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14 - 2012, IV - Question d’actualité posée par le groupe Centre et Indépendants concernant l’offre de parkings souterrains.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2012

14 - 2012, IV - Question d?actualité posée par le groupe Centre et Indépendants concernant l?offre de parkings souterrains.

 

M. LE MAIRE DE PARIS. - D?ailleurs, l?ordre du jour prévoit une autre question d?actualité de Mme Édith CUIGNACHEGALLOIS.

Je vous donne la parole.

Mme Édith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

L?incendie du parking Vendôme a particulièrement marqué les Parisiens, et les réactions concernant les conditions de sécurité dans les parkings souterrains ont été nombreuses. Ce n?est pas tant la question de la sécurité des parkings que je voudrais évoquer, même si elle mérite toute notre vigilance, mais plus particulièrement et plus généralement celle de la politique municipale en matière d?offre de stationnement, ce qui est très complémentaire de la question précédente.

Une étude du 17 janvier 2012 de l?association ?C.L.C.V.? montre que l?heure de parking à Paris revient en moyenne à 3,11 euros, contre 1,71 dans le reste de la France. C?est donc presque le double.

Paris détient d?ailleurs deux autres records de France : plus de 15 euros pour 4 heures dans certains parkings, et jusqu?à 38 euros pour 24 heures !

On atteint là, vous en conviendrez, des prix prohibitifs. Or, la tarification est fixée par les collectivités. C?est donc vous, et les opérateurs qui confient l?exploitation de leur parking à un concessionnaire.

Ainsi, quand un Parisien ou un Francilien paye 1 euro au parking de la Madeleine par exemple, 73 centimes reviennent directement à la Mairie de Paris. Ces tarifs prohibitifs, c?est donc la Municipalité qui en profite. Alors, c?est une manne importante pour les finances de la Ville de Paris, certes. Mais les Parisiens en ont assez de subir les hausses d?impôts, de taxes, et autres augmentations de tarifs du fait de la Municipalité.

Depuis le début de cette mandature, on accumule hausse des impôts locaux, hausse de la taxe d?enlèvement des ordures ménagères, hausse des tarifs pour les classes moyennes dans les cantines scolaires et les conservatoires, hausse des tarifs de stationnement en surface, à quoi s?ajoute le prix de l?immobilier qui a explosé depuis 10 ans.

Il faut bien le comprendre, les classes moyennes ont de plus en plus de difficultés à supporter toutes ces hausses du coût de la vie dans la Capitale. Ils le ressentent au quotidien, et quand ils mettent leur voiture au parking en particulier.

Il serait pourtant, Monsieur le Maire, plus judicieux de les inciter à l?y laisser tout en ne leur interdisant pas d?en posséder une. Votre politique démontre que vous ne voulez pas leur laisser cette liberté et que vous leur interdisez ni plus ni moins de sortir de Paris en voiture.

Quand on a supprimé 50 places de stationnement et qu?on va créer seulement deux parkings souterrains d?ici la fin de la mandature, quand on a modifié les règles du P.L.U., revenant à ne créer qu?une demi-place de parking souterrain par logement construit, quand les tarifs sont si élevés, on assume une politique prohibitive et liberticide, parce que, comme toujours, seuls les plus riches pourront s?en sortir.

Ma question est donc la suivante : outre le fait qu?il y a un manque total de transparence sur l?utilisation des recettes considérables que la Municipalité engrange grâce aux parkings et qu?il serait normal que les Parisiens sachent comment est utilisée cette manne financière, la question est tout de même de savoir quand vous cesserez cette vaste hypocrisie de profiter largement de l?argent qu?ils vous rapportent, tout en interdisant au Parisien moyen de stationner et en étranglant les Parisiens.

Pourrions-nous avoir quelques éclaircissements sur cette situation intolérable et quelque peu ubuesque ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci à vous.

Je rappelle à toutes les personnes qui posent la question que je crois que le règlement intérieur prévoit trois minutes par question et tout le monde dépasse largement? presque tout le monde.

Annick LEPETIT ?

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais essayer de répondre à Mme CUIGNACHE-GALLOIS qui évoque beaucoup de sujets très différents.

