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2006, DJS 375 - Communication de M. le Maire de Paris sur la politique en faveur du sport à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons donc à l?examen de la communication sur la politique sportive de la Ville de Paris.

Avant de vous donner la parole, je vais vous donner mon sentiment.

Mes chers collègues, le sport occupe une place unique dans notre vie urbaine. Il transcende les différences et les origines sociales et constitue un langage quasi universel qui s?adresse à la fois à chaque individu et au collectif.

A l?heure où l?espérance de vie augmente de manière sensible, le sport concerne toutes les générations, du plus jeune au senior.

Facteur de santé et d?équilibre dans un cadre citadin souvent stressant, il est aussi un formidable élément de cohésion, de rencontre et de lien dans la cité.

C?est l?expression de cette dynamique multiple que nous devons favoriser et encourager. Elle est au c?ur de l?identité contemporaine d?une ville comme Paris; elle en est même une composante importante.

Afin de créer ou de moderniser les structures destinées à tous les Parisiens, notamment dans les domaines où les déficits étaient criants, il était donc nécessaire d?investir massivement et de façon adaptée entre sport de haut niveau et sport de masse.

Pour nous, en effet, opposer les deux n?a pas de sens. Le premier est à la fois source de rêve, de spectacle et de sensation intense. Il sert souvent de déclic en donnant envie de devenir soi-même pratiquant. Le second, je l?ai dit, est un levier essentiel à notre vie collective, porteur de valeurs au premier rang desquelles la tolérance et le respect de l?autre, quelle que soit son identité.

Par le passé, les politiques municipales ont longtemps concentré leurs efforts sur le sport d?élite au détriment des clubs et des équipements de proximité.

Par exemple, comment ne pas rappeler que la dernière piscine construite à Paris est celle de Reuilly, dans le 12e arrondissement, il y a déjà quatorze ans. C?est pourquoi dans ce domaine, les moyens d?investissement sont passés de 19,8 millions d?euros en 2000 à 46 millions d?euros, en 2006. En doublant le budget d?investissement dédié au sport, comme celui consacré au fonctionnement de la culture, nous assumons un choix symbolique d?une certaine conception de la ville et de ce qu?elle doit offrir aux habitants.

La communication que vous avez reçue détaille d?ailleurs la liste des nombreux équipements sportifs ouverts à chacun. Sans y revenir dans le détail, je souhaite insister sur quelques chantiers en particulier.

Par exemple, la piscine sur la Seine, bassin flottant qui permettra de se baigner, dès juin prochain, au pied de la bibliothèque François-Mitterrand. Elle sera ouverte dès cet été, tout comme la piscine Pailleron dont nous achevons la réhabilitation. Et en octobre, à cette même adresse, c?est la patinoire qui sera inaugurée.

De même, 7 gymnases et 7 salles de sport auront été ouverts au cours de la mandature. De nombreux espaces en libre accès ont également été créés, qui tiennent compte aussi de l?évolution des goûts de la jeunesse : des terrains de basket et de football de rue, des espaces rollers et de glisse urbaine, ainsi que de très nombreux murs d?escalade.

L?objectif est bien de contribuer à offrir des réponses utiles à tous les amateurs de sport, quels que soient leur âge, leur origine sociale ou leur niveau de ressources.

Dans cet esprit, nous avons instauré, dès 2001, une nouvelle politique tarifaire qui accorde la gratuité d?accès aux piscines et aux cours de tennis aux demandeurs d?emploi et aux allocataires du R.M.I. Elle étend en outre le bénéfice du tarif réduit aux jeunes de moins de 26 ans et, depuis 2005, les bénéficiaires de l?allocation parent isolé et de l?allocation d?insertion peuvent aussi prétendre à la gratuité.

Par ailleurs, dans le cadre du Bureau des Temps, nous avons procédé à l?élargissement des horaires des piscines. Ainsi, le nombre d?heures d?ouverture au public des 27 piscines municipales et des bassins écoles a progressé sensiblement entre 2000 et 2005.

En outre, point essentiel à nos yeux, un effort sans précédent est engagé depuis 2001 afin d?améliorer l?accessibilité des équipements sportifs aux personnes handicapées. Dans la ville du XXIe siècle, les espaces publics sont ceux où s?épanouissent vraiment la citoyenneté et la liberté et par là même l?apport de chacun à notre vie collective. Le handicap ne doit pas, ne doit plus, y être source d?isolement.

Dès lors, il fallait reconfigurer l?essentiel des structures sportives parisiennes. Enorme chantier, comme l?a confirmé un audit réalisé en 2004.

Concrètement, nous avons lancé des travaux pluriannuels dont la finalité est claire : s?assurer que d?ici à la fin de la mandature chaque arrondissement dispose d?au moins un gymnase, un stade et une piscine entièrement accessibles.

(Mouvements divers dans l'hémicycle).

? Qu?est-ce qui vous prend avec Deligny ? Elle n?était pas accessible aux handicapés? par rapport à la disparition de laquelle vous n?avez rien fait. Et nous avons fait une première piscine sur la Seine, dans le 13e arrondissement. Nous en ferons une deuxième, sans doute dans le 15e arrondissement. Nous faisons ce que vous ne faites pas.

Mais je peux dire ce que je veux. Je n?ai pas de permission à vous demander et je vais continuer sereinement cette intervention. J?étais en train de parler en plus des personnes handicapées. Concrètement, je parlais de chaque arrondissement qui doit disposer au moins d?un gymnase, d?un stade et d?une piscine entièrement accessibles.

C?est le cas du centre sportif Georges-Rigal dans le 11e arrondissement où un ascenseur a été créé pour desservir la piscine et le gymnase alors que les douches, les vestiaires et les sanitaires étaient adaptés.

Nous avons également proposé d?autres évolutions aussi rapides et opérationnelles que possible. Les exemples sont très divers : acquérir des chaises de mise à l?eau pour les piscines municipales qui n?en disposaient pas, mettre aux normes l?ensemble des écoles parisiennes ou encore généraliser la mise en place d?une signalétique spécifique sur les bâtiments sportifs de la Ville pour mieux orienter les personnes handicapées.

Je précise en outre que la ?Fédération française Handisports? a bénéficié en 2005 d?une subvention exceptionnelle de 350.000 euros ventilés sur trois ans et destinée notamment à la réalisation d?un centre de formation à Paris. Cet effort important en faveur du handisport traduit aussi notre volonté de construire et d?innover aux côtés des associations sportives dont je rappelle que les subventions ont été revalorisées de 16 % entre 2000 et 2005.

Cette évolution s?inscrit dans une dynamique en faveur d?un véritable service public d?animation sportive s?adressant à tous les publics. Ainsi, les activités sportives périscolaires, les ateliers bleus sportifs et les écoles municipales des sports concernent des dizaines de milliers de petits Parisiens. De plus, sont proposées de très nombreuses initiations et animations dans une grande variété de disciplines, notamment dans les centres sport nature et à l?occasion de ?Paris sur glace? et ?Paris plage?.

Surtout les centres sports découvertes, qui touchent environ 2.800 jeunes, favorisent une démarche extrêmement précieuse de prévention, d?intégration et de cohésion sociale. A ce chapitre, je serais incomplet si j?omettais de préciser que chaque réhabilitation ou création d?équipements accorde une place centrale à la notion de développement durable. Je mentionnerai notamment l?exemple de la piscine Belleville dont l?eau du bassin et des douches est chauffée à partir de capteurs solaires.

J?en profite pour rappeler que ce même souci environnemental nous guide dans la mise en concurrence des candidats à la gestion de la Croix Catelan puisque le cahier des charges leur impose le respect absolu de la charte des bois. Sur ce dossier, je veux tout simplement redire aujourd?hui que le meilleur l?emportera dans la fidélité à l?esprit du sport. La mise en place d?une commission pluraliste, excellente suggestion du groupe U.M.P. que j?ai reprise à mon compte, illustre cet état d?esprit.

Moi, je suis sport ! J?observe d?ailleurs que d?ores et déjà écoutez bien ce que je vais dire - cette approche inédite de mise en concurrence semble stimuler les candidats, y compris ceux qui sont actuellement titulaires de cette concession et qui peuvent tout à fait gagner comme les autres, et dessiner des perspectives très intéressantes pour notre collectivité aussi bien en termes de destination future de ce lieu domaniale que de retombées financières avec la proposition de multiplier la redevance par 13. J?imagine que nous avons bien fait de faire une mise en concurrence. Je ne comprends pas, sur certains points, je suis vraiment beaucoup pour la concurrence !

Ce dernier point offre une transition logique avec le sport de haut niveau dont notre Municipalité est un soutien actif, loyal et vigilant. Ainsi, depuis 2001, nous avons concentré notre effort sur une quinzaine de grands clubs sportifs qui en 2005 ont reçu 7,1 millions d?euros de subventions dans le strict respect de la loi Buffet. Ces subventions, je le rappelle, ne servent en aucun cas à payer les joueurs ou à financer les transferts. Elles sont essentiellement dirigées vers des actions de prévention et de formation très appréciées des Parisiens.

Je pense, par exemple, aux écoles municipales des sports de rugby qui sont organisées à Marcoussis lors des vacances scolaires en synergie avec le Stade français et son entraîneur Fabien GALTHIÉ. Celui-ci joue d?ailleurs un rôle très important auprès de la Ville et je veux saluer son investissement à nos côtés pour promouvoir le sport auprès des jeunes de la Capitale.

Je mentionnerai aussi dans le domaine du football, la cession récente du P.S.G. par Canal Plus qui a conduit la Municipalité à veiller à la qualité du projet sportif des repreneurs ainsi qu?à la traçabilité des fonds. Notre volonté, bien entendu, est d?établir un partenariat dynamique et fécond avec la future équipe dirigeante. Le P.S.G. occupe une place particulière dans le c?ur des Parisiens. Il fait partie de l?histoire contemporaine de notre cité dont il est un ambassadeur sur la scène nationale et internationale. C?est pourquoi il est essentiel que la Ville de Paris demeure un interlocuteur privilégié exigeant et actif pour le Paris Saint-Germain. Je sais, d?ailleurs, que beaucoup sur ces bancs, au-delà de nos différences politiques, partagent une telle préoccupation.

C?est bien notre volonté et elle va de pair avec la nécessité de combattre le petit groupe d?individus malsains et dangereux dont les comportements racistes et antisémites salissent l?image de ce club et de notre Ville. Nous attendons des pouvoirs publics et notamment du Ministère de l?Intérieur et de la Justice qu?ils agissent vite et de manière efficace pour que seuls les idéaux du sport soient effectivement présents dans les tribunes occupées par de vrais supporters.

Plus largement, nous devons veiller à ce que les grands clubs professionnels puissent disposer d?équipements performants et adaptés à leurs attentes. Pour ne prendre qu?un seul exemple, j?ai réaffirmé récemment notre ambition de réaliser un grand stade de rugby à Jean-Bouin. Le P.S.G. a sa maison : le Parc-des-Princes. Le Stade français mérite largement la sienne. Et je souhaite qu?elle sorte de terre dans les toutes prochaines années. Ce serait, d?ailleurs, une manière de démontrer la qualité de l?héritage de notre candidature olympique.

Au-delà de la décision du C.I.O. qui a provoqué la légitime tristesse des Parisiens, il y a finalement deux façons d?envisager la suite : pour certains, il y a là un petit capital électoral qu?il faut exploiter coûte que coûte, fut-ce au prix d?une réécriture caricaturale et pour tout dire mesquine de l?Histoire. Pour notre part, nous préférons puiser dans cette formidable dynamique populaire afin de proposer aux citoyens des services et des équipements nouveaux qui seront la trace de cette belle aventure. Jean Bouin, je l?ai dit, mais aussi le stade nautique d?Aubervilliers pour lequel je veux confirmer l?engagement de la Ville de Paris de financer à hauteur de 20 % en contrepartie de créneaux horaires ouverts aux  Parisiens.

Voilà, mes chers collègues, quelques éléments que je souhaitais livrer à notre débat. Paris aime le sport comme le montrent ses 240.000 licenciés. Son c?ur bat au rythme des grands événements que nous soutenons. Le Marathon de Paris, la course féminine La Parisienne, le Semi-Marathon, les Vingt kilomètres de Paris, le Tour de France, le Tournoi de Judo de Paris, hier, les championnats du monde d?athlétisme, demain la Coupe du monde de Rugby, autant de fêtes très populaires qui permettent la participation commune des champions et des amateurs. C?est aussi cette dimension là qui oriente notre démarche.

Je veux remercier très chaleureusement Pascal CHERKI pour son action, sa passion sincère?

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Ah, non. J?irai au bout. Alors, je répète, très chaleureusement pour son action, sa passion sincère et les liens de qualité qu?il a tissés avec tous les acteurs du sport de Paris. Et je veux même souligner ses performances de gardien de but.

Je veux également saluer la directrice de la Jeunesse et des sports ainsi que tout le personnel de la DJS?

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

? pour l?efficacité de leur travail et de leur engagement. Ensemble, nous voulons que les valeurs du sport fassent durablement écho à celles de Paris parce qu?elles sont sources d?harmonie, d?émotion et d?épanouissement mais aussi parce que chaque moment dédié au sport est une manière féconde d?agrémenter son quotidien et d?inscrire vitalité, énergie et même plaisir partagé dans notre paysage urbain.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Conformément aux décisions de la conférence d?organisation, je vais vous donner la parole à tour de rôle.

La parole est d?abord à M. BRAVO.

M. Jacques BRAVO, maire du 9e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Je suis heureux, c?est vrai, d?intervenir sur cette délibération en faveur du sport à Paris qui constitue une première et concerne une vraie passion pour de nombreux Parisiens, moi compris.

Course à pied, rugby, tennis, football, natation, vélo, le sport est devenu omniprésent dans notre vie quotidienne et mobilise un nombre croissant de participants, de bénévoles et de spectateurs. On compte aujourd?hui 240.000 licenciés sportifs à Paris.

Le sport rassemble? Et j?espère que notre débat ne sera pas marqué par des petites polémiques politiciennes qui seraient décalées par rapport à cet esprit. Il rassemble parce qu?il est tout d?abord un fabuleux facteur de mixité sociale. Il favorise la cohésion sociale. Il est un extraordinaire outil d?intégration. Il incite également à participer à la vie de la Cité. C?est une source d?épanouissement individuel et c?est un bien public.

Vous avez raison de le dire, Monsieur le Maire : Paris aime le sport, Paris est une grande capitale sportive, Paris veut donner au sport la place qui lui convient.

En la matière, il fallait faire davantage que dans les mandatures précédentes car elles se sont bornées selon moi - c?était leur choix- aux équipements de prestige et au soutien au sport de haut niveau. Tout a bien changé depuis 5 ans. Nos comptes financiers font ressortir que le montant total des investissements en matière d?équipements sportifs a doublé d?une mandature à l?autre : 290 millions d?euros depuis 2001 contre 123 millions d?euros cumulés durant la mandature précédente.

Oui, c?est vrai, cette mandature sera marquée par le doublement des crédits d?équipements dans deux secteurs répondant à la demande des Parisiens : la culture et le sport. Dans les deux secteurs.

L?actuelle mandature tente de rattraper toutes les lacunes de la mandature précédente par une politique qui s?articule autour de trois objectifs.

Le premier, c?est la création de nouveaux équipements sportifs et la modernisation du patrimoine à travers la relance de l?investissement sportif. La communication de Pascal CHERKI développe très bien tous ces points-là. Je voudrais signaler que dans ce cadre un effort est engagé pour améliorer l?accessibilité des équipements sportifs aux personnes handicapées. Un programme pluriannuel de travaux est en cours afin que chaque arrondissement soit doté d?équipements sportifs entièrement accessibles. J?approuve résolument ce développement du handisport.

Le deuxième objectif, c?est le développement du sport pour tous à travers le soutien résolu au mouvement sportif. J?observe notamment que dans les piscines les pratiques individuelles ont progressé de 31 %. J?observe que les subventions aux associations sportives ont augmenté de 16 % depuis l?an 2000, que le nombre d?associations sportives subventionnées vient de passer de 535 à 605 et que le montant des dotations qui leur sont allouées est passé de 2,9 millions euros à 3,3 millions.

Je relève avec satisfaction le soutien particulier, vous l?avez dit, au sport féminin et à cette magnifique course ?La Parisienne? qui mobilise désormais 10.000 participantes. Mais j?ai en mémoire - et je veux dire un mot- la fabuleuse journée du 5 juin 2005 qui a rassemblé plus d?un million de personnes sur les Champs-Elysées, grand rassemblement sportif et festif pour promouvoir, un mois avant, la candidature de Paris aux Jeux olympiques 2012.

J?observe que certains esprits continuent de ressasser l?échec de la candidature de Paris pour les Jeux olympiques 2012 dans l?intention bien claire de faire porter le chapeau à quelqu?un d?autre. Et je veux en dire un mot car un an après ma blessure? notre blessure est toujours aussi vive.

Je conserve, pour ma part, précieusement deux réactions.

