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Mai 2006
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par M. Sylvain GAREL, Mme Anne LE STRAT, M. François FLORES et les membres du groupe “Les Verts” pour la protection de l’immeuble au 61, rue Ganneron - 28, villa Saint-Michel dans le 18e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 39 dans le fascicule, déposé par le groupe ?Les Verts?, concernant la protection de l?immeuble du 61, rue Ganneron - 28, villa Saint-Michel dans le 18e arrondissement.

Monsieur GAREL, vous avez la parole.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

C?est une nouvelle fois, après le 17, place Saint-Pierre, un voeu qui veut sauvegarder le patrimoine montmartrois et les rues alentour. En effet, à cet endroit, au 61, rue Ganneron et à l?angle du 28, rue Saint-Michel, existe actuellement un ancien atelier très pittoresque qui fait juste un étage et qui est un endroit qui donne son charme à ce quartier.

Un permis de construire a été accordé pour permettre de construire un immeuble de quatre étages. Il s?agit encore une fois de combler une dent creuse, ce que nous pourrions à la limite comprendre s?il s?agissait de faire des logements sociaux mais pas du tout, c?est de la pure spéculation immobilière. Nous sommes donc totalement opposés à ce que cet atelier soit rasé pour permettre à un promoteur de gagner beaucoup d?argent en faisant monter les prix dans ce quartier.

C?est pour cela que nous demandons que le permis de démolir - pour le permis de construire, il est trop tard - soit retiré et de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre du P.L.U. pour que nous puissions protéger cette parcelle et que nous envisagions autre chose que des logements spéculatifs : soit des logements sociaux, soit un atelier d?artiste, soit une bibliothèque, du commerce de proximité, enfin des choses qui pourraient être utiles pour la population et non pas pour un simple promoteur immobilier qui n?a pour objectif que de gagner beaucoup d?argent en construisant à cet endroit-là.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CAFFET, vous avez la parole.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Il y a plusieurs aspects dans le v?u de M. GAREL.

Il y a la demande de retrait d?un permis de démolir qui a été accordé. Il y a la demande de prise en compte de cette parcelle dans le futur Plan local d?urbanisme et puis, il y a la demande d?une acquisition par la Ville de Paris.

Je suis au regret de dire à M. GAREL qu?aucune de ses demandes dans ce v?u ne peut être satisfaite.

Le permis de démolir a été délivré dans des conditions parfaitement réglementaires. Il est associé à une demande de permis de construire, bien évidemment, qui, elle aussi, est parfaitement réglementaire et a été accordée par la Ville, qui a par ailleurs fait l?objet d?un recours gracieux de la part d?un certain nombre de riverains. Ce recours gracieux ayant été refusé par la Ville, je n?ai pas connaissance que les riverains soient allés en contentieux, c?est-à-dire au Tribunal administratif.

Je ne vois donc aucune raison fondée en droit qui permettrait à la Ville de retirer un permis de démolir qu?elle a accordé. C?est le premier point.

Le deuxième point, c?est le Plan local d?urbanisme et la protection de cette parcelle.

C?est une parcelle qui n?avait pas été proposée lors de la concertation sur le P.L.U. C?est une parcelle qui n?a fait l?objet d?aucune demande de protection lors de l?enquête publique. Il n?y a donc, en quelque sorte, aucune base juridique pour dire que cette parcelle doit être protégée.

Et je ne vois donc pas là aussi quelle serait la base sur laquelle la Ville pourrait se fonder. Et il est évident que nous irions en contentieux, avec toutes les chances de perdre, avec les constructeurs de cet immeuble qui n?est quand même qu?un immeuble relativement modeste puisqu?il ne compte que sept logements et dont je ne suis pas sûr qu?il va procurer la fortune à ceux qui vont le construire.

Je voudrais dire également à M. GAREL que je ne considère pas, pour ma part, que toute opération de construction qui ne porterait pas sur du logement social et notamment du P.L.A.I., serait par définition une opération de spéculation immobilière, en quelque sorte immorale et dans laquelle il y aurait des ogres qui essaieraient de s?enrichir sur le dos du peuple ! Je crois que la réalité est quand même un peu plus complexe que cela.

Non, je ne pense pas que toute opération de construction de logements, même s?ils ne sont pas sociaux, est une opération de spéculation condamnable en soi. Sinon, il faudrait refuser tous les permis de construire, si c?était aussi horrible que cela.

Sur le rachat, c?est la troisième partie du v?u de M. GAREL, là, le problème qui nous est posé, c?est que la vente ne porte que sur une partie, une partie simplement du bien, et on ne voit pas d?ailleurs, si la Ville achetait ce bien, ce qu?elle pourrait en faire.

Voilà. Pour toutes ces raisons, je suis désolé, Monsieur GAREL, de vous dire que l?Exécutif ne peut pas donner satisfaction à ce v?u.

Croyez bien que je le regrette.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GAREL ?

M. Sylvain GAREL. - Je le regrette moi aussi, beaucoup plus. Et je dois dire que cela augure mal des débats que nous allons avoir dans le 18e arrondissement autour du P.L.U. et de la question de la protection des dents creuses. Si votre attitude sur toutes les dents creuses que nous essayons de protéger - et le patrimoine montmartrois en fait partie -, je peux vous dire que nous allons nous opposer jusqu?au bout à ce projet de P.L.U. parce qu?il y en a assez que la Ville, qui veut être une ville de gauche, soit en train de laisser un quartier comme Montmartre aux mains des spéculateurs. Quand vous transformez un immeuble d?un rez-de-chaussée en quatre étages, c?est bien de la spéculation immobilière !

Je regrette, Monsieur CAFFET, que politiquement nous fassions des choses contradictoires avec les idées que nous devons défendre en tant que majorité de gauche et écologiste.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe ?Les Verts?.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.