadre de ce projet, d?abord l?idée d?avoir des clauses d?insertion dans les marchés publics afin de favoriser les personnes très éloignées du monde du travail - nous avions déjà insisté sur ce point et je sais que ce sera le cas.

Nous avons aussi la volonté qu?un soin particulier soit accordé aux personnes sans domicile fixe qui se sont établies sur place. Or, je sais que là aussi, il est prévu une permanence sociale et sanitaire qui permettra précisément que nous menions une politique tout à l?opposé de celle du Gouvernement qui agit à coups d?arrêtés anti-mendicité et qui fait la guerre aux pauvres.

Nous voulons précisément faire autre chose, et que ce projet soit aussi emblématique de notre conception sociale.

Ce projet répond donc aux attentes de notre groupe, et il n?est donc pas étonnant, d?une certaine manière, que de l?autre côté de cet hémicycle, du moins pour la majorité du monde U.M.P., parce que je sais qu?il en est quelques-uns qui sont plus éclairés, mais pour l?instant, malheureusement minoritaires, je sais que de votre côté il y a une opposition à ce projet.

Au fond, c?est sans doute parce que vous ne souhaitez pas que cet espace soit un espace partagé, un espace qui appartienne aux habitants de la métropole mais après tout, c?est précisément le c?ur de notre projet que de faire en sorte que sans doute le plus beau lieu de Paris puisse être un lieu partagé par l?ensemble des habitants de Paris et par l?ensemble des habitants de notre région. C?est sans doute toute la différence entre notre conception de la ville et la vôtre.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

La parole est au président POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, ce projet de fermeture des voies sur berges est le grand projet de votre seconde mandature. C?est le 7e arrondissement qui va en prendre le choc principal. C?est d?ailleurs la raison pour laquelle plus de 5.000 personnes consultées par un référendum ouvert devant huissier ont dit non à cette opération.

Le rapport de l?enquête publique va permettre de faire le point sur ce dossier imaginé dans le secret de votre cabinet. C?est l?occasion de revenir sur la précipitation avec laquelle ce projet a été mené, sur les imprécisions, les risques et les conséquences qu?il met au jour, sur les contradictions des conclusions du commissaire enquêteur.

Le 14 avril 2010, vous avez présenté votre projet, que tout le monde a découvert avec surprise lors d?une conférence de presse. Depuis, c?est la marche forcée et la précipitation.

Aucune concertation avec les élus et acteurs métropolitains, si ce n?est qu?ils ont eu droit à une présentation a posteriori d?un projet déjà ficelé.

Marche forcée et précipitation, encore, avec le lancement d?appels d?offres avant la fin de l?enquête publique, curieux, ce qui est bien la preuve que vous n?aviez nullement l?intention de tenir compte des avis, des réserves et des recommandations.

Marche forcée et précipitation, une nouvelle fois, dans les tergiversations sur le choix des aménagements, avec des aménagements qui disparaissent soudainement, d?autres qui sont au stade d?études sur de nouveaux tronçons potentiels. Le rapport note d?ailleurs que les imprécisions relevées sur les usages et les aménagements ne permettent pas d?apprécier avec précision la pertinence du budget affecté à ce projet.

Devant ces imprécisions, on oscille entre brouillon, brouillard sans vision globale, ce qui est classique de la Ville, ici.

Marche forcée et précipitation enfin, par la façon dont a été menée l?enquête publique, au beau milieu des vacances d?été, malgré les demandes des élus du 7e arrondissement qui avaient demandé qu?elle soit reportée.

Le commissaire-enquêteur, encore lui, a d?ailleurs été obligé de la prolonger de 12 jours car, je le cite : ?de nombreuses personnes résidents parisiens, ou autres?, évidemment, c?est les vacances, ils découvrent ?n?avaient pas eu connaissance de l?enquête en cours ou la possibilité d?examiner le dossier?.

Résultat : il a reporté de 12 jours. Le résultat : 15.163 observations écrites, orales ou par courrier, en tout et pour tout, sur un dossier qui concerne des millions de personnes.

Mais par contre, cela ne devrait pas vous surprendre, 78 % des quelques personnes concernées se sont prononcées contre, c?est-à-dire qu?une très grande majorité de Parisiens n?est pas informée du projet, que ceux qui s?y intéressent s?opposent très largement à la fermeture des voies sur berge. C?est un double désaveu.

Vous ne pouvez pas continuer de dire, Madame HIDALGO, que la concertation est ?formidable?, et que partout où vous passez, ?les Parisiens débordent d?enthousiasme? !

Il faut ouvrir les yeux : cette enquête publique est pour vous un échec. Je m?étonne d?ailleurs de la conclusion du commissaire enquêteur, encore lui, qui, après avoir noté la faiblesse de la participation et pris connaissance des résultats, estime de façon totalement saugrenue que ?la fréquentation du public a été importante, mobilisant un public motivé et nombreux?. Surprenant ! On se demande vraiment comment le commissaire enquêteur a pu rendre un avis favorable. Il doit s?agir d?une erreur, peut-être d?un coup de soleil de l?été : on ne peut l?expliquer autrement !

Une marche forcée qui conduit à des imprécisions aux lourdes conséquences.

Des imprécisions en particulier sur le report de trafic, qui est pourtant un risque majeur pour la circulation dans la capitale. 3.000 à 4.000 véhicules empruntent les berges aux heures de pointe, et Paris est la capitale dont la durée d?embouteillage est la plus longue en Europe.

La possibilité de report de trafic doit être calculée aux heures de pointe, et non lissée sur l?ensemble de la journée. Or, aux heures de pointe, le périphérique est saturé à 95 %. Ce n?est donc pas là que la mairie peut espérer trouver une solution, comme elle semble le laisser croire.

La possibilité de report sur les quais hauts est aussi très faible aux heures de pointe. La Préfecture et le rapport soulignent un fort risque d?engorgement à la Concorde et boulevard Saint-Germain, ainsi qu?un report sur les rues adjacentes. Le 7e arrondissement va de fait être particulièrement impacté, mais ça vous est égal parce que ce n?est pas votre électorat !

Dans sa recommandation n° 1, le commissaire enquêteur demande clairement la poursuite préalable des études à travers une expérimentation, soit calendaire - dimanche et vacances scolaires -, soit spatiale - fermeture partielle, en particulier du pont de l?Alma à celui d?Iéna.

Or, la Ville la rejette d?un revers de la main, avec pour seule réponse laconique que des alternatives de fermeture, soit calendaires, soit spatiales, ne répondent pas aux objectifs du projet.

C?est un peu court au vu des conséquences encourues et des observations formulées.

Encore une fois, votre marche forcée vous entraîne à piétiner tous les principes de concertation et à nier la réalité. Au bout du chemin, votre projet pour la valorisation de la Seine, qui pourrait être un projet de l?avenir, bâti au nom de la biodiversité, se transforme en espace événementiel et commercial.

Merci.

(M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, remplace M. Pierre SCHAPIRA au fauteuil de la présidence).

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole à Mme Édith CUIGNACHE-GALLOIS.

Mme Édith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Votre projet d?aménagement des voies sur berges est à l?image de votre politique : c?est un projet écrit à l?encre sympathique. On nous promet le beau, l?amusement, les loisirs à chaque heure du jour et de la nuit, et le soleil toute l?année.

Mais derrière ce joli programme, se révèle une politique qui ne tient pas ses engagements, renonce à ses principes et surtout, ne prend vraiment pas en compte la réalité du quotidien des Parisiens qui doivent travailler et qui, pour travailler, doivent circuler.

Un projet, donc, qui ne tient pas ses engagements, car vous aviez fait de l?offre de transports alternatifs et simultanés une promesse et un préalable. C?est inscrit dans le plan de déplacements de Paris de 2007, dans lequel vous affirmiez que la fermeture des voies sur berges ne pourrait être envisagée ?qu?une fois que l?offre de transports en commun serait suffisante pour supporter le report de trafic?.

Vous en aviez également fait une condition nécessaire dans votre programme de 2008. Où donc sont passées ces promesses ?

La réalité est qu?il n?y a pas, aujourd?hui, de réelle possibilité de report de trafic, comme l?a rappelé Yves POZZO di BORGO, il n?y a pas non plus d?offre alternative existante de transports en commun.

Beaucoup de monde en est conscient et s?en inquiète, y compris vos partenaires politiques.

Dans son avis, ?Paris Métropole? vous a signifié ?qu?il est important que des alternatives en matière de déplacements soient mises en ?uvre et préparées conjointement à d?éventuelles restrictions d?usage?.

Le Président de la Région, Jean-Paul HUCHON, dans un courrier daté du 6 décembre 2010, vous a également alerté avec un ton amical, de partenaire socialiste, certes, mais de façon tout de même très précise, et je le cite : ?Les capacités d?absorption des reports vers les infrastructures routières et les lignes de transports en commun sont à analyser finement dans la suite des études?. Il ajoute : ?il conviendrait de regarder précisément les parcours impactés pour apprécier les trafics supplémentaires?. Il termine, enfin : ?En termes de trafic automobile, le report sur les quais hauts et sur le boulevard doit être bien mesuré?.

Le commissaire enquêteur, lui aussi, dans sa recommandation n° 2, souligne la nécessité de ?renforcer dans les plus brefs délais l?offre de service de transports collectifs?.

Si vous restez sourds à nos observations, écoutez au moins celles de vos partenaires métropolitains et celles qui ressortent de l?enquête publique, demandez aux Parisiens et aux Franciliens s?ils trouvent que l?offre de transports est suffisante pour absorber quotidiennement le report de trafic aux heures de pointe.

Vous parlez du RER A, qui est la ligne la plus fréquentée du monde, quatre personnes au mètre carré aux heures de pointe, je le rappelle, mais les 60 rames qui sont prévues, à deux étages, et qui ont été récemment encore annoncées par le Président de la République ne sont prévues que pour 2014 et elles ne permettront que de soulager un trafic existant, il ne s?agit nullement d?une offre alternative permettant d?accueillir des usagers supplémentaires et en grand nombre.

Vous évoquiez aussi une amélioration du RER C prévue à trois ans, mais même Jean-Paul HUCHON, dans un communiqué du 17 novembre dernier, donc très récent, reconnaît lui-même que le service de cette ligne est dégradé et qu?il n?arrive pas à trouver de solution.

Alors, Monsieur le Maire, je le répète, elle est où cette offre de transports en commun alternative et simultanée dont vous aviez fait une condition préalable ? Elle n?existe pas, et c?est cela, le vrai problème ; vous faites fi de vos engagements et des recommandations de l?enquête publique. On se demande vraiment, d?ailleurs, comment le commissaire enquêteur a pu rendre un avis favorable dans ces conditions.

Les voies express sont un axe structurant d?entrée et de sortie de la capitale, elles ont une valeur métropolitaine et vous ne les regardez qu?à travers une dimension de quartier. Pourtant, 3.000 à 4.000 véhicules les empruntent chaque jour et 40 % viennent de banlieue. Ce sont des acteurs économiques de la région parisienne. Pour beaucoup, ce sont des artisans qui viennent travailler à Paris où ils viennent livrer des marchandises. Pour cela, il n?y a pas d?alternative aux voies sur berges. Leur véhicule, malheureusement, pour le moment, est indispensable, d?autant plus que le développement à grande échelle du fret fluvial n?est absolument pas, et très curieusement, intégré à votre projet de soi-disant valorisation de la Seine. C?est une grande interrogation.

La réserve n° 2 du rapport de l?enquête publique le prouve avec l?absence de zones logistiques prévues. La nouvelle expérimentation Voguéo ne prévoit pas non plus de compatibilité logistique avec le fret pour les escales ; c?était pourtant le sens de notre v?u qui a été repris par l?Exécutif et adopté où je parlais de Voguéo fret.

Rendre la Seine aux Parisiens, pour nous, ce n?est pas seulement en faire un espace événementiel. Rendre la Seine aux Parisiens, c?est aussi lui redonner sa vocation originelle, celle du transport de marchandises, dans une version moderne et durable de la batellerie, ce qui éviterait des milliers de camions dans Paris chaque jour.

L?ambition aurait été aussi de proposer une vision globale, de ne pas uniquement se concentrer sur le plus visible, sur les plus privilégiés de l?hypercentre, quand la valorisation des berges non circulées, en particulier à l?Est, et je pense à mon arrondissement, le 13e, aurait dû être la priorité.