La première, chers collègues, est celle du grand Jean-Claude KILLY quand il rappelle dans le journal ?L?Equipe? du 10 février 2006 que trois des quatre votants italiens ont dit avoir voté contre Paris après lui avoir garanti les yeux dans les yeux leur voix. Cette seule bascule est ce qui sépare la défaite de la victoire. Et Jean-Claude KILLY commente que les politiques se sont très bien tenus et même bien entendus. Il ajoute que Jean-François LAMOUR a été solide et sûr et que Bertrand DELANOË a fait un excellent travail, quand bien même, dit-il, nous ne sommes pas exactement du même bord politique.

La deuxième citation vient d?une tribune du journal ?Libération? parue le matin du 5 juillet 2005, veille du jour fatidique de Singapour. J?y lis que jamais l?engagement des Parisiens n?a été aussi fort que pour cette candidature et que le soutien massif de la population pour porter ce projet a permis de donner une âme à un dossier technique remarquablement constitué. En ce sens, il est écrit dans ?Libération? que cette candidature, qui a mobilisé la totalité des acteurs impliqués, est un facteur de rassemblement au service d?un grand projet commun et d?une grande ambition collective.

Eh bien, chers collègues, je souscris pleinement, sans en changer un mot, à cette déclaration lucide et généreuse signée par Mme de PANAFIEU.

Je voudrais dire un dernier mot sur le débat actuel sur le dossier de la Croix-Catelan. Les commentaires commencent à fleurir sur le renouvellement de la convention d?occupation du domaine public et je les trouve assez stupéfiants. Ils me conduisent à rappeler quelques fondamentaux, comme on dit au sport.

Faut-il rompre ou ne pas rompre avec cette pratique très particulière et ancienne qui a vu la Ville de Paris renouveler systématiquement depuis 120 ans la convention de 1886 la liant sur ce site à un grand club sportif omnisports ? Pourquoi brandir le risque de favoritisme au moment même où la Ville veut enfin faire jouer l?émulation et la concurrence ? Pourquoi serait-on gênés par la transparence que vont entraîner les travaux de la commission spéciale, présidée par Mireille FLAM, que le Maire vient de mettre en place conformément aux v?ux de l?U.M.P. adoptés par notre Assemblée début avril ? Veut-on ou non préserver la vocation sportive de ce site ? Comment élargir l?ouverture de ce site aux pratiques et aux pratiquants du sport à Paris ? Enfin, pourquoi renoncerait-on à un réajustement tellement justifié de la redevance que la Ville est en droit d?en attendre ?

J?avoue, pour ma part, être surpris par certains arguments et j?approuve la décision du Maire d?avoir ouvert ce dossier sur le fond, en choisissant la procédure de renouvellement de la convention d?occupation du domaine public, et non pas celle de la DSP (loi Sapin).

En effet, chers collègues, nous devons et nous devons rester dans une logique d?occupation domaniale. Car gérer un club sportif, et même un très grand club, ne relève pas du service public. Ce n?est pas un hasard si aucune commune en France n?a fait basculer la gestion d?un grand club sportif en régie municipale. Gérer un club n?est pas non plus gérer une salle. Je dis donc que l?alternative est bien à ce niveau. La logique d?un club sportif n?est pas celle d?un service en régie.

J?ai la conviction, fondée sur toutes mes pratiques sportives, qu?il faut à Paris des clubs sportifs, des grands clubs, des vrais clubs, avec tout ce que cela implique d?indépendance, de conditions de fonctionnement, d?ouverture et de fermeture, de politique tarifaire, de sections de sport de haut niveau nécessitant pour partie des cotisations ad hoc pour équilibrer des trésoreries. Il faut également des capacités d?émulation de sport santé, de sport bien-être, de sport loisirs, de sport d?insertion, de sport de proximité, de sport pour tous.

Je le dis avec force : la voie de la DSP est ici inadaptée. C?est bien sur la convention d?occupation domaniale qu?il faut travailler ensemble.

Si donc il est nécessaire que Paris dispose de grands clubs, notamment omnisports, il faut intégrer dans nos débats la nécessité qui leur incombe d?équilibrer leurs comptes, de maîtriser leurs dépenses et d?avoir des politiques tarifaires adaptées.

Je demande à ceux et à celles qui récuseraient cette logique d?avoir le courage d?aller au bout de leur raisonnement et de dire clairement les conditions dans lesquelles pourrait s?exercer le sport à Paris sans nos grands clubs, et le cas échéant d?expliciter les impacts énormes qu?il y aurait sur nos budgets municipaux?

En conclusion, je vous invite tous à être attentifs aux discussions en cours pour que soient respectées, par la négociation, nos ambitions pour les Parisiennes et les Parisiens : maintenir la vocation sportive de l?emprise de la Croix-Catelan, intégrer dans le projet final une ouverture accrue aux pratiques et aux pratiquants du sport en milieu urbain, définir un projet sportif, relancer les équipements, augmenter la redevance, conforter le sport de haut niveau mais aussi soutenir les diverses segments d?une politique omnisport pour tous les Parisiens.

Ce projet tant attendu étant lui-même positif, Monsieur le Maire, il doit bénéficier à tous les pratiquants du sport à Paris. Je vous remercie d?avoir ouvert les conditions nécessaires pour traiter correctement et, sur le fond, les voies et moyens des politiques sportives et je félicite naturellement, au nom du groupe des élus socialistes et radicaux, Pascal CHERKI pour sa clairvoyance et l?efficacité de son action pour le sport. J?y associe naturellement l?ensemble des services de la D.J.S. et leur directrice. Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. BARIANI.

M. Didier BARIANI. - Je parlerai de la Croix-Catelan quand notre Commission aura fini de recevoir les candidats ! Il eût été étonnant que votre communication sur la politique sportive de la Ville sacrifia au masochisme. De fait, elle ne le fait pas. Vous manifestez, Monsieur le Maire, pour le sport, un engouement que je crois sincère. Voilà au moins une passion que nous partageons. C?est pourquoi, finalement, je reprends le masochisme à mon compte, je n?ai que 10 minutes et j?ai tellement de choses à vous dire !

Avant tout, je suis heureux que vous réaffirmiez explicitement votre attachement aux valeurs universalistes du sport, à ses vertus de rassemblement et de tolérance. Le sport doit être défendu pour ce qu?il est, un moyen privilégié d?émancipation et de libération de l?individu. C?est pourquoi, et c?est directement lié, j?ai dénoncé, avec d?autres, certains sont ici dans cette salle, la honteuse organisation de la prostitution pendant la Coupe du Monde de football qui doit avoir lieu en Allemagne le mois prochain. La passivité de la F.I.F.A. sur cette question mérite d?être soulignée. C?est au spectacle d?un invraisemblable cynisme que nous sommes conviés, au pire des comportements tout en prétendant n?y être pour rien. Qu?il me soit permis de dire que notre Conseil ne peut pas, Monsieur le Maire, ignorer cette sinistre situation.

Avec les membres du groupe U.D.F., je présente un v?u. J?espère que vous donnerez votre accord pour que tout le monde l?adopte afin que nous nous mobilisions définitivement sur ce sujet. Paris aime le sport, c?est vrai ! Elle est aussi une ville humaniste, engagée sur la question des droits humains. Confrontés à la réalité de l?esclavage sexuel, il nous incombe de demander à la F.I.F.A. la mise en ?uvre d?une campagne de sensibilisation pour que chaque spectateur prenne conscience de l?exploitation et de la violence dont les femmes sont victimes à proximité du stade olympique de Berlin.

Les attentes et les motivations des Parisiens désireux de pratiquer une activité sportive à Paris évoluent. A travers les dispositions prises sur les équipements - c?est la partie où je vais aller avec vous - à travers un soutien aux associations, vous y apportez les correctifs de bons sens qui accompagnent cette tendance. Je note simplement que si les subventions augmentent de 16 %, c?est aussi parce que le nombre des associations subventionnées s?accroît, lui de 13 %. On ne va pas, Monsieur le Maire, vous en blâmer mais souffrez que l?on ne vous acclame pas non plus. Les temps changent et la modernisation d?un certain nombre de choses s?impose naturellement. D?ailleurs, entre parenthèses, vos prédécesseurs ne s?étaient pas montrés inertes en la matière, loin s?en faut. La politique sportive de la Ville ne date pas d?hier. Vous la faites simplement évoluer dans la continuité.

Mais, Monsieur le Maire, force est de constater que votre effort porte principalement sur le sport ?loisir? et le sport de ?proximité?. C?est vrai qu?il y a une demande nouvelle, je ne la nie pas, et il faut la satisfaire. Mais vous dites vous-même que ce n?est pas la seule. Il en existe d?autres, avec d?autres publics, qui ne bénéficient pas du même traitement.

Vous avancez, certes, un bilan significatif sur les piscines, sur la multiplication des bassins, sur les tarifs, sur les horaires. Moi, je souscris volontiers aux mesures que vous mettez en ?uvre. Ce n?est pas la révolution mais vous accompagnez honorablement les aspirations aux loisirs d?eau des Parisiens. L?accès aux loisirs bénéficiait surtout aux clubs et aux scolaires, la situation devait être rééquilibrée pour les particuliers, dont acte. Je veux attirer votre attention sur un point, Monsieur le Maire : l?ensemble des équipements doit bénéficier au public et ne faire l?objet d?aucune captation. C?est pourquoi nous refuserons toute concession à la logique de communautarisation dont les équipements peuvent parfois être la cible. Dans certains quartiers Est de Paris notamment, des demandes d?horaires différents pour les hommes et pour les femmes qui émanent de groupes dont les convictions religieuses n?ont pas à s?imposer sauf à considérer que la mixité n?est plus l?indispensable corollaire de la laïcité et doivent être combattues.

Dont acte pour le sport détente. Les faiblesses de votre politique, il fallait bien y arriver, sont ailleurs. Je ne vous trouve pas très disant sur la politique de prévention par le sport et sur la mise en place de la filière d?action sportive qui reste embryonnaire. Elle constitue une nouvelle approche, en rupture avec la gestion patrimoniale qui prévalait antérieurement et c?est bien. L?action de terrain dans les équipements municipaux à des fins de prévention et d?animation, ce n?est peut-être pas très médiatique. Les dividendes ne sont peut-être pas très immédiats, mais il s?agit d?un travail de fond important. Les terrains de jeux ne doivent jamais devenir des territoires. L?accessibilité des équipements sportifs et notamment des T.E.P. aux jeunes est un enjeu majeur. Il faut aux centres ?sports découvertes? de vrais projets pédagogiques. La prévention contre la délinquance, l?insertion et l?intégration des jeunes par le sport, ce n?est pas la panacée, on est d?accord. Cela ne vaut pas thérapie universelle, on est d?accord mais, au vu de l?ampleur du problème, le sujet mérite une meilleure place dans votre politique qui manque de volontarisme sur ce sujet.

Parfois, nous en venons au P.S.G., c?est même le bon sens de vos orientations qui est discutable. Pour ce qui est de la reprise du P.S.G. par les capitaux privés, vous avez, en notre présence, demandé à Alain CAYZAC des garanties qui s?imposent sur la traçabilité des capitaux, le projet sportif, la rigueur de la gestion et le respect des valeurs. Dont acte. De la même manière, il n?y a aucune concession à faire au racisme et à la violence. C?est vrai que les relations entre le P.S.G. et la Ville de Paris vont au-delà de la convention et de sa lettre. Mais il n?en reste pas moins que les repreneurs voudront rentabiliser le Parc des Princes, organiser des concerts, voire réserver une zone aux commerces des produits dérivés.

Alors, Monsieur le Maire, nous y voilà. Vouloir doter en même temps la Capitale d?un grand stade de rugby à Jean Bouin qui est juste à côté, 6 mètres d?écart, à côté du Parc-des-Princes est une profonde erreur. Cela fait peut-être sûrement plaisir à Max GUAZZINI mais si, par malheur, les deux clubs jouent la même journée, alors la situation sera sinistrée dans le quartier. Je laisse aux élus du 16e?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous permettez que je vous dise quelque chose ? S?ils jouent la même journée au Parc-des-Princes, cela va être encore plus compliqué que s?ils sont à 3 mètres d?intervalle.

M. Didier BARIANI. - Oui, mais justement. J?ai joué avec le Paris Football Club à Charléty et je ne comprends pas pourquoi ils ne vont pas là-bas. Le Stade français mérite d?être accompagné dans sa réussite. Mais, Monsieur le Maire, pas à Jean Bouin, surtout pas à Jean Bouin !

Sous réserve d?aménagements, le stade Charléty, desservi maintenant par le tramway, aurait pu constituer une vraie solution. La Ville en reprend la gestion directe. Excusez-moi, le tournoi à 7 de rugby ?Seven?s?, les manifestations liées au Centenaire du P.U.C. et le ?DécaNation? ne réussiront pas à sortir cet équipement d?une sous-utilisation durable. Un Centenaire, c?est une fois par siècle. Vous deviez mettre le Stade français à Charléty, c?était naturel, vous régliez deux problèmes d?un coup.

Concernant le sport de masse, vous faites bien peu, je trouve.

Je vais vous dire quelque chose. Bagatelle, j?ai commencé à y jouer il y a 55 ans. Pershing pareil, le Polygone de Vincennes pareil. Ils sont dans le même état qu?il y a 55 ans. Quand on a le mauvais tirage au sort, il faut remonter la pente et quand on a la deuxième mi-temps, on la descend. Ce ne sont pas des terrains qui méritent d?être arrangés et équipés, ils méritent d?être complètement refondus. Ces plaines de jeux sont calamiteuses et, pour le sport de masse, c?est un vrai problème. Je suis sûr que vous m?entendrez et que l?on refera de fond en comble les trois grandes zones de jeux pour le sport de masse.

Et alors je vais vous dire, c?est aussi un problème. Je n?ignore pas que l?on prend en charge 50 % du financement et de l?entretien des parcs interdépartementaux. D?abord, je voudrais savoir, Pascal CHERKI va sûrement me le dire, ce que devient le terrain d?Orly dont vous ne dîtes pas un mot. Est-ce qu?on s?en désengage ?

Deuxièmement, je suis convaincu, c?est un problème depuis longtemps, qu?il faut qu?avec les départements autour de Paris, quitte à la gérer en commun, nous tentions d?acquérir une nouvelle plaine de jeux hors Paris afin d?apporter une solution aux clubs qui ne trouvent pas de surface pour jouer. Je voulais vous dire que je suis favorable comme Pascal CHERKI à ce qu?il y ait un district de foot à Paris. Très bien, bien sûr, mais, Monsieur CHERKI, il faut nous refaire Bagatelle, j?y jouerai peut-être avec vous. Voilà.

Je n?ai jamais été de ceux qui vous ont fait porter le poids de l?échec à Singapour. Jamais, jamais. Je ne suis même pas sûr que je n?aurai pas eu certaines réactions identiques aux vôtres. Seulement voilà, je m?étonne un peu de la disparition de certains équipements. Ce fameux super dôme faisait partie des cinq sites, au même titre que le stade nautique d?Aubervilliers, que le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, que le centre de tir de Versailles. L?ambition de la Ville était, je cite : ?de faire du super dôme un aménagement moteur pour la requalification du site de la porte de la Chapelle?.

Et voilà, maintenant, il n?y en a plus un mot ; on n?en parle plus et le P.O.P.B., il y a vingt ans, c?était très bien. Maintenant, il ne suffit plus et certains tours internationaux ne viennent plus à Paris.

Voyez-vous, c?est un peu une performance au sens sportif du terme, de répondre à un long plaidoyer pour la politique sportive à Paris. Il n?y a pas, dans votre politique sportive, Monsieur le Maire, que des éléments négatifs, loin s?en faut, je l?ai dit. Il y a pour nos clubs un manque de terrains en bon état, notamment pour que la Ligue de Paris Ile-de-France de football puisse affilier tous les clubs qui le demandent et qu?on refuse de prendre en compte à la Ligue, parce qu?on n?a pas de terrain à leur donner. Ce sont des choses importantes.

Votre politique, Monsieur le Maire, j?ai dit qu?elle n?était pas masochiste quand vous l?exprimez ; moi, je ne suis pas sectaire quand je vous en parle. J?ai pour le sport une passion qui s?appuie sur un peu plus de cinquante ans de pratique.

Je voudrais que vous teniez compte de ce que j?ai dit pour cette fameuse et horrible affaire d?Artémis de Berlin. Cela, c?est la vocation humaniste et sportive de la Ville. Je voudrais que vous en teniez compte pour le sport de masse et dont acte que vous avez fait des choses dans lesquelles nous pouvons nous-mêmes nous reconnaître.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pascal CHERKI vous répondra.

Je vais vous dire d?abord mon engagement total. Vous avez totalement raison, ce qui se prépare à Berlin gâche la fête du sport. C?est un vrai scandale et nous devons être, ensemble, extrêmement réactifs.

En revanche, je vais vous confirmer un désaccord. On peut tout à fait réaménager la porte de la Chapelle et Jean-Pierre CAFFET et Daniel VAILLANT y travaillent avec intelligence. J?y vois des idées qui me plaisent beaucoup. Je ne suis pas sûr qu?il y ait besoin, puisque les Jeux n?ont pas lieu en 2012 à Paris, de faire un super dôme. On peut tout à fait aménager cet espace parisien et consacrer nos investissements à d?autres équipements parisiens, en particulier sur le plan sportif. Voilà l?état actuel de ma réflexion.

