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Decembre 2011
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Conseil Général
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23 - 2011, DDEEES 140 G - DPE 101 G - Subvention (264.750 euros) et convention avec l'association Coup de Main (93300) pour la création d'une ressourcerie-recyclerie expérimentale dans le 20e arrondissement. Vœu déposé par les groupes Communiste et élus du Parti de Gauche et E.E.L.V.A. relatif à la mise en œuvre du volet expérimental de la ressourcerie (20e).

Débat/ Conseil général/ Décembre 2011

23 - 2011, DDEEES 140 G - DPE 101 G - Subvention (264.750 euros) et convention avec l'association Coup de Main (93300) pour la création d'une ressourcerie-recyclerie expérimentale dans le 20e arrondissement. V?u déposé par les groupes Communiste et élus du Parti de Gauche et E.E.L.V.A. relatif à la mise en ?uvre du volet expérimental de la ressourcerie (20e).

 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DDEEES 140 G - DPE 101 G sur lequel les deux groupes Communiste et élus du Parti de Gauche d'un côté et E.E.L.V.A. de l?autre, ont déposé la proposition de v?u n° 12 G.

Il s'agit de la ressourcerie du 20e arrondissement.

Je donne d'abord la parole à Mme Katia LOPEZ, pour 5 minutes.

Mme Katia LOPEZ. - Merci, Monsieur le Président.

Quatre nouvelles ressourceries sont en projet à Paris pour 2012 et je me réjouis d'apprendre qu'il y aura bientôt une ressourcerie-recyclerie expérimentale dans le 20e arrondissement.

Ce sera un lieu où seront déposés, valorisés, recyclés, puis vendus les objets déposés par les particuliers qui le souhaitent. Je suis aussi très satisfaite d'apprendre qu'un accompagnement de qualité sera assuré par l'association "Coup de main", membre du réseau Emmaüs. Cette association est présente et active depuis 95, notamment à Paris, Montreuil et Saint-Ouen. Elle gère déjà deux chantiers d'insertion employant 30 personnes.

Cet accompagnement adapté aux personnes fragiles et en difficulté est essentiel pour réussir leur accès à l'emploi. Car une ressourcerie, c'est du recyclage d'objets et de l'originalité, mais cela peut être aussi une très belle passerelle d'insertion.

Dans ce cas, jusqu'en 2012, la ressourcerie se propose de fonctionner d'abord grâce à 10 emplois, dont 7 en contrat unique d'insertion. 30 postes devraient ensuite être créés en 2012, 15 en contrat aidé et 15 en contrat d'insertion. Je m'en réjouis.

Mais je me pose aussi certaines questions.

Ma première : comment et combien de ces contrats d'insertion sont-ils tournés vers les biffins, vendeurs à la sauvette d'objets récupérés dans tout Paris ?

Lors des comptes rendus municipaux dans nos arrondissements, les ressourceries sont souvent présentées comme des lieux où il serait pertinent d'employer les biffins. Ne l'oublions pas : ces vendeurs à la sauvette ont beaucoup d?expérience dans la collecte et dans la vente, certes peut-être moins dans le recyclage.

Ma deuxième préoccupation, c'est cette expérimentation, qui porterait sur l'activité de vente dite régulée, et je cite ici le projet de délibération : "avec une rémunération des vendeurs".

Quelle sera cette rémunération ? Un prix d'achat ? Un temps de travail ?

Enfin, ma troisième préoccupation est de trouver, non pas une seule, mais bien plusieurs solutions pérennes aux difficultés économiques de ces populations et à la biffe qui en découle.

Cette prochaine ressourcerie est une solution qui permet de satisfaire la population riveraine et la population en mal d'emploi. Mais ce n'est qu'une solution parmi tant d'autres : elle n'est que partielle. Il me paraît important de le garder en mémoire et surtout, de mettre en place d'autres propositions pour encadrer la biffe.

Une autre solution a été évoquée au dernier Conseil, concernant les marchés aux puces : réserver un certain quota de places de marché à ces vendeurs, par exemple.

Ces solutions n'existent pas seules, elles se complètent.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame LOPEZ.