Dans cette période de crise, votre projet de ?ramblas? à 35 millions d?euros, avec mikado géant et île flottante, c?est la fuite d?un Maire vers le ludoculturel et l?abandon des exigences de la réalité, en bref, un triste constat, c?est la politique du futile plutôt que de l?utile.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Karen TAÏEB, pour le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je vais me permettre d?ajouter un peu de poésie à nos débats, puisque la Seine a inspiré nombre de poètes, parfois dans des termes mélancoliques : ?Le fleuve est pareil à ma peine? nous livre Apollinaire dans ?Marie?, parfois dans des termes peu élogieux, ?flots indolents?, ?morne Seine? pour Verlaine qui, dans ?Nocturne Parisien?, invective le fleuve : ?Toi, Seine, tu n?as rien, deux quais et voilà tout?, mais aussi de façon enjouée avec Prévert, ?Ce n?est pas un fleuve, la Seine, c?est l?amour en personne, mon petit tour du monde, les vacances de ma vie (?). La Seine, c?est ma riviera, et moi, je suis son vrai touriste?. C?est un peu mon cas, une vraie touriste devant la Seine, de jour comme de nuit, rive droite ou rive gauche, je m?extasie en regardant les platanes s?y courber, les bateaux y flâner, les bouquinistes y résister, les monuments s?y refléter.

Je crois qu?il faut vraiment aimer la Seine et ses quais pour envisager enfin sa reconquête et pour répondre à mon collègue Jacques BOUTAULT, la Seine mérite bien un projet ambitieux qui associera, j?en suis sûre, romantisme, détente et joie de vivre.

Comme chacun le sait, l?enquête publique liée au projet d?aménagement des berges de Seine s?est déroulée du 4 juillet au 14 septembre 2011 inclus, 12 jours, il est vrai, après la date prévue au départ, ce qui a partiellement, comme on le voit, satisfait les élus de l?U.M.P.P.A. pour qui une enquête en été ne vaut pas grand-chose par principe, principe de mauvaise foi.

Dans la série ?info ou intox ??, ce sera plutôt intox par la mairie du 7e arrondissement qui donne son avis sur le site ?voiessurberges.fr?. Vous êtes bien pessimistes lorsque vous parlez du temps perdu par l?augmentation des temps de trajet quotidiens, l?augmentation des nuisances sonores et atmosphériques, le stress, la perte de compétitivité des entreprises, lorsque nous, nous envisageons, au contraire, la satisfaction des Parisiens, des Franciliens ou des touristes qui viendront se balader, profiter sans stress de la beauté de Paris.

Ce n?est en rien un châtiment contre les automobilistes, juste la mise en pratique d?une politique que nous voulons mener, que nous aimons défendre ici : le partage de la ville. Mais vous allez jusqu?à inviter le soleil dans vos débats en soulignant avec le Conseil du 7e arrondissement que ?les quais bas rive gauche sont situés à l?ombre, moins propices à la promenade que les quais hauts, davantage ensoleillés? et ?pour cette raison, le projet serait donc peu adapté aux besoins des touristes?. Drôle de conclusion ! A cours d?arguments, vous nous en offrez des plus farfelus.

Enfin, vous faites part de votre inquiétude en raison du développement des guinguettes et des boîtes de nuit qui pourraient amener, dites-vous, les personnes alcoolisées à chuter dans la Seine, une méthode bien connue : alimenter les peurs pour faire douter.

Peu vous importe qu?au premier rang des nombreuses attentes exprimées dans l?enquête figure la promenade, les loisirs et la détente le long du fleuve. On peut, comme vous le faites, noircir le tableau à l?envi. Pour ma part, je choisis, là encore, l?enthousiasme de Prévert et me félicite de ce projet qui s?est fait, non seulement dans le respect d?un site exceptionnel inscrit au patrimoine mondial de l?UNESCO, mais avec la volonté d?offrir le paysage de la Seine au plus grand nombre, aux enfants, aux rollers, aux cyclistes, tout comme aux personnes âgées ou aux personnes en fauteuil. Place aux piétons, enfin !

Des traversées piétonnes équipées de feux tricolores, des traversées protégées, la chaussée recalibrée de 7 à 6 mètres de large afin d?offrir justement plus d?espace aux piétons?

Le projet comprend également l?aménagement intérieur d?une galerie technique en un passage qui va relier le port Henri IV avec le bassin de l?Arsenal, autrement dit le 4e avec le 12e arrondissement, comme cela a été ardemment défendu par les conseillers de quartier du 12e arrondissement et porté par Michèle BLUMENTHAL.

J?en profite, d?ailleurs, pour mettre en lumière deux v?ux qui seront proposés, nos 87 et 88, qui ont été votés par la majorité municipale du 12e arrondissement, et qui proposent la mise en place d?aménagements sur le port de Bercy aval et l?étude de la réouverture de la continuité piétonne sur la berge rive droite du port de la Rapée au port de Bercy aval.

Côté rive gauche, alors que les quais hauts seront réaménagés pour accompagner le report de trafic automobile, deux projets innovants seront prévus sur les quais bas : un emmarchement démontable au port de Solférino devant le musée d?Orsay et un jardin flottant à proximité du pont de l?Alma.

Au port de Solférino, un pôle culturel et événementiel sera aménagé pour permettre des occupations temporaires, le port des Invalides Alexandre III sera animé de jour comme de nuit et au port du Gros caillou, un pôle sportif et ludique sera ouvert en fonction des saisons à différents types de publics incluant les scolaires.

Restauration, salons, économie sociale et solidaire, les activités économiques permanentes ou temporaires seront développées sur l?ensemble du linéaire.

Des berges, il sera possible d?accéder aux musées qui bordent la Seine et seront accueillies des expositions de plein air ou des spectacles vivants. Tout a été pensé pour l?accueil du public : sanitaires, stations Vélib?, un nouvel éclairage, des fontaines à boire ont été prévus et, enfin, la gestion du site intégrera tous les services de propreté et de sécurité nécessaires à un lieu de forte fréquentation et je n?ai aucun doute sur le fait que dès l?ouverture prévue en juillet 2012, il y aura affluence de Parisiennes et Parisiens ou amoureux de Paris qui viendront se réapproprier la beauté de Paris.

C?est notre conception de la ville de demain et je m?en félicite.

Je suis persuadée que les berges de Seine ainsi retrouvées inspireront de nouvelles plumes et de nouveaux pinceaux et seront surtout la source d?une vraie qualité de vie pour les Parisiens.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. le Président Jean-François LAMOUR pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Maire.

Je dis, Monsieur le Maire, mais j?aurais préféré que le Maire de Paris soit présent dans cet hémicycle. Eh bien oui ! Sur un projet qu?il nous qualifie de projet du siècle, et dont on voit bien finalement qu?il se moque, comme de beaucoup d?autres dossiers à Paris.

En effet, Monsieur le Maire, je regrette que ce projet d?aménagement des voies sur berges n?ait pu faire l?objet d?une réflexion partagée, commune et ouverte. Je regrette que ce projet n?ait pu être le fruit d?un travail de concertation, qui aurait impliqué l?ensemble des élus, bien sûr, mais aussi d?autres partenaires, les cabinets d?urbanistes, des associations, les chambres de commerce, les collectivités locales limitrophes.

Il aurait pu être conçu comme un vrai projet structurant, valorisant, et à la mesure du rayonnement amplifié qui doit être conféré à la capitale dans le cadre du Grand Paris.

Mais il n?en a rien été de tout cela, car le 14 avril 2010, vous annoncez en grande pompe, lors d?une conférence de presse, ?la reconquête des berges de la Seine? : fêtes, bonheur et loisirs au programme des Parisiens, grâce à ce projet qui a germé dans le secret de votre cabinet, afin de ménager la surprise aux journalistes, aux Parisiens et aux élus d?opposition.

C?est le jeu, me direz-vous. Votre jeu, certes, mais un jeu indigne de l?enjeu.

Nous voici face à un projet ficelé, réalisé à votre demande par les services de l?A.P.U.R. sous la direction de M. ROLTANGUY, aujourd?hui démissionnaire de ce poste, dont la seule proposition est parfaitement inadaptée, insuffisante, voire indécente pour envisager sérieusement de réaménager les berges de la Seine.

Ainsi, victime de votre culte du secret et de la maîtrise de tout, en dépit de vos grandes déclarations sur la transparence, vous présentez à la presse un projet ridicule, à mi-chemin entre Paris Plage et fête foraine, mais néanmoins lourd de conséquences, en termes de coûts, d?impact économique et de report de circulation.

Mais aussi limite en termes de sécurité car, quand Paris est bouché, les ambulances, les pompiers, le Samu, la police aussi voient leurs délais d?intervention s?allonger et leurs trajets se compliquer. Mais qu?importe ces réserves, vous poursuivez votre chemin et j?attends maintenant avec beaucoup d?attention les propos du Préfet de police, quant à justement cette embolie du centre de Paris.

Fidèles à vos paradoxes, vous entamez ensuite une concertation. La plaisanterie continue. Paris Métropole est saisie du projet pour la forme, mais les maires d?arrondissement sont totalement ignorés : aucun appel à projets n?a été lancé avant, aucune suggestion postérieure ne sera retenue, bien sûr.

Vous annoncez ensuite une enquête publique, pendant les mois d?été, nouvelle mascarade. Bien avant d?avoir ses conclusions, vous demandez au Conseil de Paris, autant dire à votre majorité, de se prononcer sur les premières autorisations d?urbanisme, et de passer les marchés nécessaires aux animations que vous prévoyez.

Quand au compte rendu que vous commettez à la suite de l?enquête publique, il n?est évidemment en rien fidèle aux nombreuses questions et observations légitimes qui y sont soulevées.

En résumé, absence de concertation, absence de transparence, absence d?honnêteté intellectuelle pour tout ce qui a trait à l?enquête publique, non respect des délais. Dans quel système sommes-nous, Monsieur le Maire ?

Alors ce projet, nous ne le voterons pas, bien sûr, pour des raisons liées autant à la méthode qu?au contenu et au sens des aménagements prévus. Aucune des réserves que nous avons formulées n?a été discutée ni retenue.

Il semble même que vous vous dispensiez de tenir compte de la demande de réversibilité. Qui peut croire que l?aménagement de la culée du pont Alexandre III sera réversible ? A quoi bon avoir procédé à tout ce simulacre de concertation, à ces débats en séance, à cette enquête puisque, quoi qu?il en soit, vous allez mettre en place votre petite opération festive, faire votre communication autour et faire fi de tout le reste ?

J?ajouterai que vous n?avez même pas respecté les délais de dépôt de ces projets de délibération qui n?ont donc pas été examinés dans certains conseils d?arrondissement.

Je terminerai donc, comme j?ai commencé, par des regrets. Des regrets, face à ce projet qui n?intègre en rien le potentiel de la Seine dans le cadre du projet d?aménagement global du Grand Paris et de la vallée de la Seine, cher à Antoine RUFENACHT. Tout ça pour ça ! Donc, rien d?emblématique, quelques aménagements anecdotiques et beaucoup d?inconvénients.

Votre reconquête des berges de la Seine est anachronique et sans ambition, Monsieur le Maire. Elle se veut dans l?air du temps, celui qui consiste, pour toutes les grandes villes à vouloir diminuer la place de la voiture, mais elle n?est pas en phase avec le rythme de réalisation du vaste projet dans lequel elle aurait dû s?insérer. C?est dommage et irresponsable.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Laurence DOUVIN, pour le groupe U.M.P.P.A.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Je commencerai par le principal. La Seine mérite un aménagement qui soit digne de sa beauté et digne de Paris. Il est donc naturel de se préoccuper de ses abords pour obtenir le meilleur aménagement et la meilleure accessibilité.

Je crois que nous sommes tous d?accord sur ce point. Mais, à partir de là, les appréciations divergent et les priorités ne sont pas les mêmes.

Nous voulons un aménagement ambitieux, qui concerne toutes les rives de Seine, c?est-à-dire l?ensemble du tracé du fleuve sur la traversée de Paris.

Vous, vous avez choisi de vous occuper que des voies sur berges circulées, c?est peu. C?est surtout à contretemps. Voici pourquoi : nous souhaitons tous rendre la Seine plus accessible aux promeneurs, aux Parisiens, aux Franciliens, aux visiteurs.