La parole est à René DUTREY.

M. René DUTREY. - Je ferai tout d?abord une comparaison : la politique sportive menée sous l?ancienne mandature était pour le moins minimaliste. Elle se résumait en deux axes : distribuer des créneaux à des associations, avec parfois l?apparition d?un clientélisme larvé et, ensuite, soutenir le sport professionnel, avec entre autres la subvention au Paris-Saint-Germain que nous connaissons.

Cette politique du guichet n?a absolument pas pris en considération le sous-équipement notoire en matière d?équipements sportifs de la Capitale, avec des investissements extrêmement limités. On constate une application stricte d?une vision élitiste de la pratique sportive.

Beaucoup de choses ont été réalisées depuis 2001. On saluera d?abord l?effort très important en matière de création de nouveaux équipements. Les budgets alloués à l?investissement en la matière ont été considérables depuis le début de la mandature. Parmi les profonds changements, on remarque, par exemple, que la place des personnes porteuses de handicap a été réellement prise en compte, afin qu?elles puissent comme tout un chacun accéder au plaisir de la pratique des activités sportives et de bien-être. Quinze piscines sont équipées de chaises de mise à l?eau et d?autres en seront bientôt pourvues. D?ici à la fin de la mandature, chaque arrondissement sera pourvu d?une piscine, d?un gymnase et d?un stade accessibles.

De nombreux créneaux horaires sont réservés à quelques 50 associations soutenues financièrement à travers des subventions attribuées par notre collectivité. 16 ?ateliers bleus sportifs? ont été créés dans les écoles accueillant des C.L.I.S. et 5 autres seront créés annuellement.

Enfin, Paris est devenu l?un des principaux partenaires de la Fédération française de handisport.

Autre avancée de cette mandature, les partenariats avec les associations ont pour certains été éclaircis avec la signature d?un certain nombre de conventions d?objectifs. La création d?une filière d?animation sportive participe également à créer une offre plus diversifiée.

Toutes ces réalisations vont dans le même sens : rendre accessible au plus grand nombre la pratique sportive, objectif que nous partageons. Mais de nombreux obstacles existent encore pour permettre à tout un chacun d?avoir facilement accès au sport, en premier lieu desquels les problèmes de tarif.

Que ce soit les allocataires du R.M.I., les jeunes aux faibles ressources, une majorité de demandeurs d?emploi, les tarifs pratiqués par les associations aujourd?hui à Paris, mais aussi dans certaines activités proposées par la Ville, empêchent ces populations d?avoir accès au sport.

Cela a des effets concrets dans les quartiers. Des groupes de jeunes souvent issus des logements sociaux passent leur soirée devant un équipement sportif de la Ville sans jamais pouvoir y rentrer. La pratique du sport dite informelle ou de loisir, le groupe d?amis désireux de faire du sport ensemble ne peut être accueilli que dans les ?city stades de rue? encore trop peu nombreux.

Nous devons aller plus loin dans notre politique pour faciliter l?accès aux pratiques sportives. Un équilibre plus juste doit être trouvé entre associations et accès libre encadré dans les équipements. C?est ce que vous avez fait pour les piscines. Il faut continuer sur d?autres équipements.

Ensuite, la Ville doit s?appuyer sur la nouvelle filière créée dite d?animation sportive pour créer un véritable service public du sport qui proposerait des activités accessibles et ciblées, entre autres, vers les populations citées ci-dessus.

Les partenariats avec les associations doivent être systématisés et complétés. Chaque réservation de créneau, chaque obtention de subvention, devrait à notre avis faire l?objet d?une convention d?objectifs, afin de faire correspondre la volonté de la Ville de Paris et les politiques menées par les associations.

En matière de tarif, par exemple, l?obligation d?appliquer la règle du quotient familial dans tous les tarifs des associations occupant des équipements municipaux serait à mettre en ?uvre. Elle permettrait de rendre accessible l?ensemble des activités proposées par le monde associatif aux personnes et familles à faibles revenus.

Le principe de l?égalité homme/femme et la réalisation d?actions pour l?encourager devraient être également intégrés dans les conventions d?objectifs avec les associations pour que ceux-ci trouvent une application concrète car, ne l?oublions pas, la mise en place des stéréotypes sexistes commence dès qu?il y a impossibilité, pour l?un ou l?autre sexe, d?exercer une activité sportive parce qu?il n?est pas du bon sexe.

Ensuite, l?un et l?autre intègrent cette différence, voire cette frustration, pour reproduire plus tard ces stéréotypes. Et l?on entend alors ?C?est un truc de fille? ou ?C?est un truc de mec?. Non, c?est un désir individuel d?épanouissement qui doit pouvoir se réaliser. L?égalité est à ce prix.

Pour cela, nous devons nous doter d?outils méthodologiques, comme les statistiques ?genrées?, afin d?avoir une photographie de la réelle participation des uns et des unes et des autres aux diverses activités proposées et de pointer là où des manques ou des distorsions existent.

Par exemple, sommes-nous capables aujourd?hui de dire combien d?hommes ou combien de femmes fréquentent les clubs, les T.E.P. ? Savons-nous si l?offre en direction des publics féminins est de même diversité ou de même quantité que celles qui sont offertes au public masculin ? Sommes-nous capables de dire combien de garçons ou d?hommes font de la danse ou de la gymnastique et combien de filles font du football ou de la boxe française, aujourd?hui ?

Pour ce qui est du soutien à la pratique du sport informel, plusieurs chantiers doivent être mis en ?uvre. Les city stades, ces espaces de sport de rue, doivent faire l?objet d?une programmation pour leur développement partout où cela est possible. Il faudrait également, c?est un détail peut-être, un jour régler cette anomalie : les services des Espaces verts gèrent de nombreux city stades présents dans les jardins parisiens. La création ou la rénovation de ce type d?équipements pèse sur le budget de création et de rénovation des jardins. Ceci ne manque pas de poser des problèmes en matière d?entretien et de gestion.

Les cours délivrés également dans les jardins publics rencontrent un réel succès. Ils doivent à notre avis être soutenus et développés. Faire pratiquer du sport au plus grand nombre, partout où cela est possible, doit rester, bien sûr, notre principal objectif. Les possibilités offertes par certaines opportunités, comme la Croix-Catelan dans le bois de Boulogne, doivent nous interpeller.

Rappelons que la Croix-Catelan, terrain de la Ville de Paris mis à disposition par concession, réservé à quelques Parisiens très aisés, comporte autant de terrains de tennis que l?ensemble du parc municipal en plus d?une piscine de cinquante mètres, chauffée.

L?immense majorité des élus de cette Assemblée souhaite que ces lieux soient accessibles au maximum des Parisiens. Il s?agirait de s?en donner les moyens.

Pour compléter ce propos et pour ne pas caricaturer les positions qui ont pu être exprimées par le groupe ?Les Verts?, je différencierai deux types d?activités qu?il y a aujourd?hui à la Croix-Catelan. Il y a un club sportif, c?est bien normal, qui mène des activités de type professionnel. Il y a également un club privé, un club de ?happy few?, qui profite de la Croix-Catelan à des tarifs absolument exorbitants et qui empêchent effectivement les Parisiens d?y avoir accès.

Oui, il y a un débat sur la formule juridique. Oui, il y a un débat car, aujourd?hui, une convention d?occupation domaniale empêche, dans le cahier des charges, d?imposer des obligations d?ouverture publique aux concessionnaires.

Nous sommes donc en train de débattre sur des offres, en utilisant le critère de l?ouverture publique au plus grand nombre des Parisiens, alors que cette ouverture publique ne peut pas figurer dans le cahier des charges pour la bonne raison que seule une délégation de service public pourra le faire.

Ne caricaturons pas les positions, il ne s?agit pas d?exclure les clubs professionnels de l?accès à un terrain pour pouvoir mener leurs activités, mais, en revanche, le club privé de ?happy few? sur un terrain de la Ville, nous ne pourrons pas continuer à le supporter.

La politique de notre Municipalité a été profondément réorientée depuis 2001. Beaucoup d?argent a été investi. Le peu d?information en matière de programmation future dans la communication laisse à penser que le rythme d?investissement ne serait peut-être pas maintenu. Paris a beaucoup créé d?équipements, mais reste en situation de sous-équipement absolue. Les ratios parisiens de gymnases ou de piscines par habitant sont encore loin de la majorité des communes de la première couronne. Un gros effort a été fait, il s?agirait de ne pas s?arrêter en chemin.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

?Mens sana in corpore sano? : un esprit sain dans un corps sain. A l?heure où précarité rime tristement avec génération télé-canapé, sédentarité et où se manifeste une progression inquiétante de l?obésité, le vieil enseignement contenu dans la maxime de Juvénal, nous invite certes à chausser nos baskets et à bouger pour notre santé, mais surtout à rompre avec la fatalité et à repenser la question du sport sous l?angle de la santé publique.

Cette année, à l?occasion de son 70e anniversaire, nous fêtons les acquis et la mémoire vivante du Front populaire. Les congés, l?accès aux loisirs arrachés par la lutte, demeurent les avancées sociales majeures qu?il importe de développer. Le sport, on ne le dira jamais assez, peut être un fantastique creuset de la camaraderie, un outil irremplaçable d?éducation informelle, un lieu d?apprentissage de la citoyenneté et du vivre ensemble qui porte haut le flambeau de l?égalité des droits, d?où la nécessité de sauvegarder son utilité pédagogique et sociale, de promouvoir et de développer à Paris un sport populaire, divers, ouvert, de haut niveau, humain. Aux antipodes évidemment de la marchandisation du sport et de ses corollaires antijeu, corruption, dopage, violence. L?actualité récente - cela a été dit par notre collègue - montre que le monde du sport n?est pas imperméable au tout marchand. A la veille du Mondial du football, la coupe est pleine et on sait qu?il sera plus facile de trouver en Allemagne des prostituées que des billets pour les matchs ! Carton rouge ! La traite des femmes et la prostitution forcée ne peuvent nous laisser indifférents et nous soutiendrons en ce sens les v?ux déposés sur cette question dans notre séance.

Alors, si l?on veut que l?exercice sportif puisse participer au développement physiologique et psychologique de tous, faut-il encore donner à chaque individu la possibilité dès le plus jeune âge de pratiquer le sport et de s?épanouir dans le sport sans peur d?être discriminé ? Cette approche du sport pour tous ne semble pas être celle de la gestion de la droite d?hier à Paris, ni celle du Ministère des Sports aujourd?hui puisque c?est l?élitisme du sport et l?affaiblissement des moyens ministériels en faveur du sport d?en bas. Au final, les collectivités locales financent dix fois plus le sport français que le Ministère.

Depuis 2001, le sport à Paris respire, en témoigne le doublement de l?effort d?investissement en faveur du sport durant la mandature : 290 millions d?euros contre 123 millions d?euros durant la précédente. Il faut dire que nous avons hérité d?un legs de la droite peu flatteur pour notre Capitale : un sous-équipement sportif, un patrimoine insuffisamment entretenu, une inégalité territoriale dans l?implantation des équipements sportifs de proximité, un clientélisme ravageur et des procédures opaques.

Tentant de rattraper le retard accumulé en des décennies de mauvaise gestion, la Ville a mis en ?uvre une feuille de route ambitieuse axée sur trois priorités : la création de nouveaux équipements et la modernisation du patrimoine, un service public du sport repensé et transparent, un partenariat avec le sport de haut niveau. Permettez-moi d?y apporter quelques réflexions.

La première, c?est que la création d?équipements sportifs de proximité, à l?instar de l?ouverture de sept gymnases et de sept salles de sport sous la mandature, ainsi que la remise à neuf progressive du patrimoine sportif, correspondent à une demande sociale forte. Nous nous félicitons de l?effort ainsi consenti par la Ville pour renforcer l?offre des piscines à Paris et développer les sports d?eau, ainsi que pour les amateurs de patinage et d?hockey sur glace, de la réouverture prochaine tant attendue de la patinoire Pailleron.

En parallèle, il faut poursuivre la rénovation du patrimoine sportif, déjà bien engagé, qui restitue aux Parisiennes et Parisiens des équipements sportifs plus agréables, plus sûrs, plus fonctionnels, plus accessibles, résolument modernes. Et l?accessibilité des équipements aux personnes porteuses d?un handicap doit être une priorité absolue. C?est une question d?égalité des droits.

D?autre part, les salles de sport sont réfléchies pour optimiser l?usage et faire cohabiter sports scolaires et sports organisés. En lien avec le tissu sportif local, il est utile à mon sens d?assortir les gymnases de salles dédiées, que ce soit à des sports comme l?escrime, la danse, le tir à l?arc, la boxe ou d?autres.

Continuons dans le même temps à être curieux et audacieux en faisant émerger de nouvelles disciplines sportives à Paris : cela a été le cas pour le beach volley, le peteca speed balle et le golf éducatif où nous sommes en train de créer un practice dans le 19e arrondissement. En même temps, je pense que pour cela, et pour arriver à mettre en ?uvre l?ensemble de ces sports, il faut optimiser l?utilisation des installations. Ainsi pour réduire les nuisances sonores de certains terrains d?éducation physique situés en plein c?ur d?îlots, un travail sur l?acoustique a certes été réalisé mais cela ne suffit pas, il faudrait envisager à terme de couvrir ou de semi-enterrer ces équipements. D?autre part, un dialogue avec la Région doit être engagé pour améliorer le cadre souvent détérioré des gymnases dans les lycées et ainsi permettre leur utilisation hors période scolaire.

En terme de créneaux horaires, les parcs interdépartementaux présentent des possibilités souvent inexplorées et la distance, le prix du trajet étant des facteurs de découragement pour bon nombre de clubs, la tendance pourrait être renversée à notre avis si l?on aidait les clubs sur le volet transport.

Enfin, en 2007, la Coupe du Monde du rugby va connaître un fort engouement populaire et avec Paris comme capitale du rugby, jouer au ballon ovale deviendra un désir irrésistible surtout pour les plus jeunes qui l?auront pratiqué le temps d?un programme scolaire. Ne les décevons pas, il faut anticiper. Le ballon ovale amateur à Paris a vocation à se développer. Les parcs interdépartementaux sont une solution, ce qui n?empêche pas la mise à l?étude de l?implantation d?un terrain de rugby sur un arrondissement de l?Est parisien.

Le sport à Paris, ou devrais-je dire l?amour du sport à Paris, c?est une histoire de plaisir, d?épanouissement heureux des corps avec la pratique quotidienne de dizaines de milliers de femmes et d?hommes, de jeunes et de seniors de plus en plus. Là, je voudrais saluer et remercier l?engagement inlassable et si précieux de milliers de bénévoles courageux, volontaires du sport, sans qui le sport à Paris serait différent.

De l?individuel au collectif, le sport à Paris, c?est une rencontre permanente métissée, intergénérationnelle et vibrante de mixité sociale, une fête ininterrompue de la diversité des disciplines représentées et une cohabitation plutôt réussie entre le sport loisirs et le sport compétition.

Sur le service public du sport, certes, les mentalités ont évolué, la compétition n?est plus considérée comme un passage obligé. D?autres parcours sportifs sont possibles comme nous l?a montré hier la F.S.G.T. en organisant le tour pédestre des Buttes-Chaumont, une course populaire où il n?y a pas eu de perdant.

Pour le public individuel, le sport est de plus en plus une pratique sociale de loisirs : des amplitudes horaires repensées au rythme des Parisiennes et des Parisiens, ainsi qu?une politique tarifaire socialement juste, doivent suivre. Depuis 2001, la politique tarifaire est plus équitable avec l?application de la gratuité d?accès dans les piscines et les cours de tennis, aux demandeurs d?emploi et bénéficiaires du R.M.I. ainsi que l?extension du tarif réduit aux moins de 26 ans. Mais le groupe communiste tient à redire son attachement à ce que les tarifs des salles annexes de remise en forme, de fitness, sauna et hammam, soient mieux étudiés, le service public n?ayant pas à être un clone des temples commerciaux du culturisme.

Les associations sportives interviennent bien souvent au c?ur des quartiers populaires, relayant l?esprit de partage. Elles sont par conséquent des relais éducatifs de premier plan, de fabuleuses écoles de la vie. Et encourager et développer le mouvement sportif dans sa globalité relève directement de la responsabilité publique. C?est ce que nous faisons avec l?augmentation du nombre d?associations subventionnées, avec plus de clarté et de transparence dans les attributions des créneaux et les conventions annuelles d?objectifs avec chaque O.M.S.

Les élus communistes qui s?étaient déjà prononcés au Conseil de Paris pour la création d?un service public de l?animation sportive se réjouissent de la création d?une filière sportive à Paris. Les inorganisés posaient il y a peu un défi d?un genre nouveau à la Ville, l?interpellant sur le renouveau de sa mission de service public. La Direction de la Jeunesse et des Sports, sa directrice, a su relever ce défi en créant la filière d?action sportive qui est aujourd?hui le pivot de la pratique sportive sur l?ensemble des arrondissements de la Ville de Paris. Les éducateurs et les opérateurs des A.P.S. font un travail remarquable dans le champ de la prévention par le sport sur les établissements sportifs dits sensibles.