Je donne la parole à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, comme Katia LOPEZ le rappelait précédemment, on avance.

Nous avons, lors du précédent Conseil de Paris, fait avancer concrètement la situation des biffins en intégrant un espace de 50 places au marché aux puces de la porte de Vanves.

Nous avons également travaillé et réfléchi sur l'opportunité d'étudier, lors du renouvellement de D.S.P. de marché aux puces la mise en place d'espaces régulés dédiés aux biffins.

Nous avons aussi travaillé sur la suggestion de mettre en place des places de biffins sur les vide-greniers.

Et avec ce projet de délibération, nous allons enfin permettre l'expérimentation d'un nouveau projet, celui de la ressourcerie, sur laquelle notre Conseil a par ailleurs antérieurement délibéré.

Il est enfin temps de sortir de l'impasse de la répression sur les marchés des biffins, ou nommés par certains marchés de la misère, ou marchés sauvages.

Je ne reviendrai pas sur l'intérêt écologique et social de la biffe, de la récup?, du recyclage des objets, car nous avons déjà largement débattu de ces questions-là.

Mais comme l'a déclaré Mme Olga TROSTIANSKY dans un article de journal samedi dernier, il est vrai qu'on avance au pas alors qu?il faudrait aller plus vite.

Alors, la question que je souhaiterais vous poser, c?est que ce projet de ressourcerie, bien sûr, nous le soutenons, mais au-delà de l'intérêt du projet qui va permettre la création de 15 emplois d'insertion et de 15 emplois C.D.D.I., cette ressourcerie va-t-elle réellement contribuer à désengorger la situation des marchés dits sauvages de Belleville, de la porte de Bagnolet, de la porte de Montreuil, ainsi que l'afflux que le carré des biffins de la porte de Montmartre n'arrive manifestement pas à satisfaire ?

Concrètement, la question qu'on doit se poser, et ce à quoi nous devons collectivement travailler, c?est : ce projet, comment peut-il contribuer à réduire les désengagements engendrés pour les riverains et commerçants sur ces différents endroits ? Et comment permettre réellement aux biffins de survivre mieux, de cesser d'être traqués par les policiers et de voir leur maigre butin confisqué et détruit lors de ces interventions répétées ?

Alors si la perspective de création de ces 30 contrats ne saurait impacter la situation à la hauteur des enjeux posés, bien sûr nous les soutenons. Mais ce qui est intéressant dans cette délibération, c?est que le projet prévoit également qu'une "expérimentation sera également mise en ?uvre dans le cadre d'une activité de vente régulée avec rémunération des vendeurs".

Bien sûr, je rejoins les interrogations de Mme Katia LOPEZ, et à travers le v?u que nous présentons conjointement, le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche et le groupe E.E.L.V.A., nous souhaitons exprimer des exigences qui sont d'autant plus légitimes quand on lit les sommes quand même assez conséquentes allouées à ce projet, et l'importance du sujet.

Donc on demande tout d'abord qu'il y ait un comité de suivi de l'expérimentation de l'activité de vente régulée qui prévoit la rémunération des vendeurs, que ce comité de suivi soit vraiment constitué, qu'il associe l'ensemble des acteurs locaux intéressés : conseillers de quartier, associations de riverains, mais aussi les associations de biffins et les citoyens engagés à leurs côtés, mais évidemment, également, les collectivités locales concernées, dont les communes limitrophes.

Vous savez, les biffins sont des citoyens comme vous et moi, et ils se sont organisés, structurés en association, en collectif, et il faut absolument que leur parole et leur implication dans ces projets soient recherchée.

Je vous rappelle par ailleurs que la délibération de préfiguration de cette ressourcerie que nous avons adoptée en juillet 2011 prévoyait la mise en place d'un comité de pilotage. Mais ce comité de pilotage ne s'est toujours pas tenu à ma connaissance, et il serait temps qu'il le soit et que les premiers intéressés, les biffins, puissent y être associés.

