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Decembre 2011
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33 - 2011, DDEEES 339 - Désignation de l’opérateur et autorisation de procéder à la signature d’un bail emphytéotique administratif portant sur des locaux à usage principalement commercial de la Ville de Paris situés dans les 1er, 3e, 4e, 6e, 9e, 15e, 19e et 20e arrondissements.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2011

33 - 2011, DDEEES 339 - Désignation de l?opérateur et autorisation de procéder à la signature d?un bail emphytéotique administratif portant sur des locaux à usage principalement commercial de la Ville de Paris situés dans les 1er, 3e, 4e, 6e, 9e, 15e, 19e et 20e arrondissements.

 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DDEEES 339 relatif à la désignation de l?opérateur et autorisation de procéder à la signature d?un bail emphytéotique administratif portant sur des locaux à usage principalement commercial de la Ville de Paris situés dans les 1er, 3e, 4e, 6e, 9e, 15e, 19e et 20e arrondissements.

La parole est à Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, pour cinq minutes.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Merci, Monsieur le Maire.

Mon intervention sera très brève et portera sur un petit point de ce projet de délibération.

En effet, il y a un an, le Conseil de Paris a approuvé une délibération permettant de transférer, dans le cadre d?un bail emphytéotique administratif, un ensemble de locaux commerciaux et de lancer une consultation pour la conclusion de ce bail, ceci pour optimiser la gestion de ce parc immobilier.

Parmi les locaux commerciaux, la délibération indiquait l?adresse du 21, avenue du Maine, dans le 15e arrondissement, sans plus de précisions sur les locaux concernés à cette adresse.

Je veux rappeler que le 21, avenue du Maine abrite des institutions culturelles dynamiques et très importantes du 15e arrondissement : le musée du Montparnasse, l?espace Krajcberg, la galerie Immanence et le théâtre Agitakt.

Nous découvrons que la délibération d?aujourd?hui précise que 20 locaux sont concernés à cette adresse alors que la dernière fois, il n?y avait aucune précision.

Et nous découvrons aussi qu?aucune activité culturelle n?est mentionnée dans le 15e arrondissement.

C?est pourquoi, Madame le Maire, je souhaite attirer votre attention sur cette anomalie, et surtout relayer l?inquiétude des acteurs culturels du 21, avenue du Maine, que cela soit les responsables du musée du Montparnasse et de l?espace Krajcberg, ou bien les artistes qui animent Immanence ou Agitakt.

Je vous remercie de bien vouloir rassurer ces acteurs culturels qui sont très inquiets de ne pas être pris en compte de façon individuelle.

Merci beaucoup.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Romain LÉVY.

M. Romain LÉVY, adjoint. - Je tenais à intervenir, mes chers collègues, sur ce projet de délibération, qui est particulièrement important, car les locaux commerciaux visés par cette dernière sont essentiellement occupés par des galeries d?art, des librairies, et sont en majeure partie située dans le 6e arrondissement de Paris. Il s?agit ici d?une cinquantaine de locaux commerciaux qui sont dans le 6e arrondissement, dans des rues dont le nom compte dans le monde de l?intelligence, de la culture et des arts : rue des Beaux-Arts, quai de Conti, quai Malaquais, rue de Seine, rue Bonaparte, rue Jacob.

C?est donc en tant qu?élu du 6e, et particulièrement sensible au devenir des activités culturelles de l?arrondissement que j?interviens aujourd?hui.

Ce projet de délibération fait suite au lancement de l?appel à candidatures qui avait été voté à l?unanimité ici même il y a tout juste un an. Madame la Maire, chère Lyne, vous êtes partie du constat que la gestion du parc immobilier à vocation commerciale constituait un véritable métier, avec ses spécificités, et que la taille du parc commercial que la Ville de Paris elle-même ne lui permettait pas de se doter d?outils spécifiques qui en optimiseraient particulièrement la gestion.