En outre la D.J.S. dispose, par leur intermédiaire, de véritables relais de terrain pour les associations. Il convient de développer par des moyens financiers et humains cette filière, de titulariser des agents en priorité dans les quartiers placés en politique de la Ville. Et pour le groupe communiste, la filière sportive qui fait vivre un Paris sportif solidaire et populaire doit s?attacher aussi à libérer la participation de toutes les femmes dans le sport, valoriser leur engagement et soutenir le sport féminin. Mais il nous semble que la féminisation des instances dirigeantes est un enjeu déterminant pour atteindre une plus grande mixité dans le sport.

Je voudrais citer quand même, même si je n?ai pas beaucoup de temps, cette belle manifestation qui a du sens?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Monsieur le Président.

M. Jean VUILLERMOZ. - ? qui a du sens et pour toutes.

Eh bien, je ne parlerai donc pas du sport de haut niveau. Mais quand même une phrase, si vous me le permettez : en ne voulant voir dans le sport qu?une activité économique concurrentielle, on oublie trop souvent que le sport de haut niveau, professionnel ou non, celui qui produit le spectacle, qui vit des droits de télévision et de sponsoring est indissociable de celui des clubs amateurs et de leurs bénévoles. Notamment parce que les seconds fournissent aux premiers ses grandes championnes et ses grands champions. Mais en même temps les bons résultats professionnels, les compétitions de haut niveau sont une incitation à la pratique de masse, un gage de développement de succès pour la diffusion des disciplines concernées. C?est pourquoi il me semble que les conventions conclues avec les clubs de haut niveau parisiens, pas seulement au niveau du football, prennent en compte l?aspect éducatif auprès des plus jeunes.

Voilà. Pour conclure, le sport, de par son pouvoir rassembleur, sait être une langue universelle. Faisons qu?il parle bien le parisien.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Je suis désolé mais j?informe votre collègue qu?il n?a plus de temps. Mais cela dit, votre point de vue est connu et sera régulièrement répété et exprimé.

La parole est à Claude GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN. - Merci, Monsieur le Maire.

Dans la courte intervention qui sera la mienne, je voudrais parler des choses dont vous ne parlez pas puisque vous nous avez donné un texte qui est une communication qui, en réalité, fait double emploi avec ce que vous distribuez - de manière d?ailleurs beaucoup plus agréable- un peu partout et qui s?intitule ?Construire et moderniser le patrimoine sportif à Paris?.

Il s?agit en réalité, dans votre communication, de déployer tous les talents que vous êtes supposé avoir mis pour développer le sport à Paris. Nous y reviendrons tout à l?heure. De cela au moins vous en parlez.

Mais je voudrais parler d?autres choses dont vous n?évoquez la réalité que par-ci par-là dans quelques lignes. Or ces dossiers-là sont les dossiers probablement qui vont marquer les mois à venir de l?exercice sportif à Paris.

Au fond, on a l?impression - quand on ne vous lit pas- que, après avoir payé le préjudice moral de la perte des Jeux olympiques, nous sommes en train d?avoir le ?pretium doloris?. C?est-àdire que vous vous êtes à tort ou à raison engagé - et ma foi, c?est tout à fait légitime- avec un certain nombre de partenaires à compenser cette perte qui est la leur en même temps que la nôtre des Jeux olympiques parisiens.

Je prends les problèmes les uns après les autres et je vais essayer de vous poser les questions de la manière la plus lapidaire.

Parlons d?abord de Jean Bouin puisque c?est le plus simple. La question se pose de savoir si nous avons véritablement besoin d?un stade de 20.000 personnes à Jean Bouin. Vous l?avez annoncé, c?est votre point de vue. Je vous rappelle quand même que la plus grande ville de rugby en France, à savoir Toulouse, ne rassemble même pas 10.000 personnes en moyenne en son stade - oui, je joue au rugby depuis assez longtemps-.

Je rappelle par ailleurs que Max GUAZZINI a eu cette idée intelligente, lorsqu?il y a de véritables grands matchs internationaux ou nationaux, d?aller dans des stades qui, par ailleurs, sont inoccupés : le Stade de France ou le Parc des Princes qui est voisin.

De ce point de vue, je vous incite quand même à beaucoup de prudence. Je vous incite à beaucoup de prudence sur des investissements unilatéralement annoncés car tout cela concerne et l?environnement et la mairie de Boulogne qui est un peu concernée et l?avenir du rugby à Paris et son développement sur lequel nous aurons peut-être des choses à dire. Premier point.

Deuxième point : Molitor. Molitor, c?est quand même la tarte à la crème car vous n?arrêtez pas de dire que c?est la faute du classement. Mais qui a classé Molitor, si vous avez la mémoire suffisante ? Je crois que c?est le ministre de la Culture socialiste qui, pour gêner les travaux qui étaient à ce moment-là envisagés à Molitor, s?est cru obligé de classer pour tout paralyser.

Eh bien, on n?en sort pas. J?apprends aujourd?hui par la presse qu?il y aurait une société d?économie mixte qui serait chargée de s?occuper à la fois de Jean Bouin et de Molitor. Je suis heureux de l?apprendre. A vrai dire, si on ne lisait pas la presse sur les problèmes de sports de haut niveau, si nous n?avions pas nous-mêmes un certain nombre de contacts avec des personnalités du monde sportif, je me demande à quoi servirait le Conseil de Paris sur les problèmes sportifs qui préoccupent l?ensemble des Parisiens. C?est le deuxième élément.

Troisième élément, voilà qu?on apprend, dans un journal semi-officiel de Boulogne, que le président de la Fédération de tennis - qui s?en vante depuis plusieurs mois - aurait l?intention d?installer le dôme sur lequel nous avions déjà, à plusieurs reprises, émis les plus vives réserves même dans le dossier sur les Jeux olympiques, on apprend donc que le dôme serait implanté sur un des rares stades qui était à peu près préservé, du côté du bois de Boulogne, le stade Hébert. Alors on nous apprend que le dôme viendrait sur le stade Hébert. Ce qui n?est pas une petite chose, le stade Hébert étant, pour ceux qui connaissent un peu le coin, juste à côté du Parc-des-Princes, juste à côté de Jean-Bouin, juste à côté de Coubertin, etc., etc., juste à côté de Géo André. Et puis on nous dit : ?Voilà, le dôme de 18.000 personnes viendrait sur le stade Hébert qui se trouve à 50 mètres du lycée La Fontaine?.

Intéressant ! Intéressant, Monsieur le Maire, comme initiative. Le seul problème, c?est que personne à Paris, sinon vous sans doute et le président de la Fédération de tennis qui heureusement parle beaucoup, n?était au courant de cette initiative.

Quatrième élément, le P.S.G. La discussion sur le P.S.G. : nous avions suffisamment remué les choses et vous avez bien fait de demander au nouveau dirigeant du P.S.G. un certain nombre d?informations, mais ces informations nous ne les avons pas eues. Que deviendront les 40 % qui sont mis en augmentation de capital pour le P.S.G. ? Quels seront les nouveaux intervenants ? Comment les fonds d?investissements qui ne sont pas des philanthropes, et personne ne le leur reproche, vont-ils faire de l?argent à partir d?une convention juridique qui lie le P.S.G. et la Ville sans que la Ville en soit informée ? Quelles sont ces décisions ?

Vous avez parlé tout à l?heure du houliganisme. Je vous rappelle que nous avons voté à l?Assemblée nationale, sur ma proposition, une loi à l?unanimité.

Je vous suggère, Monsieur le Maire, au lieu de demander au ministre de l?Intérieur les moyens d?y mettre fin - ce qu?il est en train de faire- de, vous aussi, prendre les responsabilités qui sont les vôtres.

Et notamment, je ne vois pas comment on peut justifier une formation (sic) sur la formation des sportifs à Paris à un club qui, par ailleurs, est incapable de former suffisamment ses supporters pour qu?ils se conduisent d?une manière décente et conforme à l?esprit sportif.

Je vous le dis tout net : depuis plusieurs années, je me pose la question de la réalité juridique, économique et politique de cette subvention au P.S.G. Je vous avertis tout net que s?il y a le moindre incident au Parc des Princes avec les associations de malfaiteurs qui s?appellent ?supporters?, eh bien, à ce moment-là je persuaderai - et j?espère que je le ferai à l?unanimité- mon groupe de voter contre la subvention du PSG. Car je ne vois pas pourquoi subventionner un club qui, par ailleurs, est incapable de maîtriser des voyous qu?elle considère comme ses supporters.

Et puis dernier point : la Croix-Catelan. La Croix-Catelan : il y a une démarche que nous avions demandée, et non sans mal nous avons obtenu la possibilité...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pourquoi ?non sans mal? ?

M. Claude GOASGUEN. - Non sans mal, parce qu?il a fallu attendre un peu de?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Dès que j?ai vu votre v?u, j?ai dit que j?étais pour. Pourquoi ?non sans mal? ? Avant, vous ne vous mettiez même pas en concurrence.

Vous retransmettiez pendant cent ans, et pour 130.000 euros par an en plus.

M. Claude GOASGUEN. - Monsieur le Maire, vous verrez qu?il se posera des problèmes juridiques sur la transformation des procédures dans le domaine des concessions et délégation de service public. Car vous semblez oublier que dans ce domaine il y a eu des investissements antérieurs qui ne sont pas pris en compte et qui devront rentrer dans la comptabilité de la concession. Pas seulement dans la rémunération qui sera faite pour l?avenir, mais probablement dans l?appel d?offre lui-même qui ne prend pas en considération la fiscalité des Parisiens depuis un siècle en ce qui concerne la Croix-Catelan, ni non plus d?ailleurs les investissements privés. Ce qui sur le plan juridique, croyez-moi, va nous valoir quelques soucis.

Mais pour conclure, je voudrais dire, Monsieur le Maire, heureusement qu?il y a une presse parisienne, de toute petite envergure d?ailleurs. Insuffisante car je souhaiterais que la presse parisienne s?intéresse encore davantage à ce qui se passe à l?Hôtel de Ville.

Mais si nous n?avions pas la presse parisienne, Monsieur le Maire, est-ce que les Parisiens pourraient être au courant des grands dossiers que vous envisagez de mettre en place pour payer les services qui ont donnés pour l?organisation perdue des Jeux olympiques ? C?est la question que je vous pose.

Est-il vraiment souhaitable de parler de morale publique et de transparence, alors que, jour après jour, vous nous délivrez des dossiers qui ont le mérite de l?obscurité, avec des puissances financières dont vous devrez bien reconnaître, quand même, qu?il ne s?agit pas là d?amateurs et de gens qui, par ailleurs, sont là - et c?est légitime - pour faire de l?argent ?

Monsieur le Maire, en clair, pourrions-nous être au courant des discussions financières que vous avez avec vos ex-partenaires et véritablement sommes-nous?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ex-partenaires ?

M. Claude GOASGUEN. - Vos partenaires des Jeux olympiques !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Dites clairement le Groupe Lagardère !

M. Claude GOASGUEN. - Non, il y en a d?autres.

? et vos ex-partenaires. Pouvez-vous nous dire quels sont les projets ? Quelles sont, en l?état actuel des choses, les négociations que vous avez avec eux ? Je crois que c?est le rôle du Conseil de Paris de les entendre. On est là pour cela, pas simplement pour lire la presse tous les matins pour voir votre diplomatie secrète dans ce domaine.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GOASGUEN, Pascal CHERKI va vous répondre. Mais, en dénonciateur des forces de l?argent, je vous trouve pas mal ! Je voudrais vous dire que, moi, je suis un homme libre ; libre de tout lien politique, économique et même amical !

M. Claude GOASGUEN. - Et moi, alors ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - La meilleure preuve, c?est que j?ai saisi comme une opportunité excellente votre proposition de commission pluraliste pour examiner les dossiers de la Croix-Catelan. Je note qu?avant que je sois Maire de Paris, avec votre concours, Monsieur GOASGUEN, dans votre arrondissement, ce lieu était attribué sans mise en concurrence.

M. Claude GOASGUEN. - C?est faux !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je n?ai donc pas de leçon à recevoir de vous de ce point de vue-là !

En ce qui concerne le rugby, puisque vous y avez joué effectivement, je vous conseille de regarder ce que font les clubs en termes de stades, de maisons de leur équipe, les clubs de province pour leur équipe, alors que nous avons une équipe qui est parmi les premières du championnat de France. J?ai honte quand je vais à Jean Bouin ! Et c?est l?héritage que j?ai reçu ! Le stade de Jean Bouin, c?est l?héritage que j?ai reçu.

Vous oubliez, Monsieur GOASGUEN, que dans le dossier olympique que vous avez approuvé, figurait la réfection de Jean Bouin pour en faire un stade de hockey, converti après les Jeux olympiques d?août 2012 en stade de rugby.

Enfin, je vais vous dire : je ne négocie rien avec personne. J?espère que tout le monde a la même déontologie que moi. Merci.

M. Claude GOASGUEN. - Et le dôme ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame Marinette BACHE, vous avez la parole.

Mme Marinette BACHE. - Monsieur le Maire, Monsieur l?adjoint, mes chers collègues.

Longtemps le sport a été synonyme de compétition et réduit à sa dimension de haut niveau. Désormais, il en va différemment. Si les Français sont toujours passionnés par les compétitions sportives - et nous en aurons un aperçu dans quelque temps -, ils sont aussi avides d?une réelle implication personnelle.

La pratique individuelle du sport se développe, les loisirs deviennent de plus en plus sportifs et les sports liés à la nature sont de plus en plus nombreux et motivent de plus en plus souvent le choix de destinations de vacances.

Et, comme vous le soulignez, pour 26 % des Français, le sport et sa pratique sont d?abord un facteur de santé. Santé, nature, quoi de plus positif que ces aspirations ?

Notre Municipalité a affiché et mis en place une triple ambition :

- premièrement, développer les investissements ;

-deuxièmement, favoriser l?accès à tous du sport ;

-troisièmement, aider le sport de haut niveau.

D?abord donc, le choix du développement des équipements sportifs : le gymnase Maurice Berlemont, dans le 11e, vient d?être inauguré et vous nous annoncez - c?est une bonne nouvelle pour l?Est parisien - que sera construit un véritable complexe balnéaire à Belleville.

(Mme Anne HIDALGO, première adjointe, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

Bien d?autres installations sont programmées. Saluons notamment l?effort de notre Municipalité en faveur des murs d?escalade mais aussi en faveur des terrains de football et de basket. Sept gymnases, sept salles de sport, des murs d?escalade, des terrains de sports collectifs, des patinoires, des piscines, l?aménagement de courts de tennis, l?ouverture de salles de remise en forme : le Paris sportif se développe.

La Municipalité parisienne a choisi d?adapter son offre d?infrastructures à une demande toujours plus forte. Les usagers marquent leur satisfaction croissante, notamment dans les piscines de la Capitale, dont l?accueil et la propreté sont enfin appréciés.

Je me permets de rappeler qu?en matière de sport pour tous, le groupe M.R.C. avait déposé un v?u relatif à la pratique de l?aviron sur la Seine. De nombreux Parisiens partent pratiquer l?aviron en aval ou en amont de Paris. C?est un dossier sur lequel Pascal CHERKI travaille, nous le savons. Le groupe M.R.C. souhaiterait néanmoins connaître l?avancée des discussions qui permettront - nous l?espérons tous - de voir la pratique de l?aviron devenir possible hors de la seule période consacrée à ?Paris Plage?.

En matière d?accessibilité à tous, je voudrais aussi souligner les efforts d?accessibilité aux personnes handicapées. Je pense au centre sportif Dauvin dans le 18e, mais ce n?est pas le seul.

L?élargissement des horaires pour le public individuel dans les piscines répond également à une forte demande, mais j?ajouterai que nous devons savoir nous adresser à un public nombreux, avide de pratiques sportives et pourtant très peu encadré dans les associations et les clubs. Nous savons que beaucoup de jeunes souhaiteraient avoir un accès plus facile aux infrastructures sportives, plutôt que de se regrouper devant leur porte. Il faut veiller à ce que les créneaux réservés par les associations soient bien occupés, ce qui n?est pas toujours le cas. Il faut réfléchir à offrir à ce public, particulièrement jeune, un vrai accès aux infrastructures non occupées.

Enfin, Monsieur le Maire, vous avez fait mention du soutien au sport de haut niveau. Le Paris Saint-Germain est, bien évidemment, concerné au premier chef. Je me permets de rappeler que le Conseil de Paris, à nouveau sur proposition du groupe M.R.C., avait voté un v?u demandant que ce club organise une fois par an un match au profit d?une ?uvre humanitaire. J?espère que ce v?u pourra être suivi d?effets.

Le partenariat de la Ville de Paris avec le sport de haut niveau est heureux. Nous ne saurions que nous en féliciter, mais la Ville a sans doute droit à un retour sur investissement humain.