Et vraisemblablement, il arrivera que ces conditions, pour que ce v?u soit exaucé, soient réunies, mais cela n?est pas le cas aujourd?hui. Parce que ces conditions, qu?elles sont-elles ? Elles sont que le volume de la circulation routière, qui utilise aujourd?hui les voies sur berges, en tant qu?artère essentielle à la métropole, diminue.

Alors, il sera possible d?organiser différemment la circulation de tous les modes routiers, mais que faut-il pour cela ? Les réponses sont évidentes : il faut que les infrastructures de transports, qui relient la capitale à la grande et à la petite couronne, permettent le report des utilisateurs de la voiture sur les transports en commun.

Est-ce possible aujourd?hui ? Pas encore. Est-ce que ce sera possible demain ? Oui, dans le cadre du Grand Paris notamment.

Deuxième condition : il faut que dès maintenant un report sur les métros, RER et bus existants, permette aux usagers des voies sur berges des deux rives de se reporter sur un mode collectif.

Est-ce le cas ? Non. Il n?y a pas plus de bus. Ceux qui circulent vont être fortement perturbés par les embouteillages générés, 40 % du trafic bus sera impacté.

Alors, avec votre projet, cela ne sera pas mieux, ce sera pire. Le RER C va être amélioré, mais c?est en grande couronne, pas sur le trajet parisien. L?automatisation de la ligne 1 a des effets vraiment extrêmement limités par rapport aux besoins.

Donc, les conditions ne sont pas réunies actuellement pour se priver du trafic automobile des voies sur berges. Même si on peut légitimement espérer qu?elles le seront un jour.

Devant les inquiétudes générées par ce projet, vous décidez de mettre coûte que coûte en ?uvre, et devant les réserves explicites du commissaire enquêteur, vous affirmez que tout est réversible et surtout vous vous engagez à faire le point au bout d?un an.

Monsieur le Maire, je crois qu?il est temps de faire preuve d?honnêteté devant les Parisiens. Vous avez passé votre temps à nous dire que tous étaient très largement favorables à ce projet, à la suite d?une ?concertation?, mot dont je vous laisse la paternité, car ayant été présente à certaines réunions dites de concertation, je peux témoigner qu?elles étaient très fortement connotées.

Démonstration de ce bel élan, les 65 % d?opinions favorables recueillies, selon vous, lors de la concertation préalable au projet, ne correspondent pas à la réalité : ce sont plus de 78 % des 1.557 observations fournies par les participants à l?enquête publique qui lui sont, elles, défavorables.

Alors, au point où nous en sommes, l?expérience tranchera. Mais de manière à ce que ces enseignements soient rendus publics dans la plus grande transparence, transparence à laquelle vous affirmez toujours être très attaché, eh bien, Monsieur le Maire, nous vous demandons de faire un premier point d?évaluation de la situation au bout de six mois. Ce délai est bien assez long pour être significatif, sinon définitif, dans l?appréciation de la situation.

Cette proposition fait donc l?objet d?un v?u de notre groupe et on pourrait facilement l?assortir de la parution d?un baromètre régulier de la situation tous les deux mois.

Monsieur le Maire, nous vous demandons aussi, ainsi qu?à Monsieur le Préfet de police, de nous exposer dès maintenant sur quels indicateurs précisément vous comptez faire cette estimation.

Nous demandons un état de la situation actuelle sur le plan de la fréquentation, de la pollution atmosphérique et sonore des voies sur berges et des voies de report. Et le même état, une fois l?aménagement réalisé, et régulièrement ensuite.

Pourquoi ? Parce que les Parisiens ont le droit de savoir quel est le prix à payer pour pouvoir apprécier ce projet et ces réalisations proposées.

A ce sujet, poursuivant d?ailleurs la même méthode qui vous a amené à présenter un projet en avril 2010 à la presse, alors que vous avez attendu juillet pour le présenter aux conseillers de Paris, vous avez confié à une équipe, sans aucune information du Conseil de Paris, un projet d?aménagement. Nous n?en connaissons donc que ce que la presse a bien voulu préciser depuis votre conférence de presse début novembre, il y a un mois.

Alors, Monsieur le Maire, de quel côté la balance penche-t-elle ?

Est-ce en faveur d?un aménagement, qui dispense une animation a priori plutôt médiocre et sans ambition ? Une animation où le côté économique est affirmé mais, en fait, particulièrement absent ? On n?en voit pas une ombre, si ce n?est la mention d?études en faveur d?investissements privés.

Ou bien la balance penche-t-elle du côté de la lourdeur des inconvénients pour les Franciliens et les Parisiens ? Les automobilistes, évidemment, sur lesquels il est de bon ton de crier haro sans prendre en considération s?ils ont un autre moyen de venir à Paris ? Sur tous les autres modes motorisés : transports de marchandises, camionnettes d?artisans, déplacement des professions médicales et paramédicales, deux-roues motorisés, toujours plus nombreux dans la circulation, avec des risques aggravés, notamment par la diminution de la largeur des files ? Comme j?aimerais me tromper à ce sujet !

Le commissaire-enquêteur a exprimé ses inquiétudes également par rapport au poids financier des aménagements : 40 millions d?euros. Nous y ajoutons les nôtres devant des variations pour le moins étonnantes. L?archipel était annoncé à 2 millions en juillet 2010, il est passé à 7 millions au printemps 2011, puis à 8,4 millions aujourd?hui ; je ne pense pas que l?inflation soit galopante à ce point. L?aménagement des locaux de la Maison des Célestins n?apparaît pas, non plus que le réaménagement du square de l?Hôtel de Ville. Où cela est-il passé ?

Il se pose encore beaucoup de questions, notamment sur la circulation parce que, par exemple, quelle réorganisation des files de circulation prévoyez-vous sur les quais hauts de la voie rive droite, avant le souterrain des Tuileries ? Quel accès à la voie rive droite à partir de la place de la Concorde ? Et de l?Assemblée nationale ? Comment réorganiser le quai Anatole France avec une file supplémentaire, alors que, manifestement, il n?y a pas d?espace ? Et de toute manière, que peut faire une file sur 150 mètres pour soulager, effectivement, la fermeture de la voie sur berge rive gauche ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Madame DOUVIN, je vais vous demander d?aller vers votre conclusion, s?il vous plaît.

Mme Laurence DOUVIN. - J?arrive à la conclusion.

Il reste des problèmes : celui de la nature des commerces et de leur nombre ? Quelle nature de commerces, quelles barges, quel nombre ? Quelles conséquences sur la vie des riverains ? Et aussi, devant l?emmarchement, que va-t-il se passer ?

Je rappelle simplement que la Ville de Lyon avait créé un emmarchement. Ils l?ont supprimé assez rapidement ainsi que les spectacles qui étaient prévus devant parce que, malheureusement, à Lyon comme à Paris, il pleut et les conditions météorologiques font la loi encore plus qu?autre chose.

Je conclurai en disant que vous proposez de dépenser 40 millions d?euros intégralement financés par les Parisiens pour un projet étriqué, dont les coûts d?exploitation ont déjà plus que doublé avant même que de commencer : de 2 à 5 millions d?euros.

Je m?arrête donc là, mais à l?heure du Grand Paris, un tel projet, placé pourtant dans un site exceptionnel, n?est pas à la hauteur. Nous le regrettons et nous voterons contre ces aménagements.

Merci.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. Gérard d?ABOVILLE, pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Gérard d?ABOVILLE. - Merci, Monsieur le Maire.

La reconquête des berges de la Seine : finalement, tout est dit dès la première ligne du projet de délibération. La reconquête ! Comme s?il s?agissait de mener une expédition guerrière et punitive à l?encontre d?une tribu honnie, celle des automobilistes. D?un côté, les bons Parisiens, de l?autre les mauvais.

Les bons Parisiens sont ceux qui profiteront (combien de jours par an ?) d?un nouvel espace de promenade et d?activités ludiques. Pour eux, rien n?est trop beau ; pour eux, rien n?est trop cher. Près de 9 millions d?euros pour des îlots flottants dérisoires, soit 5.600 euros le mètre carré. Pour eux, 2,5 millions euros pour un escalier géant (100.000 euros la marche), 1 million d?euros par an pour un nettoyage quotidien ?comme une voie parisienne classique?, peut-on lire.

Entre nous, je connais bien des habitants du 15e arrondissement qui seraient contents si leur rue était nettoyée, ne serait-ce que tous les deux ou trois jours !

Au total, ce sont 40 millions d?euros dont on parle, mais il est à prévoir que toute cette opération coûtera beaucoup plus cher, car que dit la commission d?enquête ? Je lis : ?Les imprécisions relevées sur les usages et les aménagements ne permettent pas d?apprécier avec précision la permanence du budget affecté à ce projet, tant en investissement qu?en fonctionnement?. Plus loin : ?Si le budget n?est pas considérable en valeur absolue, au regard du budget de la Ville de Paris, il peut être ressenti comme trop élevé au regard de la portée très réduite du projet, avec des passages pour piétons, feux tricolores rive droite, un emmarchement et quelques barges ludiques, sportives ou florales rive gauche?.

On nous dit que le projet, à défaut d?être précédé par une expérimentation, est réversible. Mais quel gâchis, quand tous ces équipements auront été financés !

Quant aux mauvais Parisiens, ce sont tous les autres, représentants, artisans, médecins, taxis, livreurs, ceux pour qui la voiture, loin d?être un luxe, est un simple outil de travail. Croyez-vous vraiment qu?il y ait encore des Parisiens qui utilisent une voiture par plaisir ?

Et je ne parle pas des Franciliens, les cadres moyens que votre politique du logement oblige à s?installer en banlieue et tous ceux qui, dans l?état actuel des transports en commun, n?ont d?autre alternative pour se rendre à Paris ou pour traverser la Capitale. Pour eux, encore plus d?embouteillages, alors que Paris détient déjà un triste record européen avec, en moyenne, plus de 70 heures perdues par an par automobiliste.

A ce propos, je lis dans le projet de délibération : ?Considérant que le thème des déplacements est un sujet sensible, mais que les voiries auront la capacité d?absorber les reports, en notant toutefois une légère augmentation des temps de parcours, la commission d?enquête estime que le dossier, je cite toujours, présentait une étude d?impact la plus complète possible, dont les orientations en matière de report de circulation faisaient appel à des modèles arithmétiques dont les incertitudes sont liées à l?état actuel de l?art, d?une part, et au comportement des individus, d?autre part.?

Autrement dit : on n?en sait rien et l?affirmation selon laquelle on devrait s?attendre seulement à une légère augmentation des temps de parcours est une fumisterie.

C?est précisément la raison pour laquelle nous avions demandé, sans être entendus, une phase d?expérimentation.

Certes, nous l?avons déjà dit, le réaménagement des voies sur berges est un objectif louable, à condition toutefois qu?il soit précédé par une réelle offre alternative des transports en commun. Qu?en est-il ?

Pour le R.E.R. A, on nous parle de la perspective de la mise en ?uvre de matériels à grande capacité. Mais nous le savons : cette ligne est aujourd?hui totalement saturée et le demeurera, compte tenu de l?augmentation du trafic de voyageurs vers La Défense, bien au-delà de cette perspective.

Pour le R.E.R. C, on nous vante l?augmentation de sa vitesse, projet à ?l?horizon de deux ou trois ans?. J?aime cette notion d?horizon. Vous savez, l?horizon, c?est la ligne imaginaire qui se déplace, qui recule au fur et à mesure que vous avancez. Quoi qu?il en soit, ce ne sera fait que longtemps après la modification des voies sur berges. Bien au contraire, ce sont, d?après la R.A.T.P., 30 lignes d?autobus, la moitié du réseau parisien qui se retrouveront, à des degrés divers, impactés, dont 10 sévèrement.

Cette enquête publique, qui s?est tenue comme par hasard pendant les vacances d?été, a recueilli 1.500 observations, moitié moins que pour celle du premier tronçon du tramway. Elle fait suite à une décision brutale, mitonnée dans le secret, un projet livré sans alternative, clefs en main et qui, au fil du temps et des critiques, n?a été amendé qu?à la marge. Une base logistique, qui pourrait aussi bien voir le jour dans la configuration actuelle, une mention cosmétique relative aux arrondissement périphériques, sans engagement précis chiffré et daté, alors que le projet initial, lui, suit son cours avec des appels d?offres et des attributions de marché. Disparus, les avis négatifs de la Chambre de Commerce et d?Industrie de Paris, disparus les avis de la R.A.T.P., de la S.N.C.F., de certaines mairies, comme celle du 15e, et des conseils de quartier.