Alors, il y a ne serait-ce qu'une semaine, enfin, "Emmaüs coup de main" a fait une première rencontre avec des représentants du comité de soutien aux biffins. Je remarque, même si elle est tardive, une volonté de réfléchir et de travailler en commun, mais c'est vrai que ce v?u permettra dans un premier temps de bien marquer que notre volonté est conjointe là-dessus.

Mais nous demandons aussi qu'un objectif fixé correspondant à l'activité de 100 places de marché soit recherché afin de contribuer significativement à désengorger les marchés informels de Belleville, porte de Montreuil et Bagnolet, comme le souhaitent riverains et biffins.

Quand on dit : "un objectif correspondant à l'équivalent de l'activité de 100 places", cela laisse ouvert plein de possibilités. Cela veut dire, soit dans le cadre de l'achat des objets que les biffins ramèneraient, on soit dans un modèle économique qui permet l'activité équivalant à 100 places biffins. Cela ne veut pas forcément dire uniquement la perspective d'un carré des biffins accolé à la ressourcerie. Il y a plein de possibilités diverses : nous pouvons y travailler et y réfléchir.

M. Christian SAUTTER, président. - Il faut conclure, Madame.

Mme Danielle SIMONNET. - Mais que dans ce comité de pilotage, on se donne, vu l'argent que nous y mettons, et vu que dans les discours, partout nous disons bien et nous valorisons la ressourcerie comme un moyen de répondre au problème des marchés dits de la misère ou dit des biffins, qu'on se donne un objectif qui concrètement va agir dessus.

Voilà l'esprit de ce v?u.

Il est temps que les lignes bougent aussi dans l?Est de Paris sur ce sujet, dans la petite couronne, parce que tout le temps perdu est du temps de répression subi pour les biffins et du temps de désagréments subis par les riverains. Il faut absolument, enfin, qu'on s'en sorte. Je vous remercie.

Nous voterons donc pour ce projet de délibération, mais on souhaite le soutien de ce v?u concret.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame SIMONNET.

Je donne la parole à Mme Frédérique CALANDRA, pour cinq minutes au maximum.

Mme Frédérique CALANDRA. - Merci, Monsieur le Président.

Mme SIMONNET a raison de citer la presse, qui est effectivement une source toujours très fiable d'analyse et d'information, comme le dit fréquemment M. MÉLENCHON.

C'est vrai que, si vous voulez, sur ces sujets, on a raison de citer la presse, qui dit tout et à peu près son contraire.

Sur la question des biffins, Mme SIMONNET a raison : la question du carré aux biffins de Montmartre et de la porte de Vanves ne résoudra pas la question.

D?ailleurs, si on en crée un dans le 20e, cela ne résoudra pas la question. Si on en crée un dans le 19e arrondissement en plus, cela ne la résoudra pas non plus. Si on en crée un dans chaque arrondissement de Paris, cela ne la résoudra toujours pas. Pour la simple et bonne raison qu'il y a un énorme appel d'air aujourd'hui vis-à-vis de toute une population en grande détresse, en grande précarité et en grande pauvreté, que la question n'est évidemment pas, et je ne l'ai jamais dit, et personne ne l?a dit ici, sauf peut-être à droite, de ne se préoccuper que de répression.

La question est : qu'est-ce que c'est exactement que fournir un avenir à des personnes en leur disant que leurs seules perspectives, c'est de récupérer des choses dans les poubelles, de vendre sur des marchés sans que cela crée un salaire suffisant, sans que cela permette d'avoir accès au logement et sans que cela permette d'avoir accès à des minimum sociaux ?

Pardonnez-moi, je vais dire des choses claires. Dans ce même article, puisque Mme SIMONNET le cite, il y a un biffin, un vrai biffin, pas les personnes dont elle parle à Belleville et à la porte de Montreuil - ce ne sont pas des biffins, je l'ai dit un million de fois et je le redis -, cette personne dit : en réalité, les chiffonniers, les gens qui viennent vendre la nuit à la porte de Montmartre nous font de la concurrence déloyale.