Dans nos arrondissements et dans nos quartiers, l?image du sport de haut niveau peut contribuer à un réel travail, auprès des plus jeunes notamment. Cette ambition, vous l?avez, mais il est cependant utile d?accroître encore cette dimension.

J?ajouterai que, pour Paris, le soutien au sport de haut niveau est une ardente obligation qui rejaillit sur notre image internationale. Aussi n?est-il pas inutile de réfléchir à une présence internationale dans des domaines comme les sports maritimes ou l?alpinisme.

Je voudrais enfin souligner l?engagement de l?ensemble des personnels du sport à Paris autour de sa directrice, qui permettent la bonne et large utilisation de nos équipements.

Je terminerai, Monsieur le Maire, en vous remerciant pour cette intéressante communication et aussi en saluant le travail de notre adjoint Pascal CHERKI qui s?efforce, jour après jour, de faire de Paris une ville à la pointe de l?engagement sportif.

Je vous remercie.

M. Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à M. GALLAND.

M. Yves GALLAND. - Madame la Maire, mes chers collègues, je ne suis pas sûr, contrairement à ce que vous écrivez, que la page de la candidature olympique pour 2012 étant tournée, son legs soit positif en termes de projets d?équipement mais aussi d?état d?esprit.

Cependant, Brigitte MARIANI et moi-même ne participerons pas sur ce sujet, à un débat polémique. Il y en a déjà eu suffisamment et, de mon point de vue, inutilement. Je voudrais donc me concentrer sur quelques points, faute de temps.

Tout d?abord, votre décision de réaliser un grand stade de rugby à Jean Bouin, dédié au Stade français.

Je tiens à préciser, pour lever toute ambiguïté, que le Stade français, grand club de rugby, atypique, sympathique et joyeux, avec son président dynamique et imaginatif Max GUAZZINI, mérite notre entier soutien. Mais une alternance de matchs foot et rugby au Parc des Princes serait une meilleure solution, les obstacles soulevés, en particulier celui de la pelouse, pouvant être surmontés ; même les aménagements de calendrier sont possibles. On peut aussi considérer que cela est difficile, mais il est inutile de concentrer dans le 16e sud P.S.G. et Stade français.

Pourquoi ne pas affecter à ce sport et ce club Charléty, magnifique stade, manifestement sous-utilisé ? Son absence d?attractivité au fil des années reste pour moi durablement mystérieuse.

Ensuite, je tiens, après l?échec des Jeux olympiques, à manifester notre opposition déterminée au projet maintenu de dôme de 15.000 places de la Fédération française de Tennis, pour agrandir Roland-Garros dans le bois de Boulogne. Ce projet n?est, à l?évidence, pas acceptable aujourd?hui et nous ne l?accepterons pas.

Concernant l?appel d?offres pour la reprise de la Croix-Catelan, nous n?avons aucun a priori. Mais nous analyserons avec une très grande attention les motivations de votre décision et sa justification dans le cadre des projets présentés.

Enfin, concernant le P.S.G., le nouveau tour de table est certes inattendu. Nous souhaitons qu?il soit là pour une durée compatible avec les exigences d?un club de ce niveau. Quant à nous, l?élément très positif est la présence du président Alain CAYZAC dont l?attachement au club, le professionnalisme et le sérieux justifient que nous poursuivions notre soutien. Et nous soutenons donc, Monsieur le Maire, votre volonté comme vous venez de l?indiquer dans votre introduction, de mettre en ?uvre avec le nouveau P.S.G. un partenariat dynamique et fécond. Nous partageons aussi votre sentiment sur les aspects inacceptables, intolérables des comportements violents et racistes d?une petite minorité de supporters. Espérons que ce que nous avons vu lors de la finale de la Coupe de France qui était une fête paisible préfigure une saison enfin débarrassée de cette gangrène.

Voici, Monsieur le Maire, mes chers collègues, quelques observations trop brèves - mais nous n?avons que 2 minutes sur un sujet entraînant où nos clivages peuvent souvent s?estomper.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je donne la parole à Serge BLISKO.

M. Serge BLISKO, maire du 13e arrondissement. - Merci, Madame le Maire.

Permettez à un maire d?arrondissement de brosser très rapidement une sorte de bilan étape de la politique sportive d?un gros arrondissement de la Capitale. Nous l?avons dit ce matin, le sport constitue à la fois une politique propre bien évidemment fondée sur un partenariat privilégié avec le mouvement sportif mais c?est aussi, je voudrais insister à ce sujet, une composante essentielle de politiques plus transversales : politique éducative, politique de la Ville, politique de la santé, politique du temps libre.

L?objectif poursuivi est de favoriser l?accès au sport dans les meilleures conditions pour tous les habitants d?un arrondissement populaire, indépendamment de leur condition sociale. Le sport se retrouve donc au carrefour de notre politique qui vise à rendre la ville habitable pour tous. Cela passe bien sûr, et cela a été longuement expliqué à la fois par le Maire et par différentes interventions, par la rénovation et la spécialisation des équipements existants. On l?a tous dit, il y avait un véritable retard, étant donné la vétusté d?un certain nombre d?équipements sportifs et l?effort accompli en la matière est tout à fait intéressant.

Je voudrais dire aussi que les coûts sont souvent très élevés. J?en veux pour preuve que le coût de la rénovation de piscine est certainement quelque chose qui doit nous faire réfléchir à la fois sur les techniques de construction et la rapide usure de ces équipements. D?autre part, un certain nombre d?équipements plus modernes, je pense aux gazons dits synthétiques pour les terrains de football en particulier, sont de nature à durer plus longtemps et à être moins coûteux que ce que nous connaissons aujourd?hui.

Enfin, s?agissant de la rénovation des terrains et des centres d?éducation physique et sportive, gymnases, j?en ai quatre dans mon arrondissement, le 13e arrondissement, qui ont été rénovés. Enfin, je voudrais ajouter la spécialisation de certains équipements pour des sports émergeant des sports nouveaux. On a beaucoup parlé des sports de combat, de la boxe française et je voudrais citer aussi le Roller rilh hockey qui a trouvé un stade de très bonne qualité dans le 13e, le gymnase Marcel Cerdan et l?escrime, sport très parisien sur lequel nous avons eu d?ailleurs la seule médaille d?or parisienne, Brice GUYARD, la seule médaille d?or en escrime. C?est un puciste en plus, cher Pascal CHERKI.

Je voudrais vous signaler la rénovation du gymnase Caillaux, de la même façon qu?à la cité universitaire et à Montparnasse à Armand Massard, les lignes d?escrime sont aujourd?hui en rénovation ou en reconstruction. Un gros effort de rénovation sur lequel il ne faut pas oublier la rénovation du club house, comme au gymnase Carpentier et l?adaptation aux nouvelles pratiques, je pense aux murs d?escalade et également à des sports plus confidentiels, mais très chers aux c?urs de beaucoup de Parisiens, je pense aux frontons de pelote basque qui sont un sport tout à fait spectaculaire et que Paris peut s?enorgueillir de continuer à développer et à faire fonctionner.

Je voudrais dire aussi toute notre admiration, tout le monde le disait, pour cette symbiose avec la D.P.J.E.V. qui a réussi dans les grands complexes sportifs, où les espaces verts sont importants, à entretenir simultanément, au prix d?une coopération toujours efficace sur le terrain, des espaces verts et des ensembles sportifs.

Le deuxième point, on l?a dit, je n?y reviens pas, est la création de nouveaux équipements. Je tiens à signaler également la salle de tennis de table de Carpentier et la nouvelle piscine sur Seine que nous aurons le plaisir d?inaugurer dans à peu près six semaines sur la berge du 13e arrondissement. Enfin, je voudrais signaler grâce à l?action inlassable de l?adjoint au sport et de la direction de la jeunesse et des sports l?ouverture de salles de fitness et de musculation qui sont aujourd?hui très prisées par les Parisiens et les Parisiennes. La première a vu le jour à la Butte-aux-Cailles avec un succès évident.

Enfin, n?oublions pas qu?il y a aussi, avec vous-même, Madame la Maire, un travail sur l?adaptation des horaires grâce au Bureau des Temps car il est très important que nos équipements sportifs soient ouverts au moment où les Parisiens, qu?ils soient en association ou en individuel - tout à l?heure, on disait qu?il y avait plus de 31 % de pratique dans les piscines - sont disponibles pour faire du sport. Le problème de l?ouverture plus tardive, à certains moments et certains jours, des équipements sportifs et en particulier des piscines, est encore à travailler.

Troisième point, s?agissant de la rationalisation des créneaux, la déconcentration auprès des arrondissements est une très grande chance pour gérer au plus près des associations et des habitants. Cette question des créneaux, je sais que vous y avez mis beaucoup du vôtre. Nous y mettons aussi beaucoup du nôtre. Je souhaite que cet effort soit poursuivi et que nous arrivions à un diagnostic partagé et à un accord aussi sur les grands équipements sportifs dits parisiens même quand ils sont implantés dans un arrondissement. Un arrondissement, c?est aussi une politique sportive rénovée, avec des programmes vacances sportives pour les jeunes. Je voudrais signaler que dans le 13e arrondissement, avec des accords de participation et de partenariat avec des fédérations françaises de sport, en particulier la fédération française de basket ball, l?U.C.P.A., soit en omnisport, soit sur des sports spécifiques, nous ouvrons pendant les petites vacances, les vacances scolaires et les grandes vacances, outre les centres d?information sportive, outre les opérations de la Ville de Paris, des opérations ?Sports pour tous? soutenues par la Ville, évidemment financièrement, et qui, à chaque fois, peuvent accueillir des jeunes de tous les arrondissements de Paris et même au-delà de Paris sur une initiation basket.

(M. le Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Ce qui est formidable, quand on a un travail coopératif et de bonne qualité avec une fédération, c?est qu?ils puissent faire venir des vedettes, en particulier sur le basket où des dizaines de jeunes fréquentent le gymnase Carpentier ou le gymnase Bourneville et où les grandes vedettes, aussi bien de la ligue française que de la N.B.A. sont passées pendant quelques dizaines de minutes pour montrer aux jeunes comment se pratique le basket aujourd?hui et ceci est tout à fait intéressant. Partenariat aussi avec une association dynamique du mouvement sportif qui est l?U.C.P.A. Nous avons pu organiser, grâce à la D.J.S. et à l?U.C.P.A. un manège dans le parc de Choisy avec une initiation plus jeune à l?équitation et pour des arrondissements qui ne connaissent pas un grand développement de l?équitation qui reste un sport un peu difficile à Paris ou trop coûteux, c?est effectivement une bonne initiation qui a permis à beaucoup de jeunes de connaître le monde du cheval et du poney et je voudrais vous en remercier.

Enfin, cinquièmement je voudrais ajouter que le sport est aussi un aspect politique de la ville et de prévention par le sport. Les clubs sportifs, grâce aux conventions d?objectifs ont aujourd?hui non seulement un projet sportif mais un projet social. Nous y veillons, en particulier en encadrant, d?une façon souple avec des associations et des équipes d?animation, des jeunes pendant les vacances, les mercredis et les dimanches, en particulier sur les terrains de libre accès. C?est ce que nous appelons les opérateurs de sport. Cette nouvelle filière action sportive mise en place aux nouveaux Parisiens depuis juin 2005 donne ses premiers résultats. Les opérateurs du 13e sont encadrés, par exemple, par un éducateur territorial des activités physiques et sportives qui monte des opérations d?animation sportive comme par exemple, je voudrais insister, les opérations ?Sports pour toutes? destinées à développer le sport chez les jeunes filles et chez les filles.

Au moment où on constate un certain fléchissement du nombre des jeunes filles inscrites dans les sections féminines ou dans les clubs sportifs, il est extrêmement important que nous mettions le paquet là-dessus car c?est aussi une des formes de lutte contre le communautarisme, l?enfermement et pour que les jeunes filles se sentent complètement impliquées dans la vie sportive et dans la vie citoyenne de nos arrondissements.

?Mise en place d?outils pour les associations et pour les habitants?. Je parlais des conventions d?objectifs. Je parlais aussi de l?information qui doit être importante, aussi bien sur les sites Internet que sur les journaux. Et de ce point de vue, la plaquette que nous avons reçue sur ?Construire et moderniser le patrimoine sportif à Paris? mérite une large diffusion tant elle est agréable, claire et montre à quel point la politique sportive de la Ville est une politique d?avenir.

Je veux aussi rappeler que le stade Charléty qui a coûté extrêmement cher à la fin des années 90 et sur lequel il faudrait s?interroger sur une programmation qui a certainement été mal étudiée par rapport aux besoins, est repris depuis peu en régie municipale par la Ville de Paris. Parions que cette nouvelle façon de travailler va permettre au stade Charléty, avec son utilisateur majeur qui est le PUC - club omnisports dont il ne faut pas oublier qu?il compte plus de 12.000 adhérents - et qui va fêter son centenaire au mois de juin, et qui été à l?origine de nombreux succès parisiens et que je voudrais ici saluer, de relever les défis du sport du XXIe siècle.

En conclusion, je voudrais remercier, comme vous l?avez fait les uns et les autres, à la fois l?adjoint aux sports Pascal CHERKI pour son écoute, sa disponibilité et sa vision de la politique sportive, la directrice de la D.J.S., Mme de BREME, et toute l?équipe qui l?entoure. Car dans ce domaine, nous avons vraiment l?impression d?être aidés, soutenus, précédés, et je voulais ici tirer un coup de chapeau à toute cette équipe et aux conditions parfois difficiles dans lesquelles elle travaille, en particulier avec cette pression importante - de bon aloi mais néanmoins pression - des Parisiens et des Parisiennes pour que leurs équipements sportifs et que leurs animations sportives soient les meilleurs possibles.

Je voudrais aussi saluer les clubs qui sont indispensables à la Ville et à l?animation sportive de notre Ville. Sans oublier ceux qui se sentent sans doute aujourd?hui parfois négligés mais qui doivent retrouver, je crois, le chemin du succès : je pense au sport ?corpo?, aux clubs scolaires, à l?Union du sport scolaire qui mérite aussi d?être encouragé ainsi que le handisport.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez non seulement épuisé votre temps mais celui de vos collègues.

M. Serge BLISKO, maire du 13e arrondissement. - Et je conclus, Monsieur le Maire, en vous remerciant vous-même - ce qui me permet de gagner 5 secondes, je l?espère -?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non.

M. Serge BLISKO, maire du 13e arrondissement. - ? de cet intérêt pour le sport. Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci à vous. Vous me mettez dans l?embarras parce que c?était pareil tout à l?heure avec l?autre groupe. Je donnerai une minute à M. ESPINOSA tout à l?heure et je donnerai une minute à Sandrine MAZETIER mais je ne peux pas? je n?ai pas le droit d?avoir par rapport à certains groupes une autre attitude que par rapport aux autres.

La parole est à Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Maire, le début de mon intervention reviendra sur notre refus du financement du sport professionnel par des fonds publics.

A plusieurs reprises, nous sommes intervenus dans cet hémicycle pour demander la réduction ou la suppression de nos subventions à des équipes professionnelles. Pour défendre cette position de principe, nous avons pris pour cible la subvention versée chaque année au Paris Saint-Germain.

Pourquoi avons-nous ciblé ce club ? Tout simplement parce que c?est le plus connu des clubs de sports parisiens et surtout c?est celui auquel notre collectivité verse le plus d?argent, plusieurs millions d?euros par an.

Monsieur le Maire, vous avez récemment organisé une réunion entre le nouveau président du P.S.G. et les représentants des groupes politiques représentés au Conseil de Paris. Nous vous remercions pour cette initiative qui va dans le sens d?une plus grande transparence dans les liens qui unissent depuis longtemps le P.S.G. et notre Ville.

Au cours de cette rencontre, le nouveau président du

P.S.G. nous a affirmé qu?il voulait tout faire pour lutter contre le houliganisme. Nous prenons acte de cette déclaration et espérons qu?elle sera suivie d?effet. Mais comme cela fait au moins 15 ans que nous entendons ce genre d?engagement de la part des dirigeants du P.S.G., nous restons dubitatifs et attendons avec impatience les premiers résultats.

Rappelons simplement que la Grande-Bretagne qui était confrontée à des violences encore plus graves et plus massives que celles que provoquent les rencontres du P.S.G., a réussi à endiguer puis à réduire le phénomène. Donc c?est possible, il suffit de le vouloir vraiment.

Au cours de cette réunion, nous avons fait part de notre inquiétude quant à la nature des nouveaux propriétaires du

P.S.G. Nous n?avions aucune sympathie particulière pour le précédent propriétaire, Canal +, mais ses motivations étaient assez évidentes même si elles lui ont coûté beaucoup d?argent : financer l?une des principales équipes d?un championnat dont elle a acheté à prix d?or les droits de retransmission.

Par contre, les motivations de Colony, le principal nouvel actionnaire, demeurent mystérieuses. Pour quelles raisons ce fonds de pension états-uniens qui, d?après les informations parues dans la presse, serait le plus important du monde a-t-il acquis le P.S.G. ? Pas par philanthropie, ça c?est certain. Alors ?

