Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2011
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

42 - 2011, DVD 211 - Signature avec le Syndicat Mixte Autolib’ d’une convention portant sur la contribution de la Ville de Paris aux dépenses d’investissement au profit du service public de location de véhicules électriques en libre service dans les parcs de stationnement parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2011

42 - 2011, DVD 211 - Signature avec le Syndicat Mixte Autolib? d?une convention portant sur la contribution de la Ville de Paris aux dépenses d?investissement au profit du service public de location de véhicules électriques en libre service dans les parcs de stationnement parisiens.

 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous passons maintenant à la 3e Commission, et nous allons examiner le projet de délibération DVD 211 relatif à la signature avec le syndicat mixte Autolib? d?une convention portant sur la contribution de la Ville de Paris aux dépenses d?investissement au profit du service public de location de véhicules électriques en libre service dans les parcs de stationnement parisiens.

La parole est à M. Denis BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Vous ne serez pas surpris que notre groupe ne vote pas ce projet de délibération, dans la lignée des positions que nous avons prises, constantes, concernant le dispositif Autolib?.

Les raisons de notre désaccord sont connues. Nous pensons que l?impact écologique de ce service n?est pas démontré. Je note d?ailleurs que le v?u qui avait été adopté par le Conseil de Paris, demandant qu?une étude sur l?impact environnemental et énergétique d?Autolib? soit réalisée avant la mise en service d?Autolib?, n?a pas été mis en oeuvre. Effectivement, nous ne disposons pas d?une étude nous permettant d?avoir une évaluation réelle de l?impact environnemental de ce service, et de comparer à ce qu?il aurait été si on avait mis en place un service d?autopartage.

Deuxièmement, nous avons des doutes très sérieux sur l?impact économique de ce dispositif, puisque M. BOLLORÉ lui-même reconnaît qu?il n?espère équilibrer ses comptes qu?au bout de sept années, donc au minimum six années de perte, ce qui risque d?accumuler des pertes considérables vu les coûts de fonctionnement évalués, si j?ai bien compris, à environ 100 millions d?euros par an, du coût de fonctionnement de ce service. La note qui a été adressée par Bernard GAUDILLÈRE à la 1ère Commission sur l?impact éventuel en cas de déficit cumulé, ne nous a pas fondamentalement rassurés sur les conséquences que cela pourrait avoir, aussi bien sur les finances de la Ville, que sur celles de l?ensemble des collectivités qui sont membres du syndicat mixte Autolib?.

Nous attendons évidemment de voir si nos craintes se confirment dans la réalité puisque maintenant, le service a été lancé. Donc nous allons voir ce que cela va donner en termes, à la fois d?impact écologique et d?impact économique.

Mais avec ce projet de délibération précisément, si j?ai bien compris, et ce sont des questions que je voudrais poser à Annick LEPETIT pour être sûr de bien comprendre ce qui est soumis au vote, il est prévu d?accorder aux parkings qui mettraient en place des stations, une subvention du même montant que les subventions prévues pour les stations en surface.

J?ai un questionnement parce que c?est vrai qu?on peut imaginer que dans un parking public, les coûts vont être plus importants en matière de signalétique, en matière de sécurité, en matière d?aménagement.

Est-ce que ça veut dire qu?une partie des frais complémentaires sera prise en charge par les propriétaires de parking, voire par les concessionnaires lorsqu?il s?agit de concessions de la Ville de Paris ? Ou bien est-ce que c?est la Ville de Paris qui supportera par un avenant à la concession, ces coûts ? Quelles vont être les conséquences si jamais les coûts étaient plus importants ?

Et ce d?autant plus, et c?est ma deuxième question, qu?à ma connaissance, il n?y a toujours pas de réglementation claire en vigueur, rendue publique, en ce qui concerne la possibilité pour les véhicules électriques de disposer de ce type de stationnement dans les parkings.

Je connais l?ensemble de la problématique autour des batteries des uns et des autres, les différences entre les batteries des différents véhicules. Toujours est-il qu?en l?absence de réglementation, il est difficile d?évaluer quels seraient les coûts induits par l?installation de ces stations dans chacun des parkings.

