Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2005
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe M.R.C. relatif à l’attribution du nom de Norbert Elias à une rue, une place ou un établissement scolaire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2005


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons au v?u référencé n° 36 dans le fascicule qui ne se rapporte à aucun projet de délibération et qui a été déposé par le M.R.C., relatif à l?attribution du nom de Norbert Elias à une rue, une place ou un établissement scolaire de Paris.

Madame CAPELLE, vous avez la parole.

Mme Liliane CAPELLE. - Il y a maintenant un peu plus de soixante-dix ans un des plus grands penseurs du XXe siècle, Norbert Elias, a quitté la France. Comme d?autres intellectuels juifs allemands, Walter Benjamin, Gisèle Freund ou encore Hannah Arendt, il avait trouvé refuge à Paris en 1933, mais l?Université française ne voulant pas de lui, il avait dû se résoudre à rejoindre la Grande-Bretagne.

Il regretta toute sa vie ce départ forcé.

Deux années durant, Norbert Elias vécut donc en France, à Paris, dans le quartier de Montparnasse, ne disposant quasiment d?aucune source de revenus, il vivait chichement, au jour le jour.

Parti d?Allemagne, il venait d?achever la rédaction de sa thèse sur la société de cour, mais n?avait pas eu le temps de la soutenir. Ce travail ne paraîtra en France qu?en 1974 pour connaître un succès retentissant. Le public se passionnera pour la finesse de sa description des rapports sociaux et des relations de pouvoir à la cour de Louis XIV.

Né en 1897 à Breslau, mort en 1990 à Amsterdam, Norbert Elias était un véritable amoureux de la civilisation française. Il parlait un français parfait, pratiquement sans accent.

Le processus d?étatisation en France fut pour lui une constante source d?inspiration. C?est par son étude historique qu?il élabora sa sociologie des configurations. C?est par elle aussi qu?il tentera de résoudre avec succès la question des rapports entre les structures sociales et la structure de la personnalité des individus, prolongeant et dépassant tout à la fois les ?uvres de Marx et de Freud.

La thèse du processus de civilisation qui justifie que l?on parle de Norbert Elias comme d?un classique de la sociologie européenne doit donc beaucoup au respect et à l?intérêt que portait Elias à notre pays et son histoire.

Cet homme qui vécut toute sa vie une vie d?exilé, de Paris à Londres, du Ghana aux Pays-Bas, et qui a produit, seul, sans famille, après avoir perdu ses parents à Auschwitz, l?une des ?uvres les plus profondes du 20e siècle, cet homme exceptionnel mérite que la Municipalité de Paris lui rende hommage.

C?est le sens de notre v?u aujourd?hui.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CAFFET, vous avez la parole.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Je m?associe aux propos de Liliane CAPELLE et j?émets un avis favorable.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u assorti d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2005, V. 346).