Monsieur le Maire, vous nous avez assurés lors de cette réunion que Colony n?a pris part à aucune des ventes à la découpe dans notre Ville, dont acte, mais il l?a fait dans d?autres et ce n?est pas mieux. Comment notre collectivité qui, à juste titre, dénonce les ventes à la découpe, pratiquées le plus souvent par des fonds de pension états-uniens, va-t-elle continuer à subventionner un club devenu la propriété du plus important d?entre eux ?

Le ?Sport à Paris?, ce sont aussi les grands événements sportifs. On ne reviendra pas sur la malheureuse aventure des

J.O. à Paris. J?espère que nous ne ferons plus cette erreur de dépenser des millions d?euros pour une candidature hasardeuse puisque soumise au vote parfois douteux du C.I.O.

L?évolution du sport professionnel de ces dernières années a montré l?escalade de la part de l?argent dans les grands événements sportifs : droits de télévision dans les grandes retransmissions, publicité et sponsors omniprésents et omnipotents, salaires des sportifs.

Ici plus qu?ailleurs, le libéralisme économique est complètement débridé, véhiculant ses vainqueurs et ses perdants. Le sport n?est plus que compétition et les Parisiens spectateurs de sports sont parfois les derniers à en pratiquer.

La Ville se doit donc d?être plus vigilante face à cette dérive du sport spectacle et en particulier sur la place prise par les sponsors et la publicité.

Ainsi, nous avions dénoncé le déferlement des publicités à l?occasion des retransmissions des matchs du championnat de football Euro 2004. Sur l?écran géant installé sur la place de l?Hôtel de Ville, en pleine zone de publicité interdite, défilaient en boucle des spots de publicité commerciale entre chaque match, c?est-à-dire la majeure partie de la journée. L?écran géant étant lui-même entouré de grands panneaux de publicité pour de la téléphonie mobile.

Nous attendons donc que cette année les retransmissions du Mondial ne soient pas à nouveau transformées en foire commerciale faisant la promotion de telle boisson gazeuse hyper calorique ou de telle chaîne de fast-food.

Enfin, ne confondons pas sport spectacle et exercice physique. Marchons, courons, faisons du vélo, cela ne nécessite aucun sponsor ni aucune infrastructure et c?est essentiel pour la santé.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Une simple remarque : ce serait dommage, en termes d?analyse, de dédouaner le Gouvernement de ses responsabilités en matière de lutte contre le houliganisme. Mais c?est une simple remarque rapide.

La parole est pour une minute à M. ESPINOSA. Une minute seulement. Je serai strict.

M. José ESPINOSA. - Merci, Monsieur le Maire.

Peut-être une et demie.

Paris aime le sport, dites-vous, on peut parler effectivement d?un véritable désir de sport.

Le Front populaire avait permis une irruption du sport dans l?entreprise et un foisonnement d?initiatives locales au travers des foyers Léo Lagrange notamment. Nous constatons aujourd?hui un rétrécissement des activités sportives dans le monde salarié au travers des attaques des comités d?entreprise.

Le mouvement associatif sportif bénévole connaît à son tour des difficultés. A Paris depuis 2001, les investissements sportifs sont relancés. Je prendrai l?exemple du 12e où, entre 2001 et 2007, sont construits 2 salles de gymnastique, un gymnase, 3 couvertures de tennis, un roller parc à Bercy, la rénovation du gymnase Léo Lagrange, la réfection des T.E.P., la remise en oeuvre de la piscine Reuilly. Pour ne parler que des grosses opérations.

Or, entre 1995 et 2001, pas un seul gros investissement dans cet arrondissement. Nous avions salué l?augmentation des subventions aux clubs locaux mais il semble que l?effort se soit ralenti depuis. Je propose qu?une étude soit réalisée pour qu?on envisage une nouvelle relance permettant à certains clubs de trouver un second souffle.

Vous avez souhaité, Monsieur le Maire, donner plus de pouvoir aux maires d?arrondissement dans l?attribution et la gestion des créneaux horaires. C?est une bonne chose qui permet d?ouvrir les équipements à un plus grand nombre de sportifs et d?associations de l?arrondissement, comme nous le faisons dans le 12e.

Quelques mots sur la politique d?animation sportive municipale. La filière d?action sportive tant attendue se met en place. Présents dans de nombreux arrondissements, les agents de la filière accumulent des expériences diverses. Je vous propose que nous tirions un bilan de cette action dans quelques mois.

La mise en place de ?Sport pour toutes? marque une volonté affirmée. Peut-être faudrait-il réfléchir davantage à la communication sur ces initiatives pour leur donner plus de poids ?

Enfin, les animations de plein air et l?opération ?Sport en liberté? sont appréciées par les jeunes et les Parisiens. Ce sont des initiatives qu?il s?agit de pérenniser.

Je formule 4 propositions :

1) doubler les conventions d?objectifs passées avec les associations d?arrondissement pour s?assurer d?une meilleure efficacité dans l?utilisation des subventions ;

2) étudier la mise en place d?une dotation d?animation sportive pour chaque arrondissement, dans le même esprit que la dotation d?animation culturelle ;

3) accroître le nombre de centres ?sports découvertes? ;

4) augmenter les effectifs de la filière sportive et le nombre de salariés dans les équipements pour répondre aux besoins croissants.

Je conclus en saluant les efforts soutenus de notre maire adjoint aux Sports qui sait dire non quelquefois, mais dont j?attends des réponses positives aujourd?hui.

Je remercie les équipes de la D.J.S. qui, dans ce dont j?ai connaissance, réagissent positivement aux demandes qui leur sont faites.

Oui, Paris mérite que le Conseil de Paris soit au niveau des ambitions sportives dans toutes ses spécificités.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme de PANAFIEU.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - D?abord, Monsieur le Maire, en vous entendant tout à l?heure, je voudrais faire un rectificatif. Quand vous dites qu?aucune concession n?a été attribuée dans le passé sans appel d?offres, c?est faux.

M. LE MAIRE DE PARIS. - J?ai parlé de celle de la Croix-Catelan.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Le problème, c?est que vous avez plutôt promis à tout le monde et qu?il faut, à un moment, s?en sortir autrement.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Promis quoi et à qui ?

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le sport pour une ville est un élément fédérateur. Bien pensé, bien organisé, bien structuré, il peut incarner son dynamisme, il peut symboliser sa fierté avec le développement du sport de haut niveau ; il peut incarner un vouloir vivre ensemble avec, d?une part, les grands rassemblements autour des grandes compétitions et, d?autre part, la dimension sociale, éducative et humaniste.

Il peut améliorer la vie quotidienne de ses habitants, notamment par la pratique du sport de masse permettant à chacun de pratiquer la discipline de son choix pour se faire plaisir, pour entretenir sa santé et pour aider à son bien-être.

La communication sur laquelle nous débattons ce matin parle d?un ?tassement du nombre de licenciés?. Cela doit être une particularité parisienne puisqu?à l?échelon national ce nombre progresse de manière régulière depuis cinq ans.

Cette communication, appelée pompeusement ?Communication sur la politique en faveur du sport à Paris?, révèle une autre évidence, le sport à Paris n?est pas au c?ur du projet municipal. Il n?y a pas de colonne vertébrale de la politique sportive parisienne actuelle. Ce qui ne veut pas dire, Monsieur le Maire, que votre majorité n?a pas de conception du sport, mais les 16 pages de ladite communication mettent en exergue une absence d?ambition pour le sport ravalé à sa seule dimension festive.

Votre conception du sport est festive, voire insouciante. Dès la première page de votre texte, vous considérez comme primordial de présenter les fleurons de votre politique sportive. Il s?agit de ?Paris plage?, du ?cheval à Paris? et de ?Paris slide?. Des opérations aussi sympathiques soient-elles sont des lieux de ballade ou de détente, mais en aucun cas elles ne peuvent sérieusement apparaître comme l?affirmation d?une politique sportive.

Le sport, s?il veut porter des valeurs éducatives, sociales, d?intégration auxquelles nous croyons, justifie une pratique encadrée, une pratique de qualité où le sens de la progression s?allie à celui de l?épanouissement. Le sport doit incarner le respect des autres, de la règle et des différences.

Ces valeurs peuvent s?exprimer au sein des clubs et du mouvement sportif que vous négligez au profit d?un sport, partie intégrante de votre politique de communication.

Aussi, une politique sportive ambitieuse consisterait à accorder plus d?importance aux clubs, à réfléchir à la pratique compétitive, à insérer la pratique sportive dans l?aménagement urbain, à développer le sport à l?école, à innover dans le domaine socio-éducatif, au service d?une meilleure insertion et d?une intégration plus efficace.

Une politique sportive digne de ce nom devrait permettre à ces différents axes d?être complémentaires. Elle devrait être harmonieuse et homogène. L?aide au sport de masse devrait intégrer la dimension éducative, tout en ayant des répercussions tangibles sur les pratiques plus compétitives.

Mais, pour cela, il faut avoir une vision du sport dans la cité. Votre communication est un inventaire à la Prévert. Votre politique sportive est illisible et incohérente. En somme, on se demande pourquoi cette communication, tant vous semblez négliger les valeurs éducatives et sociales.

C?est fortement inquiétant et on ne peut s?empêcher de penser qu?à force de confondre conviction et communication, cette absence de vraie politique sportive, de vraie vision, a affaibli la crédibilité de la candidature de Paris à l?organisation des Jeux olympiques de 2012.

Quatre critères montrent votre absence de cohérence : l?attribution des subventions ; la mise en place des équipements ; la politique intercommunale et le calendrier événementiel.

Concernant le montant des subventions, vous nous expliquez qu?il y aurait augmentation de 16 %. Cette belle annonce a le goût de mensonge ; la vérité doit vous amener à plus de mesure?

Une opération élémentaire?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Faites attention au mot mensonge.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Je vais vous indiquer les chiffres !

Une opération élémentaire sur la base des chiffres que vous nous communiquez page 10 va vous le prouver : en 2000, 535 clubs ont reçu 2.870.000 euros de subvention ; en 2005, 605 associations sportives ont reçu pour 3.300.000 euros de subvention. Un rapide calcul donc prouve que l?on est passé de 5.364 euros par club à 5.454 euros, soit, Monsieur le Maire, une augmentation non pas de 16 % comme vous l?annoncez, mais de 1,6 % par club, soit moins que l?inflation.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Ce n?est pas une politique sportive, c?est du saupoudrage et c?est mépriser les bénévoles associatifs.

Cette absence de stratégie s?applique aussi à l?implantation des équipements sportifs. L?accessibilité aux équipements pour les personnes handicapées est évoquée. Vous en avez un peu parlé, mais elle manque indéniablement de moyens et de soutiens.

On observe que vous n?avez pas de plan équilibré, pas de plan pensé. Pour vous, l?équipement phare, c?est la piscine ?Seine Est?, installation sans doute agréable, mais croyez-vous sincèrement qu?elle répondra aux attentes des dizaines de milliers d?habitants de ce nouveau quartier ; qu?elle sera à la hauteur des espérances des milliers de salariés à la recherche d?une activité physique entre 12 et 14 heures, sans parler, bien sûr, des futurs étudiants de la Halle aux Farines.

Vous ne faites aucune hiérarchie entre les équipements, un lieu de bronzage vaut un lieu éducatif. L?occupationnel vaut le compétitif. Vous n?avez pas d?objectifs au regard d?un bassin de vie, d?un quartier, d?un arrondissement, d?une zone intercommunale. Non, Monsieur le Maire, vous êtes incorrigible. Vous préférez le superficiel à l?essentiel ; vous vous amusez au détriment des Parisiens.

Vous ne prenez absolument pas en cause le fait que l?espace est compté, que sa valeur ajoutée doit être optimisée, qu?il doit être rentabilisé au service des Parisiens et de leurs choix sportifs. Le P.L.U. que vous nous préparez incarne cette inconsistance, à l?exception notable de l?aide accordée à la rénovation de l?I.N.S.E.P. à laquelle nous rendons tous hommage.

Concernant l?intercommunalité, la collaboration avec les communes limitrophes est quasi nulle. La coopération entre Paris et la petite couronne est en pleine régression. Partout en France, désormais, l?intercommunalité est au c?ur de toutes les politiques sportives. Sur ce sujet, nous devons faire face à une exception parisienne.

Certes, il y a le projet d?Aubervilliers, avec l?installation d?un futur centre nautique. La Ville consentira à subventionner 20 % des coûts, hors foncier, mais vous savez parfaitement qu?un équipement sans foncier est un équipement sans réel plan de financement. La faiblesse de votre engagement risque de compromettre la pérennité de cette installation ou, tout au moins, de revoir à la baisse les ambitions du site.

Je note au passage que le seul héritage de la candidature de Paris 2012 sera en dehors de Paris. Décidément, la place que vous faites au sport à Paris est plus que limitée.

Vous n?avez pas non plus de hiérarchisation de vos priorités parce qu?il n?y a pas de priorités tout simplement.

Enfin, en matière de gestion des événements sportifs, vous nous présentez un catalogue où se mêlent vaille que vaille des opérations qui préexistaient à votre arrivée, des événements flash. En résumé, vous ajoutez des carottes aux navets !

Je note, alors que vous citez des événements comparables, comme le Tour de France ou l?Open Gaz de France, que le Tournoi de Roland Garros ne fait plus parti des grands événements parisiens. Sans doute, jugez-vous inopportun de le citer. Ce tournoi fait pourtant partie, à notre connaissance, de la fierté de Paris et de la France. Et alors que tout le monde sait que ce Grand Chelem risque d?être concurrencé demain par Madrid, et pourquoi pas un jour par Shanghai, il n?en est fait nulle mention. Sans doute vous ne pensez pas utile de garantir à Paris l?existence d?un tel tournoi et pourtant vous savez qu?il est menacé d?être rétrogradé sur la scène internationale. A force évidemment d?ignorer cette situation, on aboutit un jour à ce résultat et vous en porterez la responsabilité.

Cet oubli que je crois volontaire, symbolise votre absence d?ambition pour les sports de haut niveau. Vous êtes victimes d?un certain dogmatisme, de peur d?apparaître comme un défenseur de l?esprit de compétition, comme un défenseur du sport de haut niveau. Vous les délaissez. En agissant ainsi, vous commettez deux erreurs : la première, c?est qu?il ne peut y avoir de sport de masse sans compétition de haut niveau. Il ne peut y avoir un réel développement du sport pour tous sans compétition sportive.

La seconde, c?est que vous négligez le sport de haut niveau, que vous confondez uniquement avec le sport professionnel. Pas un mot dans votre communication sur l?aide municipale aux sportifs parisiens de haut niveau pour les accompagner dans leur double projet sportif et d?insertion. Ou plutôt si, cette politique semble se résumer en un Fabien GALTIER. Nous avons tous apprécié le capitaine de l?équipe de France et bravo à lui, mais c?est un peu court, quand même, pour fonder une politique. Votre politique sportive manque cruellement de vision, à l?image de ce que vous préparez pour la concession du domaine de la Croix-Catelan. Si je me félicite de votre goût soudain pour la transparence - un goût, qui j?ose encore l?espérer, sera confirmé par le choix du futur occupant -, sur le plan sportif, je ne peux que m?inquiéter de la philosophie de la procédure. Celle-ci se résume à un simple acte foncier, à un acte courtelinesque, face aux enjeux.

Ce qui vous préoccupe, c?est l?occupation domaniale et la rentabilité des lieux. Votre procédure n?indique aucune exigence en matière de sport, aucun cahier des charges en matière éducative et sportive. Pour vous, le sport n?est qu?un service public, la Croix-Catelan n?est qu?un espace de rentabilisation, faisant fi de son histoire et de sa situation.

Si vous avez une ambition sportive pour la Croix-Catelan, nous aimerions vraiment la connaître. Que ne l?avez vous exprimée dans le cadre d?une procédure de délégation de service public. Les conditions de la désignation du futur gestionnaire de la Croix-Catelan, me préoccupent comme nous tous, voire me troublent. Ce type de concession ne se limite pas à un espace végétal. La priorité ne peut pas seulement être la rentabilité financière. Les aménagements de l?Ouest parisien se préparent dans l?obscurité et sans cohérence d?ensemble. Qu?allez vous faire du Parc des Princes, du stade Jean Bouin, de l?hippodrome d?Auteuil, de la piscine Molitor, des problèmes de Roland Garros ?

Pensez-vous sincèrement que la proximité du Parc-des-Princes et d?un stade de rugby de 20.000 places est raisonnable, voire même tout simplement possible du point de vue de la sécurité ? Vous évoquez pour vous en féliciter la récente vente du Paris Saint-Germain à des fonds d?investissement à vocation immobilière. Cela vous paraît-il correspondre à un projet sportif ? A force de poursuivre des objectifs contradictoires, vous vous condamnez à n?en atteindre aucun.

Monsieur le Maire, au lendemain de l?échec de Singapour pour les Parisiens et les Parisiennes, nous attendions de vous que l?esprit olympique demeure au sein de la Ville lumière mais il n?en est rien. Vous critiquez l?héritage de vos prédécesseurs mais vous vivez sur leurs acquis. Et vous ne vous projetez pas dans l?avenir.