Quel est le problème ? C'est qu'il y avait des biffins, il y en a toujours eu une petite centaine à la porte de Montreuil, entre cinquante et cent, et entre cinquante et cent à Belleville, il y avait des gens qui complétaient des ressources, soit des petites retraites, soit des minima sociaux, par le revenu de la vente de ce qu'ils trouvaient, soit en chinant, soit en faisant effectivement du recyclage.

Ces personnes ont fui depuis bien longtemps les trottoirs de Belleville et de la porte de Montreuil, parce qu'aujourd'hui il existe un marché sauvage qui n'a rien à voir avec les biffins. Mme SIMONNET dit qu'ils se sont organisés, mais c'est faux, parce que le comité des biffins d'Ile-de-France est une structure totalement artificielle, composée par des politiques et des associatifs qui ne sont pas des biffins eux-mêmes.

La preuve en est que la personne citée dans l'article du "Parisien" est le seul biffin qu'il trouve jamais à interviewer, qui est un monsieur d'origine tunisienne, que je connais par c?ur, et qui est biffin dans le 18e arrondissement à la porte de Montmartre depuis des années et qui n'est pas du 20e arrondissement.

Pour la simple et bonne raison que les biffins de l'Est parisien ne sont pas des biffins, ce sont soit des personnes d'origine roumaine ou de l'Est de l'Europe, soit des gens du grand Sud saharien, soit des Chinois sans papiers, qui sont chassés par la misère et par des politiques ultra répressives dans leurs pays d'origine, et qui se retrouvent sur nos trottoirs avec comme seule solution de vendre ce qu'ils trouvent dans les poubelles.

Le problème, c'est que la vente ne leur procure pas, en aucun cas, un revenu suffisant pour s'insérer dans la société française, c'est-à-dire accéder à un logement, avoir un véritable statut, relever de la sécurité sociale, etc. Je ne comprends pas qu'on puisse trouver qu'il soit un avenir décent, notamment aux partis de gauche et chez "Europe Ecologie - Les Verts", de confiner des gens dans un lumpen-lumpen-lumpenprolétariat à vie?

Je vous le dis, ce ne sont pas des solutions d'avenir.

Mme SIMONNET fait semblant d'ignorer qu'un emploi d'insertion est un emploi qui est destiné à mettre quelqu'un à l'employabilité, c'est-à-dire de le faire rentrer dans un circuit qui va ensuite lui permettre de trouver un autre emploi. Evidemment, trente emplois d'insertion, ce n'est pas trente emplois définitifs ; c'est une passerelle pour aller vers d'autres emplois.

M. Christian SAUTTER, président. - Il va falloir conclure, Madame CALANDRA.

Mme Frédérique CALANDRA. - Oui, Monsieur le Président, je vais conclure.

Deuxièmement, au nom de quoi, les habitants de l'Est parisien devraient assumer à eux tous seuls un problème de précarité qui touche toute l'Ile-de-France ?

Troisièmement, Mme SIMONNET qui est souvent si prompte à évoquer les responsabilités de l'Etat et du Gouvernement SARKOZY en l'occurrence les néglige et les oublie totalement. Pourquoi devrait-ce être de la seule responsabilité du Département de Paris, un problème qui relève de la responsabilité de l'Etat, à savoir de la grande précarité ? De la grande précarité !

Où est le Préfet CANEPA que je n'ai pas vu une seule fois sur ce dossier depuis le début de cette affaire ? Si, il vient dans le 20e arrondissement quand il faut inaugurer des dispositifs tranquilles, qui fonctionnent, dans lesquels d?ailleurs le Département de Paris a mis beaucoup d'argent, et il oublie en général de m'inviter dans ce cas-là. Je n'ai pas vu une seule fois le Préfet CANEPA. Il n'est même pas venu participer à la table ronde que nous avons organisée avec les communes limitrophes de Paris.

Et, Madame SIMONNET, est-ce que vous pouvez cesser de considérer que les seuls contribuables parisiens, les seuls habitants parisiens, qui sont les habitants les plus solidaires de France, ne serait-ce qu'au regard de ce qu'on appelle les aides facultatives du Département de Paris, pouvez-vous cesser de considérer qu'ils sont sans cesse coupables de défaut de solidarité ! Ils le sont beaucoup plus que ceux de tout le reste de l'Ile-de-France !

