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Mai 2006
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Conseil Municipal
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2006, DAC 60 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention relative à l’attribution d’une subvention de fonctionnement à l’association “Maison de la Poésie”, 161, rue Saint-Martin (3e). - Montant : 920.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DAC 60 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention relative à l?attribution d?une subvention de fonctionnement à l?association ?Maison de la poésie?.

Madame MACÉ de LEPINAY, vous avez la parole.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Merci, Monsieur le Maire. Ce sera rapide.

Avec ce projet de délibération, nous attaquons aujourd?hui une partie de notre menu qui concerne les théâtres subventionnés par la Ville de manière importante, parfois appelés théâtres municipaux.

A cet égard, Monsieur le Maire, je réitère ma demande : que soit communiqué à notre Conseil le rapport que vous avez commandé à M. FAIVRE d?ARCIER. La ?Maison de la poésie? a, depuis sa création en 1982, un caractère particulier puisque sa vocation est d?être exclusivement dédiée à l?expression poétique, en lui donnant ainsi une vitrine, si je puis dire. Le Maire de Paris lui a d?ailleurs confié, en 1995, un lieu merveilleux, au c?ur de Paris, qui rassemble plusieurs salles de spectacles et une petite et très riche bibliothèque.

La poésie, évidemment, ne fait pas de bruit. Et pourtant elle est partout dans notre ville, même dans les wagons du métro, et il est important et symbolique que la Mairie de Paris continue de susciter la création et la diffusion de cette forme de littérature au théâtre Molière. Or, il y a à craindre que l?année 2006 ne se déroule de manière plus que difficile. Vous nous signalez qu?un nouveau directeur, M. Claude GUERRE a été nommé par le Conseil d?administration de l?association au mois de février. Nous lui souhaitons une grande réussite dans sa passionnante mission mais nous avons de grands doutes sur sa capacité à pouvoir engager une nouvelle saison avec la situation budgétaire que vous lui faites.

En effet, vous soulignez que l?association a fait des efforts d?économie depuis plusieurs années mais qu?en 2006 les charges de personnels augmentent de 130.000 euros. Monsieur le Maire, cette somme représente plus de 10 % du budget et vous ne la prenez pas en compte dans le subventionnement de l?association. Vous laissez croire que l?association, en situation délicate, aurait recruté du personnel, ce qui n?est évidemment pas le cas. Bien sûr, je n?ai eu aucune réponse en 9e Commission quand j?ai interrogé M. GIRARD sur les conditions du départ de Michel de MAULNE, et je me demande maintenant si cette somme de 130.000 euros n?a pas un rapport direct avec le départ de celui qui, depuis 1982, a fait vivre la ?Maison de la poésie?.

Je vous demande ici et maintenant de me dire, Monsieur GIRARD, à quoi correspondent ces 130.000 euros et si, comme je le pense, cette somme correspond au départ souhaité par la Ville de Michel de MAULNE, je vous adjure, Monsieur le Maire, de bien vouloir revoir le subventionnement de la ?Maison de la poésie? afin que celle-ci puisse continuer sa belle mission.

Comment voulez-vous élaborer une nouvelle saison, mettre au point une communication afin d?élargir le public de la maison alors que la subvention ne donne aucune marge de man?uvre ? Ce projet de délibération arrive tard et n?est pas de nature à permettre la vie normale du théâtre Molière. Nous espérons voter bientôt un autre projet de délibération qui viendra compléter le financement de ce lieu exceptionnel.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur BOHBOT, vous avez la parole.

M. Jack-Yves BOHBOT. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais une nouvelle fois, cela doit être la deuxième ou troisième fois, vous dire mon incompréhension de votre politique financière à l?égard de cette institution parisienne qu?est ?La Maison de la poésie?. La subvention municipale que nous sollicitons aujourd?hui est déterminante pour l?association, comme l?a rappelé fort justement Hélène MACÉ de LÉPINAY, car elle représente près de 84 % de ses ressources.

Depuis 3 ans, ?La Maison de la poésie? se bat pour rétablir son équilibre financier et au même moment, la politique de la Ville reste incompréhensible car la subvention reste la même depuis 3 exercices et est en net recul depuis 2001, avec une régression de 55.000 euros.

Ainsi, pendant l?année 2003-2004, le théâtre a connu une baisse de fréquentation des spectacles et de la vente des revues, mais des efforts financiers importants ont été faits pour maîtriser les coûts de fonctionnement, notamment en matière de salaire, ce qui a permis de dégager en 2004 un résultat équilibré. Si le bilan 2004 s?améliore, le projet de délibération signale d?ailleurs que les dettes restent supérieures aux créances et le fond de roulement continue à se creuser, ce qui montre, comme l?a souligné également Hélène MACÉ de LÉPINAY, la fragilité financière de cette association.