Alors, j?entends déjà vos réponses. Vous direz qu?il y a le sens de l?histoire, que d?autres grandes villes qui, soit dit en passant, n?ont rien de comparable, ont des berges sans circulation, que la voiture, c?est ringard, que pour modifier les comportements, il faut frapper fort, que la promenade, les loisirs, la détente font partie des nombreuses attentes exprimées. En bref, qu?il faut suivre l?air du temps !

La belle affaire !

?On ne saura jamais, écrivait Péguy en 1913, ce que la peur de ne pas paraître assez avancé fait commettre de bêtises et de sottises aux hommes politiques français !?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole à M. Michel DUMONT, pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Michel DUMONT. - Merci, Monsieur le Maire.

Les priorités de rigueur et de solidarité exprimées lors de votre intervention sur le projet de budget 2012 auraient dû vous faire renoncer à votre projet d?aménagement des voies sur berges.

Rigueur, car dans la crise financière que nous traversons, les dépenses superflues doivent être proscrites au profit des dépenses utiles.

Solidarité, car le soutien aux familles parisiennes doit rester une priorité.

Il n?est pas inutile de rappeler à cet égard le manque de volonté de la Ville à financer le projet de nouveaux barrages afin de contenir une crue centennale de la Seine que votre communication ignore superbement alors que ses conséquences seront dramatiques, tant que le plan humain que matériel pour Paris et les Parisiens.

Siégeant au conseil d?administration des Grands lacs, je suis bien placé pour savoir que le territoire parisien est aujourd?hui plus vulnérable à une inondation majeure qu?en 1910 en raison de sa densité urbaine.

On ne peut qu?être consterné par votre refus de prendre en compte ce risque majeur.

Vos projets dispendieux comme celui des berges de la Seine se font au détriment des arrondissements, principalement, il faut le souligner, ceux de votre opposition, qui souffrent d?un manque d?équipements ou de la dégradation constante de ceux existants.

Est-il sérieux, pour toutes ces raisons, d?engager 35 millions d?euros d?investissements pour aménager les voies sur berges qui généreront 5 millions d?euros de frais de fonctionnement, chiffre d?ailleurs sous-estimé à la lecture du rapport du commissaire-enquêteur, que je cite, et cela a déjà été fait par mon collègue, page 61 du rapport : ?Les imprécisions relevées sur les usages et les aménagements ne permettent pas d?apprécier avec précision la pertinence du budget affecté à ce projet, tant en investissement qu?en fonctionnement?, et de conclure : ?La vigilance s?impose pour éviter toute dérive financière du coût des installations et une éventuelle privatisation de certains sites?.

On ne peut pas en conclure que la commission d?enquête vous ait délivré un satisfecit enthousiaste. Il est vrai que les frais de fonctionnement estimés à l?origine à 2 millions d?euros ont plus que doublé, à 5 millions.

Est-il aussi justifié de dépenser près de 9 millions d?euros pour créer des îles artificielles de jardins flottants au niveau du port du Gros Caillou ? Que penser d?ailleurs du coût de cet archipel, annoncé à l?origine à 2 millions d?euros, puis à 7 millions au printemps 2011, et aujourd?hui à près de 9 millions d?euros, alors que le Champ-de-Mars, par exemple, justifierait d?un programme de rénovation en profondeur ou que la création d?une nouvelle crèche apparaît indispensable dans le 7e arrondissement au regard des demandes des familles et de la construction de plusieurs centaines de logements, notamment sur l?ancien site de l?hôpital Laënnec ?

Est-il raisonnable également de faire peser sur d?autres structures vos dépenses somptuaires en demandant par exemple pour ce projet d?aménagement une subvention à l?Agence de l?eau Seine-Normandie pour la réalisation des archipels ?

Est-il de bonne politique de créer un embouteillage permanent de la rive gauche dont le point culminant sera l?intersection au débouché du pont de la Concorde, devant l?Assemblée nationale ?

Vous allez sacrifier la vie quotidienne des habitants des quartiers avoisinants du 7e arrondissement ainsi que des personnes y travaillant, qui vont se retrouver dans un environnement de pollution de toutes natures dont vous n?arrêtez pas d?ailleurs de dénoncer les effets en d?autres circonstances.

Nous vous avions demandé une expérimentation sur quelques semaines, de fermeture de la voie sur berge, rive gauche, pour mesurer en grandeur nature les effets des reports de circulation sur le quai haut et les rues de desserte locale du 7e arrondissement.

Vous avez refusé, probablement conscients de l?image négative qui en résulterait pour l?avenir de votre projet. Vous vous retranchez, suivant en cela l?avis de la commission d?enquête, sur la réversibilité de la fermeture de la voie sur berge, laquelle commission vous demandait également de procéder à un test en grandeur nature.

Comment croire qu?après avoir dépensé plusieurs dizaines de millions d?euros, construit un escalier géant de 35 mètres de large reliant le quai haut au quai bas devant le musée d?Orsay, dont la construction durera cinq mois et coûtera 2,5 millions, vous puissiez accepter de revenir en arrière et de rendre à la circulation la voie sur berge ?

Je partage les réserves de la Préfecture de police sur l?inefficacité de l?élargissement du quai haut Anatole France à trois files de circulation sur une centaine de mètres précédant le carrefour du pont de la Concorde.

Vous avez l?audace d?écrire que cette troisième file offrira une capacité supplémentaire de trafic pour éviter le risque de congestion en amont.

C?est en réalité à une thrombose de la circulation à laquelle vous condamnez la rive gauche.

Enfin, est-il concevable, alors que la propreté de Paris n?est pas assurée convenablement et que votre adjoint compétent vient d?augmenter de façon vertigineuse la taxe de balayage, tout en nous précisant qu?il ne fallait pas attendre d?améliorations visibles de l?entretien de nos quartiers, d?annoncer un budget de 1 million d?euros pour le nettoyage de ces espaces piétonniers nouveaux, qui seraient mieux utilisés, effectivement, au nettoyage quotidien de notre quartier ?

Monsieur le Maire, vous restez sourd à notre argumentation, dont nombre des aspects ne vous sont d?ailleurs pas étrangers, mais vous n?avez pas cru bon de présider cette séance à l?occasion de ce débat.

Vous êtes aveuglé par votre idéologie et celle de vos alliés verts, pour lesquels la chasse à la voiture est un leitmotiv permanent. Vous allez rendre la vie insupportable aux automobilistes, pour reprendre une expression de l?un de vos anciens adjoints, vous allez surtout la rendre insupportable aux Parisiens de la rive gauche pour satisfaire votre caprice.

Vous avez balayé d?un revers de main la forte hostilité des parisiens : 78 % des observations défavorables lors de l?enquête publique, de ces Parisiens qui se sont exprimés et qui ont posé des questions auxquelles vous n?apportez aucune réponse, que cela soit en termes de circulation, de nuisances.

Pas une avancée en matière de transports en commun, alors que le métro et le R.E.R. sont à saturation, et que nombre de lignes de bus subiront des retards liés aux nouveaux encombrements.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. Monsieur DUMONT, pouvez-vous conclure, s?il vous plaît ?

M. Michel DUMONT. - Je conclus.

Pour reprendre le titre d?un récent article d?un grand quotidien à propos de Paris : le 10e arrondissement est l?arrondissement qui a inventé les bouchons la nuit ; vous allez être l?inventeur des bouchons, jour et nuit, de la rive gauche.

Votre projet est mauvais pour Paris. Il pénalisera l?activité économique au c?ur de notre ville. Il rendra la vie impossible aux Parisiens habitant la rive gauche.

Avec ce projet, vous poursuivez pour Paris une politique conduisant à faire de notre ville une ville musée le dos tourné aux réalités économiques.

C?est la raison pour laquelle nous voterons résolument contre ce projet.

Merci.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. Vincent ROGER, pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Vincent ROGER. - Monsieur le Maire, chers collègues, à l?instar de ce que j?ai pu entendre lors du dernier Conseil du 4e arrondissement, votre majorité a décidé de faire du projet de l?aménagement des voies sur berges l?emblème et le symbole de sa soi-disant modernité.

S?y opposer serait, à vous entendre, la quintessence de la ringardise ! Critiquer votre projet, c?est immédiatement être qualifié, je cite la maire du 4e, de ?caricatural et de démagogue?.

Monsieur le Maire, au-delà de la nuance de tels propos que chacun appréciera, votre majorité souhaite faire de ce projet la vitrine de sa conception, paraît-il audacieuse, de l?action municipale. Grand bien lui fasse !

Les Parisiens pourront ainsi apprécier votre vision de la modernité. Permettez-moi de les inviter à se poser quelques questions.

Comme par exemple celle consistant à savoir s?il est moderne de ne pas respecter ses engagements auprès des électeurs. N?aviez-vous pas fixé lors des dernières municipales deux conditions indispensables à toute initiative en matière d?aménagement des voies sur berges ?

La première, selon vous, résidait dans la baisse du volume de la circulation ; la seconde, dans la création de transports collectifs de report.

Objectivement, Monsieur le Maire, vous aviez raison, et vous feriez preuve d?une très grande originalité en disant que ces deux conditions sont désormais réunies.

Ensuite, Monsieur le Maire, est-ce moderne de faire voter un projet par le Conseil de Paris, puis d?organiser une concertation dont on sait par avance qu?elle ne remettra pas en cause le vote déjà acquis ?

Est-ce moderne de balayer d?un revers de la main les propositions de l?opposition ?

Est-ce moderne, sur un sujet si crucial pour la Ville, de ne pas écouter la Préfecture de police, la R.A.T.P. et la Chambre de Commerce et d?Industrie de Paris ?

Est-ce moderne d?augmenter le nombre de kilomètres de bouchons dans Paris et en conséquence, d?augmenter la pollution ?

Est-ce moderne, Monsieur le Maire, d?organiser une enquête publique durant les vacances des Parisiens ?

Est-ce moderne de passer sous silence les 78,2 % de Parisiens qui ont émis une opinion hostile au projet auprès de la commission d?enquête ?

Est-ce moderne de faire passer les résultats de l?enquête comme favorables alors que dans les faits, les conclusions du commissaire enquêteur sont plus que réservées, pour ne pas dire sévères ?

Est-ce moderne, enfin, de vouloir passer en force alors que la commission d?enquête émit une multitude d?incertitudes quant aux conséquences de ce projet lié à la vie des Parisiens en général et des riverains concernés en particulier ?

En matière, par exemple, de nuisances sonores, la commission indique en page 47 de son rapport qu?en l?absence d?informations, elle ne peut déterminer une position précise.

Il en est de même en matière de patrimoine, pour lequel le rapport indique, page 55, que l?absence de précisions sur les aménagements projetés, en particulier sur la rive gauche, ne permet pas à la commission de conclure à l?importance des impacts sur le paysage et le patrimoine.

En matière d?usage et d?aménagement, la commission regrette que les usages pressentis ne soient pas davantage précisés, mais surtout que les aménagements ne soient pas définis de façon suffisante pour en permettre une exacte appréciation.

Concernant les conséquences sur le transport collectif, le rapport ne peut être plus explicite en indiquant qu?en l?absence d?offre supplémentaire significative dès 2012, la commission d?enquête est particulièrement réservée sur les possibilités individuelles de transfert modal.

De plus, les encombrements de la circulation évoqués auraient un effet direct sur la vitesse de circulation des bus, dont le ralentissement ne pourrait être qu?un facteur de désintérêt supplémentaire des usagers.

Enfin et surtout, concernant la circulation, la commission souligne avec force en page 35 que seule une expérimentation pourrait lever les incertitudes, et d?ajouter qu?il serait particulièrement important de procéder à un test en grandeur nature, mais, Monsieur le Maire, c?est exactement ce que nous vous demandons, ce que nous vous réclamons, nous vous appelons à être pragmatique ; vous savez, le pragmatisme est certes une vision modeste de la modernité, mais il a souvent conduit les décideurs publics à l?efficacité.

