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Septembre 2005
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2005, SG 110 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention relative à l’attribution d’une subvention au “Mouvement Ni Putes, Ni Soumises” (12e) pour son action en faveur des femmes victimes de violence. - Montant : 30.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2005


 

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération SG 110.

La parole est à Mme Véronique DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY. - Madame la Maire, cette subvention au ?Mouvement Ni Putes, Ni Soumises? est d?un montant de 30.000 euros.

Je dirais, pour cette fois, que 30.000 euros, trop, c?est trop. Lorsqu?on regarde les finances de l?association, on se rend compte à quel point cette association est à flot. Je ne vous ferai pas toute la liste, puisque vous l?avez dans le projet de délibération. Il n?en reste pas moins que cette association touche de la Région Ile-de-France déjà 240.000 euros, du Ministère de la Justice 10.000 euros, des services du Premier Ministre 50.000 euros, de l?Education 30.000 euros. Bref, il n?y a aucune somme qui soit inférieure à 10.000 euros.

Cela représente donc un budget très, très, très important au regard des actions qui sont réellement menées.

Je vous rappelle, ou à peine ai-je besoin de vous le rappeler, Madame la Conseillère régionale, que les élus Verts se sont abstenus lors de la dernière délibération présentée au Conseil régional, qui concernait une subvention pour compenser le manque à gagner d?une opération relativement pharamineuse organisée par ?Ni Putes, Ni Soumises?, puisqu?il s?agissait d?un concert qui a été un fiasco considérable et que la Région a été obligée de remettre à flot.

Je crois qu?à un moment donné, il faut aussi se poser la question de savoir comment on travaille. Vous connaissez mon attachement sur cette problématique des violences faites aux femmes et vous savez à quel point il me paraît important d?y travailler et d?y travailler d?arrache-pied. Et c?est justement ce qui me fait dire que 30.000 euros c?est beaucoup pour une association qui, vraiment, n?a pas besoin d?argent? Et nous verrons tout au long de ce Conseil à quel point, y compris des associations qui travaillent dans les quartiers politique de la ville, y compris lorsque la Mairie de Paris est obligée de suppléer l?Etat en matière de subvention, nous verrons à quel point ces associations font un travail de terrain de longue haleine et à quel point elles sont en difficulté financière. Je trouve que ces 30.000 euros auraient été beaucoup mieux utilisés en direction des associations de quartier qui font un travail beaucoup plus cohérent avec l?ensemble des partenaires sur le territoire. C?est pour cette raison que nous nous abstiendrons.

Merci.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je donne la parole à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 1ère Commission. - Merci, Madame la Maire.

Bien sûr, je ne suis pas en accord avec ce qui vient d?être dit. D?abord, l?association ?Ni Putes, Ni Soumises? est une association qui mène des actions concrètes sur le territoire parisien et je vais y revenir.

Par ailleurs, la Municipalité parisienne s?est déjà suffisamment avancée sur la question du financement des associations, notamment dans le champ de la lutte contre les violences faites aux femmes puisque c?est un des axes prioritaires de la délégation que j?anime et que, par exemple, en matière de substitution au manquement de l?Etat, je crois que, s?agissant de grandes structures comme la Maison des femmes ou d?autres lieux, nous avons prouvé que nous savions être au rendez-vous et pour des montants au moins aussi importants.

Deuxièmement, je ne suis pas là pour instaurer ou pointer la suspicion ou la rivalité entre les associations qui interviennent dans ce champ. Lorsqu?elles offrent un service utile aux Parisiennes et aux Parisiens, elles méritent d?être subventionnées, c?est le cas pour ?Ni Putes, ni Soumises?. Nous avons aidé cette association à mettre en place tout d?abord une ligne téléphonique d?écoute spécifique pour les jeunes femmes victimes de violences.

Celle-ci est ouverte toute la semaine de 10 heures à 18 heures et permet de venir en aide aux jeunes femmes, de les orienter vers un avocat, un hôpital, des services spécialisés mais aussi de proposer un hébergement, un soutien psychologique ou une thérapie individuelle, voire collective à celles qui en ont besoin, au vu de l?état de détresse que peuvent connaître beaucoup de femmes et de jeunes femmes.

 

Nous avons également, à travers cette subvention, participé à la mise en place d?une permanence d?accueil en mairie du 20e arrondissement et nous sommes en train de travailler avec l?association mais aussi avec le planning familial qui entretient des liens étroits avec ?Ni Putes, ni Soumises?, à la mise en place d?une plateforme pour prévenir la question des mariages forcés.

Vous savez combien ce sujet est un sujet grave et combien dans différents quartiers de notre Capitale, c?est une préoccupation et une violence à laquelle sont confrontées beaucoup de jeunes filles. Nous travaillons à cela et notre subvention sert à venir en aide à ces jeunes femmes.

D?ailleurs, le 25 novembre qui est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, nous évoquerons cette question des mariages forcés sur laquelle nous travaillons, notamment avec ?Ni Putes, ni Soumises?.

Ensuite, un pôle juridique assure un suivi des femmes qui le souhaitent et la plupart des demandes émanent de victimes d?infractions pénales liées à des violences sexuelles, à des mariages forcés ou à de la discrimination.

Là aussi, notre subvention, je n?ai pas fait le calcul, représente un très faible pourcentage par rapport au budget global de l?association et c?est une subvention qui contribue à offrir un service utile aux Parisiennes et notamment à des jeunes Parisiennes dans les quartiers politique de la ville. Je vous demanderai donc de soutenir cette subvention à ?Ni Putes, ni Soumises?.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je mets à présent au voix, à main levée, le projet de délibération SG 110.

Qui est favorable ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, SG 110).