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Mars 2012
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15 - 2012, Vœu déposé par le groupe PSRGA relatif à la nomination du Pr. Philippe JUVIN en qualité de chef de service des urgences de l'HEGP.

Débat/ Conseil général/ Mars 2012

15 - 2012, V?u déposé par le groupe PSRGA relatif à la nomination du Pr. Philippe JUVIN en qualité de chef de service des urgences de l'HEGP.

 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous arrivons maintenant, chers collègues, au v?u n° 5 G, déposé lui aussi par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, qui est relatif à la nomination du professeur Philippe JUVIN en qualité de chef de service des urgences à l'hôpital Georges Pompidou.

C?est M. Claude DARGENT qui prend la parole pour une minute et c?est M. LE GUEN qui lui répondra.

M. Claude DARGENT. - Merci, Monsieur le Président.

Monsieur le Président, chers collègues, M. Philippe JUVIN vient donc d?être nommé chef du service des urgences de l'hôpital européen Georges Pompidou. Il faut savoir que ce service connaît de vraies difficultés de fonctionnement liées à une pénurie de lits et de personnels. Mais, M. JUVIN risque d'avoir quelques difficultés à faire face à ces problèmes de fonctionnement, puisqu'il est par ailleurs Maire de La Garenne-Colombes et surtout parlementaire européen.

Cela pose un double problème. Peut-être un problème de droits, parce que comme nous le savons les parlementaires ne peuvent pas cumuler un emploi public avec leur mandat, sauf exception. Mais surtout un problème de fait : comment être à la fois parlementaire européen à Strasbourg et à Bruxelles et diriger efficacement le service des urgences d'un hôpital de cette taille dans le 15e arrondissement de Paris ?

Si l'on ajoute à cela le fait que cette nomination intervient dans un contexte particulier, à savoir l'élection dans des circonstances discutables au poste de président de la commission de surveillance du groupe hospitalier concerné, de M. HANNOUN, responsable des études du laboratoire Servier, tout cela nous amène à souhaiter avec mon groupe que le Maire de Paris interpelle le Ministre de la Santé sur le service d'urgence de l'hôpital-Pompidou et sur sa gouvernance.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur DARGENT.

Donc, Monsieur LE GUEN, vous donnez l'avis de l'Exécutif sur ce v?u.

M. Jean-Marie LE GUEN. - C'est un avis évidemment favorable, parce qu'au-delà de la personnalité du professeur JUVIN, que je ne veux pas ici en tant que professionnel de santé remettre en cause, je pense que sa nomination et le contexte général dans lequel intervient le fonctionnement aujourd?hui de l'hôpital Pompidou posent énormément de problèmes.

Alors que l'hôpital Pompidou est sans aucun doute structuré, pour être un des éléments les plus actifs de l'Assistance publique, il continue à subir un certain nombre de crises internes, de difficultés de fonctionnement qui se traduisent par ailleurs par des résultats financiers qui sont mauvais.

Mais comment peut-on penser aujourd?hui, qu'après avoir laissé à la dérive pendant plus de trois ans un service des urgences - je n'ai cessé personnellement et il y avait plein d'articles dans la presse qui en témoignent, de m'interroger sur l'inaction à réformer un service des urgences effectivement qui ne fonctionnait pas - comment peut-on au bout d'une procédure très alambiquée, très complexe, arriver à la nomination d'une personnalité qui se trouve dans une situation d'hyper cumul, au moment même où l'hôpital en question, le service des urgences en question, connaît de grandes difficultés ?

Je pense qu'il s'agit là - je regrette que notre collègue M. Bernard DEBRÉ ne soit pas là parce qu'il aurait pu témoigner lui-même finalement de l'impossibilité de continuer durablement, à l'époque où nous sommes car nous ne sommes plus au début du XXe siècle, d'assumer directement des responsabilités aussi multiples. Ceci n'est pas sérieux et, en tout état de cause, donne une image relativement mauvaise, évidemment, de l'engagement des professionnels de santé au service de l'hôpital public.