Quant à la modernité, c?est souvent ceux qui en parlent le plus qui en font le moins. Avoir des convictions, des idées, des projets, c?est ce qui honore la politique ; les croire infaillibles, cela peut être désastreux.

La modernité en politique, Monsieur le Maire, n?est pas toujours dans la certitude, elle peut être dans le doute.

Je vous invite à méditer cet aphorisme d?Oscar Wilde, ?croire est ennuyeux, douter est absorbant?.

Monsieur le Maire, concernant votre projet des voies sur berges, vous avez le droit, voire le devoir, d?émettre un doute, vous n?en serez que plus moderne.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Emmanuelle DAUVERGNE pour le groupe U.M.P.P.A.

Mme Emmanuelle DAUVERGNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce projet qui doit être le projet phare de votre mandature s?engage dans de bien mauvaises conditions.

Pour lancer une telle opération, vous ne reculez devant aucune compromission. Ainsi, vous piétinez la concertation en n?associant pas les arrondissements concernés, à commencer par le 7e arrondissement, qui est pourtant le principal impacté.

Ce n?est que six mois après l?effet d?annonce que vous organisez une concertation avec la population, après avoir refusé de venir répondre aux questions de nos concitoyens lors de la réunion publique organisée par la mairie du 7e le 31 mai dernier.

Si vous avez été lent à entamer la concertation, vous avez été prompt à lancer un appel à projets pour l?exploitation de la culée du pont Alexandre III, avant la tenue de l?enquête publique. Cela revenait à dire aux Parisiens que quel que soit le résultat de l?enquête, vous ne tiendriez pas compte de leur avis.

En imposant la tenue de l?enquête publique en plein c?ur de l?été, vous espériez certainement que les personnes impactées ne se mobiliseraient pas. Fort heureusement, les Parisiens n?ont pas été dupes de la man?uvre. Ils ont, au contraire, exprimé très largement leur indignation, notamment dans le 7e arrondissement, qui a concentré 54 % des contributions à l?enquête publique. Je souhaite, à cette occasion, leur rendre hommage d?avoir participé à l?enquête malgré les obstacles auxquels vous les avez confrontés.

Outre ces dates d?enquête incommodes, le public n?avait pas la possibilité d?adresser ses contributions par Internet ni de consulter l?étude d?impact en ligne.

Il a fallu l?intervention de Rachida DATI pour que l?enquête publique soit prolongée jusqu?au 14 septembre 2011 et que le dossier complet soit mis en ligne plusieurs semaines après le début de l?enquête.

Mme TAÏEB s?est permis de tourner en dérision l?avis qui a été voté par le Conseil du 7e arrondissement. Ces remarques dont vous vous moquez, ce sont celles des Parisiens, car les Parisiens ont bien cerné les insuffisances graves de votre projet.

Le rapport de la commission est éloquent. On retrouve dans les réserves et les recommandations de la commission la traduction de ces zones d?ombre de votre projet.

La commission admet que le dossier d?enquête ne souligne pas suffisamment les inconvénients potentiels en matière de nuisances routières pour la rive gauche.

S?agissant des transports collectifs, la commission souligne l?absence réelle d?offres alternatives. Elle considère que les reports de circulation demeurent une question pendante.

Sur le volet patrimonial, la commission s?inquiète de l?implantation d?installations, même temporaires, qui viendraient dégrader l?aspect minéral des quais de la Seine.

Au final, la commission souhaite que vous apportiez des corrections dans la mise en place des aménagements afin de pallier les inconvénients relevés.

Le plus éloquent est l?expression du public, qui relève plus de 78 % d?oppositions au projet pour seulement 17 % d?avis favorables.

La commission d?enquête a souligné la qualité des contributions qui sont, dans leur grande majorité, fortement étayées et motivées.

Plusieurs collectivités de banlieue ont également exprimé leur inquiétude et leur opposition à ces aménagements qui vont les impacter directement.

En voulant poursuivre le projet malgré le rejet des Parisiens, vous témoignez d?un réel mépris à leur égard. Vous n?apportez aucune réponse aux questions de coût, de rentabilité socio-économique, de saturation des transports collectifs, de ralentissement de la circulation, y compris celle des bus et des taxis, et des nuisances.

La recommandation n° 8 de la commission d?enquête n?est pas non plus suivie, puisque les demandes du 7e arrondissement en équipements publics sont rejetées.

Enfin, l?impératif de sécurité publique ne semble pas vous préoccuper. Tout comme l?Etat, votre responsabilité sera pourtant engagée si cette opération met en danger les Parisiens en bloquant notamment les véhicules d?intervention d?urgence.

Votre seule préoccupation est la sacro-sainte communication, à tel point que vous exigez que la construction des barges soit faite in situ, afin que le public puisse suivre la progression du projet.

S?il pourra en suivre la construction, il ne pourra, en revanche, pas toutes les utiliser, puisqu?elles doivent servir à faire pousser des plantes sur l?eau. Il serait intéressant, à ce propos, de connaître le bilan carbone de cette opération aux vertus écologiques autoproclamées.

En définitive, ce dossier consiste à faire payer au contribuable parisien un minimum de 35 millions d?euros d?aménagements et plusieurs millions d?euros chaque année pour leur faire subir des nuisances, porter atteinte à l?économie de Paris, sans aucun bénéfice probant et sans leur procurer les équipements publics dont ils ont besoin.

Si vous ne retirez pas ce projet de délibération de l?ordre du jour, nous voterons contre, puisque ce projet ne poursuit pas un objectif d?intérêt général mais d?un intérêt médiatique.

Nous souhaitons que les berges fassent l?objet d?un projet conçu dans la concertation, qui respecte la vie des Parisiens, qui respecte leur sécurité, leurs conditions de vie, qui prépare leur avenir et qui n?entrave pas l?économie.

Nous ne voulons pas des aménagements étriqués et sans ambition que vous nous proposez, mais un projet conçu à l?échelle du Grand Paris pour contribuer à l?attractivité de la métropole et à la qualité de vie des Franciliens.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE pour le groupe U.M.P.P.A.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, je profiterai de mon intervention pour présenter le v?u n° 86.

Le site de la Seine aurait mérité, dans que le cadre du Grand Paris, un grand débat et le lancement d?un appel international à projets intégrant la Seine et ses quais sur l?ensemble des 10 arrondissements traversés par le fleuve, dont le 15e.

Au lieu de cela et pendant 10 ans, vous avez ignoré la Seine, laissé en friche des kilomètres de berges et supprimé la délégation d?adjoint en charge de la Seine qui existait avant 2001.

Monsieur le Maire, votre façon d?aborder l?aménagement des berges de Seine est d?autant plus décevante que nous aurions tous pu et dû nous retrouver autour d?un réaménagement ambitieux des bords de Seine, car voilà des années que dans le 15e, par exemple, élus, habitants, associations, conseillers de quartier se mobilisent pour la reconquête de leurs berges. Cette volonté s?est exprimée à travers de multiples initiatives locales prenant la forme d?une marche exploratoire, d?un livre blanc ou encore de débats dans le cadre de C.I.C.A. ou de conseils de quartier.

Année après année, nous n?avons pas ménagé notre peine pour tenter d?agir en faveur du réaménagement des berges et pour la transformation des friches urbaines qui bordent notre arrondissement.

Or, Monsieur le Maire, reconnaissez que les berges des arrondissements périphériques ne vous intéressent pas, car il aura fallu toute la détermination de Philippe GOUJON et de Jean-François LAMOUR pour qu?enfin, l?île aux Cygnes retienne votre attention.

Cependant, force est de constater que vous restez dans l?effet d?annonce, puisqu?en dépit de nos demandes réitérées, nous ne sommes à ce jour ni informés ni associés à la reconquête de la troisième île parisienne et il faut attendre la page 22 du projet de délibération pour trouver trois lignes consacrées au 15e, trois lignes qui ne sont pas à la hauteur des attentes qu?avec Gérard d?ABOVILLE et l?ensemble de mes collègues, nous portons pour notre arrondissement.

Ces attentes, je vous les rappelle à travers le v?u n° 86.

S?agissant de l?île aux Cygnes, qui aurait mérité une place centrale dans le cadre du réaménagement des berges, nous attendons en premier lieu la mise en ?uvre à court terme des propositions que nous portons avec le conseil de quartier Emeriau-Zola, et notamment la poursuite de la réalisation de l?arboretum et de la mise en place d?un parcours de santé.

En second lieu, nous vous demandons de nous communiquer le projet et le calendrier de réhabilitation générale de cette île unique, où la trame verte côtoie la trame bleue.

S?agissant des berges du 15e, nous attendons que la Ville s?engage sur leur réhabilitation et étudie avec ?Ports de Paris? la création d?une promenade continue reliant le 7e à Issy-les-Moulineaux et la réalisation de raccordements avec les quartiers riverains, la mise en place de la vidéoprotection et d?un plan lumière qui valorise et sécurise le site, le déménagement des activités les plus polluantes et la suppression du stationnement sauvage, une meilleure intégration de la ligne C du RER, ainsi que l?installation d?une piste cyclable intégrée dans le réseau ?Harmonie? porté par la mairie du 15e, sans oublier l?entretien des ouvrages d?art bordant les berges et notamment le passage Cauchy ainsi que la mise en valeur du pont Mirabeau.

Au-delà de ces propositions aux couleurs du 15e, et sur lesquelles nous essayons d?avancer avec ?Ports de Paris? et ses amodiataires, je regrette que le projet que vous nous soumettez pour le c?ur de Paris privilégie dans un contexte économique tendu le futile à l?utile.

Mes chers collègues, la Seine aurait mérité un grand débat, un Grenelle de la Seine qui réunisse l?ensemble des acteurs concernés par ce site exceptionnel. J?observe que pour des projets comme l?évolution du Palais Brongniart ou encore du Parc des Expositions, vous avez su créer en amont des commissions dédiées et pluralistes chargées d?étudier et de débattre de l?évolution de ces sites.

En revanche, pour cet axe structurant du Grand Paris qu?est la Seine, vous avez privilégié un projet élaboré à huis clos qui ne répond pas aux enjeux patrimoniaux économiques pas plus qu?il ne concilie fonction urbaine et ambition écologique, mais qui en revanche répond bien aux diktats des Verts, dont le PS parisien semble avoir ces derniers temps une trouille bleue.

Merci.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN.

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN. - Merci, Monsieur le Maire, je souhaites associer à mon propos mon collègue Pierre-Yves BOURNAZEL. Vous le savez, nous ne l?avons jamais caché, nous sommes favorables au principe de l?aménagement des voies sur berges. Partout dans le monde, les grandes métropoles reconquièrent leurs fleuves, c?est une évidence, c?est le sens de l?histoire. Mais nous souhaitons faire ici deux remarques constructives.

D?abord, nous regrettons le manque d?ambition du projet. Nous aurions préféré que vous fassiez appel aux architectes de l?atelier international du Grand Paris. Il faut en effet de l?ambition pour ce lieu magique que constituent les bords de Seine, patrimoine mondial de l?UNESCO.

Ensuite, nous regrettons aussi le manque de contrepartie en matière de transports en commun. C?est d?ailleurs, je le regrette, ce qui constitue la faiblesse de votre projet, si l?on veut moins de voitures dans Paris, si l?on veut éviter la thrombose, il faut plus de transports en commun, à l?image du Grand Paris qui est pour nous un exemple d?amélioration et modernité, avec des interconnexions entre les territoires. Ce Grand Paris des transports en commun publics est innovant.

Déjà, vous auriez pu renforcer le trafic sur la ligne C du RER. Vous auriez pu obtenir cette avancée du S.T.I.F. En journée, cela est totalement possible parce que la fréquence des rames n?est pas actuellement optimale. Cela permettrait notamment de transporter tous les touristes qui visitent la tour Eiffel et se déplacent en cars très polluants. Le coût de cette mesure serait moindre pour la S.N.C.F. c?est une mesure simple d?amélioration. Nous regrettons qu?elle n?ait pas été prise en compte dans votre projet.

Nous notons également que vous n?avez pas tenu compte des réserves de la Préfecture de police, qui est compétente en la matière sur ce territoire des voies sur berges. Pourtant, celle-ci n?a pas bloqué le projet, dans l?intérêt général.

