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Octobre 1998
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Conseil Général
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7 - 1998, ASES 103 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association " Horizons " une convention pour l'accueil des familles précarisées touchées par la toxicomanie

Débat/ Conseil général/ Octobre 1998


M. LE PRÉSIDENT. - Nous passons au projet de délibération ASES 103 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil Général, de signer avec l'association " Horizons " une convention pour l'accueil des familles précarisées touchées par la toxicomanie.
La parole est à Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL. - Monsieur le Président, chers collègues, si à l'occasion de ce projet de délibértion, nous constatons un effort de 50.000 F en direction de l'aide aux toxicomanes, celle-ci ne correspond pas aux 430.362 F sollicités par l'association " Horizons " pour financer son action.
La toxicomanie est avant tout une maladie. A Paris, cette maladie est un enjeu de santé publique de par son importance. Certes, il s'agit d'une compétence d'Etat, mais vous vous plaisez très souvent à rappeler que l'Etat providence n'est pas une solution souhaitable et que les collectivités locales doivent faire face à leurs problèmes spécifiques.
Depuis de nombreuses années, une lutte essentiellement répressive contre la toxicomanie a prouvée ses limites. Quand allez-vous adapter les actions aux besoins et agir concrètement en matière tant de prévention que de réduction des risques et de prise en charge des toxicomanes ?
Si certaines structures du type boutique ou sleep-in peuvent être mal comprises par la population d'un quartier et demander un long travail de préparation et de concertation avec les habitants pour être acceptées, d'autres solutions existent. Je constate avec regret que vous négligez les solutions mobiles tels que les bus d'échange de seringues ou de distribution de méthadone, comme outils majeurs de lutte contre la toxicomanie bien qu'ils soient mieux perçus par le voisinage.
De plus, en les autorisant uniquement dans les arrondissements de l'Est parisien, vous stigmatisez les problèmes sur certains quartiers et empêchez une évolution favorable de la situation.
Au risque de choquer, je pense que des stationnements réguliers, mais limités dans le temps, de tels bus dans un maximum de quartiers de tous les arrondissements parisiens constitueraient un début de solution tant pour les usagers que pour la population.
Il y a malheureusement des toxicomanes ailleurs que dans les seuls 18e, 19e et 20e arrondissements. Ceux issus du Sud et de l'Ouest parisien se voient, hélas, jusqu'ici refuser une chance de " limiter la casse ", voire de s'en sortir ; c'est cependant ce que semble penser notamment M. TOUBON, en s'opposant aux stationnements de bus de distribution de méthadone de " Médecins du Monde " dans son arrondissement. C'est méconnaître la détresse et la précarité de ces gens que de penser qu'ils peuvent faire l'effort de traverser Paris pour chercher de l'aide, c'est au contraire la responsabilité des politiques de permettre que les professionnels aillent à leur rencontre, au moins quelques heures par semaine.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. LE PRÉSIDENT. - Merci. La parole est à M. LAFAY.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Madame, vous avez noté l'action de cette association qui remplit une mission particulière dans les réseaux d'aide et de soutien des usagers de drogue à Paris et qui contribue au dispositif global de lutte contre la toxicomanie dans le cadre de la convention Etat/Ville signée en 1996.
Ce dispositif comprend de nombreuses associations travaillant en complémentarité dont certaines poursuivent les mêmes objectifs d'accueil des familles marginalisées touchées par la toxicomanie, donc dans d'autre quartiers de Paris.
Vous vous êtes plainte de la différence entre la participation demandée et celle qui a été attribuée. La participation sollicitée par l'association " Horizons ", objet de la présente délibération est en augmentation, 300.000 F au lieu de 250.000 F, ceci pour mieux assurer une meilleure prise en charge parents/enfants par l'apport d'une compétence nouvelle, c'est-à-dire l'embauche d'une psychologue clinicienne spécialiste des relations mère/enfant.
Vous soulevez le problème de la répartition au niveau de Paris, des aides qui sont faites à ces associations. Vous dites que ces aides sont versées à des associations qui interviennent uniquement sur l'Est de Paris. C'est exact. Mais vous devez comprendre que notre premier effort doit porter sur les endroits où il y a le plus de toxicomanie. Bien sûr, on peut prétendre, hélas, que la toxicomanie est également présente dans d'autres secteurs, mais nous avons mis l'accent sur les arrondissements les plus touchés.
Vous pensez que la présence de bus peut choquer. Personnellement, elle ne me choque pas. Mais si l'Administration, sur les conseils de différentes associations, a choisi de privilégier d'autres aides, je pense que ceci résulte de l'étude de certains dossiers dont vous n'avez peut-être pas toute la connaissance.
M. LE PRÉSIDENT. - Merci, Monsieur LAFAY.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 103 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, ASES 103 G).