Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2006
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par M. Philippe GOUJON, Mme Catherine DUMAS et les membres du groupe U.M.P. relatif au respect de l’image des policiers parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous allons à présent examiner le v?u référencé n° 11 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P., relatif au respect de l?image des policiers parisiens.

Monsieur GOUJON, vous avez la parole.

M. Philippe GOUJON. - Madame la Maire, sur les murs de l?espace municipal des Blancs-Manteaux, la mairie du 4e a autorisé l?apposition d?un certain nombre de photos qui donnaient, quand on les voit, une image agressive et même sanguinaire de policiers stationnant dans une mare de sang lors d?une manifestation ou bien interpellant de façon très musclée un homme à terre.

Bien sûr, nous sommes tous partisans de la liberté de création des artistes, mais nous pensons qu?il n?est pas pour autant admissible de présenter, sous les auspices municipaux qui plus est, une telle image qui ne correspond évidemment en rien à la réalité des policiers parisiens.

Un certain nombre de syndicats policiers ont d?ailleurs protesté, mais la mairie du 4e a refusé non seulement de retirer les photos incriminées mais même de les déplacer pour au moins les installer à l?intérieur de l?espace et pas sur la voie publique.

Les forces de police ont été engagées ces derniers mois dans des conditions extrêmement difficiles, avec un professionnalisme, un sang-froid et une maîtrise que chacun reconnaît, dans l?usage de leurs prérogatives, en vue de maintenir la sécurité et la tranquillité publique à Paris.

Ces photographies tendent évidemment à accréditer l?image et l?idée d?un usage disproportionné et même illégitime de la force par la police.

C?est la raison pour laquelle notre groupe émet le v?u que le Maire de Paris condamne ces menées que l?on pourrait qualifier d?anti-policières et mette en ?uvre, au contraire - cela nous semble tout à fait souhaitable pour la Municipalité parisienne, en fonction de la bonne coopération avec la Préfecture de police -, une présentation positive des forces de police qui ?uvrent, comme chacun le sait, dans des conditions extrêmement difficiles en faveur de la sécurité des Parisiens.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur CARESCHE, vous avez la parole.

M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Ma réponse sera très courte. Nous sommes dans un Etat de droit et il y a des lois qui encadrent de façon précise la liberté d?expression et de création. Il me semble que, si des syndicats de police et, après tout, cela peut être leur opinion - je ne la conteste pas -, considèrent que ces images sont attentatoires à l?image de la police, ils peuvent toujours tout simplement porter plainte et se retourner devant les juridictions. Ce n?est pas au Conseil de Paris de dire ce qu?est la liberté d?expression et la liberté de création.

Quelles sont les bornes de cette liberté d?expression et de création ? Nous mettons le doigt dans un engrenage qui peut nous emmener très loin.

C?est d?ailleurs le même débat que sur les caricatures. En France, nous sommes dans un pays où la liberté est la règle : la liberté d?expression et la liberté de création. Je m?interdis, en tant qu?élu et conseiller de Paris, de juger de ces images qui sont des images faites par des artistes. Il s?agit bien d?une ?uvre d?artiste et je m?interdis de porter un jugement là-dessus.

M. Philippe GOUJON. - Je ne comprends pas la comparaison avec les caricatures. Il ne s?agit pas d?une ?uvre artistique indépendante mais d?une exposition organisée par la mairie du 4e donc par la Municipalité parisienne. C?est cela qui est contestable, bien évidemment.

D?ailleurs, je souhaiterais connaître, puisque nous parlons de cette affaire, la position de la Préfecture de police également là-dessus.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Conseiller, effectivement, l?exposition évoquée a été présentée alors que les forces de l?ordre, durant plusieurs semaines, avaient ?uvré de manière exemplaire, dans un contexte particulièrement difficile, marqué par de nombreuses manifestations, à maintenir l?ordre public à Paris. Elles ont compté, durant ces événements, 170 blessés dans leurs rangs.

La Préfecture de police, tout en respectant, bien sûr, la liberté artistique, a donc indiqué que cette présentation sur la voie publique de photographies peintes de la manière qui a été décrite, lui paraissait inappropriée.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.