Au moment où des masses d?argent tombent sur d?autres équipements culturels municipaux, vous devez veiller, Monsieur le Maire, à non seulement préserver, mais améliorer les conditions d?exercice de cette institution. Dans le communiqué de presse qui annonçait, le 17 mars dernier, l?élection de Claude GUERRE comme nouveau directeur de la ?Maison de la poésie?, vous rappeliez que Paris est l?une des rares capitales européennes à disposer d?un lieu de diffusion et de création pour la poésie.

Et vous terminiez en indiquant que la Municipalité entend réaffirmer avec force son engagement en faveur d?un lieu dynamique, inventif et ouvert à toutes les formes de poésie. Prouvez-le.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GIRARD, vous avez la parole.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Allons-y pour les preuves à l?appui ! Premier point, je voudrais dire à M. BOHBOT que la politique de la Ville est heureusement compréhensible, à mon avis, pour une majorité de citoyens et de citoyennes sans aucune difficulté.

En ce qui concerne d?abord la diffusion du rapport de Bernard FAIVRE d?ARCIER sur les théâtres, je tiens à préciser deux choses : il ne s?agit pas d?un audit mais de l?analyse réalisée par une personnalité indépendante qui, comme vous le savez, a présidé et dirigé la destinée du festival d?Avignon, entre autres, très longtemps. Ce rapport pourra être présenté après suppression des passages qui pourraient, Messieurs GOUJON et LEGARET, mettre en cause des personnes conformément à la réglementation de la C.A.D.A. si ces personnes étaient mises en cause, Monsieur LEGARET et Monsieur GOUJON, Mme de PANAFIEU écoute, elle, on doit passer par cette étape absolument nécessaire.

Dans un premier temps, je communiquerai ce document aux directeurs des théâtres concernés et ensuite, bien évidemment à Mme MACÉ de LÉPINAY et tous les élus auront accès à ce qui aura été autorisé par la C.N.I.L. et la C.A.D.A.

Sur l?absence de moyens spécifiques dans la convention relative qu?il y aurait entre ?La Maison de la poésie? et la mairie du 3e arrondissement par exemple, l?arrivée récente d?un nouveau directeur à la tête de la maison, je vous rappelle que c?est le Conseil d?administration qui décide, je vous le rappelle, et pour vous dire toute ma bonne foi et vous demander de me croire, Madame MACÉ de LÉPINAY, c?est que nous avions recommandé, j?avais recommandé telle ou telle personnalité qui était venue me voir.

La Direction des Affaires culturelles, elle-même, avait quelques propositions, cependant, le Conseil d?administration a retenu une autre personnalité. Ce qui prouve bien que le choix de renouvellement des directeurs - comme le font tous les Ministres de la Culture, je vous signale, dans les théâtres en France et en Navarre - a été fait souverainement par le Conseil d?administration. Nous ne pouvons qu?accepter cette décision, la respecter et maintenant l?encourager.

Nous allons donc dans le sens de ce que répétait très aimablement M. BOHBOT sur l?idée que la poésie doit trouver une place renforcée à Paris. L?arrivée de ce nouveau directeur,

M. Claude GUERRE, va permettre la mise en place de relations nouvelles avec la mairie du 3e arrondissement, donc vous-même comme membre du Conseil d?arrondissement. M. GUERRE a déjà rencontré M. AIDENBAUM, ce dont je remercie M. AIDENBAUM.

Je tiens à rappeler que la ?Maison de la poésie? est une structure parisienne qui, à ce titre, doit développer des relations avec les publics sur tout le territoire parisien et pas seulement dans son arrondissement.

Le montant de la subvention, qui est de 900.000 euros, n?est pas une petite somme ; elle est proche de 1 million d?euros, ce qui me semble être une somme assez importante pour permettre à l?association, au théâtre de continuer son travail.

Il est en effet souhaitable que l?association recherche d?autres partenaires pour asseoir son action. Je pense que personne ne s?opposera à ce que nous encouragions un théâtre à avoir des mécènes et que seul l?argent public ne fasse pas tout le travail. Je pense que les membres de l?opposition en particulier ne s?y opposeront pas.

Il est en effet souhaitable que ces autres partenaires viennent conforter la mission et permettre que les passerelles avec, par exemple, le Marché de la poésie ou le centre Pompidou, qui se trouve très proche de la ?Maison de la poésie?, puissent se développer. Le nouveau directeur vient, par exemple, d?engager et de créer un partenariat avec Radio France. C?est un signe, me semble-t-il, de modernité.

Mon souhait, très profondément, est que la poésie touche un public toujours plus nombreux, que la ?Maison de la poésie? travaille avec le réseau des bibliothèques et les nombreuses structures culturelles à Paris, hors les murs également, et Mme SEGHERS, la veuve de Pierre Seghers, avec qui je m?entretenais sur l?avenir de la ?Maison de la poésie?, semblait trouver que c?était en effet la bonne voie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 60.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DAC 60).