Et donc, la somme forfaitaire de 50.000 euros risque d?apparaître comme largement insuffisante si jamais la réglementation se révélait beaucoup plus contraignante que ce qui est aujourd?hui envisagé.

Voilà les questions sur lesquelles il me semblerait important que nous soyons éclairés avant le vote de ce projet de délibération.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à M. François VAUGLIN.

M. François VAUGLIN. - Merci.

Paris est une ville dense. Cette densité fait du partage de l?espace public un enjeu très fort de notre vivre ensemble. C?est ainsi que depuis 10 années, la marque la plus visible de notre action, Monsieur le Maire, c?est la transformation de l?espace public.

Transformation pour un meilleur partage, un partage plus équilibré, plus équitable entre tous les usages : des trottoirs élargis pour les piétons, des pistes cyclables pour les vélos, plus de services publics et plus d?espaces verts.

Mais ces transformations répondent aussi à un enjeu de qualité de vie, et même de santé publique. Faire plus de place pour les circulations douces, et moins de place pour la voiture, c?est aussi agir pour la qualité de l?air. Les impacts de la pollution sur la santé sont majeurs, et il est de notre devoir de tout faire pour réduire la pollution.

C?est dans ce contexte qu?est apparu Autolib?, à la croisée de questions aussi variées que le partage de l?espace public, les nouveaux besoins en mobilité, qui doit être à la fois plus souple, plus durable et plus douce, et le refus des compromis sur la santé en ville.

Autolib? permettra aussi aux Parisiens qui n?en ont qu?un besoin ponctuel de laisser leur voiture, et à ceux qui n?ont pas les moyens d?en acheter, d?accéder à ce mode de déplacement.

Alors, oui, Autolib? apporte une réponse à tous ces enjeux. Par le principe du partage du véhicule, Autolib? permet de sortir du consumérisme effréné tout en apportant un service amélioré. Et en réservant une place pour la propulsion électrique sur la chaussée, Autolib? apporte la souplesse de l?automobile sans son cortège de polluants aériens et sonores.

J?avais proposé il y a quelques mois un v?u pour adapter les consommations électriques d?autolib? pour éviter les problèmes liés à la pointe électrique. Peut-être pourrez-vous, Madame la Maire, nous dire où en est l?application de ce v?u qui réduirait encore l?impact environnemental d?Autolib?, et que notre Conseil a voté dans sa grande sagesse.

Les 250 premières stations sont apparues maintenant dans nos rues, et Autolib? est désormais en service depuis le 5 décembre. Par ce projet de délibération, nous lançons une deuxième phase de déploiement de 200 nouvelles stations dans les parcs de stationnement parisiens. Cela répond toujours aux mêmes objectifs que je viens de rappeler.

Alors, quoi de plus normal que la Ville participe au développement de l?infrastructure nécessaire ! Il s?agit d?un nouveau service public offert aux Parisiens, écologique, économique et équitable.

Nous voterons donc ce projet de délibération.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, je n?interviendrai ici qu?au nom des élus du Parti de gauche, et nous voterons contre cette délibération, conformément au vote que nous avons déjà effectué sur le sujet d?Autolib?, parce que nous ne croyons pas que ce projet permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et pourtant, c?est l?objectif qu?on doit se fixer.

On n?est pas dans n?importe quel contexte. En fin de semaine dernière, se tenait à Durban un nouveau sommet sur le climat. Une nouvelle fois, derrière les grandes opérations de communication, celui-ci n?a débouché sur aucune décision à la hauteur de la gravité de la catastrophe écologique. Il a réaffirmé le marché carbone dont on sait la puissance à alimenter la bulle spéculative et l?impuissance à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Il a confirmé la mise en place d?un fonds destiné aux pays les plus menacés, déjà acté à Copenhague, mais cet accord signé par 190 pays vise certes pour 2015 l?établissement d?un prolongement du protocole de Kyoto, seul accord contraignant, mais sans aucune contrainte juridique et sans nouveaux engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Et nous à Paris, quand on met en place le Plan climat, qui est un premier pas vers une planification écologique, on se fixe des objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et quand on étudie un projet de la Ville qui affiche vouloir contribuer à la réduction des gaz à effet de serre, l?ensemble des élus que nous sommes doivent se positionner pour savoir si ce projet y contribue ou pas.

