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Mars 2012
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Conseil Municipal
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89 - 2012, DPVI 27 - Subvention (60.000 euros) et avenant n° 2 avec l’association “Ayyem Zamen” (20e) au titre du fonctionnement des cafés sociaux Belleville et Dejean.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2012

89 - 2012, DPVI 27 - Subvention (60.000 euros) et avenant n° 2 avec l?association ?Ayyem Zamen? (20e) au titre du fonctionnement des cafés sociaux Belleville et Dejean.

 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DPVI 27.

La parole est à Mme Virginie DESPENTES. DASPET ! pardon !

Mme Virginie DASPET. - Intéressant !

Je vais essayer de reprendre mon sérieux. Merci, Monsieur le Maire.

L?association ?Ayyem Zamen? a ouvert deux cafés sociaux à Paris : le café social Belleville, créé en 2003, et le café social Dejean, en plein c?ur du quartier de la Goutte d?Or, fondé en 2008.

Témoignant de la forte volonté du maire de Paris d?encourager les actions de solidarité en direction des migrants âgés, l?existence de ces deux lieux à été rendue possible par un partenariat entre différents acteurs : la Ville de Paris, évidemment, l?État, la Région, l?Acsé, la Caisse nationale d?assurance vieillesse et des fondations privées.

Les deux cafés sociaux gérés par ?Ayyem Zamen? reçoivent plus de 200 personnes par jour. Véritables lieux de convivialité, ils accueillent essentiellement des personnes âgées, notamment de vieux migrants, à la recherche de rencontres, d?activités, d?accompagnement social. Ils les soutiennent également pour qu?elles puissent faire valoir leurs droits.

Il est à noter que nombre des personnes âgées accueillies sont en situation d?isolement et souvent hébergées dans des logements exigus. Une attention particulière est accordée aux femmes, qui sont de plus en plus nombreuses à fréquenter ces établissements.

Au quotidien, la mission de ces deux cafés sociaux s?articule autour de différents axes : rompre l?isolement, aider dans les démarches, assurer une veille sociale.

Pour y répondre, les équipes en place sont composées de travailleurs sociaux et d?animateurs, comme d?intervenants culturels et artistiques.

Elles mènent des activités diverses, allant du simple accueil du public dans un salon de thé à une permanence sociale et d?accès au droit en passant par la proposition de voyages de découverte, d?un espace de jeu ou encore d?un espace d?éducation à la santé et au bien-être.

Les cafés sociaux ?Ayyem Zamen? sont, en conclusion, des espaces de sociabilité, de solidarité, de mixité sociale et culturelle et nous ne pouvons bien sûr que nous réjouir que cette subvention leur soit renouvelée.

Je vous invite ainsi chaleureusement à voter ce projet de délibération.

Merci.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci.

Madame BOISTARD, vous avez la parole.

Mme Pascale BOISTARD, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Merci.

Merci, Madame DASPET, d?attirer l?attention sur ce projet de délibération qui me tient aussi particulièrement à c?ur.

En effet, j?ai eu l?occasion à plusieurs reprises de constater le formidable travail réalisé par l?association ?Ayyem Zamen? dans les deux cafés sociaux : à Belleville dans le 20e arrondissement et rue Dejean dans le 18e arrondissement.

Vous rappeliez qu?ils accueillent environ 200 personnes par jour, des migrants âgés principalement venus prendre un café, discuter et rompre l?isolement qui, trop souvent, les touche.

Au sein de ces cafés sociaux, les migrants âgés, les ?chibanis? essentiellement, en majorité, bénéficient également d?un accompagnement social adapté qui les aide à faire valoir leurs droits.

Ce travail d?accompagnement est d?autant plus indispensable actuellement qu?une offensive déplorable a été lancée contre les ?chibanis? par la politique mise en place par le Gouvernement.

Ainsi, l?année 2011 a vu se généraliser les contrôles effectués par les caisses de Sécurité sociale, officiellement pour mettre à jour d?éventuelles fraudes, notamment le non-respect de la condition de résidence applicable aux différentes prestations sociales.

Mais, sous couvert de cette lutte anti-fraudeurs, seule une catégorie de bénéficiaires est ciblée : les migrants âgés, percevant l?une des allocations du minimum vieillesse, l?allocation de solidarité aux personnes âgées ou encore l?aide personnalisée au logement, alors que différents rapports indiquent que les fraudes les plus nombreuses sont notamment les facturations abusives.

Ces contrôles sont souvent brutaux, irréguliers, discriminatoires comme l?a à plusieurs reprises souligné la H.A.L.D.E.

Ainsi, certains contrôleurs ont fait irruption jusque dans les chambres de résidents de foyer, des migrants âgés se sont vus retirer leurs allocations parce qu?ils avaient refusé de présenter leur passeport, alors même que le passeport n?est pas la seule preuve de résidence possible, d?autres parce qu?ils n?étaient pas présents durant la période de contrôle.

Ces pratiques ont de plus été facilitées en novembre 2011 par la mise en place à la demande de M. GUÉANT d?un regroupement de deux fichiers : l?A.G.D.R.E.F. et le fichier ?Eloi?, pour former le fichier A.G.D.R.E.F. 2, désormais accessible aux agents des organismes de Sécurité sociale.

La vulnérabilité de ces migrants en fait des cibles de choix et le Gouvernement ne s?honore pas à organiser cette chasse aux sorcières qui rend les ?chibanis? responsables de l?ensemble des fraudes, sans tenir compte ni de leur fragilité ni de leur situation sociale.

Réduits à vivre avec quelques centaines d?euros par mois, ces migrants âgés ne peuvent plus subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

Considérés comme des fraudeurs alors même qu?ils ignoraient pour la plupart les conditions de résidence applicables à la perception de leur allocation, un sentiment d?injustice domine parmi eux, notamment ceux qui ont travaillé depuis plus de 30 ans sur notre territoire.

Le prédécesseur de M. GUÉANT, M. Éric BESSON, s?était rendu en catimini au café social Belleville en 2009, il y avait alors déclaré : ?Je compte poursuivre l?échange avec ces vieux migrants et leurs représentants associatifs pour corriger certaines situations injustes dont ils sont victimes?.

Cette déclaration de bonnes intentions n?a pas été suivie en son temps, elle l?est encore moins aujourd?hui, au contraire, les attaques contre les migrants âgés se multiplient et c?est pourquoi je me félicite que la Mairie de Paris reste fidèle à ses engagements et à ses valeurs en reconduisant cette subvention.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 27.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DPVI 27).