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Decembre 2011
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Conseil Général
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21 - 2011, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif au financement par l'Etat de la résidence sociale, 16, rue de Beauce (3e).

Débat/ Conseil général/ Décembre 2011

21 - 2011, V?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif au financement par l'Etat de la résidence sociale, 16, rue de Beauce (3e).

 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à présent à l'examen de v?ux qui ne se rapportent à aucun projet de délibération. Le v?u n° 10 G du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif au financement par l'État de la résidence sociale 16 rue de Beauce, dans le 3e arrondissement.

M. Gauthier CARON-THIBAULT interroge Mme TROSTIANSKY. Je lui donne la parole.

M. Gauthier CARON-THIBAULT. - Monsieur le Président, mes chers collègues, c'est effectivement l'histoire d'un immeuble municipal que la mairie du 3e arrondissement a voulu voir transformer en résidence sociale.

C?est l'histoire d'un projet social - qui a reçu le soutien d'Olga TROSTIANSKY - d'accueillir une dizaine de femmes enceintes ou avec leurs enfants pour leur éviter la rue, pour leur éviter les hôtels meublés.

C'est également l'histoire d'un rez-de-chaussée innovant ouvert sur la population qui a pour but, avec le soutien de Fatima LALEM, de pouvoir accueillir des ateliers de soutien à la parentalité et des associations féministes pour l'accès au droit des femmes, mais c'est surtout l'histoire de plusieurs réunions qui se sont déroulées en présence de l?État, un représentant de l'État qui n'a jamais manifesté son opposition à la réalisation de ce projet, et qui a émis des doutes sur la capacité de financement de ce projet alors que les travaux doivent commencer d'ici une quinzaine de jours pour se finir courant 2013.

Donc c'est surtout l'histoire de gros doutes qui règnent sur l'avenir de cette résidence sociale et plus loin que cela sur l'avenir des résidences sociales qui doivent ouvrir à Paris puisque l'État, lors d'une réunion, nous a annoncé de manière sibylline ses doutes également sur la possibilité de financer des résidences sociales qui allaient ouvrir, puisque l'État avait décidé cette année de financer uniquement les places déjà existantes.

Je pense que c'est l'occasion pour le Conseil de Paris de manifester un doute, une incompréhension sur ce qu'est exactement la politique du logement d'abord que mène Benoît APPARU quand on voit comment il traite le financement de l'hébergement à Paris.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur CARON-THIBAULT.

Donc, quel est l'avis de l'Exécutif, Madame TROSTIANSKY ?

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente. - Monsieur le Président, je voulais remercier M. CARON-THIBAULT de relayer au Conseil de Paris les atermoiements et contradictions de l'État à propos de sa politique du logement d'abord qui manque vraiment et décidément de lisibilité.

Comme M. CARON-THIBAULT je suis très attachée au projet de la rue de Beauce, qui constitue une alternative à l'hébergement à l'hôtel et permet de continuer la prise en charge des femmes au moment de l'arrivée d'un enfant.

Je tiens par ailleurs à souligner le travail remarquable du foyer international des travailleuses, qui a enrichi ce projet de son expérience en matière d'accompagnement des femmes victimes de violence.

Monsieur le Président, si le manque de place d?hébergement des femmes à Paris est révoltant, celui dédié aux femmes victimes de violence est inacceptable. Sur cette question, il ne s'agit pas d'un désengagement de l'État, mais d'une véritable inertie, qui oblige souvent des femmes à choisir entre la rue ou la banalisation des violences.

Mme Fatima LALEM et moi-même avons demandé avec insistance à l'État de créer des centres d'hébergement d'urgence pour une mise à l'abri protectrice pour ces femmes. Notre demande est restée lettre morte sans pour autant altérer notre détermination à agir. C'est pourquoi nous travaillons à la réalisation de quatre résidences sociales dédiées à l'accueil de ce public dans le 15e arrondissement en lien avec le centre Suzanne Kepes, dans le 4e arrondissement, dans le 18e arrondissement, et puis ce projet de la rue de Beauce dans le 3e arrondissement.

La participation de l'État dans le fonctionnement de ces établissements est minime. 2 euros par jour et par personne pour la rue de Beauce, mais essentiel à l'équilibre financier du projet.

Monsieur le Président, j'ai souvent exprimé mes craintes devant l'ensemble de cette Assemblée, d'une politique du logement d'abord qui n'a pour seul objectif que de faire des économies sur le dos des plus vulnérables et de faire payer aux collectivités le poids du désengagement de l'État.

Je crois que l?on est là dans un bel exemple, je voulais dire à M. CARON-THIBAULT qu'il peut vraiment compter sur ma pugnacité à faire sortir ces projets sans dévaluer leur pertinence sociale et dans le respect des compétences des uns et des autres. C'est pour cela, Monsieur le Président, que je vous propose, mes chers collègues, de voter favorablement ce v?u.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame TROSTIANSKY.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2011, V. 52 G).