Désespérément, mes amis et moi-même cherchons où est votre logique? Elle n?est pas dans l?équilibre entre sports de compétition et sports populaires. Elle n?est pas non plus dans le développement des associations sportives traitées de façon marginale dans votre communication. Elle n?est pas, enfin, dans le sport à l?école puisque vous n?avez pas tenu votre promesse électorale concernant l?aménagement des rythmes scolaires, projet, soit dit en passant, qui aurait pu faire l?unanimité sur les bancs du Conseil de Paris.

Après le vote du C.I.O., l?Etat, lui, a su rebondir avec le mouvement sportif : un plan national de développement du sport a été lancé ; il donne des perspectives aux sports français en général, aux sportifs en particulier. Il ambitionne d?ici 2010 d?augmenter d?un million le nombre de licenciés. L?ouverture et le rayonnement international seront au c?ur de ce plan dont le mouvement sportif s?est, je vous le rappelle, publiquement félicité.

Monsieur le Maire, vous auriez dû vous inscrire dans cette dynamique à Paris. La candidature de Paris 2012, il n?en reste rien. Il n?y a pas d?héritage de ce vaste engouement populaire qu?avait suscité la candidature de notre Capitale. Nous attendions un plan municipal du développement du sport. Alors, je l?appelle de mes v?ux, comme tous mes amis. L?opposition municipale serait ravie de participer à sa préparation. Elle serait heureuse de contribuer, malgré la désillusion de Singapour, à continuer de faire vivre la flamme olympique pour aller avec tous les Parisiens, toutes les Parisiennes, toujours plus haut, toujours plus vite et toujours plus loin.

Oublions vite, si vous le voulez, cette communication et si vous le voulez bien aussi mettons nous tous au travail !

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est un très sage conseil de se mettre au travail, notamment sur ce dossier, car j?ai relevé beaucoup de contradictions entre votre intervention et celle de

M. GOASGUEN. J?en ai même relevé une dans votre propre intervention puisque vous me reprochez de ne pas financer assez le centre nautique d?Aubervilliers, pour me dire aussitôt après que de toute façon ce n?est pas bien d?en faire trop pour le centre d?Aubervilliers.

Je vous précise que c?est une rupture avec le passé de votre responsabilité, quand vous étiez en responsabilité, que d?épauler et d?être solidaire avec les collectivités voisines sur ce dossier comme sur quelques autres.

Enfin, sur le mensonge et la vérité, il faut quand même oser appeler à l?essentiel contre le superficiel. Face à des successeurs, car nous sommes vos successeurs, qui ont doublé les investissements en faveur de la pratique sportive, et cela s?applique d?ailleurs même aux espaces verts où lorsque vous étiez en responsabilité vous avez réussi à faire dix hectares d?espaces verts, alors que dans cette mandature nous en faisons trente ! Voilà la différence entre le superficiel et l?essentiel !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Enfin, dernier point, Chère Madame, ainsi qu?à tout le groupe U.M.P., vous serez gentils de me faire passer votre recommandation, votre point de vue sur le dossier qui vous paraîtra le plus performant pour Paris en ce qui concerne la Croix-Catelan. J?attends avec beaucoup d?intérêt votre ou vos propositions parce que si j?en crois la question de la Fédération française de tennis, vous voulez, comme moi d?ailleurs, qu?il y ait un stade à la mesure de cette grande compétition internationale et j?ai entendu ce matin M. GOASGUEN me reprocher de discuter effectivement - car c?est mon devoir - avec M. Christian BIMES, dont je n?ai pas remarqué qu?il était membre du Parti socialiste ! Donc, je fais mon travail de Maire, sauf qu?une partie de l?U.M.P. me dit que ce n?est pas bien, qu?il ne faut pas discuter avec M. BIMES et une autre partie de l?U.M.P. me dit : vous n?en faites pas assez avec eux. Alors, mettez aussi un peu d?ordre dans vos propres raisonnements !

Je vous signale au passage, d?ailleurs, que vous avez pris tout le temps du groupe U.M.P. mais je donnerai une minute aux autres orateurs parce que, moi, je ne suis pas sectaire. La parole est à Mme MAZETIER pour une minute. Il y a un règlement ici.

Melle Sandrine MAZETIER, adjointe. - Notre conviction, Monsieur le Maire, c?est qu?il est vain, inutile d?opposer, comme vient de le faire Mme de PANAFIEU, le sport de haut niveau et le sport de masse et de mépriser à ce point les attentes des Parisiens en traitant d?occupationnelle la pratique du sport, alors qu?il y a dans toutes les pratiques sportives à Paris aujourd?hui de l?intérêt et des apports pour Paris.

Je souhaitais saluer le réinvestissement de la Ville, au contraire, dans le sport et le retour du sport dans la ville.

D?abord, avec le doublement des investissements, je n?y reviendrai pas, mais il faut rappeler cette évidence : pour pratiquer le sport de masse, encore faut-il qu?il y ait des équipements et des équipements de proximité. Ceux-ci manquaient gravement jusqu?à présent, la politique que vous avez développée a permis d?en livrer de nombreux aux arrondissements.

Ensuite, avec la création de la filière d?animations sportives, base d?une politique municipale du sport.

Enfin avec la réaffirmation de la vocation sportive d?équipements et d?espaces qui avaient progressivement perdu leur destination initiale. C?est vrai dans les nouveaux objectifs fixés dans les concessions et D.S.P. Ainsi la S.E.M. délégataire du Palais Omnisports de Bercy a des objectifs d?organisation de manifestations sportives beaucoup plus élevés que ce n?était le cas par le passé.

Je voudrais dire aussi que nous partageons, au groupe socialiste, l?indignation qui s?est exprimée sur les bancs de cette Assemblée par la voix de M. BARIANI sur l?industrialisation de l?exploitation sexuelle que constitue le projet Artermis à Munich. D?ailleurs, le groupe socialiste a déposé un v?u à cet effet que, j?espère, nous voterons tous.

Puisque j?ai peu de temps, je dirai un mot, à la veille de cette grande compétition sportive qu?est la Coupe du Monde de Football, pour dire d?abord que le sport de haut niveau fournit des modèles à notre société ; des modèles d?efficacité, d?énergie, des modèles de morale aussi dans la compétition dont beaucoup de nos opposants feraient bien de s?inspirer dans leur expression.

Je voudrais souligner aussi le retour du sport dans la ville pour toutes les générations, pour toutes les pratiques, que ce soit en club, en association, que ce soit pour les jeunes et pour les moins jeunes, que ce soit en famille ou seul. Et j?invite l?opposition à ne pas mépriser le sport de masse, à ne pas mépriser toutes les nouvelles pratiques qui se développent à Paris aujourd?hui. Il n?y a pas eu un mot dans l?intervention de M. GOASGUEN sur cette dimension du sport à Paris. Quant à l?intervention de Mme de PANAFIEU, elle n?a été que pour critiquer ces pratiques et pour ne défendre que le sport de compétition qui, certes, est nécessaire mais n?est pas suffisant.

Donc merci, bravo à Pascal CHERKI et bravo aux équipes de la D.J.S., qui répondent aux attentes des Parisiens, aux tout-petits, à leurs parents, à leurs grands-parents qui peuvent enfin entrer dans les gymnases et pratiquer du sport, comme c?est le cas dans le gymnase Rosa Parks que nous avons inauguré il y a peu de temps dans le 14e et comme c?est le cas dans tous les nouveaux équipements qui sont livrés.

Merci ! Bientôt, il va y avoir du sport à Paris !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. J?ai été vraiment laxiste avec tous les groupes. Je vais donc donner une minute à M. LE GOFF puis une minute à Mme RIMBERT, mais soyez gentils de les respecter, s?il vous plaît !

M. René LE GOFF. - Monsieur le Maire, en une minute, il est difficile pour le spécialiste du sport que je suis de pouvoir s?exprimer.

LE MAIRE DE PARIS. - Dites-le à votre groupe ! Si Mme de PANAFIEU vous avait laissé du temps !

M. René LE GOFF. - Je résumerai mon intervention en expliquant que l?un des grands problèmes du sport parisien et de sa perte de compétitivité, c?est que le grand moteur qu?étaient les clubs omnisports ne fonctionne plus. Il faut impérativement que nous réinventions un modèle nouveau pour que les grands clubs omnisports du XXIe siècle prennent le relais. Et c?est seulement à cette condition que nous aurons la possibilité de développer à nouveau le haut niveau dans la Capitale. Et ce haut niveau est indispensable car, sans haut niveau, il n?y a pas de sport de masse.

Il faut faire rêver nos jeunes. Il faut que nous soyons fiers de nos couleurs, fiers de nos champions.

Pour cela, Monsieur le Maire, je dois dire qu?aujourd?hui, je regarde avec attention ce que fait Arnaud LAGARDERE au Paris Jean Bouin, non pas en tant que candidat à la concession de la Croix-Catelan mais simplement parce qu?il est en train d?inventer quelque chose de nouveau et qui me semble tout à fait exemplaire au niveau du sport français.

Il faut donc s?en inspirer. Et il faut en tout cas que le dossier de la Croix-Catelan soit traité avec cette ambition de permettre aux membres du Racing Club de France, dont je fais partie - et je tiens à le souligner -, à continuer à bénéficier de l?avantage d?être membre d?un grand club sportif. Mais, dans le même temps, il faut leur préparer l?avenir et il ne faut pas sacrifier le sport de haut niveau au sport loisir.

Voilà ce que je tenais à dire. Je ne dirai pas tout le reste, si ce n?est que nous sommes cruellement en retard en matière d?équipements. Cruellement en retard, quand je vois que, pour le basket de haut niveau, Monsieur le Maire, une bourgade périgourdine comme Boulazac aura un équipement de basket largement supérieur à ce que dispose le Paris Basket Racing de la Capitale. Quelque part, je m?interroge !

Je terminerai en disant : je regrette et je continue à regretter que nous ne soyons plus présents dans le sport de haut niveau féminin. Il faut impérativement que nous retrouvions de grandes équipes dans la Capitale.

Voilà, j?ai dit, Monsieur le Maire, en une minute, ce que je tenais à dire !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LE GOFF.

Sur une partie de ce que vous avez dit, je suis assez d?accord. Je suis désolé que vous n?ayez qu?une minute. Mme de PANAFIEU en a pris plus de 15.

La parole est à Mme RIMBERT.

Mme Hélène RIMBERT. - Monsieur le Maire, dans votre communication, vous relevez que ?les Parisiens sont de plus en plus nombreux à souhaiter aller à la piscine?. Le 7e arrondissement n?en possède plus depuis la disparition de la piscine Deligny. Vous allez prochainement inaugurer la piscine au bord de la Seine créée à l?Est de Paris, mais nous ne connaissons toujours pas le futur emplacement de celle prévue à l?Ouest, ce qui nous laisse un espoir pour que le site du 7e soit choisi. Votre adjoint, M. Pascal CHERKI, est au courant des problèmes que rencontrent les utilisateurs de notre seul bassin-école dont l?entrée est commune avec celle du collège Jules-Romains, rue Cler. A la rentrée prochaine des créneaux seront encore supprimés à la demande de la nouvelle direction.

Comme vous le savez, sans doute, ?l?association pour la réouverture de la piscine Lutétia? dont j?assume la présidence a été créée fin octobre 2005.

Pendant près de 40 ans, elle a été utilisée par les habitants de nos deux arrondissements.

Au début des années 70, la Préfecture a demandé sa fermeture pour cause de faiblesse des ?unités de sorties?. Elle n?a jamais pu rouvrir pour cette même raison. Néanmoins, depuis un an la situation a quelque peu évolué puisque l?actuel occupant a réussi à réunir le bail de la piscine et celui de l?ancienne boutique ?Mosaïque? située en façade de l?immeuble, ce qui permettrait éventuellement, moyennant travaux, d?élargir l?entrée.

Je rappelle à nos collègues que ces 2.000 mètres carrés comportent de nombreux témoins de l?époque ?Art Déco?.

Cette piscine est protégée dans le cadre du P.L.U.

Après son classement à l?Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, le volume actuel de la piscine fait l?objet d?un permis de construire.

L?Architecte des Bâtiments de France, contacté par Jean-Pierre LECOQ, lui a confirmé, il y a quelques jours, son souhait de demander à l?opérateur de restituer à l?occasion de cette opération les mosaïques de la piscine dans leur état d?origine.

Ainsi dont, la piscine Lutétia se trouvera bientôt dans un état proche de celui qu?elle connaissait avant sa fermeture.

Alors que les 6e et 7e arrondissements qui comptent plus de 100.000 habitants n?ont qu?une seule piscine, la piscine Saint-Germain, la piscine Lutétia constitue une opportunité exceptionnelle.

Nous demandons à la Ville qu?elle engage sans tarder les études techniques nécessaires afin d?évaluer le coût de sa remise en fonction.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je peux déjà vous dire qu?entre sa remise en état et le fait d?en faire une piscine municipale, il y a un chemin et un coût considérables !

M. René LE GOFF. - Il faut avoir la foi !

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est cela ! La foi ? J?ai déjà doublé les investissements, chers amis ? Pourquoi ne l?avezvous pas fait ? Nous aurions moins de retard !

Monsieur Pascal CHERKI, excellent adjoint au sport, vous avez la parole. Pas trop long, parce qu?il y avait tellement de choses !

M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Une fois n?est pas coutume, Monsieur le Maire, vous me permettrez d?abord d?avoir une pensée pour mes collègues de l?opposition, notamment de l?U.M.P. Je pense aux élus de base ou aux adjoints au sport d?arrondissements, avec qui je travaille, même si nous ne sommes pas toujours d?accord, avec qui je travaille bien et qui, je pense, s?ils étaient là aujourd?hui - en tout cas pour un certain nombre d?entre eux- auraient dû être peinés de voir qu?y compris le travail et les réflexions qu?ils peuvent apporter, qui peuvent contribuer parfois à enrichir la politique que nous menons, n?ont pas été justement représentés par leurs orateurs, l?un s?étant exprimé comme le député de sa circonscription et l?autre s?étant exprimé comme je ne sais pas quoi. Je vais y répondre.

Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas très bien et je voudrais dire en introduction à Mme de PANAFIEU - après, je m?intéresserai aux Parisiens ! -: il faut travailler ses dossiers, Madame de PANAFIEU. On peut avoir beaucoup d?ambition, même beaucoup de parti pris idéologique - moi-même, j?ai des positions idéologiques parfois tranchées -, mais il faut travailler ses dossiers !

Pour un seul élément ! Je vais prendre l?exemple de la piscine olympique. Comment pouvez-vous dire, Madame de PANAFIEU, que ce que nous faisons n?a pas de sens ? C?est l?application scrupuleuse du dossier de ?Paris 2012?. Il était prévu, dans le dossier de ?Paris 2012?, que la participation de la Ville dans le financement de la piscine olympique d?Aubervilliers serait de 20 %, hors foncier. Ce sont les termes du contrat que nous avons passé avec la Région et le ministère des Sports. Nous le respectons. Comment pouvez-vous dire, aujourd?hui, que nous sortons des clous par rapport à ce contrat, Madame de PANAFIEU ?

Je pourrais prendre toute une série d?exemples dans votre intervention qui montrent que, manifestement, ce n?est pas le sujet de l?activité municipale que vous maîtrisez le mieux.

Et je voudrais vous rassurer sur la question du sport de haut niveau, Madame de PANAFIEU. Et je veux le dire ici parce que c?est une continuité que nous avons. La Ville de Paris a toujours eu une tradition, quels que soient les maires, d?ailleurs, de s?investir dans le soutien, la défense et la promotion des grandes compétitions sportives.

Mais dire que sous cette mandature la Ville de Paris a reculé sur la question du sport de haut niveau? Madame de PANAFIEU, nous n?avons jamais eu autant, sur une mandature, de grandes compétitions internationales, à tel point, parfois, que nous devons veiller avec les organisateurs à modérer leurs prétentions budgétaires, au risque sinon de déséquilibrer l?ensemble du budget des Sports.

Je voudrais rappeler les compétitions intervenues depuis 2001 : championnat du monde d?athlétisme en 2003 ; centenaire du Tour de France ; il va y avoir la Coupe du Monde de rugby ; les championnats du monde féminins de handball (premier grand championnat du monde de sport collectif féminin)? Et quand je vois le nombre de compétitions auxquelles se portent candidates les fédérations, on leur demande de faire attention et de réfléchir à leurs plans de financement, à leurs sponsors et à un équilibre budgétaire global parce que la Ville de Paris toute seule ne pourra pas tout subventionner.

Madame de PANAFIEU, nous ne sommes pas l?Etat ; nous sommes une commune ; nous sommes un département. Et le v?u que je forme, c?est que l?Etat assure la plénitude de ses missions. Et je vais prendre l?exemple des sportifs de haut niveau. Bien sûr, les communes peuvent et doivent y contribuer, mais celui qui a en charge la responsabilité du sport de haut niveau, de compétition, c?est l?Etat.

Je rappelle, Madame de PANAFIEU, que le Ministère des Sports a été créé par le Général de Gaulle qui était humilié du fait que la France n?ait ramené aucune médaille olympique à l?issue des Jeux olympiques de Rome. C?est lui qui a décidé de doter le pays d?un Ministère des Sports.

