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Mai 2006
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2006, DU 119 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer trois marchés de prestations intellectuelles d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour le pré-prototypage du banc double et du fauteuil de la nouvelle ligne de bancs de la Ville de Paris et de la réalisation de leur pré-prototype à leurs auteurs respectifs.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DU 119 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer trois marchés de prestations intellectuelles d?assistance à maîtrise d?ouvrage pour le pré-prototypage du banc double et du fauteuil de la nouvelle ligne de bancs de la Ville de Paris et de la réalisation de leur pré-prototype à leurs auteurs respectifs.

Madame de CLERMONT-TONNERRE, vous avez la parole.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce projet de délibération arrive à point nommé alors qu?il présentait au Pavillon de l?Arsenal une exposition fort intéressante consacrée à l?histoire de l?espace public parisien et à l?évolution du paysage de notre Capitale et de ses quartiers.

Le parcours proposé par Simon TEXIER nous permet de mesurer tout l?enjeu du mobilier urbain qui représente un élément fort de l?identité parisienne, qu?il s?agisse des différents modèles de candélabres, de bancs, de colonnes Morris, de kiosques ou de fontaines. L?impact de ce mobilier sur le paysage montre combien la création et l?implantation de tous nouveaux mobiliers doit faire l?objet de toute l?attention de notre collectivité.

Ainsi, aujourd?hui, vous nous proposez, Monsieur le Maire, un projet de délibération portant sur la création d?une nouvelle ligne de bancs de la Ville de Paris et la réalisation du prototype correspondant qui permettra, comme nous vous l?avions d?ailleurs demandé en Commission du mobilier urbain, de tester le confort et de mesurer l?encombrement de ces nouveaux sièges. Pour aller plus loin dans cette démarche, nous souhaiterions d?ailleurs que ces prototypes soient présentés avenue Victoria ainsi que cela a été fait il y a quelques mois pour les modèles de mâts et de colonnes Morris.

Au-delà du projet qui nous est soumis, cette délibération nous amène à formuler quelques réflexions sur l?impact du mobilier urbain sur le paysage de notre Capitale et sur la trace qu?il convient de conserver pour les anciens mobiliers déposés. En dépit du remarquable travail fourni en amont par la Commission du mobilier urbain, certains mobiliers actuellement mis en place sur la voirie peuvent avoir un impact négatif sur le paysage dès lors que leur implantation est inadaptée ou effectuée sans mesure.

Je citerai deux exemples pour illustrer ce propos. Le premier exemple porte sur l?implantation de mobiliers d?un style inadapté dans une rue dont le bâti n?a quasiment pas bougé depuis un siècle. Il s?agit de la rue du Commerce dans laquelle la Ville installe actuellement 50 lampadaires basiques, genre année 80 du modèle Allura, un choix inapproprié pour cette voie. J?ajoute que le Comité de suivi d?aménagement de la rue du Commerce s?est exprimé en faveur d?un modèle à lanternes, nettement plus en harmonie avec cette rue ancienne du 15e arrondissement.

Le deuxième exemple porte sur la pose en surnombre de potelets sur certains axes. En six ans, le nombre de ces potelets a quasiment doublé, passant de 130.000 éléments en 2000 à

250.000 en 2006. J?ajoute que je ne suis pas sûre que la multiplication de ces mobiliers soit de nature à s?inscrire dans le schéma d?accessibilité de la voirie.

Ces deux exemples démontrent combien, en dépit du remarquable travail réalisé par la CM.I., les décisions qui sont prises au quotidien peuvent progressivement modifier le paysage urbain, surtout dès lors qu?il s?agit d?implantations en grand nombre.

Le deuxième aspect que je souhaite développer dans cette intervention porte sur la nécessité pour la Ville de conserver la trace des générations de mobiliers remisés. Lors d?un précédent Conseil, vous nous avez proposé une délibération portant sur le remplacement de la totalité des colonnes Morris implantées dans la capitale, remplacement par un nouveau modèle de la colonne dite Daviou ou Wilmotte. La dépose des 770 anciennes colonnes devant s?achever fin juin, ces mobiliers disparaîtront donc définitivement de l?espace public, sans que la Ville n?en conserve un seul exemplaire, qu?il s?agisse des anciennes colonnes lumineuses ou des colonnes dites à la colle.