Et non, nous pensons que ce projet n?y contribue pas. Pour quelle raison ? Nous avons déjà expliqué. L?usage le plus conséquent de la voiture dans Paris est celui lié aux déplacements domicile-travail.

Avec Autolib?, l?automobiliste ne sera pas sûr d?avoir chaque matin une voiture disponible du fait du maillage existant limité. Il y a donc peu de chances que les Parisiens motorisés adoptent ce mode de transport à la place des voitures individuelles.

Bien sûr, Autolib? peut rendre service aux Parisiens de façon ponctuelle, ceux qui n?ont pas de voiture, mais cela veut dire que ceux qui n?ont pas de voiture vont ponctuellement utiliser une voiture, alors qu?ils ne le faisaient pas ou ne l?auraient pas forcément fait dans ce dispositif et vraisemblablement le projet Autolib? va accroître l?usage de la voiture à Paris et non pas le réduire.

Ce que nous devons faire au contraire, c?est encourager le développement des services publics, le développement de l?usage des transports publics et des transports alternatifs type le vélo, et à travers ce projet on ne va pas dans ce sens.

De plus, on l?a déjà expliqué, l?utilisation de la voiture va s?effectuer seulement pour des allers simples ?one way?. Or, on est toujours face à un problème important, celui du nombre de stations. Certes on souhaite développer des solutions alternatives, mais pour autant au regard du nombre de stations d?Autolib?, on n?y arrivera pas.

Le système Autolib? promet plus de 200.000 utilisateurs avec 80 communes adhérentes, alors que Velib?, avec 20.000 vélos et plus d?une dizaine d?utilisations de chaque Velib? par jour atteint 160.000 utilisateurs. On ne voit pas en plus, mes chers collègues, comment on pourrait atteindre 100.000 utilisateurs pour 3.500 à 4.000 véhicules à terme.

Pour nous, ce projet ne permettra nullement de réduire la circulation automobile à Paris, mais risque au contraire de la favoriser. Bien sûr les voitures sont électriques, mais cela ne signifie pas pour autant qu?elles ne sont pas polluantes. L?électricité est produite en France par des centrales nucléaires avec des déchets... On doit parler de l?effet de serre, mais aussi se préoccuper de l?ensemble des risques écologiques.

Quand on réfléchit aux transitions énergétiques, on se doit aussi de prendre en charge une réflexion sur le problème d?un point de vue global. On connaît vos positions sur le nucléaire, mais permettez-nous à nouveau de dire que nous ne les partageons pas.

Je termine en indiquant que ce projet n?a rien d?un service public. La convention est signée avec la société ?Bolloré?, dont on connaît la faible attirance pour l?intérêt général et la tendance à mépriser les conditions de travail des salariés.

Tout comme les salariés de Decaux, ceux de Bolloré seront-ils contraints à assurer la maintenance des stations pour 980 euros nets par mois comme on a pu le voir précédemment ?

Tout comme Decaux l?a fait pour les Velib?, Bolloré adressera-t-il la facture des dégradations des véhicules à la Ville de Paris ?

Encore une fois, à travers ce projet, on a le sentiment qu?il s?agit de socialiser les pertes, et de privatiser les profits. À Bolloré les bénéfices, et au contribuable la facture. Et cela ne correspond pas à notre vision du service public. Au vu du coût de l?opération, ne pourrions-nous pas mieux utiliser cet argent public ?

On aurait préféré que l?on développe les transports en commun, qu?on encourage la mise en place de dispositifs de voitures en auto partage en privilégiant à chaque fois l?économie sociale et solidaire.