Maintenant je demande à ce qu'une juste répartition des efforts soit faite et je demande la création de carrés aux biffins dans le 16e arrondissement, dans le 7e arrondissement, dans le 8e arrondissement, dans le 5e arrondissement et que l'on cesse de renvoyer sans cesse aux populations les plus défavorisées de Paris la responsabilité de la construction des logements sociaux, la responsabilité de la solidarité avec les plus pauvres?

M. Christian SAUTTER, président. - Il faut conclure, Madame CALANDRA.

Mme Frédérique CALANDRA. - De la responsabilité de l'aide sociale aux plus pauvres, de la construction des centres d'hébergement d'urgence !

Vous jouez le même jeu que la Droite parisienne. La vérité, c'est cela !

M. Christian SAUTTER, président. - Bien.

La dernière intervenante est Mme Fabienne GIBOUDEAUX à laquelle je donne la parole.

Monsieur GAREL, si vous voulez bien écouter Mme GIBOUDEAUX, ce serait bien.

Mais vous pouvez sortir dans le couloir et vous battre !

Mme Fabienne GIBOUDEAUX. - Merci, Monsieur le Président, mes chers collègues.

Ce projet de délibération qu'il nous est demandé d'examiner est, vous le savez, très attendu et sa mise en ?uvre sera attentivement suivie.

En effet, ce projet de recyclerie et ressourcerie sur la porte de Montreuil contient un dispositif expérimental censé constituer un élément de réponse à l'épineuse question des marchés informels et des désagréments qu'ils occasionnent, particulièrement dans le 20e arrondissement, à Belleville, à la porte de Montreuil et à la porte de Bagnolet.

Après la mise en ?uvre du carré des biffins dans le 18e arrondissement, l'ouverture prochaine de l'espace biffin au sein des puces de la porte de Vanves, c'est donc la troisième initiative du Département de Paris pour tenter de réguler un phénomène socio-économique que la crise ne fait que renforcer, comme en témoigne l'article du "Parisien" du samedi 10 décembre consacré à la tenue de marchés informels nocturnes.

Vous le savez, voici des mois que, face à ce phénomène, nous exhortons la collectivité à mettre en ?uvre des solutions alternatives à la répression policière des vendeurs et de leurs clients.

Nous ne pouvons donc qu'approuver le lancement de ce dispositif expérimental, fut-il un élément partiel de réponse au problème consistant à rémunérer les biffins en leur achetant les objets récupérés qu'ils apporteront ou en les intéressant à leur vente en boutique.

Bien des questions restent posées sur le modèle économique et juridique de ce dispositif qui reste très largement à construire. C'est pourquoi nous avons souhaité dans un v?u qu'un comité de suivi et d'évaluation soit créé, afin d'accompagner cette expérimentation et s'assurer qu'elle répond aux besoins des principaux intéressés biffins et riverains.

Nous serons donc, nous aussi, vigilants sur la mise en ?uvre de ces dispositifs, en souhaitant qu'ils permettent à un nombre significatif de biffins d'y trouver une alternative à la vente à la sauvette.

Reste qu'il est évident que ce dispositif ne suffira pas à résoudre les difficultés rencontrées dans le 20e arrondissement et qu'avec les communes limitrophes il conviendra d'organiser, en concertation avec les riverains, des petits marchés de la récupération dans le 20e arrondissement et ailleurs.

La carence de l'Etat, son désengagement social ne devraient plus, formulons-en le v?u, constituer un obstacle dans les mois qui viennent. Nous pourrons alors reprendre à l'échelle métropolitaine, avec le soutien de l'Etat, une question qui malheureusement ne se résoudra pas sans la solidarité des uns et des autres.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame GIBOUDEAUX.

Je donne maintenant, après ces quatre interventions, la parole à Mme Olga TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Président, l'ensemble des oratrices ont souligné, à juste raison, que les marchés à la sauvette figurent parmi les préoccupations de notre collectivité depuis plusieurs années.

