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Mai 2006
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Conseil Municipal
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2006, VII - Question d’actualité de M. Patrick TRÉMÈGE, au nom du groupe U.M.P., à M. le Maire de Paris relative aux mesures retenues pour corriger les dysfonctionnements des aménagements de voirie du boulevard Saint-Marcel et aux coûts afférents.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. TRÉMÈGE, pour la question d?actualité du groupe U.M.P.

M. Patrick TRÉMÈGE. - Monsieur le Maire, merci.

La question du groupe U.M.P. portera, Monsieur le Maire, sur la situation du boulevard Saint-Marcel.

Lors de nos différentes discussions sur les projets d?aménagement concernant le boulevard Saint-Marcel, Jean TIBERI, un grand nombre d?élus de mon groupe et moi-même, nous vous avions mis en garde contre l?ineptie des aménagements proposés et nous avions fait un certain nombre de propositions réaffirmant notre volonté d?une primauté des transports en commun sur tous les autres, mais dans le cadre d?un aménagement de bon sens.

Aujourd?hui, force est de constater que nous sommes très en deçà des craintes les pires dont nous vous faisions part. Nous n?avons cessé de vous alerter sur la situation critique par le biais de différentes questions orales auxquelles vous n?avez jamais daigné nous répondre complètement, au contraire des services du Préfet dont je veux saluer ici l?esprit de partenariat.

La sécurité, tout d?abord. Les statistiques ne laissent aucun doute, la dangerosité a plus que doublé depuis l?installation de ces aménagements et ce ne sont pas les parents d?élèves qui utilisent ce trajet quotidiennement, que nous avons rencontrés avec Jean TIBÉRI, qui me démentiront. Quel dramatique accident supplémentaire faudra-t-il attendre avant que ces aménagements soient en totalité revus ?!

Vous nous promettiez, Monsieur le Maire, un espace apaisé, une meilleure circulation des bus, une plus grande sécurité et un développement harmonieux des commerces. Mais c?est tout le contraire que nous observons aujourd?hui !

Pour ce qui est des bus, qui devaient être les grands gagnants, les grands bénéficiaires de ces investissements colossaux, chacun constate aujourd?hui qu?ils n?avancent pas et je me réfère en cela aux statistiques du Mobilien 38 qui fait, lui, référence à une baisse de fréquentation de l?ordre de 15 %. Je crains, de ce point de vue-là, une déroute des transports en commun.

Le commerce de proximité se retrouve aujourd?hui dans une situation plus que catastrophique : des dizaines de changements de propriétaires, une trentaine de fermetures et des baisses drastiques de chiffre d?affaires.

En aucun cas, Monsieur le Maire, sur ce dossier, vous ne pouvez prétendre pratiquer de la concertation. Il n?y en a eu aucune, comme en témoigne la pétition que nous avons reçue avec Jean TIBÉRI, qui a rassemblé plusieurs centaines de signatures. Il aura fallu, en réalité, attendre que la presse relaie la colère des riverains, les railleries des observateurs pour qu?enfin vous vous décidiez à reconnaître l?erreur de ces aménagements. C?est, Monsieur le Maire, un premier pas.

Aussi, nous souhaiterions savoir :

Quelles sont les modifications que vous comptez entreprendre rapidement ?

Quel est votre calendrier pour remédier à la situation catastrophique actuellement rencontrée ?

Quels sont les coûts des aménagements réalisés ?

Quels sont les coûts de ceux que vous envisagez ? Je veux, à ce propos, rappeler que les premiers aménagements ont été faits grâce à des budgets régionaux et que refaire la totalité de ces aménagements, ce sera aux frais de la Ville et du contribuable.

Quand, Monsieur le Maire, entreprendrez-vous l?évaluation prévue pour les autobus du Mobilien ?

Et enfin, êtes-vous prêt à créer une commission d?indemnisation de l?ensemble des commerçants victimes de cette gabegie ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous voyez, je ne vous ai pas interrompu, mais vous avez presque doublé le temps qui vous était imparti.

Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

La question de M. TRÉMÈGE était tout en nuance, comme d?habitude, sur ces questions de déplacement.

Il a quand même oublié de rappeler un point : c?est que le Mobilien 91, c?est une décision du Plan de déplacements urbains d?Ile-de-France, qui avait été approuvé par l?Etat, le S.T.I.F., la Région et la Ville de Paris. Cette ligne a vocation à devenir une ligne prioritaire dans Paris et c?est ce qu?elle est en train de devenir.

Cette ligne 91 transporte 36.000 personnes par jour ; 36.000 par jour, c?est-à-dire l?équivalent du tramway de Rouen.