Alors permettez-moi de faire, au nom de Pierre-Yves BOURNAZEL et moi, une proposition qui serait une sorte d?équilibre, c?est de commencer votre projet de fermeture des voies sur berges rive gauche à partir du pont de la Concorde et de permettre une expérimentation sur un tronçon beaucoup plus court. Cela permettrait de voir comment cela se passe et peut-être de trancher plus facilement.

En tout cas, vous l?aurez compris, avec Pierre-Yves BOURNAZEL, nous disons oui au principe d?aménagement des voies sur berges. Qui dans cet hémicycle pourrait être contre ce principe pour les Parisiens, mais aussi pour tous les amoureux de Paris partout dans le monde ?

Mais nous vous invitons à plus de pragmatisme, plus de souffle, à plus de rêve, en conscience dans le respect de nos convictions que nous avons déjà exprimées en juillet 2010, nous ne voterons pas pour votre projet, mais nous ne voulons pas nous y opposer totalement. C?est la raison pour laquelle nous ne prendrons pas part au vote. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-François LEGARET, pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, j?ai soulevé une objection légale et réglementaire, le Conseil du 1er arrondissement n?a pas examiné ce projet de délibération, parce qu?il m?est parvenu hors délais.

J?ai donc écrit le lendemain du Conseil d?arrondissement à Mme la Secrétaire générale du Conseil de Paris qui n?a pas daigné me répondre.

La discussion de ce projet de délibération aujourd?hui ne répond donc pas aux formes légales, et j?ai demandé son retrait de l?ordre du jour. Il est parfaitement inadmissible qu?un projet de cette importance, qui concerne directement le 1er arrondissement, n?ait pas été transmis dans les délais légaux au 1er arrondissement.

Je demande donc le retrait, mais je m?exprimerai quand même. Je dirai d?abord enfin, cela fait 10 ans que le Maire de Paris et l?Exécutif actuel sont restés totalement muets et inactifs sur la Seine.

Quand on reste totalement inactifs et muets pendant 10 ans, on maîtrise mal le problème. C?est donc la raison pour laquelle il n?y a dans ce projet de délibération, dans ce projet, rien qui soit conforme à la vocation de la Seine, à sa vocation fluvio-maritime, à son potentiel de développement tout à fait indispensable, c?est la seule voie de circulation qui ne soit pas saturée en Ile-de-France. Il y a donc une possibilité de développement pour le transport des pondéreux, pour le transport naturellement des passagers, rien sur le Grand Paris. C?est donc un projet, je dirais ludique, anecdotique, totalement déconnecté de sa réalité et de son environnement.

Je serai très bref, je dirais qu?il y a deux situations nettement différenciées. Il y a les solutions envisagées sur la rive droite. Cela concerne directement le 1er arrondissement. Nous avions proposé une option alternative, nous avions demandé que soit étudié la possibilité d?alléger la pression automobile sur le quai haut.

Le quai haut est particulièrement propice à la promenade, il y a des commerces, des bouquinistes, des bistrots, c?est quand même beaucoup plus agréable que la voie Georges Pompidou dont je rappelle que le trajet entre la Concorde et l?Hôtel de Ville s?effectue pour plus de la moitié dans un tunnel sordide. Il suffit d?avoir fait ce parcours pendant un week-end à pied, à vélo, à rollers, pour se rendre compte que ce n?est pas la partie du parcours la plus passionnante.

Nous avions demandé une expérimentation de six mois et avions souhaité que l?on mette en place des capteurs, qui permettent de mesurer le nombre de véhicules, et la situation de la pollution, jouer la transparence.

Vous avez naturellement refusé cette proposition, car vous n?aimez pas la transparence. Ce que nous voulons savoir, c?est si cette expérimentation se traduira, comme c?est éminemment prévisible, par une aggravation de la pollution sur l?ensemble de ce linéaire, contrairement à ce que j?ai entendu tout à l?heure, ?c?est merveilleux, formidable, il n?y aura plus de pollution?.

Il suffit de regarder ce qu?il se passe pendant Paris Plage au mois d?août, où il y a moins de circulation dans le centre de Paris. Vous avez une situation invivable, irrespirable pour les riverains du centre de Paris qui habitent sur les quais hauts. Si c?est ce que vous voulez sur toute l?année, vous verrez que ce sera une aggravation considérable et du bruit et de la pollution sur l?ensemble du linéaire.

Sur la rive gauche, là la situation est très différente. On veut supprimer la circulation sur une section. Là je l?ai déjà dit, il y a à mon avis une objection juridique fondamentale : le domaine n?appartient pas à la Ville de Paris mais à l?État. Il a été remis à la Ville de Paris dans le cadre d?un certain nombre de remises qui se sont faites dans une superposition de gestion, mais ces superpositions de gestion se sont faites avec un objectif, celui d?y réaliser une voie de circulation.

Si la Ville de Paris renonce à cette voie de circulation, ce domaine retourne de facto dans le domaine de l?État. Et je ne crois pas que le Maire de Paris soit habilité à prendre l?initiative et à faire des aménagements sur le domaine de l?État sans l?autorisation de l?État, ni que l?État ait passé une convention et donné son accord pour un aménagement de cette nature. J?attends de ce point de vue, car tout contribuable parisien qui voudra introduire un recours devant un Tribunal administratif est à mon avis à peu près certain de gagner. Attendons patiemment, je suis consterné par la fragilité de ce projet de délibération, et de ce projet qui ne tient absolument pas compte de cette règle de base de la domanialité publique.

Je terminerai en vous disant que bien entendu, les animations proposées sont d?une grande médiocrité ou sont au mieux anecdotiques. Et quant à ce qui est prévu entre les deux rives, c?est-à-dire sur le fleuve lui-même, les îles flottantes, que sais-je encore ? Je connais bien ces questions. J?ai eu l?honneur d?exercer les fonctions de président du port autonome de Paris, je suis prêt à prendre le pari avec vous que jamais la police du fleuve, le service de la navigation de la Seine n?autorisera des îles flottantes qui viendraient entraver la circulation des bateaux au milieu de la Seine. Attendons avec patience, mais la Seine dans Paris, ce paysage mythique qui a inspiré les plus grands artistes dans le monde mérite bien mieux que cela.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-Pierre LECOQ, pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Le projet de réaménagement des berges de la Seine, bien qu?il n?ait pas fait l?objet d?un débat au cours de notre séance, aura mobilisé, c?est le moins qu?on puisse dire, un nombre record d?orateurs et d?oratrices provenant de tous les bancs de notre assemblée.

Chacun y trouvera des satisfactions. Pour ma part, j?entends surtout porter les craintes justifiées de tous ceux et celles qui considèrent qu?une fois de plus, Monsieur le Maire, vous faites une opération de communication.

Vous faites une opération de communication, doublée d?ailleurs d?une opération politique puisque, après avoir refusé aux ?Verts? la mise en ?uvre de cette mesure, au cours de votre première mandature, vous la mettez en ?uvre sous votre propre timbre aujourd?hui.

Mais ce faisant, vous prenez des risques considérables. Le premier d?entre eux étant de créer une gigantesque thrombose au centre de la région capitale, alors que les transports en commun, nous le savons, continuent à se détériorer et continueront à se détériorer malheureusement dans toute l?Ile-de-France, en attendant le futur grand métro, et que le réseau routier francilien lui-même souffrira des travaux obligatoires dans nombre de ses tunnels au cours des prochaines années. C?est en raison de leur influence sur le trafic francilien et sur l?économie de la Région que la fermeture éventuelle des voies sur berges aurait dû être conçue.

Les mesures de compensation que vous avez envisagées pour limiter les conséquences des bouchons sur les quais hauts de la Seine, disons-le tout net, ne sont pas à la hauteur. La file supplémentaire du quai Anatole France ne sera pas capable, absolument pas capable, d?absorber à elle seule les reports de circulation des quais bas. L?évaluation à six minutes du temps de trajet supplémentaire entre Austerlitz et la Concorde n?est pas crédible.

C?est bien un gigantesque embouteillage qui se profile avec son cortège de pollution supplémentaire et d?accidents potentiels. La fermeture des quais bas de la rive gauche va se transformer en enfer sur les quais hauts.

Quant aux aménagements prévus sur la rive droite, ils se traduiront, eux aussi, par un ralentissement général de la circulation et par des embouteillages et de la pollution supplémentaire.

Mes chers collègues, au lieu de ces mesures générales, qui compliqueront la vie et les activités de milliers de Franciliens et de Parisiens, il eut été plus judicieux d?envisager des mesures de fermeture partielles, temporaires, qui essaient de concilier l?intérêt des premiers et les exigences économiques d?une capitale internationale.

Fermer les voies sur berges de 22 heures à 6 heures du matin en semaine et à la belle saison, les fermer éventuellement le week-end, les possibilités sont multiples et correspondent à une vision pragmatique de la circulation. Une vision totalement opposée à la vôtre, Monsieur le Maire. Mais dites-nous, qui fréquentera les soirs d?hiver, pendant plus de quatre mois, dès que la nuit tombe, les berges de la Seine ?

Vous allez créer, Monsieur le Maire, et j?attire l?attention de M. le Préfet de police, une gigantesque zone d?insécurité allant du musée d?Orsay jusqu?à la Tour Eiffel, dont les abords causent déjà problème.

Outre leur coût, les aménagements ludiques prévus ne seront utilisés que sur une durée très limitée. Ils souffriront le reste du temps - on l?a rappelé à l?instant - des intempéries et des dégradations éventuelles.

Aussi, nous vous demandons, Monsieur le Maire, compte tenu des très nombreuses craintes évoquées lors de l?enquête publique, de surseoir à votre projet et de reprendre la concertation, afin de l?amender dans le sens des préconisations émises par le président de la commission d?enquête.

A défaut, si véritablement vous le mainteniez, il faudrait alors tôt ou tard libérer la rue de Rivoli et le boulevard Saint-Germain pour éviter une asphyxie générale.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. le Préfet de police.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris, conformément à la loi, votre Assemblée est saisie des conclusions de la commission d?enquête et de la déclaration de projet. C?est un moment de débat démocratique nécessaire qui vous appartient.

Juridiquement, je pourrais me contenter d?attendre le dernier moment pour me prononcer, au titre des compétences de circulation qui me sont dévolues sur les axes d?intérêt régional.

Si je souhaite donner des indications suffisamment précises de ma position définitive dès aujourd?hui, comme je l?ai d?ailleurs déjà fait à deux reprises, donc cela ne sera pas une grande surprise, c?est d?abord en premier lieu parce que je suis régulièrement saisi par différents acteurs publics et privés sur ce dossier, qui manifestent leurs inquiétudes, à la fois sur l?impact économique mais bien sûr, s?agissant de ce qui me concerne, en termes de circulation.

En second lieu, c?est tout simplement parce qu?un faux suspens ne serait ni constructif ni conforme au devoir d?exercer pleinement mes responsabilités, et de préciser la position de l?Etat.

Dès le 5 juillet 2010 et le 8 février 2011, au cours des débats qui ont été organisés dans ce Conseil, j?ai pris le soin d?expliquer publiquement cette position et d?avertir sur les enjeux.

Tout le monde a pu relever les inquiétudes réelles et motivées qui sont les miennes sur les conséquences d?une partie substantielle du projet. Je pense en particulier à l?amont de la section des quais de la rive gauche qui seront fermés à la circulation,aux flux majeurs de circulation qui s?entrecroiseront désormais inévitablement au niveau du pont de la Concorde et à la capacité d?absorption rive gauche qui sera réduite d?un tiers, alors même que le recalibrage de la rive droite ne sera pas sans effet sur ce secteur.

J?avais même indiqué qu?un projet phasé aurait eu ma préférence et que, à défaut d?expérimentation, une réversibilité serait nécessaire.

A la lecture des conclusions de la commission d?enquête, je constate une étroite identité de vue avec la Préfecture de police, clairement exprimée par la réserve n° 1 et la recommandation n° 1. C?est pourquoi je veillerai, bien sûr, au strict respect de ces deux dernières.

Les berges, relevant du domaine public national, comme cela vient d?être indiqué par un orateur, l?Etat inscrira dans toutes les conventions passées avec la Ville, via le Port autonome de Paris, une clause suspendant l?affectation routière et permettant la réversibilité d?usage de circulation générale.