Il nous apparaît par ailleurs surtout important de repenser de manière globale nos déplacements, dans une logique de réaménagement et de réduction des distances domicile-travail, parce que c?est cela le vrai enjeu de la planification écologique liée aux questions de transport quotidien.

Voilà pourquoi nous voterons, Alexis CORBIÈRE et moi-même, contre ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme CUIGNACHE-GALLOIS.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Le projet Autolib? vient d?être lancé, passé l?effet de curiosité, nous verrons s?il remportera le succès escompté.

À ce sujet, nous avons exprimé depuis le début de nombreuses craintes. Il y a eu des couacs de démarrage dont la presse s?est fait l?écho. Je ne parlerai pas de l?accident regrettable avec un piéton, qui ne doit pas être l?objet de polémiques, il doit au contraire nous indiquer collectivement qu?il faut poursuivre le travail de sensibilisation des piétons à la circulation sur la voie publique de nouveaux modes de déplacement silencieux, que ce soient les vélos, les scooters électriques, ou les voitures électriques.

Non les couacs sont techniques et ils sont, je vous l?accorde, presque normaux pour le démarrage d?un système et d?une organisation que j?ai tendance à trouver beaucoup trop complexes pour une offre à l?accessibilité finalement très limitée.

Après la curiosité, c?est la grogne qui pourrait bien s?installer chez les Parisiens d?autant que la privatisation de l?espace public a supprimé de nombreuses places de stationnement pour Autolib?, ce qui n?est pas forcément bien ressenti.

Alors je le redis, si le tâtonnement était prévisible dans la mise en place du service, et si les problèmes techniques apparus montrent que des ajustements et des réglages importants doivent être apportés, il nous semble que ce démarrage devrait vous inciter à la prudence.

Aussi pensons-nous que vous devriez prendre les précautions nécessaires avant d?engager la réalisation de 200 stations dans les parcs de stationnement de la Ville. L?INERIS a tiré la sonnette l?alarme sur le risque d?incendie des batteries au lithium. Il est logique et responsable que le Ministère de l?Environnement émette une série de préconisations pour les points de recharge des véhicules installés dans les parkings souterrains.

Pas plus d?une prise de charge par niveau, ou un espacement de 15 mètres entre les véhicules, voire l?installation de parois coupe-feu. Des études complémentaires ont été lancées pour avoir toutes les garanties de sécurité.

Or aujourd?hui vous passez outre sans avoir le résultat des recommandations, qui sont en cours d?examen. Pourquoi cette précipitation ?

En réalité, cette façon de s?affranchir du respect des procédures est en train de devenir une habitude de la Ville, c?est le cas aussi pour le projet d?aménagement des voies sur berge dont les appels d?offre ont été lancés avant la fin de l?enquête publique et de l?autorisation du Préfet.

C?est à nouveau le cas avec Autolib? et le lancement des stations en souterrain le prouve. Cette méthode de la marche forcée n?est pas respectueuse des principes élémentaires de démocratie et de précaution. Je l?ai déjà exprimé, je pense que Autolib? est un système trop coûteux, trop complexe et inadapté.

Il existait une offre privé d?autopartage ou de taxi, qui aurait permis une plus grande souplesse, moins chère, plus efficace, sans que cela ne coûte un centime à la collectivité.

Au-delà des considérations sur le système lui-même, c?est à la méthode de la Ville dans ce dossier que nous ne pouvons pas nous associer en tant qu?élus responsables.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je donne la parole à Laurence DOUVIN, pour le groupe U.M.P.P.A.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire. Avant d?examiner la situation des parcs souterrains, qui est l?objet de ce projet de délibération, je voudrais signaler deux points concernant les stations en voirie qui viennent d?être installées.

Le premier concerne l?emplacement des stations qui a parfois été changé sans que la mairie d?arrondissement soit avertie, encore moins consultée. Je sais que le contrat avec Autolib? prévoit 15 % de variation de la localisation des stations à l?initiative du délégataire, mais cela n?empêche pas de consulter la mairie d?arrondissement et de la prévenir du choix définitif. Cela me paraît facile et être la moindre des manifestations d?une démocratie locale vécue.