Je reviendrai sur les conditions dans lesquelles cela a été élaboré. Cette partie d?aménagement consiste en un site propre bidirectionnel qui assure une continuité de l?aménagement sur l?ensemble de la ceinture, entre la gare Montparnasse, la gare d?Austerlitz et la gare de Lyon, et qui compatible avec un éventuel futur tramway des gares inscrit au P.A.D.D.

Les contraintes particulières présentes sur les parcours (les largeurs de chaussées qui varient, le marché du Val de Grâce, les hôpitaux, les gares, la volonté de conserver tous les alignements d?arbres) ont imposé un fonctionnement latéral sud sur les boulevards Port-Royal et Saint-Marcel.

Par ailleurs, la conservation du double sens pour la circulation générale sur toutes ces artères faisait partie des contraintes imposées au préalable.

Ce projet a donné lieu, Monsieur TRÉMÈGE, à 10 réunions publiques de concertation dans les 5e, 6e, 13e et 14e arrondissements et à trois réunions de la Commission extra municipale des déplacements.

Ce projet a été validé par l?ensemble des partenaires institutionnels : la R.A.T.P.,  la Préfecture de police, le S.T.I.F., la Direction régionale de l?équipement, la Préfecture de Paris, le Service des architectes des Bâtiments de France et le Conseil régional d?Ile-de-France qui en est un des co-financeurs, avec l?Etat et le S.T.I.F.

Aujourd?hui, les résultats obtenus et communiqués par la R.A.T.P. sont satisfaisants pour le bus. Des gains de régularité spectaculaires?

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Qu?est-ce que vous êtes sectaires ! Vous ne pouvez pas écouter quoi que ce soit.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Des gains de régularité spectaculaires : plus 54 %...

M. LE MAIRE DE PARIS. - J?y suis allé plusieurs fois.

M. Philippe GOUJON. - Vous avez bien vu que tout n?était pas satisfaisant.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Quand vous posez des questions, on vous écoute. Il n?y a que vous qui faites cela ! Vous n?écoutez jamais les réponses. Quelle culture politique ! C?est très révélateur.

Monsieur BAUPIN?

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci. La régularité s?est accrue de 54,7 % vers Bastille, de 26,3 % vers Montparnasse, ce qui est largement au-dessus des objectifs du Plan de déplacements urbains.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Les gains de vitesse sont également au rendez-vous : +37 % en moyenne vers Bastille, +20,5 % vers Montparnasse.

Mais visiblement, l?amélioration de nos bus ne vous intéresse pas, mais cela, nous le savions déjà.

Pour autant, deux problèmes demeurent.

Premier problème : un ralentissement excessif de la circulation automobile, lié au nombre important de feux tricolores et à la position très rapprochée de ceux-ci puisqu?il y a 10 carrefours sur 750 mètres.

Deuxième problème : une lisibilité insuffisante de l?espace, à la fois pour les piétons mais également pour les automobilistes. Comme me le faisait remarquer un architecte récemment, si nous avions des rails avec un tramway, là où nous avons le couloir de bus, sans doute que les gens identifieraient spécifiquement cet espace, mais il est vrai qu?il y a aujourd?hui un problème de lisibilité.

Il s?ensuit donc que l?accidentologie sur ces boulevards n?a pas suivi la baisse constatée par ailleurs dans le reste de Paris depuis 2001, y compris sur les autres boulevards aménagés.

Tout aménagement nouveau fait certes l?objet d?une période d?adaptation. Ainsi, le contresens sur le boulevard Saint-Michel avait aussi donné lieu à une augmentation de l?accidentologie. Mais il est clair que nous ne pouvons pas nous en satisfaire.

C?est la raison pour laquelle, comme l?a indiqué publiquement le Maire de Paris, les services de la Ville travaillent à des propositions d?amélioration de cet aménagement, qui sont élaborés avec l?aide d?un bureau d?études spécialisé en circulation et en signalisation, ainsi qu?avec un paysagiste conseil. Ces nouvelles propositions sont en cours d?élaboration. Dans ce contexte, nous avons l?objectif de réaliser les travaux d?aménagement pour l?été prochain.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Denis BAUPIN.

Un mot rapide de M. TRÉMÈGE.

M. Patrick TRÉMÈGE. - Monsieur le Maire, les riverains qui auront la totalité de l?intervention de M. BAUPIN jugeront sur pièce ! Pas un mot sur les coûts et pas un mot sur les questions ! Mais nous avons l?habitude ! Je dois être à ma cinquième question orale sur le sujet et, chaque fois, nous obtenons aussi peu de réponse de la part de votre adjoint.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je remercie surtout Denis BAUPIN qui fait un excellent travail, même si parfois il faut que nous nous autocorrigions.

Nous allons interrompre nos travaux en formation de Conseil municipal.