Juridiquement, la réversibilité demeurera activable de manière unilatérale, sans frais pour le propriétaire, comme je l?ai déjà indiqué dans les précédents débats, en cas de congestion exorbitante entraînée par le projet, notamment au niveau et aux abords du pont de la Concorde.

Bien évidemment, si elle se justifiait, une telle mesure ne serait pas prise de façon arbitraire. Comme il est de règle pour les projets d?aménagement ayant un tel impact routier, la Préfecture de police tiendra compte d?un délai significatif d?ajustements des comportements.

Ce délai ne saurait raisonnablement être inférieur à une période de quatre à six mois, mais il ne sera pas non plus forclos à l?issue de cette première période d?observation.

Il convient également de rappeler, comme l?y invite fermement la commission d?enquête, que la mise en jeu de la réversibilité pourrait tout à fait être partielle, soit dans l?espace, soit dans le temps à certaines périodes de l?année ou de la semaine, ce qui appelle après constatation des études complémentaires.

Je relève d?ailleurs avec satisfaction que les marchés passés par la mairie de Paris sur les sites de la rive gauche réservent expressément de telles possibilités.

Enfin, les nouveaux usages et les animations étant appelés à attirer une forte fréquentation piétonnière - cela a été évoqué par quelques orateurs et je n?imagine pas, bien sûr, que la Mairie de Paris ne se place pas dans cette hypothèse -, il faut dès aujourd?hui prévoir les conditions de sécurité des usagers et des installations, notamment aux horaires tardifs ou décalés.

Les débordements, hélas constatés, particulièrement aux beaux jours et en début de nuit aux abords des équipements ou des espaces publics du Centre de la Capitale, comme le Champ de Mars, le Pont des Arts, le canal Saint-Martin ou le bassin de La Villette, me conduisent à demander la vidéoprotection des voies sur berges.

Il s?agit de prolonger tout simplement par cohérence le dispositif que la Préfecture de police a initié à travers le plan de vidéoprotection pour Paris, à savoir une complémentarité entre la présence humaine et la vidéoprotection. Je ne vais pas développer, car je n?ai pas pu malheureusement, compte tenu des nombreuses questions posées dans le débat général du budget, expliquer quelle était la façon dont nous envisageons de travailler. J?ai déjà eu l?occasion de dire dans les débats sur la vidéo, devant cette Assemblée, comment nous souhaitons travailler différemment compte tenu de cet apport et non pas seulement attendre que des méfaits soient commis pour l?utiliser.

Mais c?est une petite parenthèse qui était un complément de ce que je n?ai pu signaler hier.

Donc, le couplage des deux permettra un renforcement dynamique et réactif des patrouilles dans l?espace public et il facilitera aussi l?identification d?éventuels coupables et le rapport de la preuve en cas d?agression ou d?infraction grave.

Le projet des voies sur berges ayant été finalisé postérieurement aux travaux préparatoires du PVPP et cet aménagement urbain procédant d?un projet municipal, il revient à l?aménageur de le prendre en charge. Ceci fait l?objet de la recommandation n° 3 dont le respect n?entraîne qu?un coût modeste par rapport au projet global puisqu?il est inférieur à 1 %.

Dès la mimai 2012, dans le contexte que je viens de rappeler et sur la base de cette idée de réversibilité, la Préfecture de police sollicitera la mise en ?uvre d?un dispositif partenarial de suivi de l?impact du projet sur la circulation, en intégrant les autres nuisances éventuelles à un rythme qui pourrait être bimestriel.

Voilà donc la position que je tenais à préciser, mais qui n?est pas une surprise puisque chaque fois que j?ai eu l?occasion de me prononcer sur ce sujet, j?ai évoqué cette idée de réversibilité et le fait qu?il fallait apprécier dans la réalité ce qui va se passer lorsque le projet sera mis en ?uvre.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Merci à tous mes collègues, orateurs et oratrice, pour ce débat sur un projet extrêmement important pour notre ville et pour notre métropole.

Vous me permettrez, puisque plusieurs d?entre vous y ont fait référence, d?en reprendre des éléments d?Histoire et de motivation.

Les collègues de la majorité municipale ont évoqué le fait que ce projet, cette idée forte de reconquérir les voies sur berges était une idée portée par notre majorité. Oui, d?ailleurs, avant même qu?il ne soit Maire de Paris, le Maire de Paris d?aujourd?hui avait écrit dans un livre, je crois en 1999, son intention de reconquérir un jour ces quais de Seine. Comme quoi on a de la suite dans les idées et on a une vision de la ville qui vient de loin.

Deuxième élément : je voudrais vraiment dire que nous sommes dans un projet d?écologie urbaine. Ce qui nous motive au point de départ de ce projet, c?est ce qui motive aujourd?hui beaucoup de très grandes villes dans le monde, partout d?ailleurs.

Vous savez, je participe à un certain nombre de réunions : le C40 qui réunit les 40 plus grandes métropoles du monde. Je participe, avec le Maire de Paris et d?autres collègues, aux instances de CGLU : partout dans le monde, les villes, les grandes villes, les capitales, les métropoles qui ont un accès soit à un fleuve soit à la mer sont dans la même ambition de reconquête de ces espaces merveilleux qui sont des espaces naturels, qui sont des corridors écologiques, qui sont des voies de navigation permettant d?acheminer des voyageurs et du fret, bref qui sont vraiment quelque chose d?indispensable à la respiration des villes et des métropoles.

En ce qui nous concerne, oui, nous confirmons que le projet d?écologie urbaine dans lequel nous sommes engagés, que nous portons, que j?ai porté aussi avec le Plan climat dès la précédente mandature, eh bien, dans ce projet-là, il y a cette idée de diminuer la circulation automobile à Paris et d?offrir des transports alternatifs, ce sur quoi nous avons beaucoup travaillé puisque la circulation automobile à Paris a effectivement baissé de 24 %.

Par ailleurs, c?est un mouvement sur lequel les Parisiens nous suivent, et même nous précèdent.

Je rappelle à mes collègues qui, peut-être, lorsqu?ils parlent uniquement de la nécessité d?avoir des véhicules, parce que ce serait le seul mode de déplacement, des véhicules individuels, sur Paris, je leur rappelle qu?aujourd?hui 60 % des ménages parisiens n?ont plus de voiture. Et peut-être qu?un jour, nous arriverons, comme à New York, avec simplement 10 % des ménages, par exemple, de New York qui possèdent une voiture parce que, effectivement, ce comportement qui s?inscrit dans cette idée forte de l?écologie urbaine, de la nécessité pour nos grandes métropoles de jouer un rôle important, notamment face au défi climatique, cette nécessité-là, non seulement nous la portons sur le plan politique avec la majorité qui est la nôtre mais elle est vraiment aujourd?hui totalement présente dans l?état d?esprit des Parisiens et plus largement des habitants de la métropole.

Je voulais rappeler ces éléments-là parce que cela me paraissait important de dire pourquoi nous faisons les choses.

S?il y a une proposition qui part de cette idée de l?écologie urbaine, il y a aussi cette idée, que nous portons, qui est de faire de Paris à la fois une ville attractive, et elle l?est. Aujourd?hui, Paris, contrairement à certains ici, notamment sur les bancs de l?U.M.P., qui se font les Cassandre, je vous assure, voyagez un peu et écoutez ce que l?on dit de Paris ! Regardez : quand une grande entreprise comme Google choisit Paris pour son implantation européenne et pour son centre culturel européen, à l?instar de beaucoup d?autres entreprises, c?est bien parce qu?il y a de l?attractivité.

Mais, pour nous, cette attractivité n?est pas du tout antinomique, bien au contraire, de la qualité de vie au quotidien. Les deux vont ensemble. On peut être attractif, et c?est notre cas, et cela permet à la ville d?être dynamique, d?être dans ce mouvement des villes créatives, c?est-à-dire des villes qui génèrent aussi de l?activité économique. C?est cette activité économique qui nous permet aussi d?avoir la liberté et une forme d?indépendance pour assurer un service public de proximité aux Parisiens et une qualité de vie qui nous est enviée dans beaucoup de grandes métropoles au monde.

Donc, la qualité de vie, c?est notamment, sur un espace aussi magnifique que les voies sur berges, de faire en sorte que ce ne soit pas un espace réservé pour les voitures, que l?on sorte de cette idée selon laquelle les berges seraient simplement un espace pour une autoroute urbaine. C?est une idée dépassée, c?est une idée archaïque. Les voies sur berges doivent être un lieu de promenade, de poésie, comme l?a très bien dit tout à l?heure Karen TAÏEB. La qualité de vie est aussi un élément que nous portons dans cette proposition des voies sur berges.

Je voudrais dire à mes collègues, notamment Jacques BOUTAULT qui est intervenu - je le remercie, en partie, bien sûr, pour son intervention -, mais nous sommes dans cette ambition qui est forte et, vu le débat qu?elle provoque, je crois qu?on voit bien que notre ambition est forte et, en même temps, nous sommes pragmatiques. Oui, c?est ce pragmatisme-là qui fait que nous avons choisi de traiter distinctement la rive droite et la rive gauche. Si nous avions choisi le même traitement, il n?y aurait pas eu de projet des voies sur berges. Je pense que nous n?aurions pas eu un avis favorable de l?enquête publique.

Donc, c?est et l?ambition et le pragmatisme qui nous caractérisent, qui font que demain, c?est-à-dire l?été prochain, les Parisiens et tous les amoureux de Paris pourront profiter de ce site absolument exceptionnel.

Je voudrais aussi dire, puisque nous examinons les deux projets de délibération, le premier qui concerne l?avis favorable de la commission d?enquête et le deuxième qui concerne des passations de marché pour un certain nombre d?aménagements, je voudrais dire que si nous avons choisi de faire des aménagements légers, par exemple, un emmarchement qui sera un espace, une sorte de belvédère sur la Seine, puisqu?il y aura des accès qui vont permettre de passer du quai haut au quai bas ; la fonction principale de l?emmarchement est vraiment d?être un lieu où on peut s?asseoir, se poser et regarder la Seine et, parfois, de temps en temps, effectivement, regarder des spectacles qui pourront avoir lieu, mais la Seine, en soi, et la beauté de Paris sont déjà un magnifique spectacle.

Cet emmarchement, mais aussi le reste des aménagements très légers comme les archipels, comme tous les aménagements que nous avons prévus, notamment sur des barges - je pense aux installations de vestiaires pour celles et ceux qui voudront faire du sport -, eh bien tout cela est, bien sûr, entièrement accessible et, bien évidemment, démontable en 48 heures pour pouvoir répondre à la question de la réversibilité que M. le Préfet a évoquée et à la question des crues de la Seine.

Je voudrais insister sur ces éléments? D?ailleurs, dans le projet de délibération, vous avez le détail des aménagements qui sont prévus, des aménagements qui sont légers, qui concernent aussi les raccordements de réseaux, l?installation de points d?eau, l?installation également de toilettes, etc., pour pouvoir offrir le maximum de services aux visiteurs.

Je voudrais insister sur un point qu?a évoqué Jacques BOUTAULT : la végétalisation. Il dit : on aurait dû végétaliser beaucoup plus. Eh bien non, parce que là, nous sommes tenus par une autre contrainte qui n?en est pas une : le fait que nous soyons sur un site classé au patrimoine de l?humanité et que l?architecte des Bâtiments de France, avec lequel nous avons beaucoup travaillé et allons continuer à travailler, nous demande de respecter ce qu?est aujourd?hui ce paysage, c?est-à-dire un paysage qui est essentiellement minéral.

Cela ne veut pas dire qu?il ne pourra pas y avoir de végétalisation, mais si nous avons choisi de préserver ce caractère, c?est parce que c?est ce caractère qui est inscrit au patrimoine mondial de l?humanité, et je sais que vous avez à c?ur aussi de défendre le patrimoine.

Bien sûr que les berges seront, comme cela a été très bien dit par Ian BROSSAT et Karen TAÏEB, un espace de promenade et pas un lieu de spectacle permanent. D?ailleurs, quand nous avons retenu l?équipe Artevia après un appel d?offres et après un passage en commission d?appel d?offres, l?équipe Artevia, justement, nous a convaincus, parce qu?elle ne visait pas à transformer les bords de Seine en espaces pour les arts de la rue en permanence, mais, au contraire, préservait la possibilité d?avoir aussi des temps de promenade, de respiration, pour les amoureux, comme cela a été évoqué tout à l?heure. Je voudrais vraiment insister sur cela.

