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Decembre 2011
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Conseil Général
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16 - 2011, DASES 623 G - Participation et avenant n° 2 à convention (20.000 euros) avec l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (93218 Saint-Denis La Plaine).

Débat/ Conseil général/ Décembre 2011

16 - 2011, DASES 623 G - Participation et avenant n° 2 à convention (20.000 euros) avec l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (93218 Saint-Denis La Plaine).

 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASES 623 G. Il s'agit de participer et de passer un deuxième amendement à la convention de 20.000 euros avec l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

C'est Mme DUBARRY qui interpelle courtoisement M. LE GUEN. Je lui donne la parole.

Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Monsieur le Président.

Nous allons ainsi pouvoir continuer à parler de la situation des toxicomanies en France. "Des" toxicomanies, car ce pluriel est important.

Il s'agit ici d'une subvention, vous l'avez rappelé, à l'O.F.D.T. (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) dont je vous rappelle qu'il fait partie d'une espèce d'ensemble, qui a été décidé il y a quelques années par le Gouvernement, dans l'approche autour des toxicomanies et dont la M.I.L.D.T. fait aussi partie.

Il n'y a pas de lien organique entre les deux, cependant un rapport a été rendu récemment et il y avait eu des petits mouvements, dans ce petit monde de la toxicomanie, en avril dernier puisque le directeur de l'O.F.D.T. a donné sa démission et qu'il était assez clair que c'était la suite de dissension avec le président de la M.I.L.D.T.

Or, un rapport vient d'être rendu par le Sénat récemment, sur la M.I.L.D.T. justement - cela poursuit le discours de Jean-Marie LE GUEN - sur la façon d'envisager la lutte contre les toxicomanies, ou à l'inverse même, car ce terme est impropre, de réfléchir à comment accompagner les toxicomanes, répondre à leurs besoins sanitaires, à leurs besoins sociaux, qui de fait réponde aux besoins de l'ensemble de la population.

Je ne vous lirai pas bien évidemment ce rapport, simplement je tenais à attirer votre attention sur le fait que la politique de la M.I.L.D.T., qui est celle du Gouvernement à l'heure actuelle, est dans ce rapport vilipendée - et encore, je me trouve même gentille en utilisant ce mot. Elle est montrée du doigt comme allant à l'encontre des intérêts de tous et toutes. Elle est moquée sur une focalisation sur l'application de la loi qui, trop rigide, se révèle néfaste. Les mots sont extrêmement durs.

Justement, elle évoque le fait que les acteurs associatifs, qui font un travail considérable, comme "SAFE" dont on vient de parler et comme d'autres associations "ACT UP", "ASUD" et d'autres, elle pointe du doigt le fait que la M.I.L.D.T. a trop longtemps négligé ces acteurs et n'a pas tenu compte de leurs avis - ce que l'on sait depuis belle lurette. Ce rapport invite à s'inspirer des résultats de l'expertise collective de l'INSERM, qui a été aussi l'un des points de débat, l'un des points de départ du travail que nous avons mené au Département de Paris autour des salles de consommation à moindre risque.

Puis surtout, elle invite la M.I.L.D.T. à ouvrir les yeux sur ce que sont les toxicomanies aujourd'hui, et à ne pas s'en tenir à un cadre extrêmement rigide et strict et, de fait, extrêmement fermé qui empêche de voir l'ensemble des conduites addictives qui ont lieu aujourd'hui en France, et à Paris singulièrement. J'en reviens à l'O.F.D.T., et c'est justement la raison pour laquelle cette enquête Escapade complétée nous permettra, à nous également en tant que collectivité, de compléter nos réponses et d'apporter les réponses au plus près des besoins et des thématiques qui seront évoquées dans les résultats de cette enquête.

Bien évidemment, ce travail que le Département mène avec l'O.F.D.T., et avec l'ensemble des associations qui travaillent sur la question, doit être poursuivi.

Je vais reprendre les propos de Jean-Marie LE GUEN, en étant moins elliptique peut-être ; je crois sincèrement que la séquence électorale de 2012 doit nous permettre aussi de mettre un point d'arrêt à ces politiques qui sont en réalité meurtrières. J'espère que les différents candidats et candidates, à toutes les élections qui vont avoir lieu en 2012, auront à c?ur de prendre ce sujet à bras le corps et de le traiter pour en finir avec cette position rétrograde de la France en la matière.

Je vous en remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY.

M. Jean-Marie LE GUEN vous répond.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Merci à Mme Véronique DUBARRY d'insister sur ce projet de délibération.

C'est effectivement une volonté d'élargir la connaissance des Parisiens, de l'Exécutif et des Conseillers de Paris évidemment, sur la situation sanitaire des Parisiens, faisant en sorte qu'une enquête nationale importante, menée par l'O.F.D.T., Escapade, ait une vision, une optique parisienne grossie, qui permet évidemment de tirer plein de leçons pour mettre en place nos politiques de santé publique.

Parce que, lorsqu'on est renvoyé à des chiffres nationaux, on ne perçoit pas toujours les évolutions. Vous savez qu'en la matière Paris est, j'allais dire malheureusement quelque part, à la tête des évolutions. C'est ainsi que l'Escapade parisienne, en quelque sorte, préalable, a permis de montrer que derrière des chiffres qui seraient stagnants autour de la consommation de haschisch, derrière tout cela, il y avait une croissance très forte de la cocaïne aujourd'hui dans les milieux de la jeunesse parisienne, qui est évidemment un sujet extraordinairement préoccupant, pour lequel nous avons mis en place un certain nombre de politiques - je pense notamment à "Fêtez clairs", mais qui devraient, de notre point de vue, être encore renforcées avec le concours évidemment des moyens nationaux.

Mais pour cela, il faudrait reconnaître que, non seulement la question du haschisch n'est pas la seule question qui peut exister en matière de drogue mais qu'il y a, au contraire, derrière, un discours qui se veut volontiers répressif. Perce aujourd'hui une offre et une consommation de drogue qui est encore plus problématique que ne l?est le cannabis.

Nous accordons cette subvention, alors même que l?O.F.D.T. a été, en quelque sorte, décapité, décapité par ceux-là même qui ont plutôt, aujourd'hui, été ceux qui ont mal agi en matière de lutte contre les toxicomanies. Notamment, je veux souligner ici toute la confiance qu'avait, dans tous les milieux de l'épidémiologie, de la santé publique, l'ancien directeur, M. COSTES, que je veux saluer pour la qualité du travail qui a été la sienne, son indépendance.

Malgré cela, nous faisons aujourd'hui le pari, parce que nous voulons que ces outils fonctionnent, nous continuons à financer les travaux de l'O.F.D.T. en ayant à c?ur d'avoir des travaux qui seront scientifiquement de qualité et nous serons évidemment extrêmement vigilants.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LE GUEN.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 623 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DASES 623 G).