Qui plus est, je pense que notre collègue M. Claude DARGENT a raison de rapporter cela à cette nomination totalement ahurissante, de voir que la présidence du Conseil de surveillance de cet hôpital est confié à un responsable des affaires publiques d'un laboratoire dont nous avons tout à penser, me semble-t-il, qu'il a mené l'industrie pharmaceutique, la sécurité du médicament et la médecine française à tout le moins dans une impasse.

Se retrouver avec ce degré de cynisme affirmé dans ce qui devrait être le vaisseau-amiral de l'Assistance publique, cela montre une maltraitance systématique par un certain nombre de personnes qui, il faut le dire, se croient tout permis, tout permis ! sans aucun respect de ce qu'est l'hôpital public et en l'occurrence l'Assistance publique des hôpitaux de Paris.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LE GUEN.

Une explication de vote du Président LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - M. Claude DARGENT a l'habitude de déclencher des politiques politiciennes et M. LE GUEN de les entretenir.

Puisqu'on le sait, M. Philippe JUVIN a été sélectionné, puis nommé, après un long processus qui a duré pratiquement deux ans. Ce processus d?ailleurs a été totalement conforme avec la loi.

Que reproche-t-on aujourd?hui au professeur JUVIN ? Son manque d'expérience ? Ou sa non capacité à gérer un service d'urgence comme celui de l'hôpital Pompidou, alors qu?il a réussi, on le sait, l'amélioration de la prise en charge des patients au service des urgences de l'hôpital Beaujon. Et cette amélioration a d?ailleurs été saluée par la Haute autorité de santé, en novembre 2006, qui avait justement rappelé l'efficacité avec laquelle le professeur JUVIN avait mené à bien cette modernisation.

Quant au non cumul, tel que vous le dites, Monsieur LE GUEN, vous devriez également vous interroger sur la situation du professeur Jean-Louis TOURAINE qui, à Lyon, est à la fois également parlementaire et lui-même chef de service, et cela se passe remarquablement bien. Et je n'ai pas entendu le Maire de Lyon remettre en question, mais peut-être est-ce parce que le professeur TOURAINE est de votre parti, que vous ne vous posez pas la question, Monsieur LE GUEN ? C'est tout de même bizarre de vous entendre à ce point critiquer cette nomination.

On le voit, il n'y a aucun problème à cette nomination. Le travail, je le reconnais est rude et difficile à l'hôpital : il faut améliorer ce service des urgences. Il est peut-être en situation effectivement tendue, il faut bien le reconnaître. Mais, pour autant, attaquer comme vous venez de le faire, Monsieur DARGENT mais on a l'habitude avec vous, on vous entend régulièrement au Conseil d'arrondissement du 15e - les qualités et la façon dont le professeur JUVIN a été nommé à cette fonction, est proprement scandaleux. C'est pour cela qu'évidemment nous nous opposerons à ce v?u.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LAMOUR.

Un mot de M. LE GUEN et nous passerons au vote.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Très rapidement parce que les faits sont là.

On peut faire toutes les polémiques que l'on veut sur les uns et sur les autres. Si j'ai rappelé qu'il y avait une histoire qui était à mon avis aujourd'hui totalement dépassée - c'est vrai d?ailleurs pour l'action politique - qui est d'arriver à ce degré de cumul de fonctions qui rend peu crédible l'engagement des hospitaliers, surtout quand on est dans un service en difficulté.

Premier élément, je confirme que la nomination de M. JUVIN a été faite après un processus, où les conditions ont été remplies pour écarter toute autre candidature qui pouvait être crédible. Oui, elle est connue de tous les professionnels de l'Assistance publique. Comme est connu, Monsieur le Président, le vote très étonnant des élus U.M.P. du 15e arrondissement qui ont pu désigner M. HANNOUN comme président du Conseil de surveillance.

Effectivement, c'est vous qui avez désigné le représentant de Servier comme président du Conseil de surveillance de l'hôpital Pompidou et il faudra que vous en portiez effectivement la responsabilité devant les électeurs du 15e arrondissement, qui sauront quels soucis vous avez de l'indépendance, et j'allais dire de la dignité de l'Assistance publique.

M. Christian SAUTTER, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2012, V. 13 G).