Le second point, c?est la localisation de l?espace Autolib?, pourquoi ? Parce que ces points sont installés de telle manière que la luminosité de l?abri et le volume sonore de la borne d?appel sont parfois de nature à gêner réellement les riverains à proximité immédiate de ces espaces. Il faut donc regarder dès maintenant, si ces emplacements ne demandent pas à être modifiés ou si l?installation elle-même ne doit pas être revue en fonction des nuisances sonores générées.

En ce qui concerne maintenant les parcs souterrains, comme vous le savez, nous avons toujours demandé qu?un maximum de stations soient installées en souterrain, afin de permettre de conserver un nombre de places suffisant sur voirie, alors que nous en manquons déjà tellement pour tous les types de véhicules, du vélo aux deux-roues motorisés et pour l?ensemble des voitures particulières, camionnettes, etc.

Nous sommes en faveur de cette délibération, tout en regrettant d?ailleurs que votre choix n?ait pas été le nôtre et que vous ayez privilégié la voirie.

Nous avons également demandé que la suppression des 2.550 places en surface soit compensée par la réalisation de nouveaux parcs souterrains de proximité. Je rappelle qu?un véhicule sur cinq qui circule est à la recherche d?une place de stationnement et comme il roule à basse vitesse, il pollue davantage.

Alors, nous redéposons encore une fois cette demande au motif que la rue a bien d?autres usages, plus productifs, que d?être un garage à voitures.

Je souhaiterais maintenant savoir si les contacts que vous avez eus avec le groupe de travail mis en place par le Gouvernement ont enfin abouti quant à la sécurité des véhicules électriques dans les parcs souterrains et à l?intervention des pompiers sur ce type de véhicules.

Lors de ma dernière intervention à ce sujet, je n?avais obtenu aucune réponse précise et les préconisations obtenues, c?est-à-dire les options proposées pour garantir la sécurité, étaient difficilement compatibles avec les installations prévues. Je m?étonne que dans ce projet de délibération, il n?en soit pas soufflé mot et je demande donc toutes les assurances nécessaires à ce sujet.

Nous avons, évidemment, besoin des garanties indispensables à la sécurité des utilisateurs.

Enfin, je rappelle notre vigilance financière sur le système qui a été établi par les services de la Ville basé sur une hypothèse que l?on peut qualifier au moins d?optimiste de 200.000 abonnés et d?une utilisation de chaque véhicule pendant sept heures chaque jour.

Si le délégataire prend en charge une perte de chiffre d?affaires à concurrence de 60 millions d?euros, c?est sur 12 ans, et si les pertes sont supérieures à ce montant, qui prendra le reste à sa charge ?

La Ville de Paris a investi 35 millions dans Autolib? pour l?installation des stations ; il est à souhaiter, donc, que le système apporte les satisfactions attendues.

Je voudrais dire qu?il est aussi indispensable d?assurer tout autant aux autres modes d?auto partage les mêmes conditions d?accès à la voirie et au parc souterrain, sous peine d?inégalités en matière de concurrence. J?insiste sur ce point, parce que toutes les formes d?auto partage doivent être soutenues, afin d?accroître le choix entre elles et de procurer ainsi aux utilisateurs potentiels toute une palette qui leur permette de renoncer plus facilement à l?usage des véhicules personnels.

Si la disposition d?un véhicule Autolib? est une des possibilités, elle ne doit pas contribuer à favoriser l?utilisation d?une voiture quand des transports collectifs sont disponibles et qu?un véhicule n?est pas indispensable.

A cet égard, les formules d?autopartage où les véhicules doivent être ramenés à leur point de départ correspondent davantage à un usage raisonné et doivent donc être également facilitées.

Enfin, je terminerai en évoquant l?accident qui vient d?avoir lieu entre une voiture Autolib? et un piéton pour faire une suggestion. Il est évident pour tous qu?une voiture silencieuse n?est pas entendue, que les piétons parisiens, d?une part, ne sont pas habitués à ce silence et, d?autre part, qu?ils sont, la plupart du temps, plus attentifs à la musique de leur baladeur ou à leurs conversations sur leur téléphone mobile qu?à la circulation.