Monsieur le Président, le phénomène, comme en convient l'ensemble des oratrices, est complexe et demande de multiplier les expérimentations en fonction des lieux, des vendeurs et, ne les oublions pas, des acheteurs. Pas question non plus d'oublier les riverains qui, nous en sommes tous d'accord, ont droit à un environnement aussi propre que dans d'autres quartiers.

Après le carré aux biffins de la porte Montmartre et la possibilité d'accorder des places aux biffins à la porte de Vanves, une troisième expérimentation vous est proposée à ce jour. Confiée à l'association "Coup de main", elle a pour but de créer, par la valorisation des déchets, des activités qui soient sources de revenus et d'insertion pour les populations identifiées sur l'arrondissement.

Ce projet, que nous avons travaillé avec mes collègues Mme Seybah DAGOMA et M. François DAGNAUD, présente le double avantage de créer un service de proximité pour les habitants du quartier, favorisant la propreté, l'hygiène, le réemploi, et de créer de l'activité pour une population dans la plus grande précarité, qui possède un savoir-faire pour travailler dans la branche du recyclage des déchets.

Alors, certes, Monsieur le Président, l'objectif de 30 retours à l'emploi peut sembler dérisoire par rapport aux dizaines de vendeurs présents sur les marchés à la sauvette, mais ce dispositif est lourd à mettre en place, il a demandé de longs mois de travail et se fixer immédiatement un objectif beaucoup plus élevé ne serait pas raisonnable.

Peut-être, avant de conclure, je voulais profiter de cette intervention pour saluer le travail du "Coup de main" qui, en dehors de ce projet, intervient sur d'autres opérations délicates comme l'accompagnement des familles Roms notamment.

Evidemment, on va faire le point en 2012, mais, en revanche, on ne peut pas s'engager au niveau du Département sur un objectif de 100 places de marché, donc ce que je propose au groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, c?est de retirer son v?u. Sinon, je proposerai un vote contre et je souhaiterais, évidemment, qu'on puisse voter ce projet de délibération à l'unanimité.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci d'avoir donné la décision de l'Exécutif.

M. Ian BROSSAT a la parole pour une explication de vote.

M. Ian BROSSAT. - Je voudrais d'abord revenir sur les propos qu'on a entendus tout à l'heure de la part de Mme CALANDRA qui, je vous le dis très franchement, ont profondément choqué les élus de notre groupe. Je crois que Mme CALANDRA a manifestement un problème avec les élus du Front de gauche, on ne traite pas de cette manière-là, lorsqu?on est maire d'arrondissement, les élus de notre groupe.

Vous savez que j'ai compté, dans votre intervention, vous avez cité huit fois Mme SIMONNET. Vous devez avoir un problème avec Mme SIMONNET, parce que vous l'avez citée, je le répète, huit fois.

Puis, vous vous êtes permis également de citer notre candidat à l'élection présidentielle, Jean-Luc MÉLENCHON. Je comprends, cela dit, que vous préfériez parler de notre candidat que du candidat que vous défendiez il y a encore quelques mois, il est vrai qu'il ne l'est plus et on sait pourquoi, mais je crois qu?en tout état de cause, on n'a pas vocation ici à agresser les candidats que l'on soutient à l'élection présidentielle ! Ce n'est pas de cette manière-là qu'on se respecte et qu'on fait fonctionner une majorité !

Pour le reste, sur le fond?

M. Christian SAUTTER, président. - C?est une explication de vote, Monsieur le Président !

M. Ian BROSSAT. - Permettez-moi de continuer !

Sur le fond?