C?est pourquoi, ayant à c?ur de protéger notamment les métiers historiques du Quartier Latin et de Paris dans son ensemble, vous avez décidé de conserver la cohérence de l?action municipale déjà engagée en ayant recours à la conclusion d?un bail emphytéotique avec un opérateur.

De cette façon, tous les locaux commerciaux de la Ville seront gérés par un opérateur commun suivant un cahier des charges strict établi par la Ville, qui permettra de privilégier certains types d?activités, de poursuivre notre politique des loyers, et de veiller à la bonne succession, notamment des locaux commerciaux, en fonction des activités menées en leurs murs jusque là.

L?action déjà engagée par l?opérateur qui interviendra, la S.E.M.A.E.S.T., nous donne des perspectives tout à fait encourageantes sur la gestion future de cet ensemble. Son action est en effet remarquable et vraiment reconnue par tous en ce domaine.

Cela fait maintenant sept ans que la S.E.M.A.E.S.T. s?est vu confier la mission ?Vital?Quartier? visant à redynamiser les commerces de proximité, mission qu?elle mène avec efficacité depuis lors. C?est en 2008 que la Ville de Paris a décidé d?étendre son action sur cinq nouveaux secteurs, dont le Quartier Latin. Sur ce secteur, sa mission est spécifique : soutenir la présence historique des commerces culturels, et en particulier celle des libraires et des éditeurs.

En aidant au maintien et à l?installation des libraires et des maisons d?édition, la Mairie de Paris, au travers de la S.E.M.A.E.S.T., aide à conserver l?âme du quartier latin, sa spécificité, tout en la projetant dans l?avenir. Son action a permis tout récemment à six libraires de s?installer au c?ur du Quartier Latin. Je pense notamment à la librairie généraliste située rue Monsieur-le-Prince, à la librairie spécialisée dans les techniques d?art appliqué rue Bonaparte. Elle a permis à trois de s?y maintenir, et trois autres locaux sont en travaux pour accueillir librairies et maisons d?édition.

Grâce à cette action particulièrement volontaire, nous avons créé une dynamique et à présent, on voit que de nouvelles maisons d?édition n?hésitent plus à déménager ou à réemménager au c?ur du Quartier Latin, et c?est vraiment particulièrement important.

Aujourd?hui, le Quartier Latin regroupe à nouveau la plus grande concentration de France de librairies, de maisons d?édition, de ventes de livres anciens, de galeries d?art, de cinémas d?art et essai.

Depuis peu, et c?est aussi particulièrement encourageant, le Quartier Latin abrite un dispositif innovant : le laboratoire de l?édition, que vous avez porté avec Jean-Louis MISSIKA.

Ce laboratoire, qui a été inauguré le 7 décembre dernier, est un site, là aussi, précieux, puisqu?il est à la fois un incubateur de projets innovants du secteur de l?édition numérique, une plateforme d?information, un lieu de rencontre entre acteurs du numérique, de la librairie, du monde de l?édition traditionnelle, un lieu qui va permettre de garantir leur croissance et leur pérennité. J?étais à vos côtés le jour de l?inauguration, et on a vu par la présence fort nombreuse des personnes du monde de l?édition l?importance de ce lieu de rencontre et vraiment, par tous ces dispositifs, on voit toute la cohérence du dispositif municipal qui s?attache sur tous les champs à préserver ce secteur économique important, et j?allais dire historiquement et culturellement important qu?est l?édition

J?entends souvent les élus de l?opposition expliquer qu?ils sont à l?origine de l?idée, qu?ils ont eu des idées pour préserver les maisons d?édition, les librairies, à l?époque où elles fermaient.

Mais, Mesdames et Messieurs les élus, je vous le dis aujourd?hui : vous en avait peut-être rêvé, au mieux vous en avez peut-être parlé, mais ce qui est sûr, une fois encore, c?est que nous l?avons nous-mêmes traduit dans les faits et dans les réalités.

Pour toutes ces raisons, je vous invite avec enthousiasme à voter cette délibération qui permettra de dynamiser, de préserver l?activité des librairies?