Je voudrais donc suggérer une double action : d?une part, une campagne de sensibilisation des piétons à la prudence, notamment en fonction de ce nouveau danger lié au silence, et également un avertissement qui serait donné aux utilisateurs d?Autolib? chaque fois qu?ils prennent un véhicule, par exemple la pose d?un autocollant à l?intérieur de la voiture, plus visible que ce qui peut exister aujourd?hui. Je pense qu?il y a là une adaptation nécessaire et il faut se donner les moyens de la faciliter.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je donne la parole à M. Gérard d?ABOVILLE.

M. Gérard d?ABOVILLE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais apporter quelques précisions au point qu?a mentionné notre collègue Laurence DOUVIN concernant l?implantation de certaines stations Autolib?.

Au printemps dernier, les conseils de quartier ont été consultés pour donner leur avis sur le positionnement de ces stations. La plupart des conseillers ont pris à c?ur cette mission importante ; c?est le cas notamment des membres du conseil de quartier Saint-Lambert, situé dans le 15e arrondissement, où certains conseillers ont exploré tous les sites possibles, interrogeant notamment les commerçants, pour analyser toutes les conséquences de ces projets d?implantation.

Or, quelle ne fut pas leur surprise en découvrant un beau matin les premiers travaux d?implantation d?une station devant le 178, rue Lecourbe alors que le syndicat mixte Autolib? n?avait jamais présenté cet emplacement comme celui d?une station éventuelle.

Les conséquences sont désastreuses, d?abord par leur impact sur cinq commerces qui ne peuvent plus se faire livrer - je pense notamment à un magasin d?ameublement qui voit son activité fortement compromise -, ensuite, parce que de telles pratiques discréditent le travail des conseillers de quartier et découragent les plus actifs d?entre eux.

Alors, au-delà de notre vote, nous demandons que tout soit mis en ?uvre d?urgence pour remédier à la situation créée devant le 178, rue Lecourbe.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur.

Pour répondre, je donne la parole à Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais revenir deux secondes sur la délibération en tant que telle, avant de dire un mot sur le service Autolib?.

Cette délibération va dans le même sens que la délibération que nous avions votée en Conseil de Paris il y a quelques mois donnant autorisation au Maire de passer une convention avec le Syndicat mixte Autolib? pour faire des travaux en voirie. Cette fois-ci, il s?agit des travaux en parking souterrain. C?est exactement la même démarche et nous avons, depuis le début et à chaque fois que nous nous sommes exprimés en Conseil de Paris, particulièrement concernant Autolib?, toujours dit qu?à Paris, il y avait 700 stations prévues, dont 200 en sous-sol. Nous y sommes et cette délibération va nous permettre de passer une convention avec le syndicat et de commencer à travailler, sur le plan technique bien évidemment, pour avoir des instructions techniques concernant les stations installées en parking.

Je vais peut-être en profiter pour répondre aux questions qui ont été posées précisément sur cet aspect des choses, c?est-à-dire les stations en parking souterrain.

Ensuite, je répondrai à ce qui a été dit par quelques-uns, je pense notamment à Denis BAUPIN et à Danielle SIMONNET, sur le service Autolib?.

Concernant les stations en sous-sol, Denis BAUPIN nous a dit qu?il y avait une absence de réglementation ; c?est faux, il y a une réglementation aujourd?hui, mais le Gouvernement, et particulièrement le Ministère de l?Environnement, a décidé de faire évoluer cette réglementation en prenant des précautions et d?ailleurs, on le voit bien, leur point de vue évolue, puisqu?au mois de juin, quand j?ai questionné, en tant que parlementaire, la Ministre de l?Environnement sur ces questions, visiblement, la problématique était d?abord sur les batteries, puis ensuite la problématique a été sur les conséquences du feu sur les batteries et les voitures, et notamment l?émanation des fumées et, aujourd?hui, la problématique concerne d?abord les recharges.