M. Christian SAUTTER, président. - Un peu de calme !

M. BROSSAT a encore une minute pour terminer son explication de vote.

M. Ian BROSSAT. - Sur le fond, vous nous accusez, nous, de faire le jeu de la droite ; je trouve que c'est assez paradoxal. Vous savez, nous, quand on fait des interventions, et qu'on cite tel ou tel intervenant qui parle dans la presse, on ne cite pas sa nationalité, vous avez parlé d'un monsieur tunisien, nous ne disons jamais : "tel ou tel monsieur est d'origine tunisienne", c'est hors sujet, et la réalité, c?est que nous, notre souhait sur ce sujet, c'est que des solutions soient trouvées. Nous y avons contribué dans le 18e arrondissement avec mon ami Gérald BRIANT qui est adjoint au Maire chargé des affaires sociales, nous le faisons dans le 14e arrondissement, parce que dans le 14e arrondissement, on a un maire d'arrondissement intelligent qui a compris comment est-ce qu?on peut travailler sur ce sujet, mais en tout état de cause, on ne parle pas de la manière dont vous avez parlé des élus de notre groupe et je ne vous conseille pas de poursuivre sur cette voie-là !

M. Christian SAUTTER, président. - Madame CALANDRA, vous avez été mise en cause ; une minute.

Mme Frédérique CALANDRA. - Ecoutez, pardonnez-moi, mais, Monsieur BROSSAT, votre intervention est tout à fait misérable, je vous le dis? et surtout, elle reprend de bonnes vieilles méthodes.

Alors, bien entendu, on ne cite jamais les origines des personnes ; c'était uniquement pour situer ce monsieur et pour que l'on sache de qui on parle.

Arrêtez ! C?est misérable !

Quant à M. MÉLENCHON, je ne l?ai cité que pour une raison, c?est qu?il cogne à bras raccourcis en permanence sur la presse, donc je trouvais assez cocasse que Mme SIMONNET cite la presse comme référence, en l'occurrence, parce qu?on ne peut pas toujours faire deux poids deux mesures.

Maintenant, je vais vous expliquer une chose, Monsieur BROSSAT.

Il s'est passé une chose très simple dans le 20e arrondissement : la population, les habitants se sont exprimés ; ils se sont exprimés dans une réunion où il y avait plus de 500 personnes, ils se sont exprimés sur la question, notamment, du carré des biffins, et le problème, à un moment donné, c'est une question de démocratie !

Alors, je ne sais pas si le maire du 14e est plus intelligent que moi, probablement, j'en conviens même volontiers. Je pense que le maire du 14e n'a pas le même problème que moi et, surtout, je sais que le carré des biffins du 14e n'a pas du tout la même structure, puisqu'il va impliquer des biffins existants qui ont un vrai statut de biffin et, surtout, qui seront des gens habitant le 14e arrondissement.

Si vous demandez dans le 20e arrondissement à constituer un carré des biffins avec des gens qui doivent faire la preuve qu'ils habitent le 20e, vous n'aurez personne, parce que ce n'est le cas de pratiquement aucune des personnes qui se situent sur le boulevard de Belleville ou la porte de Montreuil.

M. Christian SAUTTER, président. - Madame CALANDRA, il faut conclure.

Mme Frédérique CALANDRA. - Le problème, c'est que vous méconnaissez complètement ce phénomène, vous en faites un phénomène théorique, rhétorique et symbolique. Il y a une réalité concrète de la vie des gens et, à un moment donné, on s'adresse à des vraies personnes, on ne s'adresse pas seulement à des tribunes, à des tribunaux et à des journaux, on s'adresse à des habitants !

M. Christian SAUTTER, président. - Madame CALANDRA, il faut passer au vote.

Mme Frédérique CALANDRA. - Pardonnez-moi, Monsieur le Président, j'en finis là.

M. Christian SAUTTER, président. - Je vous pardonne tout ce que vous voulez sauf?

Mme Frédérique CALANDRA. - Les habitants du 20e ont massivement demandé à ce que nous trouvions d'autres solutions.

Nous avons proposé des solutions alternatives dans le 20e arrondissement et, une fois de plus, pour la cinquième fois depuis le début de cette mandature, vous avez été défait politiquement et vous y revenez une fois de plus !

Vous me fatiguez et vous fatiguez les habitants du 20e !

Voilà où je voulais en venir !

M. Christian SAUTTER, président. - Je vais maintenant donner la parole pour une explication de vote à Sylvain GAREL.

Je veux simplement vous dire, chers collègues, que nous étions supposés aborder en formation de Conseil municipal un débat sur les voies sur berges à 17 heures et que, pour l'instant, nous sommes en train de prendre un retard sérieux?