Mme CUIGNACHE-GALLOIS nous pose quelques questions sur l?incendie qui s?est produit le 8 mars dans le parking Vendôme. La réaction, comme souvent d?ailleurs, des forces de l?ordre et des pompiers de Paris a été très rapide. L?incendie a duré plus de trois heures. Heureusement, il n?y a pas eu de dommage corporel. En revanche, 56 véhicules ont été endommagés et Vinci, que nous avons d?ailleurs rencontré, s?est organisé pour qu?un certain nombre de places dans les parkings alentours soient réservées à leurs abonnés. Je ne vais pas m?attarder sur ce sujet, puisque Mme CUIGNACHE-GALLOIS a plutôt parlé des prix en augmentation.

D?abord je veux la rassurer, il n?y a pas d?augmentation des prix des parkings.

Je peux vous donner, comme j?avais déjà eu l?occasion de le faire en Conseil de Paris, quelques prix en fonction des parkings. Ils ne sont évidemment pas les mêmes, car cela tient à la localisation du parking, cela tient, bien évidemment aussi, à la modernité du parking. Vous le savez, Madame CUIGNACHEGALLOIS, nous avons 145 parkings à Paris qui sont propriétés de la Ville et qui sont mis en délégation de service public.

Je tiens quand même à rappeler, pour que l?on puisse faire évoluer ce débat que les parkings publics de la Ville ne représentent que 9 % du stationnement à Paris et que 60 % du stationnement se trouve dans les parkings privés, et en particulier dans les immeubles privés. Je pense donc qu?il ne faut pas focaliser sans arrêt sur les parkings publics de la Ville et regarder aussi ce qui se passe dans bien d?autres parkings.

Je disais tout à l?heure que nous avions 145 parkings propriété de la Ville. Cela représente une offre de stationnement de plus de 70.000 places, mais nous avons également beaucoup d?autres parkings qui sont construits par d?autres que la Mairie de Paris et qui sont également ouverts au public. Un nouveau parking de 250 places va ainsi bientôt être inauguré à la gare Saint-Lazare.

Je pense aussi à celui de la gare de l?Est et aux études en cours pour un parking à la gare d?Austerlitz.

Bref, compte tenu de la proportion que représentent les parkings de la Ville de Paris, il faut élargir le propos lorsque nous parlons parking.

Quant au coût, encore une fois, nous avons eu ce débat il n?y a pas si longtemps, lorsqu?il y avait une augmentation des tarifs de stationnement sur voirie, notamment dans les arrondissements du centre de Paris. Nous avons aujourd?hui, grosso modo, une équivalence du tarif en surface avec ceux d?un certain nombre de parkings parisiens.

Je pense que c?est une image un peu toute faite, qui méritait une explication.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Elle a moins dépassé que l?élue qui l?interrogeait : 3,40. Vous regardez mal !

Chère Madame, vous voulez rajouter quelque chose ?

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Oui, Monsieur le Maire.

Je vous remercie, mais, en fait, je n?ai pas de réponse. Mme LEPETIT nous explique qu?il y a une petite minorité de parkings publics face à une grande majorité de parkings soi-disant privés. Or, vous avez modifié le P.L.U. pour limiter la construction de stationnement dans les parkings dits privés, c?est-à-dire que c?est seulement la moitié d?un parking privé pour un logement.

Il me semble que l?offre, puisque le sujet de ma question était bien l?offre de stationnement, est en baisse considérable, quel que soit le type de parking souterrain dont on parle, qu?on aboutit à une situation de sclérose en termes d?offre de stationnement et que seuls les gens qui auront les moyens, des gros moyens, pourront continuer de stationner en souterrain à Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Chère Madame, vous venez de dire quelque chose qui montre que vous devez ignorer que seuls 40 % des foyers parisiens ont une voiture.

Ne reprenez pas la parole ! J?ai quand même le droit, de temps en temps, de dire quelque chose sur la politique municipale, sans que cela énerve trop M. DESTREM.

Dans la mesure où seuls 40 % des foyers parisiens ont une voiture, c?est quand même logique que dans le P.L.U., on ait prévu un parking pour deux logements.

Deuxièmement, et je le dis aussi pour Mme TISSOT qui m?a interrogé avant, vous posez des questions qui révèlent que nous ne sommes pas en accord ; oui, nous considérons que la baisse de la pollution à Paris passe par moins de voitures et on l?assume, et ce n?est pas la peine de nous expliquer que plus il y aurait de voitures moins il y aurait de pollution, parce que ce n?est pas vrai.

Voilà !

Chère Madame, c?est comme cela, nous ne sommes pas d?accord là-dessus et je ne crois pas que je vais vous convaincre, mais souffrez que vous ne me convainquiez pas.