Donc on voit bien que dans ce domaine, il y a une évolution, mais, après tout, tant mieux, cela veut dire, premièrement, que le Gouvernement travaille, nous l?y poussons et nous l?incitons, c?est logique, et, deuxièmement, qu?il faut prendre, bien évidemment, toutes les précautions possibles sans pour autant surréagir.

J?invite l?ensemble des membres du Conseil de Paris, en fonction, bien évidemment, des contacts qu?ils ont, des v?ux qu?ils font ou des courriers qu?ils adressent à, avec moi, ne pas relâcher la pression et interroger le Gouvernement.

Madame DOUVIN, d?ailleurs, je suis désolée pour vous que le Gouvernement ne vous réponde pas, moi, il me répond, mais je leur ferai passer le message.

Concernant l?ouverture du service le 5 décembre - personne ne l?a dit mais je préfère vous prévenir -, dans les 250 stations que nous avons ouvertes le 5 décembre, il y a deux stations qui sont en parking souterrain, certes, pas à Paris. Donc notre Assemblée, semble-t-il, est moins concernée, mais quand même, pour votre information, le service Autolib? étant un service métropolitain, il concerne Paris, mais aussi d?autres villes franciliennes, il y a deux communes qui ont, à ce jour, chacune une station dans leur parking : Levallois et Saint-Maurice.

Nous profitons de l?implantation de ces stations en parking pour proposer au Gouvernement de bien mesurer l?impact de la possibilité d?intervenir des services de secours si jamais il y avait le feu. Parallèlement, les constructeurs, ainsi que le groupe Bolloré, se sont soumis à divers tests : la batterie des voitures Autolib?, la mise à feu des voitures avec la batterie, la mise à feu en parking souterrain?

Bref, toutes ces séries de tests sont en train d?être examinées par la commission sécurité qui travaille sous la houlette du Ministère de l?Intérieur.

Faudrait-il, pour autant, tout arrêter, nous croiser les bras et attendre ? Moi, je pense, et cela a toujours été la politique du Maire de Paris, de Bertrand DELANOË, quels que soient les projets, mais particulièrement les projets de transport - j?ai en mémoire le tramway particulièrement -, que si on attendait que tout soit décidé par les autres avant de commencer nous-mêmes notre propre travail, rien ne se ferait et les projets seraient toujours à l?état de projet.

Par conséquent, notre rôle, notre devoir aussi, en tant qu?élus locaux, c?est bien, lorsqu?on décide une politique et que la majorité est d?accord sur cette politique, de la poursuivre et d?inciter celles et ceux qui auraient des freins, pour différentes raisons, de lever ces freins. A nous, justement, d?apporter la preuve que, si nous développons des services de transports différents et divers, c?est aussi pour répondre aux besoins et aux demandes de nos concitoyens.

Sur la question des parkings, encore une fois, le Gouvernement et particulièrement le Ministère de l?Intérieur et le Ministère de l?Environnement sont en train d?élaborer un cahier des charges. Pour le moment, ce n?est pas encore fait. Nous sommes à leur disposition pour toutes les réunions, pour tous les tests, etc., nous ne cessons, bien évidemment, d?avoir un dialogue avec eux.

J?en profite aussi pour remercier la Préfecture de police qui est également un partenaire pour le suivi de la mise en place d?Autolib?.

Deuxièmement, sur l?impact environnemental, je voudrais répondre à Danielle SIMONNET mais aussi à Denis BAUPIN.

Premièrement, concernant l?étude d?impact environnemental, j?ai, à plusieurs reprises, dit ici même que cette étude d?impact ne peut avoir lieu que dès lors que le service commence. On n?est pas obligé d?attendre que le service soit totalement déployé mais, enfin, si on veut connaître l?impact environnemental du service Autolib? a, il faut bien quand même que le service Autolib? commence à fonctionner !

Donc, moi, je suis complètement d?accord pour que l?on puisse étudier tout ce que vous voulez, mais à condition que l?étude, telle qu?elle est demandée, ait un sens.