Vous faites un malaise, Monsieur LECOQ ? Vous vous êtes senti visé? pourtant je ne parlais pas de vous, mais j?ai senti que vous vous sentiez visé.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Allons ! S?il vous plaît ! Pas d?interruption. Finissez votre propos.

M. Romain LÉVY, adjoint. - Je vais finir? mais pour une fois que le maire du 6e est présent, j?écoute ce qu?il a à nous dire. C?est gentil d?être venu ce matin pour gloser de votre côté. Bienvenue, ce matin, au Conseil de Paris, Monsieur le Maire !

Pour toutes ces raisons, je vous invite avec enthousiasme à voter ce projet de délibération?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Pouvez-vous finir vos propos, s?il vous plaît ? Monsieur?

M. Romain LÉVY, adjoint. - Je vais essayer de finir.

Monsieur le Maire, j?essaie de faire ici ce que je ne peux pas faire dans le 6e, c?est-à-dire m?exprimer dans le silence et la sérénité. Si M. le Maire pouvait respecter les adjoints au Maire de Paris dans l?hémicycle de la maison commune, cela me changerait un peu et cela me ferait plaisir.

Je terminerai en me félicitant une nouvelle fois de cette délibération, en appelant tout le monde à la voter à l?unanimité. J?espère que le vote sera unanime.

Je vais conclure puisque je ne vais pas arriver à finir mon propos, en vous demandant de voter, j?espère à l?unanimité, cette délibération, et en encourageant Lyne COHEN-SOLAL pour l?action particulièrement importante qu?elle mène.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Mme COHEN-SOLAL a la parole pour répondre.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, au nom de la 2e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

J?aurais peu de choses à rajouter à ce qu?a dit Romain LÉVY avec beaucoup de talent. Je voulais rappeler que cette délibération vient à la suite d?une délibération votée par le Conseil de Paris l?année dernière pour prendre en compte le fait que le domaine privé commercial de la Ville de Paris doit être géré de manière professionnelle, et nous avons mis du temps peut-être un peu trop de temps, mais je suis contente que nous soyons arrivés au résultat d?aujourd?hui, pour faire en sorte que le domaine privé commercial de la Ville de Paris soit géré effectivement par une S.E.M. de la Ville puisqu?on arrive là à l?attribuer à la S.E.M.A.E.S.T. qui a démontré ses talents et sa compétence pour la gestion du commercial.

Pour répondre à Mme MACÉ de LÉPINAY, le musée du Montparnasse et la Ruche doivent trouver là des façons d?être sécurisés justement sur leur devenir et leur pérennité puisque la S.E.M.A.E.S.T., comme Romain LÉVY l?a dit, sait très bien gérer les locaux culturels aussi. Même si ce n?est pas dans la délibération, c?est sous-entendu, Madame MACÉ de LÉPINAY, je vous en donne ma parole, il ne s?agit en aucune sorte de mettre dehors les actuels occupants.

Au contraire, il s?agit de les sécuriser, de les gérer de manière professionnelle, d?avoir de vrais baux, d?entretenir évidemment les locaux de manière évidemment conséquente et cohérente, je pense que pour le musée du Montparnasse et l?ancienne Ruche qui constituent quand même un endroit exceptionnel dans le patrimoine de la Ville de Paris, c?est au contraire une forme de sécurisation que nous leur apportons par cette délibération. J?appelle tout le monde à voter cette délibération, Monsieur le Maire, et je vous en remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je mets aux voix la délibération?

Vous voulez faire une explication de vote ?

Mme Laurence DOUVIN. - Effectivement, nous allons voter ce projet de délibération, mais je ne voudrais pas que cela soit fait avant de dire que nous n?avons pas du tout apprécié les propos de M. LÉVY, que j?ai trouvés déplacés vis-à-vis du maire du 6e arrondissement, M. LECOQ.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 339.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2011, DDEEES 339).