Je rappelle que plusieurs milliers de professeurs de sport sont mis à disposition et il y a une inquiétude sur ce point. Des fédérations pour l?encadrement du sport, c?est une prérogative d?Etat.

Le problème des sportifs de haut niveau, Madame de PANAFIEU, quand on s?intéresse vraiment à ce dossier, ce n?est pas le problème des quelques centaines de champions pris en charge par la préparation olympique. Sur ce point, beaucoup de choses ont été faites par Marie-Georges BUFFET ou Mme ALLIOT-MARIE. L?Etat a un dispositif cohérent en matière de préparation olympique, mais le problème du sport de haut niveau, ce sont les espoirs, les cadets, les juniors ; c?est ce qui coûte de l?argent aux clubs. Le dispositif sportif, de ce point de vue du sport de haut niveau, de l?Etat, est un dispositif incomplet. Et aujourd?hui, ce dont se plaignent les clubs, ce n?est pas de la prise en charge de leurs très grands sportifs. Ils ont des conventions, des dotations budgétaires dans le cadre de la préparation olympique, ils ont même des sponsors privés.

La question est la suivante : qu?est-ce qu?on fait de tous ces jeunes derrière ? Vu le coût que représente la compétition dans le budget d?un club, ce n?est pas vrai que la simple subvention d?une collectivité locale ou régionale pourra y suffire. Il faut que l?Etat revoit complètement son dispositif de sport de haut niveau et si, dans ce cadre, il y a cette ambition, les collectivités locales, car cela contribue au rayonnement des villes, y participeront, évidemment, mais dans le cadre d?un dispositif dont la cohérence sera revue. Pas au coup par coup et pas tout simplement pour masquer les trous et pas pour masquer l?insuffisance ou pour pallier l?incohérence d?un dispositif qui est maintenant à bout de souffle.

Je voudrais revenir sur les dossiers parisiens. Quelque chose m?a surpris dans la plupart des interventions. L?égalité à laquelle nous sommes tous attachés dans la pratique du sport commence avec la pratique du sport scolaire. Je rappelle à tous ceux qui s?intéressent à l?épanouissement des jeunes que le temps le plus important dans la vie d?un jeune jusqu?à 16 ans, c?est le temps scolaire. S?il y a un outil de service public qui est bien facteur de cohésion et d?égalité, c?est l?école.

C?est la raison pour laquelle nous avons insisté sur cet aspect. C?est pourquoi nous réservons en priorité dans les équipements sportifs des créneaux pour les scolaires et notamment dans les piscines pour l?apprentissage de la natation. Mais pas seulement. C?est la raison pour laquelle nous avons revalorisé les subventions aux associations sportives scolaires. Plus de

19.000 enfants, quotidiennement, fréquentent les ?ateliers bleus sportifs?, dans les écoles. Je m?inquiète que l?Etat ait décidé progressivement de diminuer les moyens qu?il consacrait aux ?ateliers bleus sportifs?, à tel point que nous avons dû pallier le désengagement progressif de l?Etat.

Je pense que le premier vecteur d?égalité, c?est la pratique du sport à l?école. La Ville est en convention avec l?U.N.S.S., avec l?U.S.S.E.P., avec toutes les fédérations de sport scolaire, y compris avec les fédérations de sport scolaire dans l?enseignement privé. Nous estimons en effet que c?est là que se crée l?égalité dans la pratique entre toutes les petites Parisiennes et tous les petits Parisiens.

Deuxième élément, il y a un modèle sportif à préserver à Paris. Je n?oppose pas les individuels aux clubs. Notre volonté est d?avoir un modèle sportif équilibré parce que l?histoire de la Capitale, nous en avons malheureusement héritée. C?est l?histoire d?une préfecture qui s?est transformée en ville et, à la différence d?autres communes de plein exercice, la création d?un service municipal sportif est une création récente. Je vais m?en expliquer en deux mots.

On avait délégué jusqu?à présent aux seuls clubs la mission d?organiser la pratique du sport à Paris, hors temps scolaire. Ils l?ont fait avec leurs moyens et aussi leurs limites et leurs insuffisances. La première responsabilité d?un club est de s?occuper de ses licenciés. Vous ne pouvez pas demander à un club de s?occuper d?autre chose que de ses mandants. C?est une association loi 1901. Elle peut certes, dans le cadre de conventions avec la Ville, élargir son champ d?activité, mais la responsabilité d?une association est de s?occuper de ses licenciés, de ses adhérents.

Ils l?ont fait. Aujourd?hui, pour nuancer les propos de René DUTREY, les clubs sont un facteur d?accessibilité de beaucoup de jeunes à la pratique sportive, renforcé par un élément : la distribution des nouveaux équipements dans l?espace public parisien? Nos grands terrains sont sur les Maréchaux puisque c?est là que les réserves foncières ont été dégagées au moment de la création du périphérique.

Statistiquement, pour quantité de sports, la proportion du nombre de licenciés qui viennent des H.B.M., parce qu?on pratique le sport d?abord dans un élément de proximité géographique, est très importante. Les clubs contribuent à l?équilibre social de la Ville et c?est la raison pour laquelle la Ville a passé des conventions d?objectifs avec beaucoup de clubs de football, en particulier, pour des raisons sociales. Ils font plus que du sport dans ces quartiers.

A partir du moment où elle est devenue commune de plein exercice en 1977, la Ville aurait dû développer, comme dans les autres villes, un vrai service public du sport, ce qu?elle a insuffisamment fait. Jugez-vous normal, alors qu?il existe une filière sportive dans les collectivités territoriales depuis 1992, qu?il ait fallu attendre que nous arrivions en 2001 aux responsabilités pour appliquer le droit commun du service public du sport à Paris ? C?est ce que nous avons fait avec la création de la filière ; nous avons assuré la mise en ?uvre des bases d?un service public. Et elle est encore en formation parce que, même si vous décidez la création d?une filière, il faut plusieurs années avant de la faire monter en charge. Elle va progressivement continuer à monter en charge et à remplir ses moyens. C?est tout de même incroyable qu?il ait fallu attendre que nous venions aux responsabilités pour que nous fassions la base, le minimum, qu?il est en droit d?attendre dans n?importe quelle collectivité territoriale pour peu qu?on s?intéresse aux besoins et aux préoccupations des habitants de base.

Cela rejoint ce que nous avons fait en matière d?investissements sportifs. Ce n?est pas pour rien, c?est un choix politiquement assumé. Nous avons voulu insister sur le sport de proximité, sans délaisser le reste parce qu?il y avait un retard à rattraper. Il n?est pas totalement rattrapé. Nous continuerons cet effort, mais, quand même, le doublement de l?investissement? Et ce n?est pas sur des petites sommes. Passer de 123 millions d?euros à 290 millions d?euros dans une mandature, près de 2 milliards francs, pour ceux qui comptent encore en francs, dans l?investissement sportif, ce n?est pas rien.

Et les effets sont tangibles et concrets. Les clubs et les individuels s?en rendent compte. C?est en même temps un effort de justice car nombre de nos investissements ont été réalisés dans les quartiers Est et Sud de Paris.

Je vais prendre un exemple. Vous avez des quartiers ?politique de la ville? sur lesquels un gros travail est effectué, mais quand vous avez des équipements publics qui sont mal ou peu entretenus, l?image que vous donnez, vous, comme collectivité, le sentiment que vous renvoyez aux habitants, la considération que vous leur portez, c?est quand même quelque chose de terrible. Je peux vous dire que plus vous rénovez les équipements, moins les gens les dégradent parce que plus la collectivité marque de la considération pour l?ensemble de ses habitants, plus les gens changent dans leur rapport à l?institution publique. Un des enjeux, c?est tout le travail fait avec Martine DURLACH, à partir du moment où nous rénovons les équipements, nous les rendons beaux, avec des beaux gazons synthétiques, des couvertures de tennis, on les refait à neuf, il faut que les habitants puissent se les approprier, pas n?importe comment.

Nous sortons d?une logique du barreaudage, où, jusqu?à présent, les équipements étaient conçus comme des châteaux forts, où, à chaque fois qu?il y avait un problème avec des jeunes dans un quartier, on rajoutait un mètre de grilles, à tel point qu?on en serait venu à creuser des douves autour avec des pontslevis. Nous sommes en train de casser cette logique mais cela prendra du temps parce que la cohabitation entre les usagers est complexe parce que quand vous faite cohabiter dans un équipement, dans une même journée, successivement, des scolaires, des associations, des individuels, il faut gérer la cohabitation des usages, de manière à ce que ce ne soit pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres. C?est une des ambitions de la filière d?action sportive et une des ambitions du travail que nous faisons.

Pour répondre à M. BARIANI, vous n?avez pas trouvé le mot prévention dans la communication à dessein. Nous avons doublé, depuis le début de la mandature, les crédits en matière de prévention par le sport. C?est une demande que j?avais faite auprès du maire qui l?a satisfaite immédiatement. Mais nous avons fait le choix aussi de ne pas l?appeler prévention par le sport, de ne pas stigmatiser cela parce que - c?est aussi un des éléments - dire aux jeunes que l?on va faire des actions de prévention par le sport, je trouve que cela a un caractère méprisant. La prévention, il faut la faire, il faut mettre les moyens, mais on n?a pas besoin d?utiliser le mot prévention par le sport. Nous, on sait que c?est de la prévention et nous allons l?appeler ?centre sport, découverte?. Nous n?avons pas dit aux jeunes : ?On va faire de la prévention?, mais : ?On va faire du sport?. Bien sûr, dans un but de prévention, cela contribue à la prévention mais il n?y a pas besoin de coller l?étiquette parce qu?ils vous disent : pourquoi nous et pourquoi pas d?autres ?

Je vais terminer sur deux aspects et j?en terminerai par là, rapidement, car beaucoup de questions ont été posées. Pour dire à M. BARIANI que sur Bagatelle et Pershing, je partage totalement son point de vue mais on a un problème de droit. Il faut voir que Bagatelle et Pershing, comme on a décidé, et c?est un choix politique que nous assumons, c?était déjà le choix avant, de mettre ces terrains à la disposition du public, comme ce sont des terrains engazonnés, au bout de deux mois, ils sont ravagés. Pour que cela marche dans les bois, pour avoir des terrains en bon état, avec la même fréquence d?utilisation, il faudrait que l?on puisse mettre du synthétique. Mais c?est interdit. La Commission des sites nous l?interdit. Si je pouvais mettre du synthétique à Bagatelle et Pershing, je le ferais. J?ai parfois l?impression que les bois sont une forêt primaire. Je sais que je ne peux mettre que du gazon. Voilà, à mon avis, l?origine principale du problème.

Pourquoi le Stade français ne joue pas à Charléty ? On a étudié le dossier avec le Maire. C?est l?évidence pour nous. Il faut à la fois que le rugby puisse s?épanouir dans un stade de rugby, ce qui nécessite une proximité entre l?équipe et le terrain. Tous les grands stades de rugby aujourd?hui sont des stades ?chaudron? parce que c?est un sport qui nécessite cela.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Y compris à transformer Charléty en stade de rugby. La preuve, c?est qu?il n?y a plus le stade d?athlétisme.

M. Pascal CHERKI, adjoint, rapporteur. - Je mets de côté le narcissisme de l?architecte. Quels étaient les problèmes auxquels nous étions confrontés ? Les services nous ont dit : ?Vous ne pouvez pas prendre vos désirs pour des réalités parce qu?endessous vous avez un collecteur principal d?égout. Déplacer un collecteur principal d?égout, vous n?y pensez pas ou alors cela vous coûtera l?équivalent, si vous faites l?ensemble des travaux sur Charléty, de la construction d?un nouveau stade de rugby dont une grande partie devrait être financée par le privé. Aller faire financer par le privé le déplacement d?un collecteur d?égout à Charléty, c?est beaucoup plus compliqué.

Dans un souci de bonne gestion des deniers publics, nous avons dit que nous aimions beaucoup le rugby mais pas au point d?aller mettre en péril le budget sportif de la future mandature. Le stade de Jean-Bouin nous a paru raisonnable aussi d?un point de vue budgétaire.

Je voudrais terminer en disant que, sur la prostitution, je ne reprendrai pas ce qu?ont dit à l?unanimité nos collègues. Deux v?ux heureux ont été présentés par Didier BARIANI et Danièle POURTAUD. Je pense qu?ils seront votés mais Mme HIDALGO nous répondra à ce sujet cet après-midi.

Sur Orly, nous n?abandonnons pas. Sur les handicapés, je suis d?accord avec René DUTREY et je voudrais féliciter ma collègue Pénélope KOMITÈS.

C?est un lapsus révélateur parce que c?est une inspiratrice et une actrice à part entière avec moi, de la politique sportive en matière d?handicap et nous travaillons de concert là-dessus.

Je voudrais enfin rebondir sur ce que disait M. LE GOFF dont je partage une partie de l?intervention et je trouve son intervention plus raisonnable que les propos qui ont été rapportés dans une dépêche. Je voudrais dire à M. LE GOFF qu?il a pointé du doigt un vrai problème qui est la question de la finalité d?un club omnisport. Le modèle associatif, il faut le préserver. Je ne reviendrai pas sur ce qu?a dit M. Jean VUILLERMOZ, il a raison : si vous n?avez plus de bénévoles, vous n?avez plus de militant du sport et si vous n?avez plus de militants, vous n?avez plus de club et si vous n?avez plus de club, vous verrez que les 240.000 licenciés n?iront pas faire du sport en individuel, même avec une filière d?action sportive, même renforcée.

Mais le problème aujourd?hui, c?est que les clubs sont un modèle fragile à Paris. Nous avons lancé une étude que je communiquerai au Conseil, avec la D.J.S., pour déterminer quel est, à un moment donné, le modèle optimum dans une logique d?économie sociale, et j?insiste sur le modèle d?économie sociale, sur la viabilité d?un club sportif. Est-ce qu?il faut des clubs sportifs d?arrondissement omnisport, est-ce qu?il en faut deux ? Comment appréhender ce phénomène par discipline ? Ce n?est pas maîtrisé au niveau national, j?aurais bien aimé qu?une réflexion nationale m?aide à m?asseoir sur un dispositif. Nous avons lancé à Paris une réflexion pour voir comment, dans les 10 ou 15 ans à venir, en anticipant le fait que beaucoup de bénévoles vont partir à la retraite, bâtir des clubs omnisports, avoir les moyens sur une base de masse élargie, assurer la mutualisation d?une partie de leurs moyens pour la compétition, avec la Ville qui les accompagnera, bien évidemment.

C?est parce que nous aurons pu définir ce ou ces modèles que nous pourrons aussi réfléchir avec les mairies d?arrondissement, elles en seront d?accord, sur la manière dont nous répartissons les créneaux. Nous avons fait aussi beaucoup de progrès dans cette mandature mais l?allocation des créneaux doit aussi correspondre aux besoins réels des pratiques sportives. Nous travaillerons mais tant que nous n?aurons pas défini ces modèles-là, je pense que nous serons amenés, à un moment donné, à vérifier que les créneaux soient bien utilisés par les gens qui les demandent, sans forcément être surs qu?on ne pourrait pas, dans la masse, les réutiliser autrement.

Je m?excuse d?avoir été un peu technique mais je voulais vous dire que je partageais ce point de vue. Je voudrais juste terminer par un mot, pour remercier les personnels de la Direction de la Jeunesse et des Sports. On m?a remercié, c?est très gentil, la directrice aussi, c?est normal, et son équipe aussi, mais je voudrais aussi rappeler à M. DUTREY qu?il y a 410 courts de tennis à Paris contre 48 à la Croix-Catelan, soit 10 fois plus.

Je tenais à remercier ces 2.700 agents municipaux car la plupart des équipements sportifs sont parmi les équipements les plus ouverts en terme de plages horaires pour le public. Ils ouvrent généralement à 8 heures du matin, 7 heures même, et ils ferment à 22 heures 30 le soir. Les personnels ont fait des gros efforts pour étendre l?amplitude horaire d?ouverture même si nous avons parfois eu des difficultés dans la concertation parce que plus de 70 % des personnels de la D.J.S. sont des agents de catégorie C. La plupart d?entre eux n?habitent pas Paris. Je demande à tout le monde de réfléchir ce que veut dire le fait de demander aux gens de bosser plus tard le soir. Quand les gens ont une heure, une heure et demie, de transport aller ou retour pour se rendre de leur domicile à leur lieu de travail, l?augmentation d?une heure d?ouverture est une difficulté.

Nous travaillons sur la base du volontariat, sur la base de la conviction. Je sais pouvoir compter sur le sens du service public des agents de la Direction de la Jeunesse et des Sports qui, dans beaucoup de domaines, que ce soient l?accueil des usagers dans les piscines, l?accueil des usagers dans les stades, même s?il y a encore des efforts à faire, ont vraiment le sens du service public et ont vraiment les missions de service public au c?ur de leurs préoccupations.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Un immense merci, Pascal CHERKI, et il faut vraiment continuer comme cela. Merci beaucoup.