Deuxièmement, je voudrais répondre à Mme SIMONNET qui dit que la priorité des priorités pour les politiques locales, nationales, voire internationales, c?est de faire baisser l?effet de serre.

La cause de l?effet de serre, c?est bien évidemment l?émanation de CO2.

Après, que l?on soit d?accord avec le véhicule électrique ou pas, on peut tous reconnaître au moins cela, et ce n?est pas moi qui le dis, c?est l?ensemble des experts et des scientifiques, que le véhicule électrique ne produit aucune émanation de CO2.

L?autre argument qui est souvent donné, et pour la première fois j?entends Mme SIMONNET le reprendre, donc je vais lui répondre - ce qui est amusant, c?est que Denis BAUPIN ne l?a pas mis en avant, mais je sais que d?autres élus ?Europe Ecologie - Les Verts? le font -, c?est l?électricité et notamment la partie nucléaire de l?électricité, puisque ce serait nucléaire ou charbon.

Là-dessus, je voudrais quand même les rassurer puisque nous avons prévu 3.000 voitures à terme du déploiement du système. Quelquefois, on me dit : ?C?est beaucoup trop? ; quelquefois, on me dit : ?Ce n?est pas assez.? En tout cas, ce n?est pas cela qui va faire que l?on va créer une nouvelle centrale nucléaire ; je voulais quand même rassurer tout le monde ici.

Mais, surtout, je voudrais dire que nous travaillons à une possibilité de recharger les batteries des Autolib? avec du photovoltaïque, ce qui, pour le coup, supprime l?argument du nucléaire. C?est possible, cela existe, je l?ai vu. J?invite celles et ceux qui veulent vérifier à aller le voir, une démonstration est réalisée chez le groupe Bolloré à Vaucresson. C?est vrai que la taille de ces abris recouverts de panneaux solaires est importante. Pour nos trottoirs parisiens, ce n?est pas forcément l?idéal, mais on est en train de travailler sur des abris qui seraient beaucoup plus petits. Je suis certaine que, dans les mois, voire les années qui arrivent, on trouvera les moyens de développer les panneaux solaires, le photovoltaïque. Je suis convaincue que nous pouvons trouver un accord ensemble là-dessus.

Enfin, sur la question du financement, là aussi, je souhaite être très claire. Que ce soit pour les stations en parking ou pour les stations en voirie, l?investissement des collectivités locales est le même : 50.000 euros par station.

A Paris, je le répète, puisque nous avons 700 stations, l?investissement de la Ville de Paris est de 35 millions d?euros. C?est moins cher qu?une gare, en tout cas.

Là aussi, quand on parle de financement, j?entends des propos, notamment ceux de Denis BAUPIN, qui parlent de gaspillage du financement public, etc. Je ne veux pas être méchante mais on pourrait faire des comparaisons ; je suis prête à faire toutes les comparaisons possibles. Pour la Ville de Paris, c?est 35 millions d?euros.

Le reste, c?est 4 millions de la Région Ile-de-France en subvention, ce qui nous permet justement de faire de la péréquation en fonction des communes pour pouvoir leur installer des stations supplémentaires, si elles n?ont pas les moyens de le faire, et l?investissement des communes peut être récupéré chaque année par les redevances d?occupation du domaine public.

Donc, arrêtons de systématiquement dire qu?il y aura forcément un déficit énorme, que, de toute façon, ce système, ce service Autolib? forcément ne fonctionnera pas. Je pense qu?il faut être un tout petit peu plus optimiste, tout en étant modestes. Nous savons que ce service est totalement innovant et donc, au jour le jour, nous le suivons d?extrêmement près.

Je conclus, Monsieur le Maire.

Le déploiement va se faire très rapidement puisque 50 Autolib? 100 % électriques, je le rappelle, pour Mme SIMONNET qui n?a toujours pas compris, 50 voitures par semaine qui sortent de l?usine, donc nous arriverons bien à 3.000 voitures en mai 2012 et à 1.200 stations en mai 2012 sur le c?ur de la métropole.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 211.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DVD 211).