Mais je vous regarde, comme je regarde l'ensemble des bancs.

Monsieur GAREL, vous pourriez peut-être me dire si ceux qui ont déposé le v?u n° 12 G le retirent ou pas. Sinon, je propose que l'on passe au vote.

M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Président, je vais revenir sur le fond de la question.

J'ai écouté tout à l'heure Mme CALANDRA et là je viens de l'entendre de nouveau. Il y a des choses quand même qui m?inquiètent dans son discours. Elle parle des "gens", mais les biffins, ce ne sont pas des gens ? Ils n'existent pas ? C?est des gens qui sont transparents ? Vous dites aussi qu'ils n'habitent pas le 20e arrondissement, c?est peut-être vrai. Et alors ? Ils n'ont pas le droit de vivre ? Ils n?ont pas le droit d?essayer de survivre ? On n'a pas le droit de les aider parce qu'ils n'habitent pas le 20e arrondissement ? Qu?est-ce que c?est que ces considérations ?

Je ne vous parle pas du maire du 14e, c?est vous qui vous êtes exprimée, et d'après vous, il y a deux sortes de gens : il y a les gens du 20e et puis, il y a d'autres gens qui sont des gens méchants.

Peut-être parce qu'ils n?ont pas le droit de vote ? Parce que, peut-être, qu?ils ne peuvent pas voter pour vous aux élections ?

C'est ça, le problème ? Dans ce cas-là, dites-le !

M. Christian SAUTTER, président. - Non ! Non ! Attendez !

M. Sylvain GAREL. - L'autre chose que je voudrais vous dire, c'est qu'il y en a assez de ce discours qui dit : "Ce n'est pas une solution, ce n?est pas une solution, ce n?est pas une solution".

Mais, vous n'en proposez pas, de solution ! Une ressourcerie, cela va aller pour 30 ou 40 personnes, on est pour, on l?a dit, mais cela ne va pas résoudre le problème des biffins.

M. Christian SAUTTER, président. - Monsieur GAREL, vous avez épuisé votre minute.

M. Sylvain GAREL. - Dans le 18e, on s?est affronté à ce problème-là. On n'a pas trouvé une solution miracle mais on a arrangé grandement les choses.

Aujourd'hui, les gens qui protestaient, comme ils protestaient dans le 20e, ne protestent plus dans le 18e. On a trouvé un moyen de réguler les choses.

Pourquoi vous n'essayez pas dans le 20e ? Pourquoi ce qui a été possible dans le 18e, ne serait pas possible dans le 20e ?

M. Christian SAUTTER, président. - Bien. Merci, Monsieur GAREL.

Une explication de vote de M. DUCLOUX. Je lui donne la parole.

M. Philippe DUCLOUX. - Monsieur le Président, quelques mots.

Je pense que le débat que l?on a eu au sein de ce Conseil, on s'est un petit peu emporté, compte tenu du sujet, mais quand on parle du 20e arrondissement, il y a le 11e, il y a le 18e, le 19e, et je pense que l'objectif commun est de faire en sorte que les arrondissements puissent travailler avec la Mairie centrale et avec l?Exécutif. C?est vrai que le projet qui nous est proposé va dans ce sens.

Donc, moi, je souhaite que, lorsque l?on a ce débat au sein de notre Conseil de Paris, on évite de s'emporter sur des sujets aussi graves parce que ce qui compte, c?est l?intérêt général et l'intérêt des gens qui vivent au sein de ces quartiers. Donc, l'objectif commun est de trouver des solutions et je souhaite, à travers mon propos, faire en sorte que l'on calme les esprits pour trouver les meilleures solutions dans l'intérêt des habitants des quartiers de l?Est parisien.

C?est ce que je souhaitais dire comme explication de vote.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur DUCLOUX.

Chers collègues, nous passons au vote, après ce climat un tantinet nerveux.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u n° 12 G, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ce v?u ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet DDEEES 140 G DPE 101 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2011, DDEEES 140 G - DPE 101 G).