J?ajoute que la Ville n?est pas propriétaire de ce mobilier car il appartient à la société DECAUX.

C?est ainsi qu?au fil des décennies des modèles de mobilier disparaissent peu à peu de l?espace public, soit parce qu?ils sont dégradés, soit parce qu?ils sont dépassés, soit parce qu?ils ne répondent plus aux besoins des Parisiens.

Nous vous demandons donc, Monsieur le Maire, d?engager une réflexion de nature à préserver la trace de ces mobiliers anciens et, dans cette perspective, nous souhaiterions d?une part que les services de la Commission du Vieux Paris réalisent un inventaire complet des mobiliers parisiens implantés sur la voirie et dans les parcs et jardins depuis l?apparition des premiers éléments typiquement parisiens, pourquoi pas depuis 1838, date de la création des fameux candélabres.

Nous souhaiterions d?autre part que la Ville réfléchisse à la conservation et à la mise en valeur des éléments les plus significatifs de ce patrimoine, lorsque cela est encore possible.

Voilà, Monsieur le Maire, les quelques remarques que nous souhaiterions apporter pour accompagner ce projet de délibération portant sur cette nouvelle ligne de bancs publics qui, nous le souhaitons, s?inscriront peut-être de façon pérenne dans l?histoire du mobilier parisien.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CAFFET, vous avez la parole.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Mme de CLERMONT-TONNERRE profite de ce projet de délibération pour faire un certain nombre de suggestions. Je vais d?abord la remercier sur l?appréciation qu?elle porte sur le travail fait par la Commission du Mobilier urbain car, même si nous ne nous réunissons pas très souvent, les réunions que nous tenons sont intéressantes, fécondes, et permettent d?avoir de véritables débats et de faire des propositions et des suggestions au Maire de Paris vraiment fondées sur un travail sérieux réalisé en amont.

Je partage aussi l?appréciation de Mme de CLERMONT-TONNERRE sur le travail de cette commission.

Sur les autres sujets, oui, il y a peut-être des inadéquations entre le choix de mobilier et le caractère d?un certain nombre de tissus urbains. Vous avez signalé la rue du Commerce en disant que les lampadaires ne convenaient pas. Malheureusement, ce sont des décisions de gestion courante qui devraient peut-être être précédées d?une discussion entre les services centraux de la Ville de Paris et les équipes municipales d?arrondissement. Je ne sais pas si c?est le cas.

Je ne verrais que des avantages à ce que, si des choix différents peuvent être faits, il y ait une discussion entre les équipes d?arrondissement et les services centraux.

Pour ce qui est des potelets, une réflexion va être engagée. Effectivement, on peut considérer que les potelets qui, maintenant, envahissent de plus en plus les rues de Paris ne sont pas d?une esthétique particulièrement attractive. Nous en avons déjà, me semble-t-il, discuté en Commission du Mobilier urbain. Une étude pourrait être réalisée sur d?autres types de potelets.

En ce qui concerne le remisage, je note votre suggestion de conserver une trace des anciens mobiliers urbains de la Ville de Paris. Si je comprends bien, il ne s?agit pas de garder l?intégralité des mobiliers qui seraient déclassés, mais de pouvoir en garder une trace avec quelques exemplaires, d?autant que, la plupart du temps, la Ville de Paris n?est pas propriétaire de ces mobiliers urbains.

C?est une suggestion qui m?intéresse et je la retiens. Il faut déterminer comment on peut la mettre en ?uvre et l?organiser. Je ne suis pas sûr qu?il faille un musée du mobilier urbain de Paris, mais avoir un endroit où l?on peut garder la trace de ce qui a occupé l?espace public parisien au cours de l?histoire me semble une proposition intéressante. Il faut réfléchir à la manière dont on peut la mettre en ?uvre.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 119.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DU 119).