Plusieurs d?entre vous ont évoqué la question économique et Mme CUIGNACHE-GALLOIS expliquant qu?on n?en avait pas tenu compte et qu?il fallait maintenir une vocation portuaire aux bords de Seine, mais lisez bien le dossier ! Vous savez, on a beaucoup travaillé avec le Port de Paris, on a vraiment effectué un travail extrêmement précis et fructueux et nous partageons exactement le même point de vue sur l?évolution des bords de Seine.

Il y a des espaces, c?est d?ailleurs une des réserves qui est posée? La deuxième réserve, qui concerne notamment le port du Gros Caillou, est d?ores et déjà levée, puisque, bien évidemment, nous souhaitons qu?il puisse être maintenu, installé ou développé des espaces qui permettront notamment de servir soit au transport de voyageurs, soit au fret. Ce sera le cas, notamment, sur le port du Gros Caillou, c?est le cas aussi à Austerlitz, dans le 13e arrondissement, mais le travail que nous avons fait avec le Port montre, suite à cette volonté commune, que l?on peut tout à fait avoir des installations portuaires qui permettent de remplir la vocation industrielle de la Seine et, en même temps, en faire des espaces de promenade et aujourd?hui, quand le Port de Paris aménage des espaces, et vous en voyez beaucoup dans le 13e, vous en verrez aussi au port du Gros Caillou, ce sont des espaces qui, lorsque le port n?est pas en exploitation, sont tout à fait accessibles à la promenade et s?intègrent très bien dans ce paysage urbain magnifique.

Nous avons, bien sûr, travaillé sur le développement de cette vocation économique de la Seine et sur un autre sujet qui a été évoqué par un certain nombre d?entre vous, sur l?offre de transport. L?offre de transport, d?abord, il y a cette proposition sur laquelle nous travaillons avec le S.T.I.F. d?avoir un service Voguéo qui soit vraiment digne de ce nom et qui permette effectivement aux voyageurs de naviguer sur la Seine, cela fait partie des propositions que nous avons inscrites avec les élus de la métropole sur ce projet des voies sur berges, mais je voudrais dire à M. d?ABOVILLE, et permettez-moi cette facilité, il est sans doute meilleur sur un rameur que sur ce dossier-là?

Lorsqu?il évoque, par exemple, que notre proposition concernant le RER A serait une proposition sans intérêt, je voudrais juste remettre un petit peu à jour les fiches de M. d?ABOVILLE.

Il se trouve que le Président de la République est venu inaugurer il y a à peu près deux semaines les nouvelles rames du R.E.R. A pour lesquelles, d?ailleurs, l?Etat n?a pas mis un centime d?euro, puisque c?est la R.A.T.P., la Région et le S.T.I.F. qui ont payé, mais toujours est-il qu?il était, bien sûr, en tant que Président de la République, tout à fait invité à venir à cette inauguration du nouveau matériel roulant dont vous avez dit qu?il arriverait peut-être un jour.

Eh bien, Monsieur d?ABOVILLE, ce matériel roulant qui, entre autres, parce que ce n?est pas le seul, va permettre à un plus grand nombre de voyageurs de pouvoir circuler sur les transports collectifs à proximité des sites de la Seine, et bien c?est déjà fait, tout comme, d?ailleurs, puisque nous étions plusieurs à l?inauguration de la mise en service de l?automatisation intégrale de la ligne 1 du métro. Ceci a eu lieu aussi il y a à peu près un mois et cela permet une plus grande fluidité de ces lignes qui desservent les sites à proximité, notamment, des berges de la Seine.

Je voudrais également dire, parmi les questions qui ont été posées, à notre collègue Michel DUMONT qui nous explique que ce sont des dépenses superflues et qu?il vaudrait mieux faire des crèches, mais, Monsieur DUMONT, nous allons faire l?aménagement des quais et nous continuerons notre programme de crèches ; il n?y a pas une place de crèche? D?ailleurs, c?est ce que nous avons voté hier dans le budget de la Ville, puisque nous avons voté non seulement l?ambition pour les crèches, mais aussi pour les logements sociaux et l?ambition pour l?aménagement des quais de Seine, et je crois, Monsieur DUMONT, mais c?est valable aussi pour les collègues de l?U.M.P., qu?il faut vraiment que vous fassiez cette reconversion à l?écologie urbaine.

Nous ne pouvons pas considérer que nous n?avons pas un rôle à jouer dans la diminution des gaz à effet de serre et que les villes et les grandes métropoles comme les nôtres, qui ont un impact extrêmement important, mais peut-être que Durban, vous n?avez pas suivi ou vous n?avez pas vu ce qui s?est passé, nous, nous considérons à Paris, avec le Maire et avec l?équipe municipale, que nous avons une responsabilité pour agir sur les dérèglements climatiques et cette responsabilité pour agir sur les dérèglements climatiques passe aussi par des aménagements comme celui que nous faisons sur les voies sur berges.

Alors, je voudrais, par ailleurs, saluer, là aussi, à moitié, comme elle l?a fait, Géraldine POIRAULT-GAUVIN, simplement pour constater, ce n?est pas une question d?âge et je ne vais pas aller vers le jeunisme, mais je voudrais simplement dire au groupe U.M.P. que, peut-être, il devrait faire une plus grande place aux jeunes de ce groupe qui, effectivement, ont, quand même, eux, compris que l?avenir n?était pas forcément au tout automobile et que dans les villes et l?économie de l?après-pétrole ou de l?après?

Oui, tout à fait, mais, vous savez, nous sommes extrêmement engagés dans cela et je vous invite, Monsieur LAMOUR, plutôt que d?essayer de couvrir ma voix, ce qui n?est pas très élégant, de faire un petit peu attention à ce qui vient d?être dit, notamment par les jeunes de votre groupe qui, même s?ils ne vont pas jusqu?au bout de la démarche en votant, puisqu?ils ne voteront pas pour mais ils s?abstiendront, ce qui est déjà un pas non négligeable que j?apprécie,

Vraiment à les écouter, parce que j?ai le sentiment que la métropole du XXIe siècle, ils la perçoivent avec, je dirai, un peu plus de regard vers l?avenir que vous-même.

Je voudrais revenir sur les propositions et les points que M. le préfet a soulevés. Je le remercie. Effectivement, nous sommes dans un dialogue avec l?État, avec la Préfecture, mais aussi avec les autres services de l?État. J?ai cité notamment Ports de Paris.

Nous travaillons maintenant depuis plusieurs mois, depuis que le Maire de Paris a annoncé son intention de porter ce projet, et je vous remercie, parce que votre position est tout à fait cohérente avec ce que vous aviez dit ici même et avec la nature du travail que nous avons engagé.

Oui, il faut veiller à la réversibilité et, vous le savez, nous sommes attachés à respecter ce point-là. Nous avons? et vous l?avez dit aussi à juste titre : l?échéance ce n?est pas dans un an, et dans un an on verra. C?est, je crois, un travail en continu que nous devons faire. Nous devons partir d?indicateurs qui permettent de voir aussi ce qu?est la situation aujourd?hui, qui n?est pas idyllique, non plus, parfois, sur les questions de circulation.

Il faut donc travailler de concert et dans la régularité, mais je vous remercie effectivement d?avoir évoqué le fait que dans la convention avec la Ville, et sur ce point, pour répondre peut-être à M. LEGARET?

Voilà ! Vous savez, nous savons que Paris a un certain nombre d?emprises qui ne lui appartiennent pas. Pour autant, nous n?avons jamais considéré que parce qu?elles ne nous appartiennent pas, le rôle qui est le nôtre est le rôle d?un maire, et le rôle des élus locaux est aussi d?engager le dialogue, bien sûr avec la population, mais aussi avec les autorités publiques qui ont un pouvoir qui s?exerce sur une partie du territoire.

Et nous sommes dans ce dialogue-là maintenant depuis plusieurs mois, et je crois que le propos du Préfet le confirme bien. Nous fixerons ensemble des délais d?observation.

Je voudrais revenir d?un mot sur les questions relatives, notamment, au dispositif de sécurité, pour dire que lorsque nous mettons en place ?Paris Plage?, où entre 3 et 4 millions de personnes environ, selon les années, viennent se promener du matin jusqu?à très tard le soir, nous n?avons pas constaté d?incidents graves.

Je crois que les derniers incidents ou incivilités que l?on a pu constater ces dernières années, c?était un vol de portable il y a deux ans et l?année dernière, je crois qu?il n?y a pas eu de faits significatifs d?incivilité pendant la période de Paris Plage et pourtant, sur un espace où vous pouvez avoir 4 millions de personnes qui s?y promènent.

Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que si on aménage bien cet espace, s?il y a de la présence humaine, et c?est ce qui va être le cas? le choix d?Artevia est notamment lié à cette présence humaine. Dans l?animation, dans la médiation du lieu, on a déjà accompli une grande partie du travail. Bien sûr il faut que l?on regarde d?une façon très précise, comme nous le faisons d?ailleurs avec la Préfecture pour Paris Plage, il y a un travail là aussi de partenariat qui est très bien coordonné et qui fonctionne, qui se fait entre notre direction de la prévention et la Préfecture. Donc nous allons avancer et travailler aussi sur ce projet puisque pour nous, ce lieu doit être un lieu de détente, un lieu dans lequel on se sente bien, et pas un lieu dans lequel, bien évidemment, la violence ou l?agression soient fréquentes. Donc, nous allons y travailler, mais dans ce dispositif partenarial que M. le préfet a bien voulu signaler, appeler de ses v?ux, mais qui sera une poursuite du travail que nous faisons d?ores et déjà.

En conclusion, je voudrais vraiment dire à mes collègues que ce projet est un projet ambitieux. Nous en avons bien conscience : il va profondément transformer notre ville, ses usages, et justement, je crois que la question des usages, la question des usages d?un nouvel espace public absolument magnifique, le fait qu?il puisse être un prolongement de l?espace public déjà existant pour que l?on puisse y faire des activités sportives, individuelles ou collectives ; ce lieu sera un lieu très ouvert aux familles. Ce sera un lieu intergénérationnel. Ça va être un espace de respiration supplémentaire absolument indispensable à notre ville, et ce sera aussi un espace qui, je crois, montrera que Paris garde ce temps d?avance qui nous est cher.

Mes chers collègues, je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Avant de voter le projet de délibération, nous avons une série de v?ux.

D?abord, le v?u n° 84, du groupe E.E.L.V.A.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - C?est un avis favorable : il s?agit de l?extension de la ligne 72 jusqu?à la gare de Lyon.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe E.E.L.V.A., assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée à l?unanimité. (2011, V. 339).

Concernant le v?u n° 85, déposé par le groupe U.M.P.P.A., quel est l?avis de l?Exécutif ?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - C?est un avis défavorable. D?ailleurs, je trouve que c?est un peu déplacé d?être contre les voies sur berges et de vouloir mettre des contraintes en plus à quelque chose que l?on combat.

Donc c?est un avis défavorable.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Madame HIDALGO, quel est l?avis de l?Exécutif sur le v?u n° 86 déposé par le groupe U.M.P.P.A. ?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - C?est un avis défavorable, pour les mêmes raisons. En ce qui concerne les aménagements de l?Île aux cygnes, d?abord je me réjouis que l?U.M.P. ait renoncé à son projet qui était un peu étrange, visant à installer des plantations maraîchères sur les bords de l?Île aux cygnes. Je me réjouis de l?abandon d?un certain nombre d?idées qui étaient pour le coup très originales mais pas très réalistes.

En ce qui concerne l?Île aux cygnes et les aménagements des quais du 15e, nous sommes en train d?y travailler, comme sur l?ensemble du projet, et l?ambition que nous portons, à la différence de la vôtre - vous l?avez très bien exprimée, d?ailleurs, sur les bancs de l?U.M.P. -, il ne s?agit pas de permettre la promenade sur la Seine là où elle est déjà possible parce qu?il n?y a pas de voitures mais au contraire, elle est de reconquérir 4,5 hectares notamment sur le c?ur de Paris et d?aménager l?ensemble de la Seine depuis les 13e et 12e arrondissements jusqu?au 15e arrondissement.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 195.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, SG 195).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 209.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, SG 209).